Analyse Libérale

Comment réduire les déficits

29 Mai 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Un article du quotidien Les Echos indique que la mutualisation des achats des hôpitaux monte en puissance. C'est un moyen de maîtriser les coût, de faire des économies. Les économie prévues en 2010 s'élèvent à 102 millions.

 

     J'avais lu il y a quelque temps un article concernant la réorganisation des urgences, ou des consultations externes, je ne me souviens plus exactement, à l'hôpital de Beaujon , à Clichy La Garenne, à côté de Paris. Cette réorganisation avait permis d'ugmenter la productivité, grâce à des mesures simples. Par exemple, faciliter l'accès des infirmières ou des aides soignants à certains médicaments, alors qu'avant il fallait chercher une clef à un endroit éloigné de l'armoire contenant les produits en question.

 

     Ces exemples illustrent les économies qui sont possibles, dans l'optique de la réduction des déficits. Il faut pour cela s'intéresser au fonctionnement concret des services publics. On peut réduire les coûts, sans réduire le service. Et même dans la santé!

 

     En effet, dans ce domaine, des économies peuvent être réalisées sur tous les achats. Par exemple, les analyses médicales. Aujourd'hui, ce sont des machines qui effectuent les analyses. Il y a eu de grands progrès de productivités. mais les bénéfices vont aux propriétaires des labos. Imaginons des appels d'offres pour chaque ville, pour faire baisser les coûts en échange de l'exclusivité des analyses. Ou, plus simplement, des établissements publics, qui achèteraient, ou loueraient, des machines très puissantes, pour faire baisser les coûts?

 

     Ce sont des pistes peu explorées et qui pourtant permettraient des économies sans toucher à la qualité des soins. On pourrait ajouter une distribution des médicaments par les centres médicaux. Un organisme publics les achèterait en grande quantité, et, surtout, ce serait cette organisme qui informerait les médecins sur les nouveaux médicaments utiles, et non les visiteurs médicaux (lire à ce sujet cet article dans Challenges: Les médicamenteurs, la grande intox).

 

     Ce sont des pistes peu explorées et qui pourtant permettraient des économies sans toucher à la qualité des soins. Ni à la rémunération des médecins. Mais il faut pour cela mettre les mains dans le cambouis, en quelque sorte.

 

    Un autre exemple de réduction des coûts est donné par le système éducatif finlandais, sur lequel je me suis documenté dans le cadre de l'article . Le système éducatif finlandais obtient de meilleur résultat que celui de la France, mais, en pourcentage du PIB, les dépenses ne sont pas plus élevées. Pourtant, l'encadrement des élèves y est supérieur.

 

     L'une des raisons de cette économie de coût est l'absence de corps d'inspecteurs. Or, c'est une caractéristiques françaises que d'avoir des corps d'inspection dans les administration. Un changement d'organisation pourrait générer des économie.

 

     Une réflexion sur l'organisation administrative du pays pourrait aussi permettre des économies. Il y a tous ces comités Théodules, cette multitudes d'observatoires qui sont créés pour observer tel ou tel problème. Il y a toutes les agences, qui pourraient être fusionnées. L'Arcep, qui régule les télécoms, pourrait rejoindre le Conseil de la concurrence. Le CSA, pour l'audiovisuel, et le CNC, pour le cinéma, pourrait également fusionner. La simplification de la hiérarchie administrative aménerait des économie récurrente.

 

     Plutôt que d'embaucher des énarques, on pourrait aussi faire monter en grade des fonctionnaire cadre A. Cela coûterait moins cher, et ils seraient tout aussi capable. L'ENA a quelque chose d'anachronique. Aujourd'hui, les fonctionnaires de catégories A ont au moins une licence universitaire. Nous ne sommes plus au temps où il fallait une école pour former spécifiquement les hauts fonctionnaires. De plus, il existe aujourd'hui les IRA, les Instituts Régionaux d'Administration. On se demande pourquoi l'Ena existe toujours.

 

      Toujours ce même fil conducteur: s'intéresser au fonctionnement concret de l'administration, pour déterminer comment gagner en efficacité. Toutes les lois, tous les décrets devraient être analysés selon des critères d'efficacité. par exemple, on veut renforcer la lutte contre les fraudes en tout genre. Mais, une simplification des lois et des règlements pourrait diminuer les possibilités de fraudes, et économiser aussi le coût du contrôle. Le gouvernement veut diminuer le nombre de fonctionnaires. Mais il ne pourra le faire qu'en simplifiant les lois et le fonctionnement de l'administration.

 

     Qu'il faille ,réduire les déficits, la plupart des économistes en convient, avec réticence parfois, mais la nécessité s'impose. L'expérience passée sert d'exemple. Même si certains essaient encore de faire croire que les dépense vont nécessairement provoquer de la croissance. Il est donc temps de s'intéresser, enfin, aux moyens de réduire le déficit en faisant le moins de mal possible, économiquement et socialement. Nous payons les erreurs, errements du passé. Essayons de minimiser la casse. C'est possible.

 

     Mais, en politique, le débat est bien mal engagé. Nous avons les partisans de la rigueur, prêt à une diminution aveugle des dépenses, face aux opposants, qui protestent contre cette rigueur. Le résultat risque d'être pénible.

 

(Sur les moyens de relancer l'économie, cf Le schéma de base de l'économie   et La relance, l'innovation, capital risque et capital développement  )

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lillydeparis 20/06/2010 09:41


faire des économies c'est possible, vous parlez de l'hopital par exemple, il y a beaucoup de piste à explorer pour économiser.Mais on pourrait par exemple commencer par limiter les gaspillages
mettre un peut d'ordre et régler par exemple le cas de médecins pratiquant des consultations privées dans les locaux de l'hopital avec les moyens matériel et humain de l'hopital public .
Mais il y a aussi certainement des economies à réaliser sur les prestations telle que la préparation des repas, la blanchisserie...: pourquoi les hopitaux ne mutualiseraient pas ses services en
creant des plateforme commune au lieu de passer par la sous traitance via des entreprises dont le coût doit être plus éléve.
Au delà de l'hopital, il y a forcément des économies à réaliser dans les services publics sans nuire à la qualité du service.


mamalilou 31/05/2010 12:25


certes.
concernant la santé à la base, il y a toujours un truc qui me chiffonne, tu le sais, c'est que le plus gros du problème avant même la gestion hospitalière est le retour sur la sécurité sociale de
ce qui entre dans son bilan, selon ce qui est prévu... et que l'état doit...
forcément si dans les entrées, les plus grosses ne sont pas là... comment maintenir un budget équilibré...
une fois encore, il faudra faire attention que les gestes comptables mesurables ne pèsent pas sur la marge aléatoire tout juste évaluable du sujet traité.
quel rapport avec la rigueur du budget de l'état? ben justement...
il va falloir éviter de négliger la santé une fois encore... ce n'est pas un poste qu'on peut rationaliser à outrance... sans perdre tous ses objectifs...ou presque, et le vider de son sens.

après, les diminutions de postes, yep, forcément c'est dans l'ton et les modifications qui s'imposent dans le travail et dans conception même des services va de soi...
cependant, il faudra que ça entre dans une perspective moins nombrilique, en effet, ceux qui perdent leur emploi (préretraite comprise) et ceux qui n'accèderont plus au lot jadis possible de ces
emplois... ne vont pas disparaître de la liste des "je gagne pas ma vie"...
et là se pose encore la question qui enfle avec la rigueur de l'hiver 54: où en est-on du revenu universel d'existence...
faut-il tous crever pour que l'état se porte mieux... quand on sait où sont les erreurs commises et par qui, ça fait un peu mal quand même...
hem quoi?
non je n'exagère pas!!!

au fait, j'ai mis un lien en colonne (module "choix") vers la promotion de ton ouvrage, si tu n'y vois aucun inconvénient
:)


Vladimir Vodarevski 31/05/2010 21:02



Par cet articles, j'ai voulu mettre en avant la possibilité de faire des économie sans diminuer la qualité des services. J'ai aussi voulu mettre en avant toutes les dépenses vers le privé dans la
santé. A chaque fois qu'on parle d'économies, c'est une levée de boucliers. Pourtant, les labo d'analyses, les labo de médicaments, tous les fournisseurs du secteurs se font beaucoup d'argent, en
augmentant la productivité, les prix, dans la logique de l'économie de marché. Adoptons donc la même logique envers eux.


Quand je parle d'économies budgétaires, cela comprend la rationalisation de toutes les exonérations, qui sont un coût.


Merci pour le lien!


A+



benichou 30/05/2010 15:38


Le grand mérite de ce papier est de pointer du doigt une tare bien française: La propension à l'abstraction ( et à la généralité).Ca permet d'éviter soigneusement de se coltiner avec la réalité,
comme celle décrite ici.
Cependant, l'approche par les économies, a aussi des limites: Les éxonerations de cotisations sociales pour les entreprises, ajoutées à des taux anormaux de chômage explique le soit disant "
déficit" de la sécu.
Parler d'économies, est aussi une façon d'occulter cette vérité là!


Vladimir Vodarevski 30/05/2010 21:29



Effectivement, il faut aussi s'attaquer aux prélèvements. Là aussi, une simplification s'imposerait. Avec un questionnement sur l'utilité des différentes exonérations fiscales et sociales. Et
aussi toujours l'idée qu'une simplification de tous les prélèvement en renforcerait l'efficacité, et permettrait des économies de contrôle.