Analyse Libérale

L'Asie moteur du développement de la France et du Pas-de-Calais

19 Décembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

Un petit article du quotidien Les Echos du mardi 18 décembre 2012 montre  le fourvoiement à la fois du gouvernement et de la région Nord-Pas-de-Calais en matière de politique économique. Cet article indique que la société Häagen-Dazs va étendre son usine d'Arras, capital de l'Artois et qui est aussi ma ville natale. L'article ajoute une des motivations de la marque: "En Asie, le made in France est un point de communication", selon François-Xavier Brehon, directeur de l'usine. 

 

Ainsi, une usine du Pas-de-Calais, territoire industriel sinistré, se développe grâce à... l'Asie. Et, plus particulièrement, la Chine! Ce qui contredit la thèse des asiatiques fossoyeurs de l'économie française. Une marque étrangère se targuant du "made in France" pour vendre ses produits en Asie!

 

L'exemple d'Häagen-Dazs montre le potentiel économique de la France dans les pays émergents. La France a une réputation inestimable dans ce qu'on appelle l'art de vivre, et qui regroupe l'agroalimentaire, le tourisme, les arts de la table, la déco, l'artisanat même. Ce vaste secteur pourrait entraîner l'économie. Par exemple, j'ai pu constater que le tourisme permet le développement des agences web. Il n'y a pas que l'industrie lourde qui peut entraîner un pays.

 

Mais la France préfère dénigrer la mondialisation, accusant l'Asie d'être à l'origine de ses problèmes, et ne considérant comme secteur noble que l'industrie, refusant de voir le potentiel des services, pourtant point fort du pays, dont le tourisme. A la place, c'est l'industrie métallurgique qui fait les gros titres.

 

L'exemple d'Häagen-Dazs est aussi une leçon pour le Nord-Pas-de-Calais. L'Asie n'est pas responsable de la désindustrialisation. C'est parce que la région ne cherche pas à développer de nouveaux secteurs qu'elle ne sort pas de la crise. La mondialisation est une chance pour la région. Le tourisme, l'agriculture, ses 2000 ans d'histoire, sa tradition du commerce.   Ajoutons que la région pourrait être leader de l'internet, grâce à l'impulsion de son secteur de vente à distance. Une coopération avec les universités, les fonds d'investissement, une culture du capital risque, et un lobbying auprès du gouvernement, socialiste comme le pouvoir régional, pour alléger la fiscalité sur l'investissement et encourager le financement de start up ferait un bien fou à la région.

 

Au lieu de cela, c'est le gouffre des industries dites "écologiques" qui est soutenu. Ou l'économie dite "solidaire". Alors qu'il y a tant d'opportunités de croissance, et donc d'emplois, et donc de progrès social.

 

Le tourisme est aussi un axe de développement. Arras se développe d'ailleurs grâce au tourisme de mémoire, ses monuments historiques, son offre hôtelière, son parc d'exposition Artois Expo. Il faudrait que les entreprises de l'agroalimentaire en profitent pour proposer aux touristes plus de produits régionaux, et ensuite les vendre dans le monde entier, par internet (l'université d'Artois a un programme d'étude du chinois reconnu).

 

 

La région a choisi d'installer le Louvres à Lens, pour mettre en valeur la période minière. Espérons qu'Arras, ville d'histoire, à quelques minutes, en profite, car les synergies sont plus nombreuses en matière de tourisme. Ce qui serait bénéfique pour l'emploi dans la région.

 

La France est enfermée dans un schéma mercantiliste et rétrograde, de défense du protectionnisme et de l'industrie. Alors que la mondialisation est une chance pour l'emploi, et qu'il faut profiter des atouts de notre pays dans ce secteur considéré comme peu noble de l'art de vivre, ce qui profitera finalement aussi à l'industrie.

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Microéconomie et Macroéconomie

9 Décembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     Le terme microéconomie est utilisé pour désigner l'étude des agents économiques, comme le consommateur, l'entreprise, tandis que la macroéconomie désigne l'étude globale de l'économie, à travers des agrégats comme la consommation, la production, l'emploi. On considère que la microéconomie apporte des fondements à la macroéconomie, les deux champs d'études se complétant.

 

     Cependant, si la définition de la macroéconomie est acceptable, celle de la microéconomie ne l'est pas tout à fait. Le sens de ce terme est ambigu car il désigne deux choses différentes. A la fois le sens courant défini plus haut, et elle peut dans ce sens être englobé dans la macroéconomie. Mais c'est aussi un courant économique totalement différent de la macroéconomie. L'évolution du sens du terme traduit ainsi l'évolution dans la manière d'appréhender l'économie.

 

     Nous déterminerons ici les différences entre la microéconomie et la macroéconomie, et l'évolution de ce que recouvre la notion de microéconomie. Pour cela, nous présenterons d'abord la microéconomie, puis la macroéconomie, puis la microéconomie au sein de la macroéconomie.

 

     La microéconomie utilise les mathématiques pour décrire la théorie économique. C'est la première forme de mathématisation de l'économie. Les représentants de ce courznt sont, par exemple, Léon Walras, Alfred Marshall. Sa méthode consiste à partir du comportement de l'individu, mathématisé en un "homo œconomicus". La microéconomie considère que l'individu cherche à maximiser son utilité. Cette maximisation se fait sous contrainte. En effet, l'individu n'a pas des moyens illimités à sa disposition, doit prendre en considération son environnement et les autres individus. L'économie est ainsi l'interaction des actions des individus.

 

     La microéconomie, à l'origine, décrit donc le fonctionnement globale de l'économie en partant du comportement de l'individu. Et non simplement le comportement des entreprises et des ménages. Ainsi, l'équilibre général de Léon Walras est une mathématisation globale de l'économie.

 

     Cette mathématisation n'est pas descriptive, mais normative. Les mathématiques ne sont pas utilisés ici pour prédire un taux de croissance. Ils sont un outil pour expliquer, de manière abstraite, le fonctionnement de l'économie. Il est souvent reproché à la microéconomie cette conceptualisation d'un homo œconomicus, qui ne correspond pas à la réalité. C'est en fait le principe des mathématiques de travailler avec des abstractions. La microéconomie ne prétend pas que cet homo œconomicus soit réel. C'est un outil.

 

     En outre, la microéconomie d'origine s'inscrit dans la continuité des travaux économiques précédents. Elle fait partie du courant néoclassique, qui est lui même une évolution du courant classique, dans la lignée d'Adam Smith, David Ricardo. Les mathématiques sont utilisés pour mettre en équation une conceptualisation de l'économie issue d'une tradition littéraire.

 

     La macroéconomie a ensuite supplanté la microéconomie. La macroéconomie qui s'est développée était d'abord une mathématisation des théories keynésiennes. Keynes étant lui-même assez peu favorable à cette mathématisation. La macroéconomie modélise l'économie à partir d'agrégats globaux : dépenses publiques, épargne par exemple. Elle étudie comment l'action de l'Etat, par la dépense publique, par le contrôle des taux d'intérêt, par la redistribution, peut créer de la croissance et des emplois.

 

     La macroéconomie ne s'inscrit pas dans la tradition économique des classiques aux néoclassiques. Certes, Keynes considérait que le modèle microéconomique d'équilibre général était un cas particulier qui pouvait s'inscrire dans sa théorie. Cependant, la théorie keynésienne s'appuie pour cela sur une interprétation erronée de la loi de Say, qui la rend totalement différente de la tradition classique et néoclassique. En fait, le keynésianisme est basé sur la dépense. C'est une théorie de la circulation monétaire.

 

     La macroéconomie s'appuie cependant sue des fondements microéconomiques. Elle étudie le comportement des consommateurs, des entreprises, pour modéliser les effets de la dépense publique. C'est aussi une reprise par la macroéconomie des outils mathématiques développés par la microéconomie.

 

     Ce mélange d'outils de microéconomie et de macroéconomie keynésienne a reçu pour nom économie de la synthèse. Le plus souvent appelé synthèse néoclassique. Cependant, elle est largement keynésienne au départ, et je préfère donc le terme de synthèse keynésienne.

 

     Mais ce n'est pas la microéconomie d'origine dont il est ici question. En effet, celle-ci était une théorisation globale de l'économie, qui partait du comportement de l'individu. La microéconomie est réduite à des outils mathématiques de modélisation du comportement des individus et des entreprises.

 

     La macroéconomie est donc d'origine keynésienne. Cependant, une macroéconomie classique s'est ensuite développée. Avec par exemple Milton Friedman. Cette macroéconomie démontre que l'intervention de l'Etat ne permet pas de relancer l'économie. Cette macroéconomie classique reprend la méthode de la macroéconomie keynésienne. Le comportement des individus, des entreprises, est modélisé, pour ensuite étudier les effets des décisions du gouvernement, par la dépense publique par exemple. C'est une méthode qui se veut empirique. Des hypothèses microéconomiques sont définies à partir de l'observation des agents économiques, puis elles sont utilisées pour construire un modèle macroéconomique.

 

     La science économique rassemble ainsi la microéconomie et la macroéconomie. Certains économistes se focalisent sur l'étude d'un type d'agent, sur une hypothèse. Le champ d'étude peut être le marché du travail, l'hypothèse l'asymétrie de l'information. La méthode est de développer une hypothèse à partir de l'observation, et de construire une modélisation à partir de l'hypothèse, tout en la confrontant à la réalité.

 

     Le sens du terme "microéconomie" a donc évolué. Il est trompeur. A chaque fois qu'il est employé, il faut faire attention à ce qu'il désigne réellement. Cette évolution illustre aussi la manière d'appréhender l'économie, d'une conceptualisation théorique vers une méthode qui se veut plus empirique. La macroéconomie, et ses fondements microéconomique, est dominante. Même si d'autres branches existent encore, à travers notamment l'école autrichienne.

 

 

 

 

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Polémique sur Amazon

6 Décembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

     La société Amazon cristallise nombre de critiques aujourd'hui de la part de ses concurrents français, et de politiciens. Ces critiques mettent en fait en exergue les impasses, incohérences et partis pris idéologiques de la politique et des discours économiques en France.

 

     D'abord, Amazon est critiquée car elle s'installe dans des pays à fiscalité réduite. La France veut taxer la société. Il ne nous viendrait pas à l'idée, à nous français, de diminuer la pression fiscale et sociale sur les entreprises pour favoriser leur développement, et donc l'emploi, et donc, au final, les prélèvements fiscaux et sociaux. Les entreprises sont considérées comme des vaches à lait, qui ont le devoir de financer l'Etat et le système social. Nous ne pensons pas qu'au final, c'est nous qui payons, de deux manières. D'une part, le poids des prélèvements et des réglementations dissuadent des entreprises d'investir, de se développer, de créer des emplois. D'autre part, c'est au final nous qui payons. Les prélèvements sociaux ont pour base les revenus, même quand ils sont demandés aux entreprises, puisque la base en est le revenu, donc le salaire.

 

     Amazon est également critiquée en raison des subventions que cette société reçoit pour la construction de nouveaux entrepôts en France et les créations d'emplois associées. C'est là le serpent qui se mord la queue. Pour se développer, les entreprises ont besoin d'un environnement favorable. La France a choisi d'avoir des prélèvements élevé sur les entreprises, ainsi qu'un cadre réglementaire contraignant. Mais elle offre aussi différentes exonérations fiscales ainsi que des subventions, aux entreprises qui se développent. Par conséquent, une entreprise installée dans un pays à la législation et à la réglementation plus favorables à son développement pourra plus facilement bénéficier des aides offertes par la France. Une politique plus intelligente serait de supprimer toutes les aides et subventions, et d'alléger en contrepartie la pression réglementaire, fiscale et sociale. Les entreprises françaises pourraient se développer, et les entreprises étrangères ne bénéficieraient plus d'avantages.

 

     Un autre point intéressant est celui des secteurs protégés. Dans le quotidien Les Echos du jeudi 6 décembre 2012, il est écrit :

 

« Le commerce n'est pas un secteur protégé de la mondialisation, explique le dirigeant d'un grand groupe. Contrairement à ce qui a été longtemps dit, il est délocalisable et cela va aller beaucoup plus vite que pour l'industrie, car en matière de distribution, les besoins en investissements sont moins lourds. »

 

     Les secteurs dits protégés peuvent être réglementés et taxés à tout va selon l'idéologie dominante. Cependant, existe-t-il réellement des secteurs protégés? Cet article des Echos montre l'exemple d'un secteur dit protégé qui ne l'est pas. Mais, même pour, par exemple, le secteur des services à la personnes, qui ne souffre d'aucune concurrence étrangère, le niveau des prélèvements n'influe-t-il pas sur le prix, et donc sur la pertinence économique? La notion de secteur protégé apparaît un peu absurde.

 

     Enfin, une des récriminations des entreprises françaises portent sur la TVA. Un règlement européen décrète que la TVA sur les ventes via un vecteur électronique à un particulier est celle du pays du vendeur, cela jusqu'en 2015. C'est pourquoi les vendeurs sur internet sont installés dans des pays à TVA plus faible qu'en France. Cette disposition est une anomalie. Si un un grand pays, avec beaucoup de consommateurs, comme la France, ne s'y est pas opposé, alors qu'il sait si bien défendre ses intérêt sur l'agriculture, la culture, les services, cela signifie qu'il ne croyait pas au développement des ventes via internet. Ce qui est en cause ici, c'est la capacité des dirigeants d'un pays à faire les bonnes prévisions, qui engagent des millions de gens. Est-ce réellement possible? Des humains peuvent-ils être infaillibles?

 

     La polémique sur Amazon est donc un concentré de toutes les erreurs, incohérences, et partis pris idéologiques de notre pays. Ce qui est reproché à Amazon, c'est de choisir des pays plus favorables au développement des entreprises, de bénéficier des aides de la France car la société crée des emplois, de mettre à mal la théorie des secteurs protégés, et de révéler au grand jour les erreurs de prévisions de nos élites. Un dossier accablant s'il en est.

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