Analyse Libérale

Schumpeter et le courant autrichien.

25 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

En économie, la théorie autrichienne désigne un courant née dans la lignée de l'économiste autrichien Carl Menger. Seulement, tous les économistes de nationalité autrichienne n'appartiennent pas à ce courant, et en particulier l'un des plus célèbres d'entre eux : Joseph Alois Schumpeter.

 

Ainsi, Schumpeter est un admirateur de la théorie mathématique de l'équilibre général de Léon Walras, alors que Carl Menger a contesté cette approche. Les théories de Schumpeter s'inscrivent dans le corpus dominant de l'équilibre général.

 

Son originalité est d'avoir introduit dans ce corpus un élément du courant autrichien : l'entrepreneur. Pour le courant autrichien, nous sommes tous des entrepreneurs, dans le sens où nous entreprenons pour atteindre nos objectifs ( nous agissons, pour reprendre la terminologie de Ludwig von Mises ). Schumpeter introduit l'entrepreneur comme vecteur d'innovation, et pour donner une dynamique à la théorie de l'équilibre général.

 

En effet, la théorie de l'équilibre général montre qu'il existe un point d'équilibre, qui représente un optimum en économie : à ce point d'équilibre, chacun maximise son utilité. Mais elle n'explique pas l'évolution de l'économie, les progrès, les changements. Schumpeter introduit donc la notion d'entrepreneur, qui est l'élément dynamique.

 

Schumpeter part de l'idée d'une économie stationnaire, qui répète le même processus, sans changement : le cultivateur achète engrais et semences, vend sa récolte, rachète des engrais et semences, vend sa récolte, et ainsi de suite chaque année. De même l'industriel achète ses fournitures, fabrique sa production, la vend, paie ses salariés, qui achètent ce qu'ils consomment, et ainsi de suite. Il n'y a pas de changement, pas d'augmentation de la production, pas de progrès.

 

L'entrepreneur apporte l'innovation, avec un nouveau produit, un nouveau procédé de fabrication, ou un nouveau débouché pour une production déjà existante. Ce qui provoque une évolution du système économique, avec des industrie qui apparaissent, et qui font disparaître d'autres industries. La fameuse destruction créatrice.

 

Cette théorie est qualifiée de théorie de l'entrepreneur. Mais c'est plutôt une théorie de l'innovation. L'entrepreneur n'est là que comme vecteur d'innovation, parce que c'est le seul moyen d'introduire le changement dans le système théorique. Par la suite, des travaux ont réfléchi aux moyens de susciter l'innovation au sein des grandes organisations.

 

Joseph Alois Schumpeter est donc un économiste du courant dominant, celui de l'équilibre général, concept que Keynes et la macroéconomie ont également repris.

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La mondialisation et le développement

20 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

La mondialisation vue par un économiste indien. Pour éviter certains clichés.

 

La mondialisation selon Bhagwati sur le site d'Audace Institut Afrique.

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Le troisième numéro de Laissons Faire est paru

18 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

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Pour découvrir l'histoire de la traduction de la Richesse des Nations de Smith en français, pour mieux connaître Jean-Baptiste Say, pour découvrir les causes de la crise de 1907 par Yves Guyot, pour apprendre à connaître l'Ecole Française d'Economie, que L'Institut Coppet s'attache à remettre à sa juste place. (Cliquer sur l'image pour découvrir la revue Laissons Faire d'août 2013)

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Une interview de Larry Ellison, fondateur d'Oracle.

15 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

 

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Explications sur la régulation bancaire.

15 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

Bâle et les défaillances du marché.

 

Un excellent article de Guillaume Nicoulaud qui explique clairement et simplement la régulation bancaire, et ses conséquences.


A diffuser largement.

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La crise est finie!

14 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Humeur

 

La crise est finie ! La France est sortie de récession, c’est officiel ! Sonnez haubois résonnez musettes ! C’est écrit dans la presse, diffusé sur internet ! La France a connu une croissance de 0,5% du PIB au deuxième trimestre 2013, l’INSEE l’a annoncé. Oui : 0,5% ! C’est tout simplement le retour des trente glorieuses !

 

Le traitement de l’économie, que ce soit par les médias, les politiciens, les organismes tel que l’INSEE, ou même ces " spécialistes " censés nous éclairer, est affligeant, voire pathétique.

 

Qu’est-ce que cette définition de la récession, par la baisse du PIB deux trimestres consécutifs ? Pour une discipline qui utilise le langage mathématique pour paraître scientifique, cela est bien arbitraire. C’est également du très, très court terme comme horizon.

 

D’autre part, comment oser tirer des conclusions aussi catégoriques de chiffres aussi faibles et aussi imprécis ? On nous dit récession quand le PIB baisse de 0,1% un trimestre, et reprise quand il augmente de 0,1% ! Sachant en plus que ce n’est que la première estimation. Les chiffres sont révisés par la suite, quand plus personne ne s’y intéresse. C’est simplement ridicule.

 

Une analyse rationnelle montre que la France stagne. Le PIB est à peu près stable, malgré les politique de relance par le déficit budgétaire, et monétaire, menées depuis plusieurs années.

 

Une analyse sur le long terme montre que même en période de croissance mondiale, et tout en maintenant un déficit budgétaire important, la France connaît une croissance faible, et un chômage élevé. Par conséquent, le pays a un problème structurel.

 

Mais, qui se soucie d’une analyse censée et rationnelle ? Pour les médias, l’économie est un feuilleton, qui doit tenir en haleine jour après jour l’audience, avec dans le rôle principal les politiciens, qui sont les héros qui vont relancer l’économie.

 

Pathétique !

 

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Historique: la suppression de Fannie Mae et Freddy Mac est envisagée!

7 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

La nouvelle la plus importante du numéros des Echos du mardi 7 août se trouve page 5. Elle aurait pu faire la une. En effet, le quotidien annonce que le président US Obama veut supprimer les agences Fannie Mae et Freddy Mac !

 

Ce serait un geste historique. Fannie Mae a été créée par le New Deal, pour faciliter l'accession à la propriété des habitants des USA. Freddy Mac a été créé plus tard, mais reprend la même philosophie. Ce serait un symbole du New Deal qui serait supprimé.

 

Ces deux agences rachètent aux banques les crédits hypothécaires, afin de permettre à ces dernières d'augmenter le volume des prêts immobiliers. Ainsi, les Echos rapportent qu'avant la crise neuf demande de prêt sur dix sont passés par une des deux agences. Et, à ce titre, ce que ne souligne pas le quotidien économique, ces deux agences ont été parmi les principaux vecteurs de cette crise.

 

Sous les présidence de G. W. Bush et B. Clinton, il a été demandé à ces agences de soutenir davantage l'effort envers les emprunteurs plus fragiles, comme l'écrit Les Echos. En clair, il s'agit d'accorder des prêts à des populations peu ou pas solvables. Cela afin de soutenir la croissance. Ce sont ces crédits, appelés crédits subprime, qui ont provoqué la crise (voir sur ce sujet les articles La politique de la bulle, Le procès de la crise,Les véritables objectifs de la réglementation financière).

 

Cependant, Obama veut supprimer les agences, mais continuer à encourager le crédit, ce qui n'est pas logique. C'est supprimer un moyen pour le remplacer par un autre, pas de supprimer le principe de favoriser le crédit. Selon Les Echos, l'idée de l'administration US est de faire assumer les risques par le privé. Mais, dans le même temps, il propose que l'Etat ait un rôle de réassurance. Un rôle « limité » selon Les Echos. Mais la garantie de l'Etat a-t-elle jamais été limitée ? Les USA ont connu un précédent sauvetage bancaire, il n'y a pas si longtemps, celui des caisses d'épargne.A partir du moment où l'Etat garantit, le risque repose sur l'Etat.

 

En outre, faire peser le risque sur les banques privées supposerait également de retirer à la Fed, la banque centrale US, le rôle de prêteur en dernier ressort, qui garantit aux banques qu'elles disposeront toujours d'une sources de refinancement en cas de problème. Il n'y a pas de moyen terme en matière de risque : soit, le privé assume tout, soit les autorités publiques garantissent tout. A partir du moment où l'Etat entre en jeu, le mécanisme de responsabilisation des acteurs est faussé.

 

D'autant que l'administration US continue de vouloir stimuler l'économie par le crédit. Il y aura donc toujours des encouragements aux banques pour qu'elles prêtent sans être trop regardantes.

 

La suppression des agences Fannie Mae et Frddy Mac serait donc un geste historique, mais sans effet si la relance par le crédit est toujours à l'ordre du jour, à travers la Fed notamment, et de nouveaux canaux.

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Le procès de la crise

3 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

Le verdict est tombé : fabulous fab est reconnu coupable de fraude, ainsi que le Figaro.com l'annonce. Celui-ci est accusé d'avoir vendu des titre qu'ils savaient toxiques, comme on dit aujourd'hui. Son procès est présenté comme celui du secteur financier, considéré comme responsable de la crise actuelle.

 

Les comportements des banques, des traders, sont en effet présentés comme la cause de la crise. Pourtant, ces comportements ne sont que la conséquence de la réglementation. De même que la crise financière n'est pas une cause, mais également une conséquence de la crise, qui est en fait monétaire.

 

Le comportement des banques est en effet hyper-régulé. Elles doivent se conformer aux critères de Bâle. Ces critères doivent être utilisés pour déterminer si un titre, ou un crédit, sont risqués. Plus le risque, selon les critères de Bâle, est grand, plus la banque doit avoir de capitaux propres. Et plus elle doit avoir de capitaux propres, plus sa rentabilité baisse.

 

Ces critères sont appliqués pour mesurer le risque des crédits accordés par les banques, et pour mesurer le risque des émissions obligataires, comme les fameux titres subprime, appelés aujourd'hui toxiques. Pour les émissions obligataires, le risque est déterminé par les fameuses agences de notations. Le fait que ces agences soient payées par celui qui « fabrique » les obligations mises sur le marché a été critiqué. Mais c'est la réglementation qui l'impose.

 

De nombreux organismes se sont calés sur la réglementation de Bâle, et n'achètent que des titres notés AAA selon ces critères. Ce sont, par exemple, des fonds de pension. Nous sommes donc dans une situation où les mécanismes du marché sont annihilés. La décision d'acheter un titre dépend de son rendement, certes, mais aussi de sa notation, appréciée selon les critères de Bâle.

 

Par conséquent, le boulot d'un vendeur de titres, comme fabulous fab, c'est de confectionner des titres conformes aux critères imposés par la réglementation. Peu importe ce qu'il pense. S'il considère que d'autres titres, offrant les mêmes rendements, sont moins risqués que ceux jugés sans risque selon les critères de Bâle, il ne peut pas les vendre. Son acheteur lui rétorquera que la réglementation considère que ces titres sont risqués. Il peut proposer d'autres titres, conformes à la réglementation, mais qui seront refusés car ils offriront un rendement moindre que les subprime.

 

Dans cette situation, comment juger quelqu'un qui a vendu des titres considérés comme sans risque par la réglementation, mais risqués selon lui ? D'un point de vue moral, il y a une réponse. Mais d'un point de vue légal, sachant que seul ce point de vue importe selon la loi ? Ne faudrait-il pas plutôt juger ceux qui ont établi la réglementation ?

 

Il a été dit que l’ingénierie financière a évolué plus vite que la réglementation, et que c'était la cause de la crise. Ce qui est faux. D'abord, il ne faut pas prendre les régulateurs pour des idiots. Une visite sur le site de la Banque des Règlements Internationaux suffit à montrer l'étendue de la réglementation. La vérité est que les titres subprime étaient adossés à l'immobilier. Or, l'immobilier était considéré comme peu risqué par les critères de Bâle. Ce n'est donc pas un hasard si ce sont ces titres qui se sont développés, et non, par exemple, des titres liés au crédit automobile. C'est un effet de la réglementation.

 

Le comportement de la finance était donc conditionné par la réglementation, et par conséquent les acteurs du monde de la finance ne sont pas à blâmer, mais c'est la réglementation qui l'est. Cette réglementation financière pourrait être jugée comme cause de la crise, sauf que ce serait s'attaquer à une partie d'un tout. En effet, la crise n'est pas financière, elle est monétaire.

 

Il est frappant de constater qu'on nous assène que la finance est responsable de la crise, sans jamais nous décrire l'enchaînement d'événement qui explique cette causalité. La raison en est simple : la finance n'est pas responsable de la crise.

 

La crise provient de la relance par le crédit. La Fed a maintenu les taux d'intérêt bas très longtemps, ce qui a encouragé le crédit. Le gouvernement fédéral US a encouragé le crédit hypothécaire, à travers les agences Fanny Mae et Freddy Mac. Ces agences rachètent le crédit hypothécaire. Le gouvernement fédérale leur a permis de racheter des crédits peu solvables. Ce qui a encouragé le crédit hypothécaire.

 

Le crédit hypothécaire a provoqué un boom de l'immobilier, et de la construction. L'emploi dans la construction a augmenté. Ce qui a provoqué une hausse de la consommation, et donc de la croissance.

 

Aux USA, quand la valeur du bien immobilier augmente, on peut contracter un nouvel emprunt hypothécaire, garanti par l'augmentation de la valeur du bien. Ce qu'on a appelé l'effet richesse : l'augmentation de la valeur du patrimoine permet l'augmentation du crédit garanti par ce patrimoine, et permet la croissance économique. Dans la première décennie des année 2000,tout le monde louait cet effet richesse. Il était reproché à l'Europe de ne pas en profiter assez, du fait de sa législation.

 

L'effet richesse a joué à plein. Mais l'inverse également. Les prix de l'immobilier ont stagné, ce qui a interrompu la hausse de la consommation, puisqu'elle ne pouvait plus être soutenue par de nouveaux crédits. La construction a marqué le pas, également. Les prêts hypothécaires comportaient des clauses selon lesquelles les remboursements étaient faibles les premières années, puis augmentaient. Ce qui a entraîné des défauts de paiements. Enfin, la Fed, inquiète de la création monétaire qu'elle a provoquée, augmente les taux d'intérêt. Comme beaucoup de prêts hypothécaires sont à taux variables, cela rend encore plus difficiles les remboursements.

 

La crise provient donc de la politique monétaire des USA. La crise financière est une conséquence de la crise économique. Quand l'immobilier s'est effondré le fameux effet richesse s'est inversé. Et les crédits subprime n'étaient plus garantis par la valeur des maisons. Les titres adossés aux subprime, noté AAA, devenaient subitement risqués. Les banques qui avaient acheté ces titres, notés sans risque, se sont soudain retrouvées en difficultés.

 

Par conséquent, si procès il devait y avoir, ce serait celui des régulateurs, qui ont provoqué la crise. Ce serait celui de la relance, puisque que c'est pour relancer l'économie que le crédit a été encouragé.

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