Analyse Libérale

Le Plan de recapitalisation des banques par l'Etat (Ratio Tier 1)

25 Octobre 2008 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

 

     La recapitalisation par l'Etat, à hauteur de 10,5 milliards d'euros, des six principales banques françaises peut susciter des interrogations. Pourquoi en effet recapitaliser des banques qu'on nous dit en bonne santé, et dont nous et vanté le modèle économique, à même, nous dit-on, de traverser la crise.


     En fait, il ne semble pas pour le moment que les banques françaises soient fragiles. Ce qu'on dit sur la solidité de leur modèle semble effectivement vrai.


     Cependant, l'Angleterre a lancé une sorte de surenchère. Les banques de ce pays sont plus touchées par la crise. Pour leur permettre d'inspirer à nouveau confiance, le gouvernement anglais a décidé de les recapitaliser, afin d'augmenter ce qu'on appelle le ratio tiers 1.


     Ce ratio est la proportion du capital de la banque par rapport aux crédits qu'elle accorde. Par exemple, un tiers 1 égale à 8% signifie que le capital de la banque représente 8% des crédits que celle-ci a distribués (cf l'article précédent, la partie consacrée au fonctionnement des banques).

     En réalité, le calcul du tiers 1 est plus compliqué. Il comprend les fonds propres, les quasi fonds propres, etc, rapportés aux différents engagement de la banque, suivant différents prorata. Mais, l'esprit de ce ratio c'est la proportion de l'argent que possède la banque par rapport à celui qu'elle prête.


     Plus le tiers 1 est élevé, plus la banque est considérée comme solide. Le tiers 1 des banque française est bon, entre 7,5% et 8%. Ce qui est bon, répétons le. Mais le gouvernement anglais a évoqué un tiers 1 à 9% pour ses banques. Aussitôt, les marchés ont considéré que ce serait mieux si les banques françaises augmentaient leur tiers 1. Le cours des banques françaises cotées en bourse a donc baissé, des rumeurs inquiétantes ont couru, chahutant encore plus ces cours.


     De plus, avec un tiers 1 plus élevé que les banques françaises, les banques anglaises auraient pu emprunter sur les marchés à un taux d'intérêt plus bas que les banques françaises. D'où un avantage concurrentiel.


     C'est pourquoi le gouvernement a décidé d'augmenter le capital des banques. Cela rassure les marchés, donnée essentielle alors que le manque de confiance est la cause de la crise. Cela met les banques françaises a égalité avec les banques anglaises. Et cela peut-être considéré comme une mesure préventive, qui anticipe d'éventuelles difficultés, et prépare les banques à ces difficultés.


     Cependant, mesurer la solidité d'une banque à ce ratio tier 1 est un peu réducteur. En fait, la force des banques françaises, ce sont les dépôts, que leur ont confiés les particuliers et les entreprises. Ces dépôts sont de l'argent qu'elles ont en caisse. Il permet de limiter les besoins d'emprunter sur les marchés financiers (cf l'article précédent, la partie sur le fonctionnement des banque).

     La banque la plus en difficulté est d'ailleurs Dexia, une banque sans dépôt, qui n'a pas pu se refinancer sur les marchés. De plus, comme ces banques gèrent les dépôts des particuliers, elles sont un peu plus surveillées par les autorités que les banques d'affaires.


     Maintenant, même si les banques françaises sont solides grâce à leurs dépôts, même si le gouvernement donne des gages aux marchés en renforçant leur capitaux, il faudra quand même du temps pour que la confiance revienne. Le retour de la confiance prend toujours du temps. Les marchés craignent qu'on ne découvre encore des risques cachés. Pour le moment, nul ne peut garantir que ce soit une crainte sans fondement.

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