Analyse Libérale

Pour une information plus accessible.

28 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

Voici un lien vers un rapport de la BCE, sur la situation du financement interbancaire. Les graphiques sont intéressants. Ils montrent clairement la dégradation de la situation, en Europe, après la faillite de lehman Brothers, et la lente amélioration depuis. Le système est encore convalescent. Les banques, en Europe, dépendent encore beaucoup des refinancements de la BCE, la confiance n'étant pas encore revenu sur les marchés interbancaires.

Ce rapport est en anglais. Il n'est pas évident à lire. Il n'est pas destiné au grand public. Pourtant, c'est la seule source d'information que je connaisse sur la situation du marché interbancaire. C'est le seul moyen de suivre l'évolution de la crise fianancière, qui est une crise de liquidités, les banques ne trouvant plus les moyens de se refinancer sur les marchés financiers.

Je déplore à nouveau que l'information soit si difficilement accessible. C'est une information essentielle sur la crise financière, et pourtant les médias n'en parle pas. On nous bassine des avis d'experts de tout poil, qui nous disent où en est la crise, mais on ne nous présente pas les faits, qui pourraient nous permettre de nous faire une opinion. Ce rapport n'existe même pas en français à ma connaissance (si vous le trouvez en français, merci de bien vouiloir laisser un lien, ce serait utile).

Pourtant, la BCE a tout un service de presse pour expliquer les chiffres aux journalistes. Toutes ces informations sont aisément accessibles aux professionnels de l'information. Est-ce que les médias considèrent qu'elles sont trop compliquées pour le pékin moyen?

On vit aujourd'hui un contraste extraordinaire. C'est la crise la plus médiatisée de tous les temps, et pourtant les informations essentielles sont difficiles à trouver. Les mécanismes qui ont conduit à la crise sont pourtant compréhensibles dans leurs principes, même si on ne maîtrise pas leur mise en oeuvre.

Les médias se plaignentt de la désaffection des usagers, les journaux en particuliers se plaignent de la désaffection des lecteurs. Mais on voit que les journaux dont les lecteurs considèrent qu'ils apportent un éclairage s'en sortent. Comme The Economist, qui a enregistré d'excellent résultats financiers. Ce qui montre que le public ne s'intéresse pas uniquement à la dernère mouche écrasée par Barack Obama. Les Echos, en France, ont également de bons résultats. Mais eux-mêmes donnent peu d'informations sur le marché interbancaire.

Il y a bien sûr internet, qui permet de retrouver l'info. Mais c'est long, compliqué. Les journaux devraient être là pour sélectionner, ordonner, expliquer l'info. S'imagine-t-on que les gens ont forcément le temps de rechercher l'info? Comment font-ils s'ils ont des enfants par exemple? Ils préfèrent se détendre dès qu'ils en ont le temps plutôt que de se lancer dans de fastidieuses recherches sur internet. Même moi je trouve ces recherches pénibles. En plus, tout est en anglais. C'est génial pour l'accès démocratique à l'information! Le plus intéressant, dans ce blog, c'est d'expliquer, de donner mon opinion, mon raisonnement. Mais je passe plus de temps à rechercher les données parfois.

Les médias, les journaux connaissent une crise nous dit-on. Espérons qu'elle sera salutaire, et qu'elle les incitera à s'améliorer. J'aime les médias, les journaux, les magazines. Je comprends qu'on les aide. Ils sont indispensables dans une démocratie. Mais une aide financière ne suffira pas. Dans un monde de plus en plus compliqué, où il y a de plus en plus de débats, il faut une information de qualité, et utile. Il y a un besoin. Si les médias répondent à ce besoin, ils sortiront de la crise, et n'auront plus peur des nouvelles technologies.  

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Laurent GUERBY 02/07/2009 23:53

Merci pour votre réponse et le document explicatif.

En fait mon objectif n'est pas vraiment le M3 mais de savoir combien il y a de création monétaire totale pour chacune des monnaies (au moins les principales). Le rapport Z3 de la Fed est relativement clair sur le sujet pour le USD. Coté EUR par contre c'est moins clair (et JPY/GBP/CHF/CNY je n'ai pas cherché encore).

Laurent GUERBY 02/07/2009 21:14

Pour référence ma question était sur la définition des lignes "Titre" de la page 2 de cette publication :

http://www.banque-france.fr/fr/stat_conjoncture/telechar/stat_mone/evomonze1.pdf

Autant je comprends que les crédits banquaires sont de la création monétaire et donc logiquement contrepartie du M3, autant je ne vois pas de quels "titres" il pourrait s'agir.

Jusqu'ici je pensais que seul un prêt bancaire impliquait de la création monétaire.

Je suis preneur de toute explication :)

Vladimir Vodarevski 02/07/2009 23:38


 

J'avoue n'avoir jamais été très loin dans les subtilités de la masse monétaire. La monnaie n'ayant pas été mon centre
d'intérêt principal. Mon intérêt pour elle a grandi quand j'ai commencé à mieux l'appréhender, c'est à dire avec mes propres mots, en sortant du jargon monétaire. Je ne maîtrise pas encore les
phénomènes monétaires. A vrai dire, qui les maîtrise vraiment? je n'ai pas encore trouvé de référence vraiment intéressante. mais je n'ai pas suffisamment cherché encore.


 


Voici ce que j'ai trouvé sur les titres qui apparaissent en contrepartie de la masse monétaire:


Les crédits comprennent :


– les crédits stricto sensu,


– les avances, parts et comptes courants d’associés dans les sociétés immobilières de promotion,


– les effets à l’encaissement à crédit immédiat,


– les immobilisations de crédit-bail et les opérations de location avec option d’achat,


– les opérations de location simple, exercées à titre complémentaire,


– les prêts participatifs.


La rubrique « titres » inclut :


– les valeurs mobilières émises par des agents non financiers autres que l’État (obligations, actions et


assimilées),


– les billets de trésorerie ainsi que les BMTN émis par les entreprises.


 


cela provient du site de la banque de France. Oui, il faut chercher! Voici l'adresse:


http://www.banque-france.fr/archipel/publications/bdf_bm/etudes_bdf_bm/bdf_bm_22_etu_1.pdf


Ce sont donc des titres achetés par des institutions de crédit. Ce ne sont pas les titres achetés par leurs différents
fonds de placement.


Je ne maîtrise pas encore le mécanisme pour bien l'expliquer. Et mes cours ne l'expliquent pas. C'est le défaut de la
théorie, qui explique les grands phénomènes monétaires, comme l'inflation, mais pas suffisamment les mécanismes pratiques. même si ceux ci ne sont pas nécessaires pour comprendre l'inflation par
exemple, on aime à faire le lien avec le concret.


mais je vais poursuivre les recherches. Je crois que je commence à comprendre.


 



Laurent GUERBY 01/07/2009 22:40

Pour ce qui est des publications de la Banque de France j'ai déja posé plusieurs fois des questions (de définition) aux courriels mentionnés sur ces mêmes publication sans jamais obtenir la moindre réponse.

Des courriels similaires de ma part aux organismes américains ont tous eu une réponse le lendemain (alors que je dis bien ne pas être citoyen américain).

Vladimir Vodarevski 02/07/2009 20:57


Ah, les staistiques américaines! Qui tombent avec régularité, à date fixe. Je vais rarement les consulter. J'ai voulu une fois consulter les statistiques sur la pauvreté. J'ai appécier toutes la
présentation sur la méthode en préambule.
Ceci dit, l'Insee a de bonnes statistiques. Même si je ne trouve pas toujours ce que je voudrais.
Quant à la Banque de France, j'avoue que je n'ai pas eu l'idée d'aller voir. Je vais y faire un tour. Ce doit être en français!