Analyse Libérale

La relance, l'innovation, capital risque et capital développement

1 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

 

     L'innovation est citée parfois comme une réponse à la crise actuelle. Elle est présentée depuis quelques années comme un moyen d'accroître la croissance en Europe, et donc l'emploi. L'innovation est présentée comme une explication de la vitalité supérieure de l'économie américaine sur l'économie européenne, depuis deux ou trois décennies.


Différentiel de croissance Europe-USA

     En effet, les économies française, et  européenne, connaissent depuis des années un taux de croissance inférieur à celui des Etats-Unis. Alors même qu'elle pourrait bénéficier d'un phénomène de rattrapage, son PIB par habitant étant inférieur à celui des Etats-Unis.     


     Il apparaît que les américains ont mieux réussi à sortir de la crise des années soixante-dix que les européens. En effet, depuis ce qu'on a appelé la crise pétrolière, l'Europe, et en particulier la France, n'ont pas réussi à ramener le taux de chômage au niveau d'avant crise.


     Il n'est pas question ici de brosser un tableau idyllique des Etats-Unis. Seulement de souligner que leur économie a été indéniablement plus dynamique, depuis les années 70, que les économies européennes.


     Les facteurs de cette vitalité font débat. En effet, on cite souvent un taux d'imposition plus faible, des charges et des contraintes sociales moins élevées qu'en France. Ce à quoi on oppose les infrastructures françaises, et la solidarité.


     Il y a eu aussi la politique de croissance par l'endettement, qui a conduit à la crise financière.


La croissance par l'innovation

     Il est un facteur cependant qui semble faire consensus. Il s'agit de l'innovation. Tout le monde s'accorde sur le fait que c'est un élément important du dynamisme américain. En particulier les nouvelles technologies de l'information et de la communication.


     Les gouvernements français ont essayé de développer l'innovation. Mais sans grand succès. L'effort en recherche et développement, mesuré en pourcentage du PIB, et inférieur en France par rapport aux Etats-Unis. Ce n'est pas à cause de l'Etat. En fait, ce sont les dépenses privées qui sont plus faibles en France.


     Comment profiter de l'effet de l'innovation pour augmenter la croissance, et donc diminuer le chômage? Il faut tout d'abord bien définir le processus de croissance par l'innovation.


     Ce n'est pas l'innovation en elle même qui produit la croissance. C'est le lancement d'une innovation sur le marché. Il ne s'agit pas d'une simple nuance. Cela signifie qu'un pays peut faire de grandes découvertes scientifiques, mais ne pas avoir une croissance très forte.


La théorie de l'entrepreneur de Schumpeter

     Le phénomène a été théorisé par l'économiste autrichien Joseph Alois Schumpeter, dont j'ai déjà parlé dans un article sur la relance. Selon lui, le moteur de l'économie est l'entrepreneur. Ce dernier est celui qui met en œuvre une innovation.


     Une innovation, c'est quelque chose de nouveau. Ce peut être un produit de haute technologie, mais pas seulement. Tout nouveau produit, nouveau service, qui n'existait pas avant, est une innovation, même si ce produit ou ce service ne renferme aucune nouveauté technologique. Exporter un produit qui ne l'a jamais été, c'est une innovation. Un nouveau procédé industriel, c'est une innovation.


     Notons qu'un chef d'entreprise n'est pas forcément un entrepreneur selon cette définition. Un chef d'entreprise est principalement un gestionnaire. Il n'est entrepreneur que s'il introduit une innovation.


     Les innovations renouvellent l'économie. Celle-ci, pour progresser, pour croître, doit rester en mouvement. C'est le processus appelé destruction créatrice. Une expression un peu malheureuse, dans le sens où elle traduit le fait que de nouvelles entreprises remplacent celles qui sont en déclin. On devrait plutôt parler de création-renouvellement.


     Schumpeter disait aussi que les grands groupes perdaient l'esprit d'entreprendre. Ils devenaient des gestionnaires.


     Schumpeter a élaboré cette théorie il y a bien longtemps. Sa Théorie de l'évolution économique est parue en 1912. Son ouvrage phare, Capitalisme, socialisme et démocratie a été écrit dans les années 1930, et il a été publié en 1942. La théorie de Schumpeter est reprise aujourd'hui, car elle se révèle particulièrement explicative.


L'innovation et le développement de nouvelles entreprises

     Dans l'idée d'introduire une innovation dans l'économie, l'observation du modèle américain, et sa comparaison avec l'économie française, permettent de distinguer deux éléments: l'innovation elle-même, produit, service, processus de production, ou marché à l'export, et le développement de cette innovation, et de l'entreprise qui l'a créée.


     En effet, l'expérience montre qu'il ne suffit pas d'avoir une idée, de la mettre sur la marché. Il faut la développer. Ainsi, les Etas-Unis ont créé Google, qui a dans les 10 ans, Microsoft, Starbuck Coffee, Amazon, Dell, les poupées Bratz, Cisco. Ce sont des entreprises ou des produits récents, qui ont une présence planétaire.


     Cisco est à cet égard une entreprise emblématique. C'est une entreprise de télécommunication américaine, leader mondial. Elle est née avec l'internet, le protocole IP, et toutes ces nouvelles technologies qui ont renouvelé le secteur. Elle s'est développée, alors que les anciennes entreprises de télécommunication étaient mises en difficultés par Les nouvelles technologies. Je pense à Lucent aux USA, et Alcatel, en France, qui ont fini par s'allier, mais qui ne cessent de perdre du terrain, et de s'étioler. Nous sommes en plein dans le processus de création-renouvellement.


     Le processus de croissance par l'innovation peut donc provenir de plusieurs sources. Ce peut être une innovation, qui donne lieu à la création d'une nouvelle entreprise, qu'il faut développer. Ce peut être une innovation lancé par une entreprise existante. Ou encore, il s'agit tout simplement de développer une entreprise existante, qui a déjà de bons produits. N'oublions pas que l'innovation consiste aussi à défricher de nouveaux marchés, à l'export, ou, tout simplement, en conquérant à un nouveau segment de clientèle.

 


L'innovation et les entreprises existantes    

     Des entreprises existantes peuvent ainsi lancer un nouveau produit, qui leur permet de continuer à se développer. Par exemple, Caterpillar a fait une diversification originale dans la chaussure. De l'utilitaire vers la mode. Converse,fabriquait des chaussures de sport pour les sportifs, elle s'est ensuite développée sur le secteur des chaussures de sport à la mode. Elle a suivi en cela l'évolution du marché.


     D'autres parviennent à se développer en rachetant d'autres entreprises plus récentes pour profiter d'un nouveau secteur d'activité. IBM a débuté dans la fabrication de machines de bureaux. Il a évolué vers les calculateurs électroniques. Il est aujourd'hui une des principales entreprises de logiciels et de services informatiques, tout en restant présent dans le matériel. Il a notamment racheté Lotus, une société qui s'était fait connaître en vendant un tableur, et qui a rebondi ensuite avec un logiciel de messagerie.


     Idem pour General Electric, présent dans la santé, l'aéronautique, la finance, l'énergie et l'audiovisuel. Le conglomérat rachète et revend des filiales au gré des évolutions de l'économie.


     Ces grosses sociétés essaiment parfois des start up. C'est à dire que, parfois, quand leurs laboratoires font une découverte intéressante, elles externalisent l'es chercheurs dans une nouvelle société, une start up, indépendante. Une société qui à vocation a être coté sur un marché boursier. L'objectif est de faire en sorte que la découverte se développe sans supporter les lourdeurs d'un grands groupe. De plus, le groupe peut ne pas être certain que cette découverte entrera dans le cadre de sa stratégie.


Créer un processus de croissance par l'innovation en France

     Pour relancer la croissance en France, on peut essayer de recréer le processus de croissance par l'innovation, d'une manière artificielle. Ce serait une politique d'imitation, comme cela a déjà été mené dans le pays et dans d'autres. L'histoire montre que quand une industrie se développe dans un pays, les autres tentent de l'imiter. A la différence qu'aujourd'hui, ce n'est pas une industrie, comme les chemins de fer par exemple, ou les filatures, qu'il faute imiter. Mais un processus.


     Pour recréer ce processus en France, la politique économique doit donc suivre deux axes. Il faut repérer les entreprises qui ont du potentiel, impulser et soutenir leur développement. Le principe est qu'il est plus simple de partir de l'existence. D'autant plus que la France crée beaucoup d'entreprise,s mais les développe peu. Par rapport aux Etats-Unis, elle a proportionnellement moins d'entreprises moyennes.


     L'autre axe de développement est de susciter, par la recherche, des innovations, créer et développer des entreprises pour les développer. Là aussi, dans un premier temps, on peut partir de l'existant. Il y a en France des laboratoires performant, comme ceux du CEA, le Commissariat à l'Energie Atomique, dont les recherches ne portent pas que sur le nucléaire, ou de l'INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et Automatique). Les unités de recherches des universités sont également concernés.


     Les deux axes ne sont pas exclusifs l'un de l'autre. Dans les deux cas, il faudra développer des entreprises. On peut aussi proposer à des chercheurs universitaires d'étudier un produit, un processus de production, pour une entreprise. Ce serait un moyen d'amener la recherche et développement dans des PME. Pour les chercheurs, ce serait des missions ponctuelles. cela contribuerait au rapprochement entre entreprise et recherche, à partir des structures existantes.


     ll faut donc développer des structures, proches du terrain comme on dit, et non centralisées dans un ministère, à la fois pour rapprocher la recherche et les entreprises, et pour transformer les découvertes en innovation.


     Aux Etats-Unis, ce processus se fait souvent dans le cadre universitaire. Ce sont des étudiants, des chercheurs qui créent des entreprises. C'est donc dans ce cadre que pourraient être créées les structures pour développer l'innovation.


Un exemple possible d'action en faveur de l'innovation et du développement    

     Par exemple, et ce n'est vraiment qu'un exemple, qui demanderait à être validé, on pourrait confier ce rôle à des étudiant en troisième cycle universitaire, ou en master. Des étudiants en économie pourraient repérer des entreprises à fort potentiel, des marchés à défricher. En adaptant par exemple au pays ce qui existe dans d'autres pays. c'est une méthode simple, mais efficace. De jeunes chercheurs, en math, physiques, ou autres matières, pourraient étudier les possibles évolutions de produits ou de processus de production pour des entreprises. même des étudiants en lettres, souvent décriés pourraient jouer un rôle. Pour comprendre des marché à l'export, pour communiquer.


     Ces étudiants seraient bien entendu encadrés par des gens expérimentés, des chercheurs confirmés, des chefs d'entreprises ou d'anciens chefs d'entreprises.


Capital développement et capital investissement

     Mais il y a un élément central, qui est souvent oublié en France, quand on disserte sur l'innovation: le financement. C'est le point central. Pour créer une entreprise qui a du potentiel, pour développer une entreprise, il faut de l'argent. Plus précisément, il faut du capital. En effet, ce ne sont pas des projets destinés à être financés par des emprunts. C'est trop risqué pour une banque, et un crédit serait trop contraignant pour l'entreprise.


     Ce n'est pas non plus à l'Etat de financer ces projets. L'Etat peut financer les étudiants, la structure universitaire, la prospection d'entreprises à potentielle, les étudiants, la recherche fondamentale. Mais ce n'est pas à lui de financer les projets en eux mêmes. Pour plusieurs raisons.


     D'abord, dans le cadre du développement d'une entreprise, il faut que l'entreprise s'implique. Il ne faut pas qu'elle aille dans un projet financé par l'état pour voir. Il faut qu'elle y croit suffisamment pour le financer.


     Ensuite, l'Etat n'a pas le personnel expérimenté en nombre suffisant pour veiller au développement de start up, comme on appelle ces nouvelles entreprises prometteuses. Ce n'est pas son rôle. Il faut des professionnels, des gens impliqués encore une fois, qui engagent leur argent ou celui qu'on leur a confié.

 

 

     Surtout, personne n'a de formule pour savoir quels sont les projets qui marcheront et ceux qui échoueront. Chaque projet est un pari. Certains croiront en un projet que d'eutres condamneront. C'est pour cela qu'il ne faut pas laisser le financement entre les mains d'un service, d'une administration.


     Ensuite, le processus de création et de développement connaît nécessairement des échecs. Le grand public ne comprendrait pas les échecs financés par l'Etat.


     Enfin, la France dispose d'une épargne abondante. L'épargne doit financer l'activité. Il est logique d'en orienter une petite partie vers la création et le développement d'entreprise. Tout en ayant conscience qu'il s'agit de projet risqués, qui ne s'adressent pas à l'épargnant qui n'a qu'un livret A. Ce qu'il faut, c'est orienter l'épargne des plus riches vers ces projets, ou l'épargne de certains fonds, vers ces projets concrets plutôt que vers la spéculation.


 

 L'exemple américain de la création et du développement des start up

     Aux Etats-Unis, le principe de financement d'une start up est le suivant. Dabord, les fondateurs investissent leur propre argent. Les start up sont souvent créés par des gens qui ont déjà une bonne carrière derrière eux, et qui connaissent bien leur domaine d'activité. Il y a aussi les proches, la famille. Même dans le cas d'étudiants qui créent leur entreprise dans un garage, les belles histoires racontant qu'ils sont partis de rien sont souvent un mythe. Ou rien est une mise de 100 000 dollars, ce qui est faible pour une grosse entreprise, mais beaucoup pour le commun des mortels.


     A ce stade peuvent intervenir des financiers extérieurs, nommés business angels, si tant est que des financiers peuvent être des anges. Ce sont là encore des particuliers. il y a rarement des sociétés d'investissement finalement à ce premier tour de table comme on dit, autres que des sociétés de business angels.


     Ensuite, quand l'entreprise est créée, et qu'elle a besoin à nouveau d'argent, car 100 000 dollars c'est vraiment faible, un deuxième tour de table est organisé. A ce niveau, les sociétés de capital risque commencent à intervenir. Ce sont des fonds spécialisés dans le financement de start up. L'expérience de leurs gérants est également précieuse pour les créateurs d'entreprises.


     Il peut y avoir ensuite plusieurs tours de table, où les mêmes fonds ou d'autres remettent de l'argent. La jeune pousse, comme on doit appeler une start up en France aujourd'hui, peut disparaître. Elle peut vivoter. Elle peut se faire racheter par une plus grosse entreprise, ou fusionner avec une autre start up.


     Elle peut aussi être introduite en bourse. Ce qu'on appelle l'IPO: initial public offer (je crois). Elle n'est pas introduite sur le marché boursier principal, celui du Dow Jones ou du CAC 40 directement. Cela arrive, mais rarement. Il existe des marchés pour ce genre d'entreprises. Aux Etats-Unis, c'est le Nasdaq. En France, c'est l'Alternext. Ensuite, si l'entreprise grandit tout en restant indépendante, elle pourra passer sur la cote principal du marché parisien. Aux Etats-Unis, de nombreuses entreprises préfèrent néanmoins rester sur le Nasdaq.


     Les sociétés de capital risque financent les start up, les sociétés de capital développement financent le développement de sociétés existantes. La frontière n'est pas étanche, bien sûr. Une start up peut ensuite être financée par une société de capital développement.

  

Une aide pour les entrepreneurs 

        Ajoutons que ces sociétés de capital risque apportent aussi aide, expérience, et réseaux aux entreprises dans lesquelles elles investissent. Ce n'est pas là une vision idéalistes et angéliques de ces sociétés. leur intérêt est le développement de leurs investissements. C'est donc leur intérêt d'aider les entreprises dans lesquelles elles investissent.


     Les sociétés de capital risque et de capital développement doivent donc être associées à toute structure destinée à encourager la croissance par l'innovation. Ainsi que des "business angels", des investisseurs que les banques connaissent. Ce sont eux qui financent, et valident donc les projets.


La France ne part pas de rien    

     Notons que tous ces éléments existent déjà en France: capital risque, capital développement, business angels. Comme les centres de recherches, ainsi que les entreprises à potentiel. Il faut juste une politique qui mette en musique ces éléments pour favoriser leur action. 
 

     L'encouragement du capital développement sera d'autant plus utile que les entreprises françaises ont la réputation d'être souvent sous-capitalisées.


     Les patrons propriétaires de leur entreprises peuvent être réticents à partager le contrôle capitalistique de leur société, ou même le perdre. Cependant, si on leur propose un projet de développement concret de leur entreprise, ils peuvent se laisser convaincre, car, souvent, ce sont des bâtisseurs.


Un changement de politique pour la France

     Une politique en faveur du renouvellement économique n'est pas dans les habitudes de la France. La principale aide à l'innovation sont les crédits d'impôt recherche. Les dépenses de recherche des entreprises peuvent leur permettre de bénéficier de crédits d'impôt.


     Ce sont donc des entreprises déjà existantes, et qui ont les moyens de financer la recherche, qui en bénéficient. Alors que la France a surtout besoin d'encourager le financement de nouveaux projets, de nouveaux investissements pour des entreprises moyennes.


     Aux USA, on considère que deux mesures ont encouragé le développement des start up. Une loi donnant aux universités la propriété des découvertes scientifiques faites en leur sein. Et un système fiscal avantageux pour ceux qui investissent dans des start up.


     J'ai montré dans l'article Faut-il augmenter les impôts des riches? Faut-il augmenter les impôts des riches?  que les bénéficiaires de plus values et de dividendes disposaient d'une fiscalité avantageuse. Ces avantages pourraient être réservés aux investisseurs des start up, ou pour ceux qui investissent dans le capital développement.


     De même, on encourage l'investissement immobilier en France, alors que la pierre est déjà, le placement préféré des français. Des avantages au profit de ceux qui investissent dans le développement de l'économie seraient plus judicieux, et profiteraient aussi au bâtiment. Car une entreprise qui se développe investit, a besoin de locaux, d'installations électriques, etc.


     On peut instaurer des crédits d'impôt pour dépenses de recherche, mais uniquement pour les versements faits pour des laboratoires universitaires. Cela rapprocherait la recherche des entreprises, la rendrait accessible aux PME, et financerait les universités, qui sont elles aussi indispensable à la croissance par l'innovation.


S'intéresser à l'innovation plutôt que favoriser les grands groupes    

     Mener une politique de croissance par l'innovation serait une petite révolution en France. Traditionnellement, l'Etat favorise plutôt les grands groupes, comme le montre les politiques de crédit d'impôt, les politiques de grands contrats, les sommes octroyées à l'automobile. De plus, il a plutôt une politique malthusienne de réduction de la population active, avec les politiques de pré-retraites prises depuis la crise des années 1970, et de réduction du temps de travail.

   

     Enfin, on s'intéresse au renouvellement économique seulement quand une entreprise ferme. On organise alors une revitalisation des sites industriels, après avoir essayé, par des manifestations d'éviter la fermeture de l'entreprise.


     Alors qu'une politique constante de croissance par l'innovation permettrait de créer suffisamment d'emplois à la fois pour absorber l'augmentation de la population active, ainsi que pour permettre à ceux qui ont perdu leur emploi d'en retrouver un plus facilement.


     Une politique de croissance par l'innovation oblige aussi à développer le financement de l'économie par des fonds, les sociétés de capital risque, et de capital investissement. Ce qui n'est pas forcément bien vu dans un pays où on les confond avec des spéculateurs. de plus, ces investisseurs ont un pouvoir dans l'entreprise, ce qui est également mal vu. c'est un a priori qu'il faudra vaincre, car ces fonds peuvent créer les emplois dont le pays a besoin.


     C'est la principal conclusion que l'on peut souligner à propos de la croissance par l'innovation. La clef de ce processus est le financement, et une telle politique doit favoriser le capital risque et le capital développement.


NB: pour ceux que le capital développement intéresse, je leur conseillerais le site de l'AFIC.


 

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Michel MARTIN 26/01/2010 07:20


Vladimir,
Oui, l'innovation tire l'économie. Peut-être même l'invention, un peu moins émasculée que l'innovation. C'était une remarque sur le langage du fondateur de ma boutique qui vit de l'invention.
L'esprit d'entreprise aussi est important. Malgré quelques défauts, le statut d'autoentrepreneur fait développer à beaucoup de gens qui n'osaient pas trop se lancer le goût d'entreprendre.
Le CEA que je connais bien n'est souvent pas très créatif. Il a tendance à phagociter ses partenaires amont (CNRS, Fac) et ses partenaires aval (entreprises), alors qu'il devrait les vitaliser.
C'est que chaque labo doit produire un certain nombre de brevets et que pour atteindre les objectifs, tout est bon, y compris détruire les sources de leur inspiration.


Vladimir Vodarevski 26/01/2010 20:22


Bienvenue Michel,

très amusante cette définition de l'invention. Effectivement, innovation n'est pas forcément invention, et invention n'est pas forcément innovation au sens schumpétérien du terme. L'innovation,
dans ce sens, c'est, "simplement", introduire sur un marché quelque chose, bien, service, processus de produstion, technique, qui n'y existait pas. Un marché, ce peut être un pays, la monde, une
ville, un village.

Le statut d'entrepreneur peut être bénéfique selon moi s'il rompt la frontière entre salariés et non salariés: on peut avoir une activité indémendante d'appoint, ou un travail d'appoint. Et
peut-être une voie vers une activité indépendante qui permette de vivre correctement.

J'ai effectivement lu quelques polémiques sur le CEA. Il montre en tout cas, avec d'autres établissements, que la France est capable d'avoir une bonne recherche. Il y a une bonne base. Il faut
maintenant favvoriser la partie économique l'innovation donc: introduire le fruit de la recherche sur un marché, et développer l'activité


07/05/2009 09:22

Oui, sauf que calculette en main, "l'arbitrage fiscal" entre salaire et dividende n'est pas aussi clair que ça... Mais vous n'avez pas lu mon commentaire à ce sujet là.

Quant à l'idée de créer ou d'orienter les niches fiscales, fondamentalement en qualité de fiscaliste appliqué, je ne suis pas contre (ça me procure du boulot auprès des béotiens), mais je ne suis pas sûr non plus de leur intérêt.

Je ne suis d'ailleurs pas le seul, entre Chirac qui nous avait commandé un rapport sur le sujet en 2006, les études des Sénateurs sur la même question et les initiatives erratiques de notre "Ô combien vénéré Président" actuel, c'est plutôt la cafouillage qui domine en la matière.

Personnellement, j'ai aussi une philosophie du prélèvement obligatoire qui tient en deux théorèmes démontrables à peu près à n'importe quel moment et quelle situation : Ne rien demander à qui que ce soit (un projet d'entreprise, innovant ou non n'est valable que si il est correctement monté sur un "marché" en puissance, jamais pour des raisons fiscales) et se faire "tout petit" (pour se faire oublier par les administrations).
Ce n'est qu'une fois qu'on est "grand" qu'on peut influer sur les prélèvements obligatoires, et donc les orienter à sa guise (je suis en train de le faire à travers des syndicats professionnels pour en vérifier l'acuité : je vous dirai comment et sur quelle activité une autre fois. Mais juste pour en rire) !

Vladimir Vodarevski 07/05/2009 10:28


Bonjour I²
effectivement, l'idée d'utiliser des niches fiscales pour orienter l'économie prête à débat. Est-ce que tout ne marcherait pas mieux sans toutes ces complications? Il suffirait de remplacer les
niches par une baisse du taux d'imposition nominal, pour le rapprocher du taux effectif. D'autre part, mieux vaut un système sans niches fiscales, que de mauvaises niches fiscales. C'est certain
que l'on peut aussi mal orienter l'économie avec ces niches.
Cependant, j'ai peut être un fond de caractère interventionniste. Je pense qu'utiliser la fiscalité pour orienter les investissements peut parfois être utile. Mais à des conditions très strictes,
ce que je n'ai pas évoqué dans ce billet. Les incitations fiscales doivent être très limitées. Eventuellement le logement social (mais pour un investissement direct dans la construction de HLM, et
non les différents dispositifs existant), et donc le capital risque-capital développement. Parce que la tendance naturelle n'est pas d'investir dans des activités à risque. Et aussi pour renforcer
les passerelles entre investisseurs et recherches, universités, entrepreneurs. En France, on se mléfie trop des investisseurs financiers, et leur rôle dans le financement des PME gagnerait à être
développé.
Une fois encore, mon opinion ne fait peut-être que refléter une volonté de rechercher un moyen d'orienter l'économie, j'en suis conscient.
Je suis entièrement d'accord avec vous sur le fait qu'un projet ne doit pas se réaliser uniquement pour des raisons fiscales. C'est pour cela que j'insiste sur le fait que les projets ne doivent
pas être financé par l'Etat.
Quand à l'arbitrage fiscal entre dividendes et salaires, vous avez laissé un commentaire fort intéressant sur ce sujet sur ce blog. Je n'y ai pas répondu car le sujet nécessiterait un véritable
article, pas seulement une réponse, surtout face à l'I²! Et je reconnais que le sujet ne m'était pas apparu sous cet angle. Il faudra que je m'attelle à la tâche!


observateur économique 04/05/2009 13:30

Votre article est carrément brillant!
Bravo.
En tant que Chef d'Entreprise, je souhaiterais vous rencontrer.

Vous pouvez m'envoyer un mail, je vous indiquerai mes N° de tél.

Gérard Burggraf observateureconomique.over-blog.com