Analyse Libérale

YOANI SANCHEZ VIENT D'OBTENIR UN PASSEPORT

31 Janvier 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Liens

Un petit mot pour signaler le blog de Yoani Sanchez, blogueuse cubaine qui retrace la vie dans cette île soumise à la république socialiste. Quelqu'un qui me rappelle ce temps où l'on envoyait des colis en Pologne, et où l'on n'osait trop en dire dans les lettres à destination du paradis socialiste, de l'autre côté du rideau de fer.

Yoani Sanchez vient d'obtenir un visa.

Vous pouvez découvrir ses articles également sur Contrepoints.

Bon courage à elle.

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Les véritables objectifs de la règlementation financière

30 Janvier 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Monnaie

 

      L'Assemblée Nationale va examiner un nouveau projet de loi de régulation des banques. Celui-ci concerne cette fois la séparation des activités considérées comme spéculatives. Ce qui nécessite déjà de déterminer ces activités spéculatives. Ce projet de loi cherche à tirer les conséquences de la crise financière. Il a été jugé que c'est la dérégulation des marchés financiers qui a provoqué la crise.

 

      Pourtant, il est difficile de parler de dérégulation quand il est question de finance. Il suffit d'aller jeter un coup d’œil sur le site de la Banque des Règlements Internationaux, à la section du Comité de Bâle. Ce comité existe depuis 1974, et ses règlements s'appliquent depuis 1988 aux banques et aux établissements financiers. Le nombre de publications témoigne de la multitude des règlements. Tout est envisagé dans les moindres détails. Dont la titrisation par exemple. Il suffit de faire une recherche, pour se faire une idée, du mot "titrisation" dans ce rapport sur la Convergence internationale de la mesure et des normes de fonds propres (juin 2004).

 

      Un rapport du Sénat montre que l'importance donnée aux agences de notation, tellement décriées, provient de la règlementation, que ce soit le Comité de Bâle ou les autorités régulant les marchés financiers. Ce rapport montre en fait que le fonctionnement de la finance est formaté par la réglementation.

 

      Le principe de la réglementation financière est de diriger la fonctionnement des établissements financiers, et des marchés. Le moyen est l'instauration de normes prudentielles, censées limiter les risques pris par les acteurs du secteur financier. C'est ainsi que la notation a été développée comme outil d'information sur les risques des placements obligataires, et de ceux pris par les banques. Si les banques investissent dans des titres considérés comme risqués, elle doivent augmenter leurs fonds propres, ce qui dégrade leur rentabilités. Le système a été très efficacement mis en place.

 

      Le problème posé par ce type de règlementation est évident : tous les acteurs agissent de la même manière. Par conséquent, en cas d'erreur de la règlementation, tout tombe comme des dominos. Le risque systémique est maximisé.

 

      Pourtant, il existe d'autres moyens d'éviter les surchauffes des marchés financiers, et de limiter l'impact des crises financières. Par exemple, le système de l'étalon or, qui a fonctionné de longues années. Le free banking, qui laisse chaque banque émettre sa monnaie, dans la même unité de compte, et laisse aussi chaque banque responsable de sa gestion, c'est-à-dire qu'elle fait faillite si sa gestion est mauvaise. Il y a le débat sur les réserves fractionnaires, qui n'est jamais abordé (voir à ce sujet la série d'articles de Contrepoints)

 

      Cependant, la priorité de la règlementation n'est pas vraiment la stabilité financière. Pour comprendre, un peu d'histoire s'impose. Jusqu'à la guerre de 1914-1918, l'étalon or régissait le système monétaire. Ce qui offrait une très grande stabilité monétaire. La guerre a été financée largement par l'inflation. L'étalon or était difficile à remettre en place. L'entre deux guerres a été une période perturbée pour les monnaies, l'étalon or n'ayant jamais été vraiment remis en place. La crise a amené l'abandon des tentatives de rétablissement de ce système.

 

      Les perturbations monétaires ayant grandement contribué à la crise des années trente, dès la fin de la seconde guerre mondiale, il a été décidé de rétablir la stabilité monétaire. Une sorte d'étalon or indirect a été mis en place. La valeur du dollar étaient fixée par rapport à l'or, tandis que celle des autres monnaies était fixée par rapport au dollar. Les règlements internationaux s'effectuaient en dollars. Chaque pays devait avoir suffisamment de dollars pour payer ses importations. Ce qui limitait la création monétaire. C'étaient les accords de Bretton Woods.

 

      Les USA pouvaient eux faire ce qu'ils voulaient. Ils ont usé de la planche à billet pour soutenir leur économie, et donc créé trop de dollar par rapport au stock d'or qu'ils possédaient. Normalement, le rapport entre le stock d'or et le montant total de dollars devait rester fixe. Ce qui a fait exploser le système issu de Bretton Woods, et a abouti aux changes flottants en 1973. Le Comité de Bâle fut créé en 1974 pour faire face à cette situation.

 

      Le système de Bretton Woods a donc explosé car les USA ont utilisé la création monétaire pour soutenir leur économie. C'est la caractéristique de l'après Bretton Woods : la monnaie est devenu le levier pour contrôler l'économie, notamment pour la relancer. C'est un curieux syncrétisme, un mélange de keynésianisme et de monétarisme. Le keynésianisme considère que la dépense relance l'économie, et le monétarisme qu'en cas de crise il faut créer de la monnaie (c'est un raccourci des plus sommaire, mais c'est ainsi que ces théories sont appliquées).

 

      La règlementation a peu à peu construit un système financier correspondant à cette politique monétaire. Il faut favoriser la création monétaire, c'est-à-dire le crédit. Sachant que l'argent se retrouve toujours dans le système financier. Il faut protéger les banques, considérées comme poumon de l'économie : elle ne doivent pas faire faillite.

 

      Il a donc été construit un système qui favorise la création monétaire, et donc le crédit, et donc les activités financières indispensables à la création monétaire. Et, pour éviter des faillites, des crises, des bulles financières, des surchauffes, la règlementation contrôle strictement le comportement des acteurs financiers.

 

      Le système favorise également la dépense publique. En effet, les Etats sont considérés comme des emprunteurs de bonne qualité. Les critères prudentiels des achats d'obligations peuvent être assouplis par chacun des Etats. En clair, pour une banque, acheter des obligations d'Etat est considéré a priori comme étant moins risqué que d'accorder un crédit à une entreprise, et donc nécessite moins de fonds propres. Toujours ce syncrétisme keynéso-monétariste.

 

     La crise a été provoquée par la création monétaire, justement. A la fois la politique monétaire accommodante de la Fed, qui a favorisé le crédit, et de la BCE, qui n'a jamais pris en considération l'augmentation vertigineuse de la masse monétaire dans sa politique (la masse monétaire mesure la création monétaire). C'est aussi le gouvernement américain qui a encouragé le crédit aux plus démunis, et notamment le crédit immobilier hypothécaire. Quand les ménages n'ont plus remboursé, la bulle immobilière, et de consommation à crédit, a éclaté, provoquant la crise.

 

      La leçon à tirer de cette crise serait de s'interroger sur la politique monétaire. En gros, est-il bon de baser la croissance sur la création monétaire, et donc le crédit? Alors même que l'Europe de l'après-guerre s'est développée dans un contexte plus restrictif sur le plan monétaire, alors même que la révolution industrielle s'est développée dans un contexte d'étalon or.

 

      Mais le débat n'a même pas lieu. Sauf chez les libéraux, en particulier ceux de l'école autrichienne. Le dogme est que la monnaie est le moteur de l'économie. Il n'est pas remis en cause. La problématique est de continuer à mener la même politique monétaire, tout en évitant les crises. On considère, en quelque sorte, que les marchés ont mal réagi à cette politique monétaire. Il faut donc encore plus contrôler les marchés, et leurs acteurs, notamment les banques, pour qu'ils réagissent conformément aux souhaits des autorités.

 

      Le débat sur la séparation des activités spéculatives de ce qui serait considéré comme le métier normal des banques illustre bien les objectifs de la réglementation. Elle s'attaque au coupable désigné : la spéculation. Sauf que la crise est venu du secteur des prêts immobiliers et des prêts à la consommation. Le cœur de métier des banques donc. La crise est venue de titres considérés comme non spéculatifs, car liés à l'immobilier.

 

     Le débat devrait porter sur la politique économique. Progressivement, l'économie occidentale est pilotée par la création monétaire. On pense pouvoir accélérer ou ralentir la croissance en agissant sur les taux d'intérêt et le crédit. Les autorités, gouvernants et technocrates, ont trouvé ce levier pour promettre la prospérité sans effort aux citoyen. Le dogme s'est imposé comme une évidence, oubliant des siècles d'étalon or. Les autorités ont trouvé un bouc émissaire, pour éviter d'affronter leurs responsabilités : les marchés financiers. La monnaie devrait être le débat aujourd'hui. De là découle le cadre réglementaire.

 

(Articles complémentaires : La politique économique avant et après la crise, et Éléments d'histoire contemporaine : sortir des poncifs.)

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L'union homosexuelle et l'adoption par des homosexuels dans un monde libéral

18 Janvier 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #A contrepied

 

     Le libéralisme est très mal connu en France, bien qu'il tire ses origines en partie de notre pays. Il est caricaturé en "ultralibéralisme", un terme qui ne signifie rien. Plus encore, il est réduit à une dimension économique. Alors qu'il englobe tout ce qui concerne l'organisation de la société.

 

     L'actualité fournit un sujet, un double sujet à vrai dire, sur lequel appliquer le libéralisme : l'union homosexuelle et la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples homosexuels. Comment ce genre de débat serait-il traité dans un monde libéral?

 

     Nous définirons, pour chaque thème, union homosexuelle et PMA, le cœur de la question, et la manière dont elle se réglerait dans un monde sans Etat. Ce qui est aussi appelé le libertarianisme, ou encore l'anarcho-capitalisme. Les anarcho-capitalistes préconisent un monde sans état, qui se conformerait au principe libéral : le liberté, et son corollaire, ne pas empiéter sur la liberté d'autrui, donc ne pas nuire à autrui.

 

    Au final, nous constaterons que cette approche amène à s'interroger sur le rôle et les prérogatives de l'Etat.

 

    Commençons donc par l'union homosexuelle. Il est réclamé du gouvernement un droit au mariage pour les couples homosexuels, revendication que le gouvernement socialiste a décidé de concrétiser. Pour aborder le sujet, il faut d'abord déterminer ce qu'est le mariage.

 

    Le mariage est un statut, accordé par la société, à un homme et une femme qui souhaitent procréer. D'accord, ce n'est pas très glamour. Mais c'est l'origine du mariage. Un statut institué depuis très longtemps, quand, apparemment, il fallait un statut pour toute situation sociale. Ainsi, avoir des relations sexuelles nécessitait d'être marié, ce qui garantissait aux enfants des droits, aux parents des obligations envers leurs enfants, mais aussi des obligations des enfants vis-à-vis de leurs parents.

 

    Le mariage a été institué par les autorités qui régissaient la vie sociale dans la société. Dans la plupart des contrées, le terme pays ne signifiant pas la nation comme aujourd'hui, c'était le pouvoir religieux. En Europe, par exemple, le pouvoir féodal protégeait ses sujets, tandis que la religion organisait la vie sociale, à travers le mariage notamment. Puis, l'Etat nation a pris le relai.

 

    Par conséquent, le mariage ne concerne pas les couples homosexuels, puisqu'ils ne peuvent pas procréer. Il s'agit dans ce cas de créer un nouveau statut, correspondant à une situation.

 

    Imaginons maintenant un monde anarcho-capitaliste. Un monde qui n'aurait même pas connu l'Etat, ni aucune sorte d'organisation contrainte par quelque pouvoir que ce soit, pas même religieux. Les religions peuvent exister, mais chacun choisit de s'y conformer ou non, aucune ne peut régir la vie de tous. Dans un tel contexte, le mariage n'existerait pas.

 

    Il pourrait y avoir des cérémonies privées, symboliques, pour ceux qui voudraient fêter une union. Il pourrait y avoir différentes dispositions, toujours d'ordre privées, pour assurer l'avenir des enfants, ou pour garantir un revenu à un conjoint. Des associations vantant la fidélité pourraient exister. Mais il n'y aurait pas de statut défini par la loi ou la religion, valable dans tout un pays, pour tous. Il n'y aurait pas de pays d'ailleurs.

 

    Toutes les dispositions seraient possibles. Garantir un revenu à un conjoint, à ses enfants, ou ne rien donner à ses enfants. Une norme sociale pourrait se dégager, ou pas. Ce serait vraiment la société, en tant qu'expression des différentes opinions, et surtout des différentes actions de chacun, qui forgerait d'éventuelles normes sociales.

 

    Certains libertariens parlent de privatisation du mariage. Mais ce ne serait pas une privatisation. Le mariage n'existerait pas, et les couples s'organiseraient en fonction de leurs préoccupations : un jour, un contrat pour hériter mutuellement l'un de l'autre, un jour un testament, un jour un legs aux enfants avec obligation de s'occuper des parents en fin de vie, etc.

 

    Même raisonnement pour l'adoption. C'est un droit à l'enfant qui est réclamé. Or, rien n'a jamais interdit à un couple homosexuel d'avoir un enfant. C'est juste une impossibilité naturelle. Un enfant pour un couple homosexuel est donc quelque chose d'artificiel. C'est là le cœur du sujet : l'artificialité en ce qui concerne l'enfant. Notons que c'est un peu la même chose quand une personne seule veut adopter un enfant. Le cœur du sujet, ce n'est pas l'homosexualité, mais le statut de l'enfant dans la société.

 

    Dans un monde sans Etat, comment un tel sujet serait-il traité? Cela est impossible à dire. Par exemple, y aurait-il des homosexuels désireux d'adopter des enfants? Peut-être, peut-être pas. Si des couples homosexuels avaient cette volonté que se passerait-il?

 

    Un principe du libéralisme est la responsabilité de chacun pour ses actes. Ce serait donc chacun qui aurait à se faire une opinion. Les homosexuels désireux d'avoir un enfant seraient confrontés à leur responsabilité, sans aucun Etat pour dire que ce qu'ils font est bien ou mal. De même, chacun pourrait porter un jugement, devrait décider s'il approuve ou si un enfant a besoin d'un papa et d'une maman, sans qu'un Etat n'impose une norme. Un monde sans Etat serait un monde de totale liberté d'expression. Le débat serait permanent, à de multiples niveaux: son entourage, sa ville, le lieu de loisir, etc. En l'absence d'une opinion décidée par un Etat central, qui serait enseignée, chacun serait dans l'obligation de se faire son propre jugement, réellement : pour, contre, indifférent. Influencé, ou pas, par son milieu, son éducation, etc.

 

    Dans un monde sans Etat, qui déciderait du sort des enfants? Sujet d'importance dans cette situation. Un orphelin serait sans doute recueilli par sa famille. C'est ce qui se passe le plus couramment. C'est donc la famille qui déciderait si des homosexuels pourraient s'occuper de l'orphelin. Il y aurait là encore une grande diversité d'opinions possibles. Une mère qui déciderait de faire adopter son enfant, car elle n'aurait pas les moyens de l'élever, pourrait stipuler si elle accepte qu'il soit adopté par des homosexuels ou non. De même, les associations qui recueilleraient les enfants, qui aideraient les familles, pourraient disposer de leurs propres critères. Certaines pourraient même se créer spécialement pour procurer des enfants aux homosexuels.

 

    De même, les médecins seraient libre d'accepter ou non de pratiquer la procréation médicalement assistée pour permettre à des homosexuels d'adopter un enfant. Des mères porteuses pourraient accepter ou refuser de porter un enfant pour un couple homosexuel.

 

    Ce qui caractériserait un monde sans Etat, c'est la diversité des situations possibles : des couples sans aucun lien juridique, ou liés par différents contrats entre eux et avec leurs enfants. Aucun homosexuel ne songeant à adopter, ou de multiples adoptions. Les gens pourraient se rassembler géographiquement en fonction de leurs opinions, de leurs comportements. Un monde sans Etat pourrait également évoluer facilement, en fonction du retour d'expérience de chacun.

 

    Nous avons donc, d'un côté, un Etat qui distribue ou refuse des droits. Est-ce que les couples homosexuels doivent avoir un statut, est-ce que les enfants ont droit à un papa et à une maman? Même s'il ne s'agit pas forcément de droits, c'est ce que réclament les groupes de pression. De l'autre, la possibilité laissée à la société de se construire, et d'évoluer. D'un côté, un pouvoir des groupes de pression, qui peuvent influencer l'Etat. De l'autre, le respect des opinions de chacun, et une société qui se construit et évolue en fonction des opinions et des actes de chacun.

 

    Une société libertarienne serait un monde évolutif, sans certitude, où chacun pourrait être obligé, à un moment, à faire un choix. Par exemple, pour un couple homosexuel qui aurait adopté un enfant, fréquenter des gens qui considèrent que ce n'est pas bon pour l'enfant. La liberté d'expression pourrait conforter certains dans leurs choix, ou au contraire en faire hésiter constamment d'autres.

 

    Un monde comme celui d'aujourd'hui avec des Etats tout puissants, qui décident de ce qui est bien ou mal, et une société libertarienne, sont tous deux des processus de construction de la société. Quel est le plus pertinent? D'un côté, l'Etat, qui décide de ce qui doit être. De l'autre, la société qui évolue et se construit en fonction des décisions de chacun.

 

    L'Etat, en démocratie, dit tirer sa légitimité du peuple. Cependant, est-ce que la majorité a forcément raison? Si un processus démocratique amène au pouvoir quelqu'un qui considère une partie de la population comme une sous-race à cause de ses origines ethniques, cette opinion est-elle bonne car issue d'un processus démocratique? L'argument de la démocratie ne résiste pas à l'histoire. La majorité n'a pas forcément raison. D'ailleurs, ce peut être la minorité la plus nombreuse qui impose une opinion, par exemple 40% de la population. D'autre part, tout dépend de la manière d'imposer une loi : référendum, vote du parlement, décret, la voie imposée par la constitution d'un pays peut influencer la décision. Ainsi, est-ce que le gouvernement aurait pris le risque d'un référendum si cela avait été obligatoire? Enfin, tout peut-il être décidé à la majorité, par le vote?

 

     La question que pose le thème de l'union homosexuelle, et celui de l'adoption et de la procréation médicalement assistée pour des couples homosexuels est celle du rôle de l'Etat. Sur de tels sujets, peut-il y avoir une vérité déterminée par sondage, vote du peuple, vote des représentants du peuple? La société doit-elle évoluer en fonction des majorités qui se font et se défont, des modes, des groupes de pression, car c'est ainsi que fonctionnent nos démocraties? Le mode d'organisation de la démocratie a aussi son importance, puisque la manière dont doivent être prise les décisions, referendum ou décret, influe sur la décision elle-même.

 

     Cet article avait ainsi pour but de montrer l'étendue des réflexions libérales. Et aussi, leur pertinence aujourd'hui. Dans un monde qui se veut l'expression du peuple, le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, comment doivent se prendre les décisions pour ce qui était régi par la morale? Comment doit évoluer la société? Par les décisions d'un gouvernement tout puissant, qui cherche à se faire réélire, par le vote, influencé par la communication? Ou autrement? Le libéralisme libère le champ de la réflexion.

 

(Cet article se veut une réflexion libre. Je ne prétends pas être une référence en matière d'anarcho-capitalisme. Ceci précisé au cas où j'offusquerais de véritables anarcho-capitalistes. Je me suis placé dans l'hypothèse d'un monde sans Etat, et j'imagine ce qui pourrait se produire, afin d'ouvrir le champs de la réflexion pour l'organisation de notre société. Telle est ma démarche.)

 

 

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Décès de James Buchanan, figure de l'école des choix publics

10 Janvier 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

Une grande figure de la science économique nous a quittés ce 9 janvier 2013, en la personne de James Buchanan, initiateur avec Gordon Tullock de l'école des choix publics, et prix Nobel d'économie en 1986. Aucun média français ne semble en avoir parlé jusqu'à présent, excepté le site Contrepoints. Ce qui montre le peu d'intérêt pour l'économie de nos médias. 

 

Voici une vidéo de l'Institut Coppet qui présente l'école des choix publics. Vous trouverez également sur le site de l'Institut Coppet le livre Les limites de la liberté  de James Buchanan.

 

 

 

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PSA Peugeot Citroën: une mutation industrielle

9 Janvier 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

     Le groupe PSA Peugeot Citroën a publié ce 9 janvier 2013 les chiffres de ses ventes mondiales en volume en 2012. Les ventes de véhicules montés ont diminué de 8,8%, à 2 820 000 unités, tandis qu'en incluant les éléments détachés les ventes diminuent de 16,5%, à 2 965 000 d'unités. Ce dernier chiffre est dû à l'arrêt des ventes d'éléments détachés en Iran. Le constructeur ne publie pas encore son chiffre d'affaires, ce qui limite un peu les enseignements à tirer de ces chiffres. En termes de chiffres d'affaires, les ventes à l'Iran ne représentaient pas une part si importante. Les chiffres publiés par PSA illustre à la fois la situation du groupe, et sa politique de développement.

 

     Les ventes de PSA baissent fortement car ses marchés sont en baisse. Le constructeur est en effet très présent en Europe du Sud, et en France, des marchés en forte baisse. Le communiqué de presse explique : «La part de marché du Groupe ressort à 12,7 % en Europe 30. Avec un poids des marchés équivalent à celui de 2011, la part de marché du Groupe serait de 13%. » Le marché européen (30 pays) étant en baisse de 8,6%.

 

      Parallèlement, les ventes augmentent en Russie et en Chine, avec 442 000 véhicules vendus dans ce dernier pays, alors que la part de marché de PSA n'y est que de 3,5%. La part des ventes hors d'Europe était de 29% en 2009. Elle est passée à 33% en 2011, et à 38% en 2012. L'objectif étant de 50% en 2015, un laps de temps relativement court. L'Amérique latine est aussi un objectif, avec le Brésil et l'Argentine, mais les ventes du groupe y ont baissé de 8,8%. PSA l'explique par son absence du segment le plus populaire au Brésil.

 

    Cette augmentation des ventes hors d'Europe est le fruit d'une politique volontariste d'investissements. Investissements dans des usines, avec le lancement d'un nouveau partenariat en Chine par exemple. Avec le lancement de la Peugeot 301 et de la Citroën C Elysée. La croissance du marché automobile est dans les pays émergents. D'autre part, le groupe doit assurer de gros volumes de ventes, pour amortir les coûts de recherches et de mise en œuvre de nouvelles technologies. Les réglementations en matière de pollution par exemple entraînent des surcoûts.

 

      La stratégie de PSA consiste aussi à monter en gamme. En effet, le secteur automobile européen connaît une bipolarisation, avec deux secteurs qui ont le vent en poupe : celui des voitures à prix serrés, symbolisé par Dacia, et dans une certaine mesure certains modèles de coréen, Chevrolet également. Et le premium, avec le haut de gamme, ou simplement les véhicule ayant une bonne réputation de qualité comme Volkswagen. PSA annonce ainsi que la part des véhicules "premium" représente 18% dfes ventes du groupe. Les véhicules premium sont représentés par la gamme Citroën DS, mais aussi les hybrides. Toutefois, l'impact et l'importance de cette montée en gamme se vérifieront surtout lors de la publication du chiffre d'affaires du groupe en 2012, ainsi que de ses marges par véhicule.

 

     Cette internationalisation à marche forcée, et cette montée en gamme, sont à l'origine des difficultés de trésorerie de PSA Peugeot Citroën. Cette stratégie requiert de lourds investissements, avant même de rapporter du chiffre d'affaires. Par conséquent, le groupe dépense plus qu'il ne gagne, et a dû s'assurer des réserves de cash, par une augmentation de capital notamment.

 

     La stratégie du groupe est illustrée également par le lancement d'un nouveau véhicule : le 2008. Ce véhicule illustre d'abord l'élargissement de la gamme de la marque Peugeot, et de tout le groupe. Celui-ci a multiplié les lancements ces dernières années de nouvelles catégories de véhicules :  les Citroën DS, le Peugeot 3008, le 5008, le 2008 aujourd'hui, le Citroën C4 Aircross. Le groupe n'a jamais eu une gamme aussi large.

 

     Le 2008 est à la fois une nouvelle catégorie de véhicule, et un exemple de la montée en gamme. C'est également un véhicule international, conçu en coopération par les bureaux d'étude français, chinois, et brésilien du groupe, et destiné à être produit dans ces trois pays.

 

      Le groupe PSA Peugeot Citroën est engagé dans une grande transformation. Pour rester indépendant, et français, il est obligé de se restructurer, pour faire face à la baisse des ventes en Europe, de se réinventer, pour s'adapter aux changements de goûts, et d'investir dans les pays émergents, pour avoir une taille critique. C'est un exemple de mutation industrielle qui se déroule sous nos yeux.

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