Analyse Libérale

Les anglais se seraient renseignés sur l'UE après le vote...

29 Juin 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Une information a largement été relayée dans les médias après le vote en faveur du brexit : les votants se seraient renseignés sur l'Union Européenne après avoir voté. Ce serait l'analyse des recherches Google qui le prouverait.

D'autre part, une pétition en faveur d'un nouveau vote aurait recueilli des millions de signatures, sur internet. Autre information largement relayée.

Sauf que... Le site ZDNet a publié un article montrant que la hausse des recherches sur l'UE après le vote représente une augmentation de … moins de mille personnes ! Et que la pétition sur internet a recueilli de nombreuses signatures qui sont en fait des … bots ! Bon, ne me demandez pas ce que sont des bots. J'ai vaguement compris qu'il s'agit d'une sorte de logiciel robot. Mais ce ne sont donc pas de vraies signatures.

Conclusion : l'info doit toujours être recoupée et vérifiée.

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Le Brexit a gagné, le continent est isolé.

25 Juin 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Le Royaume Uni a choisi le brexit. Ce qui augure des temps difficiles pour l'Europe. Les politiciens européens avaient dressé un tableau noir des conséquences du brexit pour le Royaume Uni. Parce qu"ils craignaient surtout les conséquences sur l'Europe. Aujourd'hui, c'est l'Europe qui est ébranlée, plus que le Royaume Uni. Car c'est son existence qui est mise en doute. Car c'est son inéluctabilité, qu'on nous ressassait, qui est remise en cause.

Pour survivre, l'Europe doit se remettre en question. Et analyser froidement les raisons des tendances séparatistes à l'intérieur des pays membres.

La centralisation européenne.

J'avais voté oui à Maastricht, car ce traité comportait le principe de subsidiarité. Mais les dirigeants européens bafouent continuellement ce principe et sont lancés dans une course à la réglementation, dans des domaines qui ne relèvent pas de la politique commune. Sur Contrepoints, Vincent Benard décrit ainsi les tribulations ridicules de la réglementation sur... la taille du paquet de spaghetti ! Louis Rouanet, sur le site du Mises Institute, décrit lui toutes les réglementations sur... les couettes et les oreillers !

Un pays de l'UE ne peut même pas changer un taux de TVA sans l'aval de Bruxelles, comme la France l'a expérimenté concernant les taux de TVA dans la restauration, ou encore le livre électronique. Fiscalement, les pays membres de l'UE ont finalement moins de latitude que les états membres des USA.

Si elle veut survivre, l'Europe doit appliquer le principe de subsidiarité. En laissant la liberté fiscale, et économique aux Etats membres. Avec bien sûr en contrepartie la possibilité pour un Etat de faire faillite. Ce serait le meilleur des gardes fous aux dérives des Etats, sans que les populations n'accusent l'Europe de leurs déboires. Et l'Europe pourra se concentrer sur l'Union douanière, et peut-être enfin sur ses frontières, dont on s'aperçoit avec la crise des migrants que la gestion est assez peu coordonnée.

L'Europe sans les peuples.

L'Europe doit reconnaître qu'elle est devenue un Leviathan technocratique, qui veut décider de la vie des gens malgré eux. Qui considère que les européens doivent être guidés, même contre leur propre avis. La rupture a été consommée par le référendum sur la constitution européenne. Ecartant l'avis des européens qui l'avaient refusée, les technocrates européens ont mis en œuvre le traité de Lisbonne, prenant bien soin cette fois de ne pas consulter les européens. Comment s'étonner de la réaction de ces derniers ?

De même, les peuples auraient-ils voté pour l'élargissement rapide à l'Est de l'Europe, dont les conséquences, en matière de migrations, mais aussi d'accusation de dumping social, causent aujourd'hui des protestations ? Là encore, on s'est bien gardé de les consulter. Il faut dire que la raison de cet élargissement n'était peut-être pas tant l'idéal européen, qu'une attitude défensive face à la Russie après la guerre froide. Un calcul géostratégique, qui a échoué avec l'Ukraine, et qui a occulté les débats nécessaires sur l'intégration de pays qui n'étaient pas forcément prêts. Intégration dont les conséquences suscite donc des protestations aujourd'hui.

Le populisme démocratique.

L'Europe est aussi victime du populisme de ceux là mêmes qui prétendent la promouvoir. On nous survend l'Europe en nous promettant des lendemains chantants, où tout effort serait aboli. Quand des réformes dites "difficiles" sont faites, on nous dit alors que c'est l'Europe qui les réclame. Quand la crise arrive, on réclame de l'Europe une aide. L'Europe, notamment en France, est présentée comme un super état, doté de super pouvoirs, qui pourrait nous amener la prospérité sans effort, et qui pourtant nous la refuse. Et ce sont les partis dits "républicains" qui utilisent cette rhétorique. Comment s'étonner alors de la popularité de ceux qui nous promettent la croissance sans effort par le simple fait de quitter l'Europe ?

Un pays comme la France a une relation curieuse avec l'Europe. Officiellement, elle refuse le fédéralisme, vu comme un abandon de souveraineté. Alors que justement, le fédéralisme respecte la souveraineté des Etats. A contrario, elle a la vision d'une Europe centralisée, française ! Elle veut que l'Europe applique la politique voulue par les français ! Ce qui n'est pas possible. Et entraîne un rejet.

Le Royaume Uni a ouvert la boîte de Pandore. Quitter l'Europe, pour un grand pays, n'est plus une vue de l'Esprit. L'Europe doit justifier de son utilité, et se rapprocher des peuples. C'est en respectant ces derniers qu'elle survivra, en appliquant le principe de subsidiarité, déjà prévu par les traités, et celui de responsabilité, c'est-à-dire que les Etats sont responsables de leur politique, et peuvent faire faillite. L'Europe doit en outre se concentrer sur les domaines dans lesquelles elle a une légitimité, comme les relations extérieures.

Mais le problème est aussi le fonctionnement de la démocratie. Les politiciens deviennent souvent des populistes distributeurs de promesses, qui cherchent à manipuler le peuple une fois au pouvoir. Et à refuser leurs responsabilités. Le principe libéral d'une constitution qui limite les pouvoirs se montre plus que jamais pertinent.

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Brexit : danger pour l'Europe et la France

16 Juin 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Le vote sur le Brexit approche. Les partisans du maintien du Royaume Uni dressent un tableau apocalyptique du Brexit, ainsi que les institutions européennes. En fait, le Brexit serait catastrophique pour l'Europe, et notamment pour la France. C'est pourquoi, s'il se réalise, l'Europe et la France ont intérêt à passer très vite des accords avec le Royaume Uni qui permettront de commercer comme si ce dernier était encore dans le marché commun.

Le Royaume Uni peut perdre beaucoup si les frontières de l'Europe se ferment à ses produits et services. Mais l’Europe peut perdre beaucoup si le Royaume Uni ferme ses frontières également. Et notamment la France. En effet, le Royaume Uni importe énormément en provenance de l'Europe. Et en particulier de la France, pays avec lequel son commerce extérieur est déficitaire. Une fermeture des frontière signifierait une crise en Europe, et particulièrement chez un des membres les plus fragiles de l'Union : la France.

Le Royaume Uni est par ailleurs un pays actuellement très dynamique. Du point de vue de la croissance, et du point de vue de la création et du développement d'entreprises. C'est LE pays européen des start up. Ce dynamisme signifie des importations de biens et services en provenance de l'Union Européenne. Mais aussi un atout pour l'Europe. Le Royaume Uni est tourné vers le futur et vers les pays émergents. Il est impératif de tout faire pour rester lié à cette dynamique. L'Europe a tout intérêt à garder ce pays dans une zone de libre échange.

Un pays a beaucoup à perdre avec le Brexit, et c'est la France. Car le commerce extérieur français avec le Royaume Uni est bénéficiaire. Car le Royaume Uni est un partenaire majeur de la France, après l'Allemagne. La France a intérêt à maintenir le libre échange avec le Royaume Uni, surtout compte tenu de son atonie actuelle. Le Royaume Uni est un facteur de croissance pour la France.

D'autre part, le dynamisme du Royaume Uni équilibre celui de l'Allemagne. Et la France a peu de chance de récupérer des activités financières importantes. Elle ne récoltera que des miettes, du fait de sa fiscalité et de sa réglementation anti-entreprises. Afin de faire contrepoids à l'Allemagne, la France a intérêt que Londres reste une place financière importante en euros. Sinon, c'est l'Allemagne qui récoltera la mise.

En conclusion, les prédictions apocalyptiques en cas de brexit sont absurdes. A moins que les partenaires du Royaume Uni ne se tirent une balle dans le pied, provoquant eux-mêmes une crise. Plutôt que de jouer les oiseaux de mauvais augures, mieux vaudrait s'intéresser aux raisons qui motivent le brexit.

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