Analyse Libérale

Les manifestations agricoles de ces derniers jours

14 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     L'actualité est à nouveau marquée par des manifestations d'agriculteurs. Ce sont les producteurs de lait, qui protestent contre le prix de vente de leur produit. Ce sont les syndicats agricoles, qui protestent contre les marges des grandes surfaces.


     Cette situation est récurrente, et le sera encore tant que le secteur agricole ne changera pas profondément. Quel est le problème? C'est que les agriculteurs, les éleveurs, sont restés producteurs de produits de base. Ils ne sont pas au niveau de la chaîne où se crée la valeur.


     On peut gagner beaucoup d'argent en produisant en grande quantité, à bas coût. Ce qui est possible en France certainement dans certains domaines, et certaines régions, pour les céréales par exemple. Ou alors, il faut se placer là où est créée la valeur.


     La valeur, aujourd'hui, est immatérielle. C'est une spécificité d'un produit, une image, une marque. Prenons l'automobile. A-t-on besoin de mettre autant d'argent dans une Mini, ou autre BMW, hors de prix, pour des performances qui ne seront jamais utilisées, et pour une tenue de route que l'on retrouvera sur une voiture moins onéreuse? Non, nul besoin. Mais c'est un produit qui fait envie à beaucoup.


     Dans l'alimentaire, la valeur est chez celui qui contrôle le produit final généralement. Il a la maîtrise de la mise en vente, de la présentation, de la communication. Les producteurs de lait, par exemple, devrait devenir producteur de produits laitiers de marque pour dégager de meilleures marges. D'un produit basique, ils passeraient à un produit différencié.


     Cette mutation est-elle possible? Pourquoi pas? Il y a le système des coopératives. Il y a toutes les aides européennes, qui pourraient être orientées vers un projet de ce type: transformer les agriculteurs en producteurs de produits finis, de produits qui ont de la valeur.


     Cela suppose de grands changements d'habitude. Aujourd'hui, les coopératives peuvent être tenue d'acheter toute la production de ses membres. Qui sont toujours payés en fonction des quantités produites. Il faudrait plutôt ne pas hésiter à détruire ce qui n'est pas vendu, plutôt que d'inonder le marché de produits vendus à perte, pour écouler des stocks.


     De même, les adhérents de la coopérative devraient être rémunérés essentiellement en fonction des bénéfices.


     Cette transformation peut commencer simplement. En créant des marques, pour des fromages produits directement par le producteur laitier par exemple. Passer des accords, quand c'est possible, avec des fabricants de plats préparés, en leur proposant des produits à mettre en valeur dans leurs plats. En maîtrisant la distribution. En créant par exemple, des magasins d'alimentation, pour écouler directement les produits: viandes, fruits et légumes, yaourts, fromages, etc. Tout  cela existe d'ailleurs. Il faut le développer.


     Le piège à éviter, c'est la logique du commerce équitable. Il ne faut pas se présenter devant le consommateur en mendiant, en lui disant d'acheter ces produits pour sauver les agriculteurs. Ni même pour sauver la planète. Il faut vanter la qualité des produits, la tradition, le terroir. La France a d'énormes atouts dans ce domaine. Elle ne les exploite pas assez. Si on se place dans la logique du commerce équitable, on ne valorise pas le produit.


     La France a beaucoup d'atouts dans le domaine agricole. Il ne faut pas hésiter à les exploiter, même si les projecteurs se braquent plus sur le high tech. La croissance, l'emploi, ne viendront pas uniquement de ce dernier secteur. L'innovation, c'est aussi une nouvelle manière de vendre, de nouveaux circuits de distribution, de nouvelles marques. Pour sortir le secteur agricole de ses difficultés récurrentes, il faut innover. Dans un cadre, je le reconnais, difficile, et contrait par la politique agricole commune.

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taxman 14/06/2009 20:13

Au fond l'opposition est assez classique. c'est vrai que c'est lié au manque d'organisation des agriculteurs et notamment des producteurs de lait. Etant donné qu'on ne peut faire importer du lait en France (sauf à aughmenter considérablement les coûts de transport), l'opposition peutre être directe contre la grande distribution.

taxman 14/06/2009 20:11

Encore un bon article.