Analyse Libérale

Stock-options: qu'est-ce que c'est, comment ça marche?

27 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

   

     Un petit commentaire en passant sur les stock-options. Je pense que beaucoup croient que, quand quelqu'un reçoit des stock-options, il reçoit une forte somme d'argent, qui est perdue pour l'entreprise. Rien n'est plus faux.

     Des stock-options sont des... options  d'achat d'actions (stocks en anglais) à un prix déterminé. Concrètement, le salarié, ou dirigeant, reçoit la possibilité d'acheter, plus tard, un certain nombre d'actions de la société à un prix convenu à l'avance.


     Les stock options sont un moyen de fidéliser les salariés. En effet, les salariés qui les reçoivent ne peuvent pas lever l'option immédiatement. Il faut attendre un certains délai, qui se compte en années.


     De toutes façons, il n' y a pas d'intérêt pour le salarié à exercer son option tout de suite. L'intérêt du système, c'est d'attendre que le cours de l'action augmente. Les stock-option permettent au salarié d'acheter des actions au prix convenu à l'avance, plus bas que le cours de bourse, et de revendre ces actions. C'est la plus value entre le prix de l'option et la revente qui constitue la rémunération du bénéficiaire de stock-options.


     C'est donc aussi un moyen de motiver les cadres dirigeants de la société. Ils doivent faire en sorte que l'entreprise se développe pour que le cours de bourse augmente.


     Pour l'entreprise, le coût des stock-options peut être faible. En effet, elle peut acheter ses propres actions quand meurs cours en bourse est bas, et les revendre, au même prix, ou un peu plus cher pour couvrir les coûts d'immobilisation du capital.


     Ce type de rémunérations est même bien adapté à la situation actuelle. En effet, les cours de bourse sont bas, donc la société peut racherer ses actions à un bon prix. Elle peut stimuler ses dirigeants le plus motivés, qui font le pari d'un redressement de la société.


     Il faut noter que le nombre d'actions ainsi racheter par la société est faible par rapport à l'ensemble de ses actions en circulation. Il faut aussi souligner qu'in ne gagne pas à tous   les coups. En particulier ces dernier temps, avec la chute des cours, les salariés ne lèvent plus leurs stock-options, car le prix d'achat est supérieur au cours de bourse.


     Voici donc le fonctionnement des stock-options résumé. C'était juste une petite explication, qu'on ne trouve pas forcément dans les médias. Pourtant, il n'est pas évident de savoir ce que c'est. Peu de gens étant susceptibles d'en obtenir finalement.


     Je n'entre pas dans les débats suscités par les stock-options, ce n'est pas l'objet ici. Ces débats concernent le mode d'attribution, et le mode de taxation, sociale et fiscale des plus values obtenues grâce aux stock-options, par rapport à la taxation des salaires (les plus value n'étant pas taxée de la même manière que les salaires, mais les stock-options étant néanmoins une rémunération, un régime spécial a été créé, qu'il faut pouvoir contrôler).

 

     (Un autre problème soulevé par les stock-option qu'il me paraît néanmoins bon de signaler: l'entreprise peut proposer un prix pour les actions inférieur au cours en vigueur au moment de l'attribution des stock-options. Par exemple, une entreprise attribue au salarié un plan qui lui permet d'acheter les actions au prix de 60 euros dans cinq ans. Alors que le cours de l'action en bourse est déjà à 80 euros. Là, le plan peut avoir un coût pour la banque, à moins qu'elle ait acheté des actions d'avance, quand le cours était de 60 euros.)

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17/04/2009 17:00

Erreur de manip... Globalement c'est ça : Mais il y une "plus-value d'entrée" qui est la différence entre le prix de l'option attribuée et le cours réel (qui est déductible pour l'entreprise). S'il est excédentaire à 5 %, ça devient un salaire. Puis la plus-value éventuelle de sortie qui est imposable aux taux de droit commun. Finalement, c'est le marché qui paye quand les titres de la société sont cotées. J'ai personnellement inventé la même chose pour les société non-cotée : L'employeur prête de l'argent à son salarié à un taux faible avec faculté de remboursement à terme moyennant dation en paiement des actions (ou parts) cédées au moment de consentir l'emprunt pour acheter les actions (ou parts). La valeur de l'action (ou de la part) est égal à sa valeur nette bilantielle moins une décote de minoritaire (éventuellement avec une réelle augmentation de capital) et la valeur de sortie est la même valeur avec un minimum qui couvre les intérêts d'emprunt. Le tout est hors charges sociales et si on entre dans un support défiscalisé (type PEA ou mieux Plan d'Epargne d'Entreprise) au terme de 5 ans, il n'y a que la CSG & CRDS + prélèvement sociaux) à payer sur la plus-value... Ca plus un abondement de 300 % de l'entreprise déductible, c'est un excellent support pour "motiver" les salariés. Mieux z'encore, c'est de faire ça avec uns sarl à capital variable : il n'y a même plus les droits d'enregistrement à payer et on "manipule" la valeur de la part comme on l'entend... La législation et férue de "niches exceptionnelles" telle que la fiscalité française est véritablement un "petit paradis" qui s'ignore !

17/04/2009 16:49

Globalement, c'est ça !

Totor 01/04/2009 14:28

Pour encore mieux comprendre, il faut pratiquer ( ou au moins faire semblant ) :sur " stockoption.fr ", site co-fondé par un certain Daniel Bouton, entrainez vous à gerer un portefeuille et maitrisez le vocabulaire et surtout le timing 

Groucho Marx 01/04/2009 09:57

Ce billet sur les stock-options est vraiment très intéressant. Un point que je voudrais souligner:a l'origine, les SO étaient destinés à attirer les talents et les compétences dans les petites entreprises à fort potentiel qui n'en avaient pas les moyens financiers. Charge à ceux qui étaient recrutés, de valoriser au mieux cette entreprise pour décrocher le jackpot, tel Apple, Microsoft et autres start-up.Depuis ce systèle à été détourné de son objet initial pour augmenter la rémunération des dirigeants, sans subir la taxation salariale ubuesque dans notre pays. En soit c'est plutot encourageant que ce système continue d'attirer les dirigeants à fort potentiel, mais là où il y a une vrai dérive, c'est que quelques dirigeants (ils sont rares heureusement) bénéficient de ce système sans rien apporter aux entreprises qu'ils dirigent, ce sont dans leur grande majorité d'anciens haut-fonctionnaires hors cadre, anciens énarques anciens inspecteurs des finances qui disposent surtout d'un excellent carnet d'adresses.Et par la faute de ces quelques pseudo-dirigeants, l'opprobe est jetée sur l'ensemble des dirigeants.