Analyse Libérale

La crise est-elle finie?

25 Avril 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     L'ambiance est moins morose dans les médias ces derniers temps. On commence à envisager le début de la fin de la crise. Les banques américaines ont de bons résultats. jusqu'à la consommation française qui a augmenté.


     Seul le FMI fait les gros yeux, estimant que les banques doivent faire de plus grosses dépréciations, et poussant les gouvernements à injecter de plus en plus d'argent dans leurs économies.


     Les bons résultats des banques américaines sont en effet encourageants. De même, le fait que certains fonds se créent pour racheter des parts d'entreprises sous-évaluées. Comme je l'indique dans l'article  Le début de la fin de la crise? , cela montre les mouvements de l'économie pour sortir de la crise.


     Ce que nous voyons aujourd'hui, c'est un mouvement de stabilisation du système financier. Nous ne sommes pas à l'abri d'une nouvelle catastrophe type faillite de Lehman Brothers. Nous aurons encore des soubresauts. Mais on peut envisager d'avoir atteint un point bas, point de départ vers une normalisation.


     Il faut s'en féliciter, avec les précautions d'usage. Tout en replaçant les choses dans le contexte temporel. En effet, je le répète à nouveau, n'oublions pas le facteur temps. La crise n'est pas apparue d'un seul coup, elle mettra du temps à se résorber.


     Dans notre monde d'instantanéité médiatique, c'est un élément qui a du mal à passer. On recherche LE signe de relance, de reprise. Il n'y en aura pas. L'économie sera déjà repartie depuis quelque temps avant qu'on s'en aperçoive.


     Il y a d'abord eu la baisse de l'immobilier américain. Puis le blocage des marchés financiers. Puis le ralentissement de toute l'économie.


     Aujourd'hui, les marchés financiers semblent en voie de stabilisation, sans que l'on soit revenu à la normal. Le marché du crédit interbancaire fonctionne encore très mal. Nous ne sommes qu'au début du processus, qui est encore fragile.


     Ensuite, il faut attendre la stabilisation de l'économie. Celle-ci a ralenti brusquement en partie à cause de la peur. Les entreprises ont ralenti la production pour déstocker, les gens ont arrêté d'acheter par peur du lendemain. Une fois la confiance revenue, l'économie se stabilisera.


     Cependant, il ne faut pas oublier deux choses. D'abord, l'économie a, en quelque sorte, grandi dans un mauvais sens. C'est l'endettement américain qui a tiré l'économie mondiale. Il y a un reflux, une baisse des PIB, qui est normale, inévitable. On revient à la situation d'avant le départ de la mauvaise croissance, pour parler de manière imagée.


     Durant cette phase, il faut aider les gens qui perdent leur emploi, qui sont en difficulté. Ce qui soutient l'économie en atténuant le reflux de la consommation. Donc, l'économie ne revient pas tout à fait à son niveau d'avant la mauvaise croissance. Et toute la croissance n'était pas mauvaise d'ailleurs.


     Puis, l'économie se reprendra, progressivement. Il ne faut pas jouer les Cassandre. D'autant que personne ne détient LA vérité. La reprise prendra du temps, également. Il faut du temps pour construire.


     Ensuite, il ne faut pas oublier non plus que nos économies européennes avait des problèmes de croissance, de chômage, de précarité avant la crise. Les relances keynésiennes ont été incapables de relancer nos économies. Cette situation se retrouvera après la sortie de crise.


     Toute l'économie mondiale restait, quoiqu'on en dise, encore largement tirée par l'économie des Etats-Unis. A nouveau, quand les Etats-Unis toussent, l'Europe s'enrhume. s'ils arrivent à restructurer suffisamment vite leur système financier, les USA retrouveront certainement un taux de croissance supérieur à celui de l'Europe. C'est ainsi depuis un certain temps.


     Il ne faut donc pas oublier que la crise actuelle se développe dans une économie qui était déjà faible. Le défi de la France, c'est de trouver un moteur interne à son économie, de ne pas dépendre uniquement de l'environnement mondial, et donc des Etats-Unis.


     La France a des atouts. Son économie est une des plus diversifiées d'Europe. Ce qui faisait la force de l'Allemagne, du Royaume Uni, de l'Espagne, font aujourd'hui leur faiblesse. Ces pays dépendent trop d'un secteur d'activité.


     Il ne faut donc pas oublier que sous la crise, visible et médiatisée, il y a toujours cette crise latente qui dure depuis longtemps. La majeure partie des problèmes sociaux existaient avant la crise financière. Celle-ci n'a fait que les accentuer. Comme le chômage, par exemple.


     C'est pourquoi la politique contre la crise doit avoir deux composantes. Une composante conjoncturelle, en quelque sorte, qui réglera le problème plus urgent de la crise financière: restaurer les marchés financiers, accompagner le reflux.


     Une composante de fond, en quelque sorte, pour donner un véritable élan au pays: instaurer en France les conditions pour une croissance plus forte, qui permette de résorber le chômage.


     La première dimension est assez bien prise en compte. La deuxième est bien évidemment plus compliquée.

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Clovis Simard 20/07/2012 19:07


Blog(fermaton.over-blog.com),N0-16. -THÉORÈME DE KONDRATIEFF -LA CRISE FINIE ?

observateur économique 26/04/2009 11:56

Encore une fois votre exposé de ce jour est de grande qualité.
Je souscrits sans réseve à vos thèses, en rappelant toutefois que si le F.M.I. ne s'est pas trompé dans ses prévisions de croissance pour 2009, la crise n'est alors pas encore dans sa phase réversible.

Gérard Burggraf observateureconomique.over-blog.com