Analyse Libérale

Viande rouge cancérogène etc.

26 Octobre 2015 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

L'OMS déclare la charcuterie cancérogène, et la viande rouge probablement. Aussitôt les media diffusent ces déclarations, sans aucun recul, aucun esprit critique, comme parole d'évangile. C'est le paradoxe de notre époque : jamais les sources d'information n'ont été aussi disponibles, et pourtant l'esprit critique reste très faible. En fait, il suffit qu'un organisme public, étatique ou supra étatique, fasse une déclaration, ou qu'une quelconque ONG fasse une annonce catastrophique, aussitôt elle est reprise sans analyse, au mépris des principes démocratiques qui veulent que le peuple contrôle ceux qui les gouvernent. Alors qu'il est souvent facile de trouver une contradiction argumentée, loin des théories du complot.

On le voit en économie, où l'on parle de crise financière, accusant l'avidité des banques. Pourtant, la bulle immobilière était souhaitée par les keynésiens, comme Paul Krugman (voir ici). Le secteur bancaire est soumis à une politique très dirigistes de la part des autorités publiques, notamment à travers les critères de Bâles, comme le montre bien Guillaume Nicoulaud, ici et ici. C'est également le Congrès Us qui a voulu encourager le crédit aux pauvres, avec le Community Reinvestment Act (act signifiant loi). Sans compter la politique des agences publiques Fannie Mae et Freddie Mac, chargées de racheter aux banques leurs crédits hypothécaires. Tous ces faits, car ce sont des faits, battent en brèche l'idée d'une crise financière due au capitalisme débridé, mais montre plutôt une crise économique provoquée par des manipulations monétaires, destinées à relancer l'économie comme l'écrit Krugman. Mais de ces faits, nul ne parle dans les grands media. Le principe de contradiction n'existe pas.

D'autres matières fournissent des exemples de diffusion d'information sans recul. Comme lorsque Le Nouvel Observateur a fait sa une sur une étude sur les OGM, très critiquée par la suite (voir ici et ici). On peut citer également le bisphénol, diabolisé en France sans procès (voir ici un exemple d'étude sur les méfaits du bisphénol), et sans aucune considération pour ses effets bénéfiques (voir ici). Ne parlons pas du débat sur le climat. Aller à l'encontre de la thèse de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique est condamné d'apostasie (voir ici et ici). Personne ne s'interroge non plus sur la politique énergétique censée diminuer la production de CO2 (voir ici). Concernant l'alimentation, on peut citer le régime cétogène, qui peut entrer dans le débat.

Ce que j'ai voulu montrer ici, c'est que LA vérité n'existe pas forcément. Il n'y a personne qui dispose de la science infuse. Chacun doit pouvoir se faire sa propre opinion, en confrontant les sources. Or, aujourd'hui, alors que l'information est disponible, elle est finalement très peu diffusée. On a plutôt l'impression de se voir imposer une pensée unique. N'est-ce pas dommage, pour le libre arbitre de chacun, et, finalement, le fonctionnement de la démocratie ?

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La nouvelle sphère libérale en France

3 Octobre 2015 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Le magazine l'Expansion a publié ce mois d'octobre 2015 un numéro avec en titre "Les nouveaux libéraux" . Parmi les points positifs, on se réjouira de la médiatisation du renouveau du libéralisme en France, et de Students for Liberty, l'organisme qui permet aux jeunes de découvrir le libéralisme.

Sinon, l'article est malheureusement médiocre. Je suis peut-être sévère, car c'est en tant qu'ancien abonné que j'écris. Je suis tellement déçu de la dégradation de L'Expansion, et d'autres magazines d'ailleurs. L'article parle d'abord d'un foisonnement libéral, puis conclut avec les conservateurs. Pour juger du libéralisme, il fait appel à Stéphane Rozès, de CAP, dont internet nous apprend qu'il fût conseil de François Hollande. On comprend mieux son commentaire sans appel : "Le libéralisme économique appelle, en contrepoint, un conservatisme culturel". Il y a aussi un graphique illustrant le positionnement de plusieurs personnes qualifiées de libérales, et qui comporte un axe "ultra-libéral". Sachant que l'ultra-libéralisme n'existe pas, qu'il est simplement une expression politique pour diaboliser, sans explication ni argument, le libéralisme, on ne peut être convaincu par ce graphique.

Néanmoins, cet article prend acte d'un certain renouveau de la sphère libérale en France. Quelle est cette nouvelle sphère libérale ? Qui sont ces nouveaux libéraux ? Les habitués des sites libéraux se doutent que chacun a son avis sur la question. Voici le mien, et j'invite les blogueurs libéraux à faire connaître leur liste des nouveaux libéraux.

Je suis d'accord, je le répète car c'est le principal point positif de l'article de L'Expansion, avec la mise en avant de Students for Liberty. Je n'en ai entendu que du bien, et c'est un formidable vecteur pour s'initier au libéralisme, quand on est étudiant, ou, tout simplement, jeune (pas comme moi, mais je suis très jeune d'esprit!). Donc, parmi les nouveaux libéraux, je cite Christophe Seltzer, le président de Students for Liberty Paris.

Sinon, le point d'entrée du libéralisme aujourd'hui en France, c'est le portail Contrepoints. Ce site se veut un Huffington post libéral français, avant même que le Huffington post ne débarque en France. Il reprend des articles sélectionnés de blogueurs libéraux, produit aussi ses propres articles et interviews, et traductions. Il n'hésite pas à publier des points de vue différents sur un même sujet. Bien sûr, la qualité et l'intérêt des articles varient selon les jours, mais c'est une porte d'entrée ver le libéralisme, et un acteur essentiel du pluralisme en France. Contrepoints est dirigé par l'association liberaux.org. Par conséquent, parmi les nouveaux libéraux je cite donc Alexis Vintray et Arnaud Bichon, rédacteurs en chefs de Contrepoints, et Guillaume Périgois, président de liberaux.org.

Pour l'aspect culturel, je consulte le site de l'Institut Coppet. Et depuis le temps, je fais même partie de l'IC. Mais je n'ai aucun rôle opérationnel. Comme l'indique son site : La mission de l’Institut Coppet est de participer, par un travail pédagogique, éducatif, culturel et intellectuel, à la renaissance et à la réhabilitation de l’école française d’économie politique, et à la promotion des différentes écoles de pensée favorables aux valeurs de liberté, de propriété, de responsabilité et de libre marché.

L'nstitut Coppet publie des textes des libéraux français, du 18ème et 19ème siècle, ou avant. Il publie aussi des textes plus contemporains de l'école autrichienne, ainsi que des tribunes et des interviews. C'est un point d'entrée idéal pour comprendre le libéralisme, le libéralisme français et le libéralisme en tant que philosophie politique. L'Institut Coppet est animé par son président, Damien Theillier, que je cite donc parmi les nouveaux libéraux. Ses propos sont toujours étayés par des auteurs. C'est une bible du libéralisme.

Je citerai aussi parmi les nouveau libéraux Cécile Philippe, fondatrice de l'Institut Economique Molinari. Je consulte en fait rarement l'IEM. Mais il organise les Universités d'Automne en économie autrichienne. Je vous invite vivement à suivre le lien vers Youtube, car ces universités sont riches d'enseignement. Comme cette présentation de l'école autrichienne par Jorg Guido Hulsmann (voir ici).

Students for Liberty, avec Christophe Seltzer, Contrepoints, avec Alexis Vintray, Arnaud Bichon, et Guillaume Périgois, l'Institut Coppet, avec Damien Theillier, et l'Institut Economique Molinari, avec Cécile Philippe, ce choix trahit mon goût pour la connaissance et le débat d'idées. J'ajouterai deux personnes pour qui j'ai beaucoup d'estime. Guillaume Nicoulaud, dont les analyses économiques et monétaires surclassent celles des médias mainstream comme on dit, et qui fait preuve par ailleurs d'une large culture historique et libérale. Et Pierre Chappaz, entrepreneur engagé, qui défend le libéralisme.

Tels sont les principaux noms de la nouvelle sphère libérale selon mon opinion. Je précise "nouvelle". Ainsi, Pascal Salin, ou Alain Laurent sont indiscutablement des libéraux, mais pas des nouveaux (ceci dit sans malice aucune).

Et maintenant, j'espère que les blogueurs libéraux diffuseront leur propre liste, avec les liens, pour favoriser la connaissance.

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