Analyse Libérale

Les médias et la crise , ou les excès de la médiatisation.

2 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

 

     Ceci est un billet d'humeur contre le traitement de la crise par les médias. Le propos est sans doute excessif, comme à chaque fois qu'on se laisse porter par son humeur. Mais cela fait du bien de s'exprimer parfois.


     On a vu ça et là des sondages indiquant que le moral des entreprises est au plus bas depuis des années, ou même, depuis l'invention de ce type de sondage. Comment pourrait-il en être autrement? On nous assène partout que c'est la pire crise depuis celle de 1929. Et tout le monde renchérit pour affoler les foules: les politiques, pour vendre leurs plans de relance, la presse, qui se fait l'écho des politiques. Les politiques, qui auraient pu se faire rassurant et montrer qu'ils géraient calmement la situation, mettent au contraire l'accent sur le catastrophisme, puis dégaine une loi, spectaculaire, pour montrer qu'ils agissent. Et les médias amplifient le spectacle.


     Il y a également très peu de débats dans les médias. Ainsi, tout le monde réclame la relance. Pas d'interrogation sur les raisons pour lesquelles ces politiques ont été abandonnées dans les années 1970. Pourtant, pour une presse en difficulté, ce serait l'occasion de montrer son utilité, en faisant un dossier historique, en faisant une série de reportages sur les relances de par le monde depuis les années 1930. Il y a beaucoup de sujets, et aucun frais quasiment. Inutile en effet de quitter la rédaction.


     Trouver l'information est ainsi très difficile. J'ai été surpris des difficultés à trouver les quelques détails que j'ai mentionnés sur le plan de relance américain. Alors, ne parlons pas de l'historique des relances. Les statistiques que l'on trouvent dans les médias remontent rarement à plus de cinq ans. Alors qu'en termes d'évolutions économiques, ou même démographiques et sociales, vingt ans est un minimum pour être significatif.


     L'économie est présentée de façon très simpliste. Pour ou contre la relance. Pour ou contre les réduction d'impôt. Pour ou contre les charges sociales. Pour ou contre l'état. On parle d'ultralibéralisme, ce qui n'existe pas en économie (ceux qui ne veulent aucune réglementation sont des théoriciens libertaires). On présente presque Keynes comme un antilibéral, alors qu'il était libéral. Et spéculateur, en plus. Les économistes devraient peut-être aussi s'interroger sur la façon dont ils présentent l'économie. Il faudrait peut-être la rendre plus accessible, pour ne pas laisser la voie au simplisme. Ou s'interroger: est-ce que les théories sont trop simplistes? Ou trop ésotériques?


     Bien sûr, nous sommes à l'ère d'internet, l'information est partout sur le réseau des réseaux. Mais il faut chercher. Beaucoup. Lire l'anglais aussi. Des gens avec un travail, des enfants, n'ont pas le temps de faire tout ce travail. A moins d'y consacrer tous leurs loisirs, et encore. On a besoin de journaux, papier, TV, radio, et internet, pour donner des infos claires, expliquer les débats clairement et simplement.


     Je le répète, ceci est un billet d'humeur. Le propos est peut-être exagéré. C'est le sentiment que j'ai sur la difficulté à trouver une bonne information, et sur la quasi absence de débat clair et dépourvus d'idéologie, en économie.

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