Analyse Libérale

Les 800 ans de la Magna Carta

16 Juin 2015 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Saluons la presse quand elle fait son boulot, en l'occurrence Le Figaro.fr signale la commémoration des 800 ans de la Magna Carta, dans un article assez bien écrit.

La Magna Carta est peut-être un des premiers actes de libéralisme. En effet, son objet est de limiter le pouvoir arbitraire du roi. Elle préfigure les réflexions de John Locke ou de Benjamin Constant sur la limitation du pouvoir de l'Etat.

Bien sûr, la comparaison avec les temps modernes est limitée. La Magna Carta protège les nobles de l'arbitraire du roi, le peuple étant largement constitué de serfs. Elle protège aussi la liberté de circulation des marchands.

Cet anniversaire est l'occasion de rappeler ce que les Lumières Françaises doivent à la Perfide Albion. Voltaire et d'autres étaient inspirés par le développement des droits au Royaume Uni. La première Révolution a été la Glorieuse Révolution de 1688. L'Habeas Corpus est aussi une invention britannique.

C'est aussi l'occasion de souligner le lien entre liberté et prospérité. Est-ce un hasard si c'est le pays qui a le premier protégé les droits de ses sujets (il n'y avait pas de concitoyens à l'époque), qui a connu le premier la révolution industrielle, et une expansion et une puissance fantastique ? Et surtout un niveau de vie pour sa population bien supérieur à celui du continent ? Je me souviens d'un texte du voyage d'un anglais en France, fin 18ème ou début 19ème. L'anglais était stupéfait par la misère des campagnes françaises. Les pays socialistes ont essayé de copier les techniques pour connaître la prospérité, mais ils se sont effondrés économiquement et socialement, car ce n'est pas la technique qui fait la prospérité.

Cependant, au-delà de la prospérité économique, la Magna Carta est le début de l'affirmation de la liberté de l'être humain, du rejet de l'oppression et de l'aliénation. Le début de l'humanisme, qui s'étendra peu à peu à tous.

Joyeux anniversaire.

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LA MAGIE KEYNESIENNE

7 Juin 2015 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Le keynésianisme a quelque chose de magique.Il suffit d'injecter de l'argent dans l'économie, pour que la croissance reparte. Ainsi, on se demande pourquoi les Etats n'usent-ils pas de cette méthode pour relancer la croissance aujourd'hui. C'est ainsi que le socialiste Arnaud Montebourg et le banquier Matthieu Pigasse ont écrit une tribune dans le Journal du Dimanche en faveur d'une injection d'argent dans l'économie.

Problème, c'est déjà ce que fait le gouvernement, avec ses déficits abyssaux, les plus élevés en temps de paix, et cela depuis des années. C'est aussi ce que fait la BCE, avec sa politique monétaire ultra accommodante. Alors, devant cet échec, une variaante apparaît : il faut injecter de l'argent pour soutenir l'économie, mais en même temps faire des réformes structurelle, pour une croissance pérenne.

Cependant, les politiques keynésiennes n'ont jamais eu les résultats escomptés. Ainsi, dans les années 1970 et 1980 elles ont été un échec cuisant. Au point qu'a été inventé la séparation entre crise de la demande, qui appelle une politique de dépense, et crise de l'offre, sur laquelle une telle politique est sans effet. Les politiques keynésiennes ont également été sans effet sur la crise des années trente. La croissance est repartie après guerre, grâce au développement du commerce international, et des accords de Bretton Woods concernant la monnaie (voir ici).

D'où vient l'idée que l'injection de monnaie relance la croissance ? Selon Ludwig von Mises, les gouvernements ont toujours cherché à injecter de l'argent pour créer de la croissance. John Maynard Keynes n'a fait que donner une justification à ces politiques. Selon Keynes, c'est la hausse des prix qui provoque la croissance. Quand on injecte de l'argent dans l'économie, la consommation augmente, ce qui provoque une hausse des prix, ce qui provoque des investissements de la part des entreprises pour augmenter la production, ce qui provoque une distribution de revenus, ce qui provoque une hausse des prix, et ainsi de suite. C'est le multiplicateur keynésien.

Mais cette théorie est en contradiction totale avec la réalité, en contradiction totale avec les faits. En effet, l'expansion économique a été accompagnée par une baisse des prix phénoménale, qui a mis a disposition de la majorité de la population des produits inaccessibles auparavant. Cela a été la révolution dans les filatures, puis tous les gains de productivité de l'essor industriel. La baisse des prx a nourri la consommation et la croissance. Encore aujourd'hui, la baisse des prix dans la téléphonie, à la fois concernant le matériel et les services, permet l'essor de tout un écosystème de sites internet et d'applications mobiles, qui nourrissent la croissance. La hausse des prix a, au contraire, tendance à ralentir la croissance en pesant sur le pouvoir d'achat.

D'où vient la théorie keynésienne, totalement en contradiction avec la réalité ? Keynes était un boursicoteur, et un bon. Il gagnait de l'argent en bourse. Or, sur les marchés financiers, il y a effectivement un effet moutonnier : quand les cours baissent, tout le monde vend pour minimiser les pertes. Et quand les cours montent, tout le monde achète pour revendre avec profit. C'est la base de la théorie keynésienne : les marchés financiers.

Mais il y a aussi une explication complémentaire à l'expansion du keynésianisme. Gilles Dostaler, daNs son livre Keynes et ses combats, met en avant le "progressisme" du keynésianisme. Il promeut une idéologie hédoniste, opposée aux théories classiques et néoclassiques, pour qui c'est l'effort qui amène un résultat. On ne peut s'empêcher de faire un lien avec la dénomination de politique "d'austérité" pour désigner la relance par l'assainissement budgétaire et les réformes structurelles. Il y a d'un côté les grands méchants, qui prônent des politiques réalistes, et de l'autre les progressistes, avec la politique du Père Noël. Quand l'idéologie pollue le raisonnement économique.

Le keynésianisme tient donc véritablement de la magie, dans le sens où il n'est qu'illusion. Mais il est d'actualité, car il arrange les gouvernants qui veulent des politiques miracles, et qu'il correspond à l'idéologie "progressiste", opposée à la notion d'effort, considérée comme conservatrice, et réactionnaire, pour progresser. L'idéologie mène le monde, et ce sont des hommes, des femmes, des enfants, qui en pâtissent.

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