Analyse Libérale

Le point sur la crise financière: deuxième partie.

22 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Deuxième partie: les mesures mises en œuvre contre la crise financière.


(Cet article est le deuxième d'une série qui fait le point sur la crise financière. Voici le sommaire de cet série d'articles:

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)


     Comme je l'ai écrit plus haut, les banques empruntent de l'argent tous les jours sur les marchés financiers pour pouvoir accorder des crédits, qui financent l'économie. Comme les marchés sont bloqués, il y a un risque que l'économie ne soit plus financée. Les entreprises ont pour la plupart, constamment besoin de crédit. Par exemple, le temps de que produit soit fabriqué et vendu, pour payer les fournisseurs, les salaires.


     C'est pourquoi les banques centrales ont ouvert les vannes du crédit. On dit que les banques centrales sont prêteurs en dernier ressort. C'est à dire que quand les banques ne peuvent pas se refinancer entre elles, ni sur les marchés financiers, elles se tournent vers la banque centrale. En fait, en période normale, c'est-à-dire hors période de crise, la banque centrale prête également aux banques. Les banques ne vont pas sur les marchés financiers pour des emprunts à très court terme. Et c'est le rôle de la banque centrale d'assurer l'équilibre, c'est-à-dire de prêter quand les banques en ont besoin pour équilibrer leurs bilans. La différence, c'est qu'en période de crise, la banque centrale prête quasiment sans limite, à des taux d'intérêt très bas. Elle remplace les marchés financiers, ainsi que les autres banques, qui en temps normal se prêtent les une aux autres (cf pour plus de précision sur le fonctionnement des banques).


     Les banques centrales acceptent en garantie des titres qu'elles n'acceptent pas d'habitude. Ces titres sont des créances que détiennent les banques. En clair, c'est l'argent qu'on leur doit. Les banques apportent en gage des prêts à la consommation par exemple. En ces temps de crise, les banques centrales acceptent à peu près toutes sortes de garanties (on ne parle pas de garantie, en fait, mais de collatéral).


     La Réserve Fédérale américaine a aussi lancé un programme de rachat de titres adossés à des emprunts immobiliers. Cela pour relancer le crédit immobilier. Elle est prête à faire de même pour des prêts aux entreprises. De même, la Fed s'apprête à racheter des bons du Trésor américain. En rachetant ces bons du Trésor, elle fait baisser le taux de ces bons. en effet, quand la demande pour les bons du Trésor est forte, le prix des bons est plus élevé, et le taux d'intérêt qu'ils rapportent est plus faible. Ce qui fait baisser différents taux indexé sur les bons du Trésor. Le problème de la Fed est qu'elle ne peut plus faire baisser les taux d'intérêt de l'économie en baissant ses propres taux, qui sont proches de zéro. Donc, elle cherche à agir par d'autres moyens.


     Les pouvoirs publics interviennent aussi pour aider au financement des banques. La France a organisé une structure, qui emprunte sur les marchés financiers avec la garantie de l'Etat, et reprête aux banques (cf Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) ). Le gouvernement américain a prêté lui aussi à ses banques, directement.


     Le gouvernement américain a également voulu s'attaquer aux actifs toxiques détenus par les banques américaines. Le plan Paulson, sous George W. Bush, était originellement destiné au rachat de ces actifs, pour nettoyer le bilan des banques. De même, le dernier plan en date, présenté par Tim Geithner, successeur de Harry Paulson au secrétariat d'Etat au Trésor, prévoit à nouveau un tel rachat, en associant même des investisseurs privés.

     Cependant, ce rachat n'a pas encore été mis en œuvre. Il achoppe sur le prix auquel racheter ces actifs. Ces actifs ne sont pas sans valeur. Ils représentent des prêts, certains seront remboursés à l'échéance. Mais on est totalement incapable d'évaluer les pertes éventuelles, tellement ces actifs sont compliqués.

     S'ils sont rachetés trop cher, c'est le contribuable qui supportera les pertes, et les banques et leurs actionnaires feront une bonne affaire. Si le prix de rachat est trop bas, cela n'aidera pas les banques. Ces dernières voulant bien entendu maximiser le prix de vente à l'Etat. A l'heure où ces lignes sont écrites, des précisions sur la valorisation de ces actifs sont attendues incessamment de la part de Tim Geithner.


     Les autorités, gouvernements ou banques centrales, interviennent aussi directement pour aider certains établissement financiers. L'une des interventions les plus importantes est le soutien de la Fed à l'assureur AIG. Cet assureur avait une activité très importante sur les marchés financiers. AIG avait notamment émis beaucoup de CDS, c'est-à-dire donc qu'il assure beaucoup d'emprunt. La décision a été prise de le soutenir pour éviter un risque systémique. La France a soutenu Dexia, et soutient Natixis. Différentes banques américaines, dont Citigroup, ont bénéficié du soutien fédéral.


     Des entreprises touchées par les difficultés financières sont aussi aidées par les gouvernement. C'est le cas aux Etats-Unis et en Europe, de l'industrie automobile, constructeurs et équipementiers.


     Enfin, il faut signaler le dispositif original de la France pour éviter l'assèchement du crédit aux entreprises: le médiateur du crédit. Ce dispositif organise une discussion entre une banque, une entreprise qui a besoin d'un crédit, et un représentant du médiateur. Il permet d'éviter que les crédits soient coupés aux entreprises, tout en évitant de soutenir des entreprises non viable. Son intérêt est d'agir sur le terrain, directement au contact des banques et des entreprises.


(Sommaire de la série d'article Le point sur la crise financière.

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)

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