Analyse Libérale

Le point sur la crise financière: troisième partie.

22 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Troisième partie: commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.


(Cet article est le troisième d'une série qui fait le point sur la crise financière. Voici le sommaire de cet série d'articles:

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)



     Il y a clairement deux catégories de mesures. D'un côté, les autorités tentent de pallier au blocage du marché financier. Ce sont toutes les mesures de financement des banques et du crédit prises par les banques centrales et les Etats. Et des mesures prises au cas par cas. Ce sont les mesures de soutien direct à certains établissements financiers et certaines entreprises. Cette politiques répond à deux nécessités: assurer le financement global de l'économie, et éviter que l'effondrement de certains établissements financiers ou de certaines entreprises ne crée un trop gros choc pour l'économie.


     Cette politique est-elle bien menée. On peut évidemment en discuter. Fallait-il par exemple engager tant d'argent pour soutenir AIG? La Fed prend-elle un risque en rachetant des bons du trésor américain? Les interrogations ne sont souvent pas sans fondement.

     Cependant, c'est surtout la mise en œuvre qui est discuté, pas les axes eux mêmes. De plus, cette mise en œuvre est certes discutables, mais il est difficile de se faire une opinion de "l'extérieur". Par exemple, comment juger de la gestion d'AIG organisée par la Fed, sans connaître les comptes et la réalité précise des engagements de cette société? Personne ne sait non plus, aujourd'hui, avec certitude, si la Fed va trop loin, ni si la BCE doit aller plus loin.

     Je préfère mettre en avant le côté positif des politiques mises en œuvre face à la crise monétaire: dans tous les pays, elles suivent à peu près les mêmes principes, et les autorités, monétaires et gouvernementales, sont décidées à agir. Maintenant, nous sommes dans le domaine de l'humain, et il y aura donc forcément des erreurs, que l'on relèvera plus tard, après avoir eu le temps de réfléchir, en disant: "on aurait dû!"


     Un petit débat agite les Etats-Unis quant à l'aide à apporter aux banques: faut-il aller jusqu'à la nationalisation? Les banquiers s'y opposent, en disant que ce n'est pas le rôle du gouvernement, en disant même que ce serait du socialisme. On peut surtout supposer que les banquiers n'ont surtout pas envie d'avoir un actionnaire puissant qui les commande.

     Dans le système capitaliste, celui qui investit dans une société commande. De même, celui qui prête un montant important dicte ses conditions. L'Etat agit comme un investisseur et un prêteur. Il en a donc les prérogatives. Comme il est devenu en quelque sorte investisseur en dernier ressort, c'est-à-dire l'investisseur qui intervient quand plus personne d'autre ne le veut, il est normal que dans ce cas il prenne le contrôle de la société.

     C'est du capitalisme. Mais les banquiers n'ont tendance à voir que ce qui les arrange dans les règles du capitalisme! D'autre part, les privatisations qui auront lieu par la suite, dans quelques années, permettront de rembourser une partie des dettes de l'Etat. Les banquiers devraient apprécier cet acte de bonne gestion.


     Que peut-on faire encore pour améliorer la situation? Ce qu'il faut, c'est que les acteurs privés prennent le relai des banques centrales et de l'Etat pour le financement de l'économie, comme en tant normal. Les banques, habituellement, place du "papier" sur les marchés financiers assez facilement. Il faut ranimer ce mécanisme, qui est bloqué par le manque de confiance. Cette confiance reviendra avec le temps, mais il faut trouver le moyen d'accélérer ce retour.


     Parfois je me laisse à imaginer ce qu'on pourrait faire. Par exemple, on pourrait relancer la titrisation. Un organisme contrôlé par l'Etat pourrait, non pas noter, mais certifier des titres émis par des banques. Par exemple, cet organisme certifierait que les titres sont adossés à des crédits à la consommation, souscrit par des emprunteurs n'ayant jamais eu d'incident de paiement. Les crédits auxquels ces titres seraient adossés seraient transféré à l'organisme certificateur, pour garantir le remboursement des titres. Ou encore, ces titres certifiés pourraient être mis en gage chez l'organisme d'Etat pour garantir l'émission de titres à court terme des banques.

     L'idée est de faire le contraire de ce qu'on veut faire avec les actifs toxiques. Au lieu de sortir à bas prix les actifs toxiques des bilans des banques, on utiliserait les actifs sains pour faciliter leur refinancement.


     J'ai aussi décrit le fait que la baisse de la valeur des actifs détenus par les établissements financiers entraînait des pertes pour ces derniers. En effet, ils sont obligés de répercuter la vaisse de la valeur de ces actifs dans leurs compte. On appelle ça comptabiliser à la valeur de marché (mark to market).

     Cette méthode de comptabilisation est critiquée car elle est dite "pro-cyclique". En effet, ces actifs possédés par les établissements financiers sont souvent destinés à être gardé des années. Ils seront vendus quand les marchés auront vu les prix remonter. Or, les établissements financiers sont obligés de comptabiliser des pertes potentielles, qui les obligent parfois à se recapitaliser.

     La solution serait de changer la réglementation, et d'autoriser à nouveau la comptabilisation à la valeur historique (la valeur d'achat). Certaines possibilités de s'affranchir de la valeur de marchés ont déjà été autorisées par la réglementation. Il faudrait aller plus loin, pour éviter des pertes qui fragilisent les établissements en temps de crise.


     Ce que je viens d'écrire ne sont que des suggestions que je n'ai pu m'empêcher d'écrire. Elles illustrent le fait que nous sommes dans une situation où il faut faire preuve d'imagination, et où il faut agir sur plusieurs leviers à la fois.


(Sommaire de la série d'article Le point sur la crise financière.

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)

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