Analyse Libérale

Chimères, questions sur les progrès de la science

31 Juillet 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Un article de Slate pose la question des chimères, ces hybrides mi-humain mi-animaux, que la science est capable de créer aujourd'hui, ce dont elle ne se priverait apparemment pas.

Chimères, bioéthique, recherche

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jéjé 04/08/2011 21:21



M'enfin je vais arreter de vous embeter avec mes commentaires stupides, et de me vanter 'être un grand lecteur, puisque j'ai vu que votre livre est encore disponible sur Chapitre.com, j'ai passé
commande, pour essayer de mieux comprendre tout ca, et confronter mes préjugés naifs.



Vladimir Vodarevski 04/08/2011 21:51



Vos commentaires m'intéressent beaucoup. Je vais essayer de faire une réponse construite ce week end au dernier, qui est très intéressant. L'intérêt du blog, au delà de l'orgueil d'avoir son
petit media à soi, c'est le débat.


Pardonnez à mon livre ses imperfections dus à l'auto-édition. C'est un prototype!



Jéjé 04/08/2011 18:41




Je m'excuse d'avoir ramené ma science, je ne suis pas pédagogue, et je comprend que cela ne colle pas avec votre formation d'économiste.


Je pense que beaucoup d'humain sur la planète pourrait recevoir de leur parent le patronyme de Saint Cornyl, protecteur du bétail.


Beaucoup d'humains ont un horizon dépourvu de tout orgueil, ce qui ne les empêche pas d'avoir un comportement soumis, et même esclave des suggestions que des personnes sans scrupules, mais pas
nécessairement plus savante que leurs victimes


Ce n'est pas nouveau et cela a permis à aux latins et leurs acolytes, d'avoir garder un large monopole sur l'Occident depuis plus de 2000 ans. Au point qu'il est difficile aujourd'hui de savoir
si c'est la définition occidentale de nation qui contient le pêcher d'orgueil ou si ce sont certains hommes et tout particuleièrement les plus savants.


Mais quelque part ce débat, pourtant central, est devenu trop sophistiqué pour la plupart ( dont moi), à notre époque, 


En effet, nos contemporains sont conditionnés à ne considérer que le progrès est exclusivement matériel et quantifiable, et aussi à refuser de voir que ces progrès engendrent des effets
collatéraux qualitatifs, qui sont rarement immédiat et donc dont la résolution est astucieusement déléguée aux "progrès" des générations futures.


 


C'est le triomphe de la consommation de masse comme mesure du "bonheur" et la promotion des probabilités/statistiques au rang de science ultime (thermodynamique et systémique : nous sommes des
particules élémentaires qui nous entrechoquont), plutot que comme une simple technique (qu'elle n'a jamais cessé d'être).


 


Je ne sais pas grand chose de savant en dehors de la biologie, pour tous les autres domaines de compétence, j'ai beaucoup du me former seul, et sans personne pour me guider.


J'ai donc lu différents auteurs qui me font dire qu'il y a une rupture entre les dirigeants et les nations. 


Ces auteurs ( James Joyce, Rainer Maria Rilke, John Steinbeck, Emile Verhaeren (Louis Ferdinand Celine que je n'ai pas lu)) ont tous été considéré comme des individus brillant et cultivés, et
pourtant on traduit un très profond malaise dans leurs oeuvres, mais aussi dans leur vie (Joyce était alcoolique, Rilke est mort d'une leucémie, Verhaeren a été poussé sous un train,…).


Lisez ce commentaires de Steinbeck à propos de la grande dépression aux USA :


http://interetsconflits.blogspot.c [...] -john.html 


 


Je pense que la grande difficulté à comprendre l'économie c'est que c'est un double langage : cela se présente sous une forme objective, empreinte de symboliste (arithmétique, logique), mais cela
dissimule des projets subjectifs, politiques et on pourrait aller jusqu'à dire métaphysiques/théologiques : le monde serait d'avantage une création alors qu'on nous le présente comme une suite de
hasards, de tirages au sort ou de chaos.


Les scandales financiers, les théories débiles de complots, posent la question suivante:


 l'économie et le progrès seraient avant tout une affaire de délits d'initiés, ou la valeur des choses n'appartient pas à ceux qui la possèdent ou même parfois les
inventent/fabriquent, 


Mais à ceux qui la détruiront : c'est en détruisant ce qui a de la valeur que nous créons de la richesse, comme les bergers incultes de la préhistoire, et les prêtres de l'antiquité… il n'y a la
pas qu'une volonté de progrès mais aussi un procédé magique/religieux qui a un pouvoir suggestif très fort sur l'homme, et l'histoire de l'Occident repose la dessus, peut on dès lors vraiment
parler de progrès ?


B.Pascal disait que nous n'aimions vraiment que des idées, j'ai tendance à être d'accord avec cela, Les humains, en général, ne sont pas des sentimentaux, néanmoins on ne peut leur ôter cette
dimension. La nation est quelque chose d'idéalisé autant que matériel, et  la violence des libéraux à condamner l'orgueil des nations me parait suicidaire et totalement irrespectueuse envers
les hommes (et je refuse de m'embarquer dans un débat philosophique la dessus, je dis simplement que le mal du pays, le "homesick" ca existe et que ca rend réellement malade les humains).


Pour autant cela ne justifie pas l'excès inverse, celui des socialistes, qui jouent perfidement sur la sensiblerie et la propension humaine, trop humaine, à aimer les idées (parfois les plus
grotesques pourvues qu'elles soient bien amenées), parfois  passionnément. Et d'ailleurs bien souvent toute cette sensiblerie déplacée ne se solde que par la simonie la plus odieuse, un
comble pour ces laïcs qui se prétendent anti-cléricaux.



Vladimir Vodarevski 14/08/2011 15:43



Votre commentaire est très riche. J'aime beaucoup votre critique de la promotion des statistiques comme sciences ultimes.


Je ne saisis pas par contre votre raisonnement quand vous écrivez que c'est en détruisant ce qui a de la valeur que nous créons des richasses. Pourriez-vous développer?


Merci


Je prépare un article sur le lien entre matérialiseme et progrès.


Cordialement



Jéjé 02/08/2011 11:42



Plus je reflèchis à tout ca, plus je me dis que faire de la médecine une activité économique est la source de tous les maux.


Quelques situations :


Une mère, un fils de moins de 5 ans. Ce fils se voit découvrir un double cancer des reins, et les deux reins lui sont enlevés... il doit être dialysé à vie, c'est une technique très pénible
surtout débuté à un si jeune age ( dialyse 3 fois par semaine voir tous les jours pendant plusieurs heures). On peut proposer une greffe, mais la liste est longue, la solution la plus rapide est
la greffe à partir de donneur vivant...


Evidement la maman décide de donner un rein a son fils ... et l'histoire continue


Triomphe de la science ? triomphe de la maman ?  ...


Une mère et son fils de 5 mois, l'enfant agonise, il souffre d'une animalie génétiqueui empeche ces muscles de fonctionner normalement, il ne peut avaler que peu d'aliments et de liquides, il ne
crie jamais car cela lui demande déjà trop d'efforts de respirer normalement, pourtant ses yeux cherchent avidement le contact de ceux de sa mère qui passe tout son temps à son chevet depuis sa
naissance.


Il va mourrir, les médecins ne peuvent qu'offrir des soins de confort, on a eu beau mettre en place des aides à domicile et expliquer à la maman qu'il ne servait à rien d'appeler les
secours en cas de malaise, elle a quand même appelé les secours après un énième malaise à la maison.


Le voila hospitalisé avec sa mère, et l'on sent bien que le prochain malaise, qui est incessant, sera le dernier. La neurologue, les pédiatres ont interprétés cela en voyant la mère seule et
démunie face à son enfant de 5 mois, agonisant de 5 mois de maladie. Qu'ont ils donc pu faire de plus ? ils ont appelé le papa, qui était en déplacement hors de la région depuis plus d'une
semaine, pour des raisons professionnelles, et ils lui ont fait comprendre que c'était la fin et qu'il fallait qu'il lrejoigne immédiatemt son enfant et sa femme à l'hopital et attendre ce
dénoument. Le papa est donc arrivé auprès de la maman et l'enfant est décédé dans les 48 heures qui ont suivi.


Interprétation possible qui n'engage que l'auteur :


L'angoisse de la maman, stressait l'enfant (stimulation du système nerveux autonome qui dope le coeur les poumons/ les vaisseaux, la vigilence) et le faisait ressuciter après chaque malaise, et
la maman venait alors à l'hopital, le papa est venu, la maman c'est détendue, et le petit ange s'est pour la première fois autorisé à rêver un peu plus lontemps qu'il en avait l'habitude.


triomphe de la médecine ? triomphe de la maman et du papa ?


Il y a deux erreurs, privilégier l'expérimentation sur l'observation, et transformer la sciencifique en technicien pour des motifs purement économique.


Autre illustration :


La greffe rénale :


Premier succés francais (J.Hamburger ...) après la 2 guerre mondiale ( encore une histoire de mère qui donne un rein a son fils d'une vingtaine d'années, victime d'un accident professionnel, ce
qui permettra de prolonger l'agonie de son fils de plus d'une semaine, et de placer la chirurgie francaise sur le podium international) depuis ont suivi la découverte des immunosuppresseurs et du
système HLA, et les succés que l'on connait.


Cependant l'insuffisance rénale était rare à l'époque, d'ou l'optimisme de prendre un rein aux riches qui en avaient deux pour donner au pauvres qui n'en avaient plus.


alors que l'incidence de l'insuffisance rénale, explose aujourd'hui (diabète, hypertension, intoxications médicamenteuses diverses, vieillissement, etc...), conséquence pénurie, et traffics
contre lesquels la législation n'est qu'un aveu d'impuissance.


La vrai question est déjà soulevée par les néphrologue : l'avenir serein n'est pas à la transplantation rénale, mais à la néphroprotection : il est inutile et absurde de greffer des reins si on
ne sait les garder en bonne santé chez les personnes qui ne sont pas malades de leur rein.


C'est pourquoi il y a deux erreurs l'expérimentation plutot que l'observation et la technique plutot que la science, et dans chacun de ces travers, c'est l'économie qui est fauteuse de trouble.



Vladimir Vodarevski 03/08/2011 19:40



En France, et dans beaucoup de pays, la médecine est une activité administrée. Ce n'est pas une activité économique libre.


Certains soutiennent que si l'assurance publique n'existait pas, si les gens étaient libres de s'organiser pour les soins, il y aurait moins de gâchis. Car les gens verraient les coûts et
chercheraient à les minimiser, et les comportements vertueux seraient récompensés. Quant à ceux qui ne pourraient pas se payer des soins, dépendre de la solidarité les responsabiliseraient plus
que de la redistribution impersonnelle de l'Etat.


Cependant, aux USA, où l'assurance maladie est plus limitée, cela n'empêche pas les plus riches d'encourager la course aux armements, si je puis dire.


Est-ce vraiment une question économique? La course à la jeunesse, à la longévité, à la beauté?Est-ce de l'orgueil, de l'ambition, une folie?  Ou une volonté de progrès?


La course aux chimères également. Une ambition, la volonté de montrer son savoir faire, l'orgueil national?