Analyse Libérale

Démissions à la BCE

11 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Monnaie

 

      L'économiste en chef de la BCE, l'allemand Jürgen Stark, a démissioné, invoquant des raisons personnelles. C'est le deuxième allemand qui démissionne de l'institution européenne, après Axel Weber. La raison de ces démissions est en fait l'opposition au programme de rachat de dette souveraine par la BCE. Ces démissions illustrent l'importance du débat au sein de la BCE, ainsi que la partie majoritaire.

 

      Pour comprendre l'enjeu du débat, quelques précisions sont nécessaires. Le cœur du débat est ce qui permet à la BCE de racheter la dette souveraine. Ce n'est pas avec des capitaux. C'est en créant de la monnaie. La BCE crée de la monnaie pour racheter de la dette. Ce qui est couramment désigné par l'expression "faire marcher la planche à billet".

 

      Statutairement, laBCE n'a pas le droit de financer les Etats européens. Elle a contourné cette interdiction en achetant la dette sur le marché secondaire. Elle n'achète pas la dette quand elle est émise par les Etats, sous forme d'obligations, mais elle rachète ces obligations à ceux qui les revendent sur les marchés financiers.

 

      Cette monétisation de la dette souveraine est réclamée par certains, pour, selon eux, soustraire la dette à la spéculation. La banque centrale pourrait également offrir un taux d'intérêt avantageux.

 

      Les opposants arguent des risques d'inflation. la création monétaire excessive fait chuter la confiance dans la monnaie, pour finir par bloquer l'économie. La BCE a été conçue sur le modèle de la banque centrale allemande, car le mark allemand était la monnaie européenne qui inspirait le plus confiance. Les allemands ont été traumatisés par la période d'hyperinflation de l'entre-deux guerres. Leur monnaie a été gérée de manière à ne plus connaître cet épisode.

 

      Mais d'autres rétorquent que l'inflation n'est plus un problème. Les prix à la consommation n'augmentant que très peu.

 

      Cependant, l'inflation n'apparaîtrait-elle pas dans d'autres marchés? par exemple, la crise actuelle ne viendrait-elle pas de l'inflation du marché immobilier US engendrée par le crédit facile? L'augmentation des cours des commodities, matières premières et agricoles, ne viendrait-elle pas des politiques de création monétaire américaines? L'inflation des prix à la consommation est repartie en Grande Bretagne, ainsi qu'en Chine, comme par hasard après des période de forte création monétaire.

 

      La question centrale est donc la création monétaire. Sont vainqueurs aujourd'hui ceux qui prônent la création monétaire pour financer les Etats, et les économies donc.

 

      Mais les conséquences de cette politique sont-elles correctement envisagées? N'y a-t-il pas un problème dans la manière d'appréhender l'inflation, uniquement à travers les prix à la consommation? C'est le message que font passer les démissions d'Axel Weber et de Jürgen Stark.

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benichou 21/09/2011 06:53



Que la BCE soit "déteutonisée", c'est pluôt une bonne nouvelle, non?



I-Cube 12/09/2011 11:00



L'infation européenne reste moins forte qu'ailleurs... encore un temps !


Par ailleurs, si la première mission de la BCE reste la lutte contre l'inflation (pour à terme en faire une monnaie de réserve par rapport à d'autres monnaies "inflationnistes", il y a donc de la
marge de manoeuvre sous le pied !


Enfin, le "rachat" de dette souveraine, ce n'est seulement qu'un allongement de "maturation", autrement dit des délais de remboursement, pour le moment : Rien n'est donc perdu, au contraire !


 


On note aussi que la FED a mis 95 ans pour atteindre 1.000 milliards de dollars d'actifs financiers.


Elle n'a pas mis trois ans pour dépasser 3.000 millards depuis septembre 2008...


 


A suivre les attaques contre l'Euros en réplique...