Analyse Libérale

Le projet de loi sur l'évolution du droit du travail

31 Mars 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Le projet de modification du droit du travail fait l’actualité. Il est l’objet de vives critiques. Celles-ci témoignent d’une certaine conception de l’être humain et de la société. Nous ferons ici une analyse libérale de ces critiques. Le libéralisme est d’abord un humanisme, qui s’oppose à l’aliénation de l’être humain. Le libéralisme peut aussi être vu comme un utilitarisme, qui défend le bien être social.

Humanisme

Les opposants à la loi travail défendent une conception du salarié qui dépend totalement de l’entreprise. Celle-ci doit lui assurer l’emploi, une rémunération élevée, financer la protection sociale et la prévoyance. L’être humain est pris en charge par l’entreprise. Il faut que l’Etat force l’entreprise à remplir cette fonction.

C'est une vision de l’être humain non autonome. Aliéné pour reprendre le vocabulaire marxiste. Même si c’est par l’intermédiaire de l’action de l’Etat à l’encontre de l’entreprise.

Au contraire, l’idéal humaniste prône une société où chacun est autonome et responsable. Ce qui n’exclut pas les mécanismes de prévoyance et d’assurance d’ailleurs. Mais chacun peut être à même de faire des choix, d’évoluer au cours de sa carrière, sans dépendre d’une entreprise.

C’est un idéal qui peut faire peur aujourd’hui, et les anti-humanismes jouent sur cette peur. En effet, nous sommes généralement assez peu préparés à être autonomes. L’école ne nous insère pas dans la vie active. Et tout dépend de l’éducation que nos parents ont pu nous donner, qui dépend à nouveau de leur propre parcours et de leurs réflexions. Cependant, n’est-ce pas un idéal à atteindre ?

Utilitarisme

Les opposants à la loi travail défendent un cadre figé. Or, c’est la liberté qui a permis le progrès social. En effet, la révolution industrielle, le salariat, l’assurance maladie, la prévoyance, ne sont pas le fruit d’un plan établi ex-nihilo par un Etat. Ils se sont développés avant d’être repris par les Etats.

Or, la société évolue. L’histoire montre que c’est la condition du progrès social. Aujourd’hui, et depuis plusieurs années, des questions se posent sur l’évolution du travail par exemple, avec l’ubérisation, l’économie du partage (voir ici).

Nous sommes dans une période pleine de promesses, mais personne ne connaît la forme que prendra l’économie, les modes de relations économiques qui en découleront. La seule solution pour profiter du progrès est de laisser les acteurs construire cette nouvelle économie. Il a fallu abolir les corporations pour développer l’industrie.

Conclusion : le progrès nécessite le changement.

L’évolution vers une société humaniste, où l’être humain peut décider de sa vie et s’accomplir, et vers le progrès social, nécessite donc la réforme. Un changement qui fait peur, car nous n’y sommes pas préparés. Mais nous devons plutôt laisser foisonner les initiatives, pour qu’apparaisse le nouveau cadre contractuel, afin de profiter du progrès.

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comparaison entre la crise de 1929 et aujourd'hui.

13 Mars 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

L'économie se pique d'être scientifique. Pourtant, elle ne tient aucun compte des faits. Elle s'enferme dans l'idéologie. Une comparaison entre la crise de 1929 et celle de 2007 - 2008 l'illustre. L'origine des deux crises est monétaire. Les banques centrales usurpent un mérite abusif dans le fait que la crise de 2007 - 2008 n'a pas eu l'ampleur de celle de .1929, alors qu'elles ont répété les mêmes erreurs. Par contre, les véritables raisons de cette différence d'ampleur sont ignorées. Pourtant, il suffit de regarder les faits. De tirer les leçons de l'expérience.

L'origine des deux crises.

La crise de 1929.

Comme le montre Lionel Robbins, dans le livre La Grande dépression, la crise de 1929 a été précédée d'une période d'expansion monétaire, à partir de 1925, provoquée par la banque centrale des USA. L'objectif était de soutenir la Banque d'Angleterre, qui souhaitait rétablir un étalon or, mais avec une parité entre la livre et l'or trop optimiste. Robbins constate que la politique monétaire a provoqué une surproduction dans le secteur des biens de production. Il aurait pu citer également l'envolée de la bourse, boostée par les achats à découvert.

Dans l'article Echoes of 1937 in the current economic cycle, Brendan Brown décrit la politique monétaire pendant la crise de 1929. C'était à nouveau une politique d'expansion monétaire, que nous nommons aujourd'hui quantitative easing. En 1937, la fin brusque de cette politique a provoqué une rechute de l'économie.

La crise actuelle.

La crise de 2007 - 2008 a également été précédée d'une période d'expansion monétaire. Celle-ci a débuté vers 2002, suite au ralentissement de 2001. Cette politique a provoqué un bulle immobilière, qui a boosté l'économie. Cette bulle permettait de compenser la chute de celle des valeurs internet, comme l'expliquait le prix Nobel Paul Krugman en 2002. Ajoutons les facilités accordé au crédit, avec les agences Fannie Mae et Freddie Mac, qui rachetaient des crédits subprime, c'est-à-dire à risque. Ou encore, le Community Reinvestment Act, destiné à accroître le crédit aux personnes peu solvables. Toute l'économie était basée sur le crédit, et tout le monde s'en félicitait. Un cercle vertueux keynésien devait s'engager, les dépenses entraînant la croissance. C'était l'époque où le ministre de l'économie français, Nicolas Sarkozy, voulait importer en France l'hypothèque inversée, qui permet de prendre un crédit à la consommation gagé par la valeur de son habitation.

Face à la crise, comme dans les années 1930, c'est à nouveau la politique monétaire qui est mise en œuvre. Avec notamment des politiques dites non conventionnelles. Avec le quantitative easing. Et avec le même dilemme qu'en 1937: est-ce que la remontée des taux, et la fin du quantitative easing, ne vont pas provoquer une contraction de l'économie?

Les différences entre les années 30 et aujourd'hui.

Durant la crise de 1929, différentes mesures ont été mises en oeuvre en dehors de la politique monétaire. Aux USA, contrairement à la légende, le président Hoover a été très interventionniste. Il a pris des mesures protectionnistes, mené une politique de déficit budgétaire, et incité les patrons à ne pas baisser les salaires. Il a fait l'exact contraire de la politique de son prédécesseur face à la crise des années 20. Roosevelt a mené une politique semblable. Les pays ont aussi dévalué leurs monnaies.

Aujourd'hui, globalement, la crise n'a pas entraîné un fort protectionnisme. Même s'il y a eu des mesures de ce type, recensées par l'OMC, elles n'ont pas eu l'ampleur de celles des années 1930. D'autre part, de nombreux pays, dont les USA, ont laissé le tissu économique s'adapter. Ce sont ces pays qui s'en sortent le mieux. L'Allemagne a même une situation budgétaire saine.

Les leçons de la crise des années 30.

Après la deuxième guerre mondiale, deux accords phares tiraient les leçons de la crise: Bretton Woods, et les accords du GATT. Bretton Woods rétablissait la discipline monétaire. L'émission de dollars US dépendait du stock d'or des USA. Les autres monnaies étaient liées au dollar par une parité fixe, et donc indirectement à l'or. Les désordres monétaires ont été considérés comme une cause de la crise. Les accords de Bretton Woods ont volé en éclats, les crises sont revenues.

Les accords du GATT visaient à promouvoir le libre commerce entre les pays. Le protectionnisme ayant été identifié comme une cause d'aggravation de la crise. Cahin caha, ils se sont développés. Et nous ont protégés d'une aggravation de la crise de 2007 – 2008.

Conclusion

La politique de relance monétaire nous est présentée comme le Saint Graal de la politique économique. Les banquiers centraux s'enorgueillissent d'avoir évité une aggravation de la crise de 2007 - 2008. Pourtant, ils ont causé cette crise. Et leur politique monétaire a la même inefficacité que dans les années 30. Certains réclament des mesures protectionnistes pour sortir de la crise. Pourtant, c'est ce qui a aggravé la crise des années 30.

Ce sont là des faits. pourtant, la théorie les ignore. A l'exception de l'école autrichienne. Pourtant, l'économie se prétend scientifique.

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