Analyse Libérale

Croissance en France et en Europe au premier trimestre 2011

13 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      L'INSEE vient d'annoncer ce vendredi 13 mai 2011 une hausse du PIB de 1% au premier trimestre 2011 par rapport au quatrième trimestre 2010. Les détails des statistiques sont sur le site de l'INSEE.

 

      Selon les chiffres publiés par Eurostat, cela représente une croissance de 2,2% par rapport au premier trimestre 2010.

 

       Quant à l'Allemagne, elle gagne 1,5% au premier trimestre 2011 par rapport au dermier trimestre 2010, et 4,8% par rapport au premier trimestre 2010. Il faut rappeler que l'Allemagne a connu une récession beaucoup plus forte que la France.

 

      Les USA ont connu une croissance de 0,4% au premier trimestre 2011 par rapport au dernier trimestre 2010, et de 2,3% par rapport au premier trimestre 2010.

 

       La zone euro a vu sa croissance augmenter de 0,8% au premier trimestre 2011, par rapport au dernier trimestre 2010, de même que l'UE à 27. Par rapport au premier trimestre 2010, la croissance est identique également, à 2,5%.

 

       On note donc que la France fait mieux que la moyenne de la zone euro au premier trimestre 2011.

 

       La question qui se pose, est de savoir si en France c'est la reprise qui s'enclenche ou non, s'il s'agit d'un rattrapage ou d'un nouvel essor.

 

     Une hirondelle ne fait pas le printemps. Il faudra attendre les mois prochains pour avoir une idée de la robustesse de la reprise.

 

      Cette croissance comporte des éléments positifs. D'abord, une hausse de la production manufacturière de 3,4%. Ce type de production n'ayant pas l'habitude de croître aussi fortement en France, la croissance étant tirée par les services (qui augmentent par ailleurs de 1,1%), sa croissance est une rupture positive.

 

      L'autre élément positif, le principal, c'est la croissance de l'investissement des entreprises. Celle-ci atteint 1,9%, après 0,9% au dernier trimestre 2010. Or, toutes les périodes de croissance sont corrélées à une croissance de l'investissement des entreprises. Même si les médias scrutent le consommation, c'est l'investissement qui tire la croissance.

 

       Enfin, le dernier élément positif, c'est la croissance des exportations: +1,4%, après +0,3% au dernier trimestre 2010. Bien sûr, les importations augmentent plus fortement, +2,7%. Mais l'augmentation de la demande adressée à la France à un effet d'entraînement. La France a connu ces dernières années des périodes de croissance quand l'économie mondiale était en croissance. Il y a donc un effet d'entraînement.

 

       Encore une fois, les chiffres d'un trimestre ne signifient pas grand chose. Il y a des signes d'espoir. La croissance provient aussi d'une reconstitution des stocks, qui augmentent de 0,7%. Ce qui milite pour un rattrapage.

 

       Pour le moment, on en reste aux hypothèses. Ce peut être un rattrapage, après que les entreprises aient cherché à préserver leur trésorerie. Elles ont retrouvé un peu de marge pour investir. Mais peut-être simplement pour rattraper le retard accumulé pendant la crise.

 

       Soulignons par ailleurs que les chiffres ne sont pas extraordinaires. Et n'oublions pas qu'avant la crise, la France connaissait une croissance faible et erratique. La sortie de crise mènera peut-être à ce même type de croissance.

 

       La France sera tirée par la croissance mondiale, l'innovation mondiale, mais rien ne montre qu'elle a une croissance propre à elle-même.

 

      Notons que l'emploi salarié non agricole a également augmenté au premier trimestre 2011. De 0,4%. Pas de quoi s'enthousiasmer non plus.

 

      En conclusion, les chiffres montrent un espoir de sortie de crise, mais qui devra attendre d'être confirmé. Il n'y a pas cependant de raison d'être triomphaliste, notamment car rien n'indique qu'il s'agit d'une véritable reprise économique, de celle qui est attendue depuis de nombreuses années en France.

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I-Cube 16/05/2011 09:13



N'empêche, sur le terrain, ça se ressent : Il y a plein de projets qui sont en train d'éclore, les financements ne sont pas chers, les banques regorgent d'argent qui ne vont plus sur les fonds
spéculatifs.


Et curieusement, à moins d'un an d'une élection majeure, alors que pendant cette période, en général les gens sont "attentistes" : A mon avis, ils ont anticipé un bouleversement majeur et vont de
l'avant avant que d'être arrêtés dans leur élan.


Il était temps...


 


Parce que les nuages sombres des orages s'accumoncellent à l'horizon : Il est donc questions d'aller vite avant les premiers coups de tonnerre !



Vladimir Vodarevski 17/05/2011 06:06



C'est bien, si ça se voit sur le terrain. Heureusement que les banques ont de l'argent, après tout ce qu'a fait la BCE!Mais on reste dans une ériode compliquée, car avec peu de visibilité. Mais
c'est peut-être un nouveau départ. C'est dans ces périodes que peut se nouer la croissance future. La Présidentielle est une incertitude, par contre.



benichou 14/05/2011 07:03



En effet, 0.7% de reconstitution des stocks, pas de quoi pavoiser en france!