Analyse Libérale

Autorité sur les enfants à l'école et à la maison

2 Juin 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

 

      L'APEL, l'Association des Parents d'élèves de l'Enseignement Libre et le quotidien La Croix ont commandé un sondage à l'institut CSA sur le thème: Autorité des parents et des enseignants: regards croisés parents/enfants. Ce sondage a été effectué sur un échantillon de parents et un échantillon de jeunes de 15 à 24 ans. 
 

      Ce sondage montre que l'autorité est perçue comme une valeur positive, chez les élèves comme chez les parents. Les parents, comme les enfants, considèrent qu'il y a un manque d'autorité chez les parents. mais pas en ce qui les concerne! Un manque d'autorité chez les autres comme dit l'étude. 
 

      De même, parents et enfants considèrent que les enseignants manquent d'autorité sur les élèves. 
 

      Mais, à la maison, les jeunes comme les parents considèrent qu'il vaut mieux s'imposer par le dialogue plutôt qu'en demandant l'obéissance aux enfants. 
 

       Il y a donc une apparente contradiction, entre l'autorité comme valeur reconnue, mais finalement refusée en pratique. 
 

      L'on nous apprend en statistiques l'importance des questions posées lors d'un sondage, l'importance du sujet étudié. En l'occurrence, Le sujet du sondage est l'autorité, dans le cadre de l'éducation, à la maison et à l'école. C'est pour ou contre l'autorité. 
 

      Les sondés ne veulent pas dire qu'ils sont pour l'anarchie. Un certain ordre est utile dans l'éducation. Mais ils ne sont pas pour la notion d'obéissance absolue. 
 

      L'éducation est un domaine complexe. Comme je l'ai montré dans un précédent article, L'éducation, ébauche d'un constat et de pistes.  , un bon environnement, à l'école et à la maison, est utile à l'éducation. En France, le débat est très réducteur: on parle tout de suite de discipline, d'autorité, et des clivages se forment. Ne pourrait-on pas parler, plus simplement, de conditions d'enseignement? Débattre, franchement, clairement, de ces conditions? Si on explique qu'il faut apprendre l'enfant à se concentrer, cela passera peut-être mieux que de parler d'autorité. Par ailleurs, ne plus raisonner en terme d'autorité pourrait favoriser l'interactivité de l'enseignement.

  

      Pour cela, il faut un véritable débat, une volonté politique de rassembler parents et enseignants autour de valeurs communes. Aujourd'hui, on ne peut pas construire l'Éducation Nationale sans les parents. C'est un fait. 
 

 

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Solotourne 08/06/2010 10:01


La confusion entre écouter et obéir n'a pas fini d'embrouiller les esprits. C'est que la brutalité fait partie de notre fond culturel de Francs dont il n'est pas si facile de se défaire. Quand
Allègre avait proposé de mettre l'élève au centre du système éducatif, ce qui est la moindre des choses, il avait eu droit à une bonne raclée et y avait perdu son poste. Dolto est souvent invoquée
comme responsable du laxisme, alors que ceux qui la connaissent un peu plus savent qu'elle n'a jamais renoncé à son rôle d'adulte tout en développant ses qualités d'écoute exceptionnelles.


Vladimir Vodarevski 08/06/2010 18:00



Qu'est-ce que l'autorité? Effectivement, avoir de l'autorité sur une classe, ce n'est pas être autoritaire, comme le souligne madame Philippe d'ailleurs. Et être à l'écoute ne signifie pas être
laxiste.


Nous sommes face à un débat sérieux. Mais les médias ne savent pes animer ce genre de débat. Vous citez Françoise Dolto, soulignant le hiatus entre ceux qui s'en réclament et ceux qui l'ont lu.
Les raccourcis erronés sont malheureusement courants.



Nadine PHILIPPE 03/06/2010 21:58


Autorité et enseignement: la classe n'est pas une cour de récréation c'est pourquoi un cadre est nécessaire. Sans limite l'élève part dans la direction qu'il souhaite et ce n'est pas souvent celle
que nous aurions aimé qu'il prenne.L'enseignant doit, je crois, par des techniques personnelles faire régner une ambiance propice au travail avec des rappels à l'ordre lors de débordements.
Proposer aux élèves de faire des bilans de vécus de la journée peut l'amener à s'auto corriger et à apporter des idées pour améliorer l'ambiance de classe ou pour lui-même se prendre en main.Cela
doit toujours passer par le dialogue pour pouvoir s'impliquer dans les décisions.L'élève doit sentir les limites à ne pas dépasser et c'est peut-être à cela qu'on reconnaitra l'enseignant qui vit
en harmonie avec sa classe et avec lui les élèves auront envie d'apprendre.
On rencontre cependant des enseignants qui ont non pas de l'autorité mais qui font régner l'autoritarisme dans leur classe.Dans ces lieux les élèves souffrent en silence.Ils ne bronchent pas par
crainte de la punition du maître qui sera doublée ou triplée à la maison!Mais les pauvres sont face à plus fort qu'eux et doivent se résoudre à baisser les bras.Aucun amour ne lie ces personnes.
C'est horrible mais cela existe.Les élèves sont devant leur feuille, tentent d'éxécuter la tâche, n'osent pas demander ce qu'ils n'ont pas compris. Quand les plus faibles se permettent un
débordement ils se font attaquer par une réflexion blessante, humiliante qui les calme tout de suite. C'est épouvantable qu'un tel climat puisse régner mais on en voit. Ces adultes en plus,lors
d'inspections, saventcharmer et ont des notes excellentes. Je suis sûre que dans chaque école (je ne parle que du primaire)un spécimen de ce type existe.Et ils sont fiers d'eux ! Les têtes blondes
apprennent-elles dans ces conditions ? Les bons élèves oui mais les autres seront dans la queue de classe et en plus mal dans leur peau.
Il faut des règles pour ne pas empêcher les camarades de travailler mais élaborer le règlement en commun.
Et ce qui est fou c'est qu'en 2010 on rabâche que les élèves ont des niveaux différents et en classe nous avons une très grande majorité d'enseignants qui fait abstraction de cela et enseigne le
même programme pour tous.Nous avons 25 élèves face au maître qui donne sa consigne et part s'installer à son bureau pour corriger les exercices faits précédemment. En maternelle les enseignantes
fonctionnent par atelier et dès que les élèves arrivent en primaire on retrouve la relation frontale. Comment peut-on laisser des élèves seuls devant des exercices quand on sait pertinemment qu'ils
ne son pas capables de les faire. C'est une aberration mais cela existe de plus en plus. Comment un élève peut-il aimer l'école et avoir envie d'apprendre dans ces conditions ?
Mais les élèves n'arrivent pas à l'école sans un vécu familial. La famille a évolué c'est vrai. On fait des enfants, on veut des rois. Les enfants marchent à la récompense et les cadeaux tombent
même quand ce n'est pas mérité. On craque devant ces chéris.Dans beaucoup de familles il n'y a pas de cadre.Papa et maman travaillent, on récupère les enfants le soir et on laisse tout faire devant
la télé. On marche à la promesse de cadeaux ou de sorties à eurodisney...Il faut laisser les parents tranquilles. On achète des beaux habits de marque, de supers jeux vidéos, on les inscrits à des
clubs et le mercredi il faut bien tenir le planning pour ne rien oublier et voilà notre enfant. On ne lui parle pas, on ne sait rien de lui.Il reste des familles qui luttent contre ces façons de
faire mais elles sont peu nombreuses.
Les enfants sont aimés mais on leur donne le goût du matériel. On ne prend plus le temps de jouer avec eux.
Il devrait exister des groupes de paroles où des parents se rencontreraient pour trouver une conduite où l'enfant serait au centre et non pas à côté ou derrière.
Snif ! il y a des choses à faire mais il ne suffit pas de le dire, il faut agir !


Vladimir Vodarevski 03/06/2010 22:03



Merci beaucoup Madame Phiippe. Agir, oui. Mais je n'ai pas la clef...



03/06/2010 09:09


Pas ce souci-là dans les écoles que fréquente "ma nichée".
Faut dire qu'on vit quand même dans un "coin d'élite" du pays...


benichou 03/06/2010 08:44


tout à fait d'accord.Encore faudrait-il que les parents fassent leur boulot d'éducation, ce qu'ils ne font pas.
Il faudrait aussi qu'ils arrêtent de considérer les enseignants comme quantité négligeable,ou comme censeurs de leurs "petits génies" dont beaucoup sont nuls.


Lucie 03/06/2010 07:47


Comme tu le dis, il faut la volonté politique. Et je crois qu'elle n'y est pas, plus que ça, la volonté de ne pas réunir, de séparer, d'opposer existe. Ca réunir les parents et les enseignants
autour de valeurs communes serait ruiner les efforts des gens qui nous gouvernent pour casser l'école, comme ils ont déjà cassé le système hospitalier, la justice, etc. Eduquer les enfants ? Leur
donner les armes pour changer le monde ? surtout pas !


mamalilou 02/06/2010 23:33


aujourd'hui les enfants se tapent encore des O en math quand ils n'ont pas leurs affaires, ou quand ils sont absents, ou quand ils bavardent
et sur la base de ces moyennes pipées on doit constituer un dossier de niveau, et pour la constitution des classes et pour l'accession à des études supérieures
et c'est ainsi que l'éducation nationale exerce son autorité pour régler l'absentéisme et l'obéissance aux règlements psychorigides nécessaires!
pourquoi ne pas enfin poser une note de comportement/respect du réglement sur 20 avec moyenne obligatoire pour maintien dans l'établissement (sinon -->> hop par correspondance ou en
internat)
et une note d'assiduité (présence, ponctualité)qui conditionne aussi le passage en classe supérieure sur contrat de présence préalable.
et que les évaluations par matières restent des évaluations de matières, merci...

et ce pour ne parler que de cette absurdité là

parfois je me demande comment on peut à ce point manquer de ressource et d'imagination dans le traitement des problèmes que l'on rencontre dans l'éducation des enfants...

les rouages sont vraiment trop pesants et poussiéreux encore...vraiment

cela dit, il est vrai que le non respect généralisé, la façon dont on méprise le travailleur, la façon dont les couples se dissolvent, dont un diplômé se retrouve à exercer un métier qui n'a rien à
voir avec ses compétences et ses prétentions pour cause de "chômage et décroissance" ambiants...
la récurrence de la mise en valeur des bandits, des voleurs, des tricheurs, des menteurs, des arrivistes, des hâbleurs, etc...

il y a quand même des éléments sociétaux qui ne favorisent pas ces valeurs d'autorité, de discipline, de partage... ni même la compétition...
alors, bon, oui la compétition, pas que j'y tienne... mais pour que l'éducation puisse continuer à tabler dessus, faudrait qu'hors les établissement, les efforts soient récompensés, les diplômes
servent, le travail paie... etc...

ce n'est plus le cas... il faudrait donc viser à stimuler autrement... que par l'hypothétique carotte financière et sociale au bout de l'effort...

j'arrête, parce que j'y passe la nuit...
:o)
nuit bonne