Analyse Libérale

Montebourg, Mittal, et les start-ups françaises

30 Novembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

    Le gouvernement français est mobilisé, Montebourg en tête. L'objectif : le méchant Mittal. Comme il y a trente ou quarante ans, je ne sais plus, l'enjeu est le sauvetage de la sidérurgie française. Pendant ce temps, les start-ups françaises du web peinent à trouver un financement en France, comme l'écrit Benjamin Ferran dans Le Figaro : Pour les jeunes start-ups web, rester françaises est un défi.

 

     Mittal veut cesser la production dans une usine, mais refuse d'en céder une autre rentable. L'Etat veut donc nationaliser le tout. Pour en faire quoi? Le revendre? Dans le quotidien Les Echos, Alain Madelin se demande quel Tapie russe se cache derrière ce dossier. Selon lui, aucune entreprise sérieuse du secteur ne va vouloir racheter cet attelage bancal. Un profiteur risque donc d'en être le bénéficiaire. Les salariés, à qui on fait miroiter la lune, perdront plus au final.

 

     Benjamin Ferran explique lui que les start-ups web françaises doivent rechercher des financements à l'étranger. Ce qui présente un risque de délocalisation. Déjà que les clients peuvent être majoritairement à l'étranger, et la France ne pas être le marché principal. A une autre époque, Business Object avait lui aussi choisi le Nasdaq pour se faire coter, la bourse française ne connaissant pas suffisamment son secteur d'activité. Rien de nouveau sous le soleil donc.

 

     Les entrepreneurs cités par Benjamin Ferran n'ont pas suivi le mouvement des pigeons. Ils disent avoir d'autres préoccupations. Pourtant, leur problème de financement provient directement de la fiscalité française.

 

    En effet, celle-ci n'encourage pas l'investissement dans l'entrepreneuriat. Quelqu'un qui décide d'investir sa fortune dans la création d'entreprise paiera l'ISF, des impôts sur les plus values importants, alors même que son investissement est très risqué, et, surtout, potentiellement créateur d'emploi. A contrario, investir sans risque, dans l'assurance vie, ou le PEA, est plus intéressant fiscalement. Et ne parlons pas de la spéculation sur les œuvres d'art, exemptée, par exemple, d'ISF. Il y a bien des montages qui permettraient d'utiliser un PEA ou un autre véhicule intéressant fiscalement pour investir dans la création d'emplois. Mais, d'abord, cela manque de souplesse. Par exemple, si deux entreprises se créent avec la même idée, elles peuvent avoir intérêt à fusionner dès la première ou deuxième année. Ce qui est compliqué si on doit rechercher l'optimisation fiscale. D'autre part, un chef d'entreprise, ainsi qu'un investisseur, ne doivent pas être découragés par un environnement compliqué. C'est contre productif pour la création d'emploi.

 

     On rétorquera que la France a l'avantage du crédit impôt recherche, qui attire des entreprises, et qui est plébiscité par les entreprises de hautes technologies. Cependant, malgré ce crédit d'impôt qui date de 1983, qui a été étendu sous Sarkozy, l'investissement privé en recherche et développement reste faible en France en pourcentage du PIB, par rapport à l'Allemagne ou aux USA par exemple. Et si ce crédit d'impôt, et d'autres, était supprimé, si les niches fiscales de l'assurance vie, du PEA, et toutes les autres, étaient supprimées, et qu'en échange on baissait les taux de l'impôt sur les plus values et les dividendes, et celui de l'impôt sur les sociétés? Là, il y aurait une incitation à l'investissement créateur d'emplois.

 

     Mais ce n'est pas la direction prise par le gouvernement. Au contraire, il déploie de l'énergie, et beaucoup d'argent, pour la sidérurgie. Selon Alain Madelin, la nationalisation prévue des usines de Mittal représenterait 1 à 2 millions d'euros par emploi. Sans certitude qu'ils soient sauvés, soulignons le. On peut aussi remarquer que ce serait la deuxième fois que l'Etat dépense l'argent des français pour aider la sidérurgie, sans créer d'emplois.

 

     Ce contraste entre l'attention portée à la sidérurgie et le dédain envers les start-ups est significatif de la politique française. Nos gouvernants refuse l'évolution, la création de nouveaux emplois pour remplacer ceux qui disparaissent.

 

     Ce faisant, ils tournent le dos à la politique qui a permis les fameuses trente glorieuses. En ce temps là, le droit du travail était beaucoup plus succinct qu'aujourd'hui, et les licenciements bien plus faciles. L'Etat faisait des lois pour adapter la France au progrès. Les grandes surface étaient ainsi soutenues : les entreprises ne pouvaient pas empêcher les grandes surfaces de vendre leurs produits. C'était aller un peu loin, certes. Il y a eu aussi la montée de la dépense publique, mais elle était néanmoins inférieure d'un tiers à peu près à ce qu'elle est aujourd'hui. Et le budget était équilibré.

 

     Le défi de l'emploi, ce n'est pas le maintien des emplois existants, mais le remplacement des emplois. Le défi de l'emploi, c'est la création, et le développement d'entreprises. Ce qui implique de favoriser les investisseurs. De leur accorder de la souplesse. Un bon investisseur ce n'est pas forcément quelqu'un qui garde longtemps les actions d'une société. Pour favoriser le développement de l'emploi, il peut être amené, par exemple, à fusionner avec une autre entreprise au bout d'un ou deux ans. Ce qui rend handicapant les réglementations basées sur la durée de détention d'actions, comme vient d'en créer le gouvernement. D'autre part, des investisseurs peuvent être amenés à investir, par amitié, dans un faible pourcentage des actions d'une start-up. Pourquoi les punir en les assujettissant à l'ISF, alors que s'ils spéculaient sur les œuvres d'art ils ne paieraient pas d'ISF. Les exemples de ce genre abondent.

 

     Les nationalisations, l'étatisme, n'ont apporté que le chômage, les licenciements. En URSS par exemple, où l'économie s'est effondrée. Et en France même, le précédent sauvetage de la sidérurgie s'est fait dans la douleur. La réalité rattrape toujours l'étatisme, et les victimes sont les salariés. Le gouvernement ferait mieux de s'engager dans une politique de création d'emplois, en favorisant l'investissement individuel, en récompensant la prise de risque, et, s'il veut vraiment légiférer, en créant un marché boursier pour lever des fonds pour les start-ups. En France, il y a des milliards pour les vieilles industries destructrices d'emplois, mais rien pour la création et le développement de celles qui pourraient créer des emplois.

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Say oui to France

25 Novembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Le gouvernement français a lancé une campagne pour attirer les investissements étrangers. "Say oui to France". Dans le même temps, il décourage les investisseurs français. La démarche est cependant logique, dans le cadre de la pensée économique de ceux qui nous dirigent<;

 

     Le gouvernement ne s'adresse pas aux créateurs d'entreprise. Il ne s'adresse pas aux investisseurs. Il ne vise pas la transformation du tissu économique vers la nouvelle économie de l'internet. Il ne considère pas le renouvellement du tissu économique du pays.

 

     Le gouvernement s'adresse aux grosses entreprises, au big business, capable de profiter de toute la complexité d'une fiscalité. Il a créé un crédit d'impôt en faveur des grosses entreprises qui embauchent. Il maintient tous les avantages du crédit d'impôt recherche, alors même que, bien qu'il existe depuis 1983, l'investissement privé en matière de recherche reste faible en France en pourcentage du PIB.

 

     Par cette campagne en direction des investissements étrangers, le gouvernement reconnait que l'investissement est important. Mais il montre aussi qu'il n'a pas de considération pour l'entrepreneur individuel, pour ceux qui se regroupent pour créer une société. La relance de l'économie ne peut pas passer par l'esprit d'entreprise des français, par l'investissement des français dans des start up. Le moteur de l'économie, c'est le big business, à qui le tapis rouge est déroulé.

 

     Mais qu'en sera-t-il en terme d'emplois? Le big business peut optimiser sa fiscalité, en se faisant rembourser ses frais de recherches par les contribuables, ainsi que ses embauches. Mais ces dispositifs s'adressent à un nombre limité d'entreprises. Le gouvernement se prive de l'addition de tous les emplois que peuvent créer les PME, et les investisseurs individuels. Et surtout les investissements des français attachés à leur pays, mais qui doivent quand même assurer une certaine rentabilité.

 

     Mais les PME n'entrent pas dans le schéma du gouvernement, et encore moins les investisseurs individuels. Ce n'est pas le peuple qui investit, qui entreprend, qui crée des emplois qui compte. C'est le big business. Le gouvernement ne voit pas l'évolution de l'économie, ne raisonne pas en terme de renouvellement, en terme schumpétérien. Il considère qui faut attirer de grosses entreprises, industrielles de préférence, pour tirer la croissance. Une approche mercantiliste, en retard de plusieurs siècles.

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Infaillibilité du marché et régulation étatique

18 Novembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     L'Etat est présenté comme nécessaire pour tempérer les excès du marché. Ce dernier étant considéré comme étant "dérégulé". A contrario, l'expression "infaillibilité" des marchés est parfois employée par ceux qui s'opposent à la régulation par l'Etat.

 

     Le débat est cependant faussé par le vocabulaire. En effet, le marché ne prétend pas à l'infaillibilité. Il est juste un mode de régulation. D'autre part, l'opposition entre l'Etat et le marché n'est pas systématique. Le marché peut donner une place à l'Etat. En outre, l'action de l'Etat, en dehors du marché, n'est pas régulatrice, et appellerait à être régulée justement. L'absence de régulation de l'action de l'Etat pose par ailleurs la question des buts poursuivis par ce dernier.

 

     Le terme infaillibilité ne correspond pas au fonctionnement de l'économie de marché. Il suppose qu'est atteint un équilibre qui conviendrait à tous. Or, le marché est un processus. Il n'est jamais en équilibre. Il tend vers l'équilibre, mais ce dernier est continuellement perturbé par les actions de chacun.

 

     Le marché est le processus par lequel chacun est libre de proposer un produit ou un service à autrui, à un certain prix. Ensuite, le prix s'ajuste en fonction du succès du produit ou du service. Si un secteur d'activité a du succès, d'autres protagonistes entrent dans ce secteur. A contrario, si un secteur est en perte, les acteurs se retirent.

 

     Le marché est ainsi un processus de régulation, basé sur le responsabilité : chacun est responsable de ses pertes. Ce qui limite les excès. Chacun est prudent sachant qu'un échec entraîne des pertes.

 

     Le fonctionnement du marché nécessite des règles. Il est évident que le non respect de la propriété privée entraîne des déséquilibres. Le vol, la violence, la force, pourrait permettre à ceux qui utilisent ces moyens d'acquérir des richesses au détriment d'autrui. Il faut donc un mécanisme pour faire respecter les règles. C'est là que l'Etat peut agir, en tant qu'appareil de contrainte et de répression, pour reprendre l'expression de Ludwig von Mises. L'Etat détient le pouvoir de faire respecter des règles. C'est là son pouvoir de régulation, dans le libéralisme.

 

     Par conséquent, l'opposition entre Etat régulateur et marché n'a pas cours. Dans le cadre du processus de marché, l'Etat fait respecter les règles qui permettent la régulation. L'opposition existe dans le cadre des théories anarcho-capitalistes, ces dernières s'opposant à l'existence d'un Etat. Cependant, elles ne s'opposent pas à l'existence de règles ainsi que d'un appareil visant à les faire respecter, qui serait en l'occurrence privé.

 

     L'Etat peut donc être régulateur dans le cadre du marché, en faisant respecter les règles de fonctionnement du marché. Mais quand l'Etat intervient directement, pour, par exemple, soutenir un secteur économique, il n'est pas régulateur. Il est interventionniste. Et, en l'occurrence, son interventionnisme n'est pas régulé. Les excès de l'Etat ne sont pas stoppés.

 

     Ainsi, la crise actuelle a pour origine l'interventionnisme de l'Etat américain et de la Federal Reserve, la banque centrale des Etats Unis d'Amérique. Ces deux organismes ont encouragé le crédit. Le gouvernement US a encouragé le crédit hypothécaire, en faisant racheter des prêts accordés à des personnes peu solvables par deux organismes qu'il contrôle, Fanie Mae et Freddy Mac. Il a, de plus, promulgué une loi forçant les banques à prêter sans considération de solvabilité. La Fed, quant à elle, a maintenu les taux d'intérêt bas pour soutenir le crédit.

 

     Le résultat a été une croissance du secteur immobilier, qui a créé beaucoup d'emploi. L'emploi a entraîné à son tour la croissance, et a soutenu l'économie. Ce mouvement d'euphorie s'est cependant terminé par une crise.

 

     Cet enchaînement n'a été possible que grâce au pouvoir sans limite, non régulé, de l'Etat. Aucun garde fou n'existe actuellement à l'action de l'Etat.

 

     Se pose également la question des buts de l'Etat. Ceux qui soutiennent que l'Etat doit réguler les hypothétiques excès du marché ont une vision très idéaliste de l'Etat : celui-ci suivrait l'intérêt général. Les libéraux ont une vision plus réaliste de l'être humain. Celui-ci poursuit son propre intérêt, ce qui vaut également pour les politiciens qui nous gouvernent. Ce qui a été développé par l'école des choix publics.

 

     L'action de l'Etat vise donc les objectifs des politiciens qui nous gouvernent : leur réélection, leur clientélisme, une croissance à très court terme. Rien qui concerne l'intérêt général.

 

     En conclusion, la régulation est une notion intégrée au fonctionnement du marché, et qui n'exclut par forcément l'Etat, mais dans le cadre du marché. Il n'y a donc pas d'opposition marché-régulation, ni forcément marché-Etat (Excepté dans le cas des anarcho-capitaliste)). Par contre, quand l'Etat intervient directement dans l'économie, se pose la question de la régulation de son action, et de ses objectifs.

 

 

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La croissance au troisième trimestre 2012

17 Novembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Humeur

 

    Les chiffres de la croissance française et de la zone euro au troisième trimestre sont tombés. Croissance phénoménale de 0,2% pour la France, chute de 0,1% pour la zone euro.

 

    Bon, soyons sérieux quelques secondes. Compte tenu de la complexité à calculer la production d'une économie moderne, ces chiffres montrent une stagnation du PIB, de la France, comme de la zone euro. Sachant que ces chiffres seront révisés au fil du temps. Pas de quoi s'enflammer.

 

     Pourtant, c'est sur la base de ces petits chiffres qu'est décrété si un pays est en récession ou non. On voit le ridicule, à force de scruter la moindre once de croissance.

 

    D'ailleurs, pourquoi vouloir la croissance à tout prix? D'abord, l'économie, si elle a suivi une mauvaise voie, peut avoir besoin de se restructurer. C'est-à-dire que les activités non viables disparaissent, pour être remplacées par des activités viables. La crise actuelle provient du crédit facile organisé par la Fed et le gouvernement américain, ce qui a entraîné des "malinvestissements", selon la théorie d'Hayek. Il faut donc en quelque sorte purger l'économie pour qu'elle se relance sur des bases saines. Vouloir "forcer" la croissance par la dépense publique entraînera des lendemains encore plus difficiles.

 

     Les thuriféraires de la croissance à tout prix arguent que la croissance, c'est l'emploi. Oui, mais, la croissance à tout prix mène à l'aggravation de la crise, et donc à un accroissement de la détresse sociale. Or, ne vaut-il pas mieux une petite récession, qu'une économie moderne peut rendre supportable à tous, à condition de ne pas gaspiller la dépense publique, qu'une grande récession, où la souffrance sociale est plus grande?

 

     Mais telle n'est pas la vision de la théorie dominante, keynésienne, et de nos politiciens, qui préfèrent le très court terme, qui prolonge en fait la souffrance sociale, plutôt que l'effort, bref, qui permet de relancer l'économie, l'emploi, le revenu, et le progrès social.

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Pour une journée européenne de la chute du mur de Berlin

9 Novembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

     Le 9 novembre 1989 tombait le mur de Berlin. Aujourd'hui, il y a des journées en l'honneur de beaucoup de choses. Mais je n'ai pas entendu parler d'une journée de commémoration de la chute du mur de Berlin. Pourtant, voilà qui pourrait être le jour de la fête de l'Europe. En effet, cette chute du mur de Berlin a beaucoup de signification.

 

     C'est d'abord la véritable fin de la deuxième guerre mondiale. Celle-ci avait commencé par l'attaque de l'alliance des nazis et des communistes contre la Pologne. En 1945, l'Europe de l'Ouest était libérée, grâce à l'aide des Etats-Unis d'Amérique, mais l'Europe de l'Est subissait le joug communiste, qui engageait alors la guerre froide par la menace qu'il faisait peser sur le monde libre.

 

     Ensuite, cette date doit nous rappeler une partie des causes de la seconde guerre mondiale, causes dont l'Europe a pris le contrepied pour se construire. En 1929 s'est déclenchée une crise économique aux USA, provoquée par la politique de crédit facile de la banque centrale US. Le président des Etats-Unis d'Amérique Edgar Hoover a aggravé cette crise, notamment par des mesures protectionnistes. ( Voir à ce sujet La grande dépression démystifiée, La vérité sur la grande dépression et le New Deal, et Les vérités sur la crise de 1929 ) Or, nous connaissons aujourd'hui une crise provoquée à nouveau par la politique de crédit aux USA. Et les politiciens commencent à accuser la concurrence déloyale de l'étranger comme cause de la crise, tout en appelant au protectionnisme. Un devoir de mémoire apparaît indispensable en l'occurrence.

 

     D'autre part, la chute du mur de Berlin n'a pas été provoquée par l'extérieur, de même que la chute des pays communistes. Ce sont les citoyens des pays communistes qui ont fait tomber le communisme. Pour une raison très terre à terre: le communisme ne procurait pas de bonnes conditions de vie. Le bien-être est mieux assuré par une économie libérale que par une économie communiste. Le communisme se caractérise par deux classes sociales. La classe des nantis, les gouvernants apparatchiks, qui ont tout. Et le peuple, qui survit. L'économie de marché est critiquée pour ses inégalités, mais le plus pauvre a plus de bien être que le citoyen moyen d'un pays communiste. La répartition des richesses est plus équitables que dans le communisme, ou le socialisme. La chute du mur est le symbole de l'échec social du dirigisme, et de la victoire, sur le plan des conditions sociales de vie, de l'économie de marché.

 

     La chute du mur de Berlin, c'est aussi, bien sûr, une grande victoire de la liberté sur ce totalitarisme qu'est le communisme.

 

     Enfin, le 9 novembre rappelle la raison première de la création de l'Union Européenne. Ce n'est pas l'économie. C'est la paix.

 

     Le 9 novembre pourrait donc être une journée européenne de la paix, de la lutte contre le communisme, le nazisme, et tous les totalitarismes, ainsi qu'un rappel des catastrophes que peuvent provoquer le protectionnisme et l'interventionnisme en matière économique et sociale.

 

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Rapport Gallois : les poncifs habituels sur la politique industrielle

5 Novembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

     Le tant attendu rapport de Louis Gallois sur la compétitivité vient d'être publié. Les médias font leur une sur la seule proposition dérangeante : la diminution de la dépense publique. Et encore, ce point apparaît au milieu d'une proposition de diminuer les charges sociales, qui se traduira également par un simple report des prélèvements vers d'autres personnes. La vérité est que ce rapport est extrêmement décevant, convenu, passéiste. Le mot qui vient à l'esprit, peut-être est-il un peu fort, est la sclérose. Une véritable sclérose en matière de politique économique dans le pays.

 

     Il y aurait beaucoup à écrire. Le rapport est basé essentiellement sur l'interventionnisme, accuse la concurrence internationale, la politique monétaire, bref, les poncifs habituels. Rien de nouveau. Mais c'est dès le titre que ce rapport est si décevant, et l'orientation définie par ce titre ne peut que le mener vers les mauvaises conclusions habituelles. Ce rapport s'intitule : « Pacte pour la compétitivité de l'industrie française».

 

     Tout est dit dans le titre. Ce n'est pas un pacte pour la compétitivité de l'économie française. Non, seule l'industrie est digne d'intérêt. La France a les yeux rivés sur l'Allemagne voisine, et ne voit que la réussite de son industrie. Et oublie totalement la plus grande puissance mondiale, qui écrase le monde de son hégémonie : les USA. Quelle est la part de l'industrie dans le PIB US? Selon le Bureau of Economic Analysis, du département du commerce des USA, cette part s'élevait à 12,2%, hors construction, en 2011. Comme en France, donc, puisque, selon le rapport de Louis Gallois, la part de ce secteur s'élevait à un peu moins de 12,5% dans notre pays en 2011.

 

     Les USA sont en crise à cause de leur politique monétaire, de la politique du crédit facile. Mais ils restent le moteur de l'innovation en économie.

 

     Il est convenu de dire que c'est l'industrie qui mène l'économie. Pourtant, c'est plutôt l'inverse qui est observé. Ainsi, l'industrie a besoin des services pour proposer de nouveaux produits, et donc perdurer. Ce sont des services de recherche, des logiciels, des études. Aujourd'hui les jouets Lego intègrent de l'électronique. Il y a donc un logiciel à l'intérieur. Il a fallu utiliser un logiciel pour les concevoir. Les moteurs automobiles intègrent de plus en plus d'électronique. C'est une entreprise de l'immatériel, Google, qui a conçu la voiture sans conducteur autorisée à circuler en Californie. Les voitures sont conçues grâce à des logiciels, qui réduisent le coût de conception. Les avions, merveilles industrielles, dépendent complètement des logiciels pour leur pilotage de nos jours. Un Rafale est trop instable pour voler sans ses programmes informatiques. Sans ces logiciels, qui sont inclus dans les statistiques de services, d'immatériel, l'industrie ne serait pas aussi dynamique.

 

     Prenons également un exemple de la nouvelle économie, la société de vente sur internet Amazon. Amazon, ce sont des investissements dans des entrepôts, de la logistique. Elle achète des services de transport. Elle gère des serveurs informatiques, qui génèrent des besoins en construction, en maintenance. Amazon est un moteur pour l'économie. De même, les mobiles d'Apple, comme le système d'exploitation Androïd de Google, entraînent la création de nouvelles sociétés, de nouvelles activités. Youtube de Google permet à des particuliers, à des entreprises, de diffuser des films, des sketchs, et de gagner de l'argent ainsi. Ce qui entraîne des besoin en énergie, des besoins en serveur, des besoins en technologie, en constructions. De la croissance. C'est la nouvelle économie qui tire la croissance, pas l'industrie.

 

     L'économie peut se développer de différentes manières. Si l'Etat veut vraiment intervenir, autant développer les atouts du pays. Par exemple, le tourisme et l'art de vivre pour la France. Notre pays a une richesse incroyable en ce domaine, et reconnue dans le monde entier. Les esprits chagrin se moqueront. Mais une des grosses multinationales américaines ne s'appelle-t-elle pas The Walt Disney Company, qui gère des parcs d'attractions, des hôtel? Qu'est-ce-qui qui fait la richesse de Las Vegas?

 

     La France a une entreprise comme Louis Vuitton, qui n'a rien d'une entreprise artisanale. Elle a sa richesse gastronomique, ses spécialités qui peuvent se vendre dans le monde entier. Il y a du potentiel. Et, surtout, le potentiel de soutenir l'économie. Et, même, de soutenir les nouvelles technologies!

 

     Ainsi, une recherche sur les agences web montre qu'il y en a un certain nombre plus ou moins spécialisées dans le secteur du tourisme. Ce qui fort logique, car les ventes se font sur internet. Cela signifie des sites vitrines, des systèmes de réservation, de paiement.

 

     Last but not least, que fait Citroën pour développer une image de constructeur haut de gamme en Chine, pour sa gamme DS? Il prend un concept car, Numéro 9, et le photographie dans les lieux typiques Paris, capitale du luxe et de l'art de vivre pour les chinois. Le tourisme au secours de l'automobile. Les USA ont une image puissante, qui sert leur économie. La France dispose de tels atouts.

 

     Le rapport de Louis Gallois ignore totalement tout cela. Ce rapport est tourné vers le passé. Il refuse l'avenir. Il refuse l'innovation, l'évolution. Il ressasse les opinions d'énarques, d'X-Mines, qui ne connaissent rien à l'économie.

 

     Le problème de la France, c'est qu'on considère que c'est la politique industrielle qui a permis le rattrapage économique du pays dans les années 50-60. Alors que c'est le déferlement de produits nouveaux, de magasins nouveau, de nouveaux modes de vie, qui en sont à l'origine. La France s'est ouverte à la nouveauté. Elle a connu une accélération du changement. Elle a adapté sa législation, ses règlements, à la nouvelle économie de l'époque. Elle avait une attitude plus pragmatique.

 

    Aujourd'hui, elle fait l'inverse. Elle se replie sur elle-même, sur ses dogmes, sur son idéologie. Elle veut faire entrer la nouvelle économie dans son cadre de pensée, au lieu de surfer sur la vague du changement, du progrès.

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Revue du web : l'actualité de PSA Peugeot Citroën

4 Novembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

      PSA Peugeot Citroën est toujours sous les feux de l'actualité. Sa banque PSA Finance fait l'objet d'un accord avec le gouvernement, qui lui procure sa garantie, sous conditions (voir le détail sur Le portail de l'économie et des finances, et le communiqué de PSA sur la santé de sa banque ).

 

      Peugeot a d'autre part commencé à préciser les projets de l'alliance conclue avec General Motors ( le communiqué de PSA ).

 

      Par ailleurs, les chiffres d'immatriculations de véhicules en octobre ont été diffusés par le CCFA. A noter qu'il s'agit des immatriculations, et non des ventes. Les marques de PSA baissent moins que le marché. Le détail pour la période de janvier à octobre montre les points forts de PSA, bouffée d'optimisme au milieu d'une actualité sombre, qu'il est bon de souligner.

 

      Ces point forts, ce sont des modèles de catégories supérieurs qui se vendent bien. Peugeot a ainsi réussi le pari du 3008, crossover le plus vendu en France, en huitième position des ventes. La DS 3 se porte bien, se plaçant en dix-huitième position, devant la mini qui est vingt-troisième. Et, surtout, la DS 5 est juste devant la BMW série 3. Les ventes ne sont pas très élevées, à 9 019 exemplaires. Mais c'est la première fois que le haut de gamme français dépasse ainsi le haut de gamme allemand. Enfin, PSA est largement en tête de la gamme des moyennes supérieures, avec la 508 en dix-septième position, et la C 5 en vingt-sixième position, toutes deux devant la Renault Laguna. (Tous les chiffres sont disponibles sur le site du CCFA ).

 

Ce petit article a aussi pour but de montrer d'où viennent les informations disponibles dans la presse. Tout provient des sites institutionnels, des marques, du Comité des Constructeurs Français d'Automobiles, et du gouvernement. Sachant que les journalistes peuvent être prévenus par mail des communiqués de presse.

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Comment émerge une nouvelle industrie, par Frédéric Montagnon

3 Novembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

Un superbe article de l'entrepreneur Frédéric Montagnon sur l'émergence d'une nouvelle industrie, et donc d'emplois. Il s'appuie sur un exemple historique. A lire absolument.

 

Comment une industrie emerge, ou pas? Petite histoire à destination de notre gouvernement.

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Immatriculations automobiles en France en octobre 2012

2 Novembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

     Les chiffres des immatriculations des véhicules automobiles viennent d'être publiés par le CCFA, Comité des Constructeurs Français d'Automobiles. Vous pouvez les consulter sur le net, et constater que les médias ne font, en la matière, que reprendre le communiqué du CCFA. Allez-y, rien que pour voir les chiffres bruts.

 

     Certes, les médias y ajoutent quelques commentaires. On peut lire, dans Les Echos par exemple, que le constructeur coréen Hyundai-Kia réalise de bons résultats, avec une progression de 20,8% de ses vantes.

 

     Rétablissons quelques vérités, n'en déplaise à notre ministre en marinière. Selon les chiffres du CCFA, les ventes de Hyundai-Kia, avec donc deux marques, pour les véhicules particuliers et véhicules utilitaires légers, s'élèvent à 4 950 unités au mois d'octobre 2012. La progression de 21,2% correspond à moins de 900 véhicules. Par comparaison, la seule marque Peugeot a immatriculé 32 185 véhicules. En baisse de 6,4%, inférieure à la baisse de 8% du marché, ce qui signifie que la marque Peugeot gagne des parts de marché.

 

     Nous sommes donc loin du péril coréen, dont une partie des voitures sont de toutes façons fabriquées en Europe, contrairement aux Renault Koleos et Latitude, de la SA Renault, dans laquelle l'Etat français dispose d'une participation importante, et qui sont fabriquées... en Corée du Sud.

 

     Le péril coréen est inexistant. Renault important lui-même que très peu de véhicules depuis la Corée. Les problèmes de l'industrie automobile ne viennent pas de l'étranger. Mais de la France.

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L'ouragan Sandy : de l'effet bénéfique des catastrophes et des guerres

2 Novembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     Les catastrophes stimulent-elles l'économie? C'est un lieu commun de dire que les destructions stimulent l'économie, et qu'ainsi, les guerres et les catastrophes naturelles, comme l'ouragan Sandy, ont des effets bénéfiques. Cependant, un peu de bon sens suffit à rétablir la réalité.

 

     Constatons d'abord que, si on parle de stimulus pour l'économie américaine, après le passage de l'ouragan Sandy, il n'en est pas question pour Cuba. De même, une catastrophe en Haïti n'entraîne pas une vague d'optimisme pour l'économie de ce pays. Ce qui signifie que, même pour les adeptes des catastrophes, l'effet bénéfique n'est pas automatique. Il y a d'autres facteurs qui favorisent la prospérité d'un pays.

 

     L'exemple souvent mis en avant pour prouver l'effet bénéfique des guerres et des catastrophes naturelles est celui de la prospérité après la deuxième guerre mondiale. Cette prospérité aurait été due aux destructions, qui ont engendré la reconstruction.

 

     Cependant, une question se pose : pourquoi la France, si meurtrie par la première guerre mondiale, n'a-t-elle pas connu une longue période de prospérité après le traité de paix? Dix ans après, elle était en crise. L'entre-deux guerres n'est pas réputé pour la prospérité économique. Et, 20 ans après le traité de paix, une nouvelle guerre commence.

 

    D'autre part, il s'agit là d'une présentation bien idyllique de l'après deuxième guerre mondiale. Les pays ont connu encore un certain temps les tickets de rationnement. Les conditions de travail des années 50 n'étaient pas terribles. Tout une partie de la population vivait d'expédients. Des bidonvilles se développaient en périphérie de Paris.

 

       En outre, qu'est-ce qui a réellement provoqué la prospérité? L'après guerre a été marquée politiquement par deux mesures qui ont pris le contrepied total de la politique des années trente. D'abord, les accords de Bretton Woods, qui ont mis fin aux dévaluations compétitives des années trente. Ensuite, les accords du GATT, qui ont mis fin au protectionnisme à tout va. L'après guerre, en Europe, a été également marquée par une découverte : l'american way of life. Les GI's US ont popularisé le coca cola et le chewing gum, et un autre style de vie. La France, et l'Europe, s'est ouverte aux USA, et de nouveaux styles de vie, et de nouveaux produits se sont développés. Un processus shumpétérien s'est enclenché. Ce ne sont pas les destructions qui ont provoqué la croissance, mais la mise à niveau de l'Europe, le rattrapage, l'innovation, l'ouverture aux capitaux étrangers, et la modernisation de la législation. Par exemple, le bénéfice mondiale consolidé est inventé en France. Il permet aux entreprises françaises multinationales de déduire leurs pertes à l'étranger de leurs impôts français, afin de faciliter leur développement. Aujourd'hui, cette mesure est abrogée, symbole du passage à une autre époque. ( Cf aussi Crise : ce qu'on nous dit et ce qu'on ne nous dit pas )

 

     D'autre part, la théorie des bienfaits des catastrophes et des guerres se base sur une comptabilité bien particulière. En effet, imaginons une entreprise qui subit une catastrophe naturelle. Elle perd ses bâtiments, qu'elle est obligée de reconstruire. Elle est obligée de constater une perte. Son chiffre d'affaires diminue. Imaginons qu'une fois les bâtiments reconstruits, l'entreprise connaît une explosion des ventes, car elle dispose d'un avantage technique qui fait qu'elle est la seule à vendre un certain type de produit. Ce boom des ventes n'est qu'un rattrapage. Et il ne compensera pas forcément les pertes dues à la catastrophe.

 

     Mais la comptabilité nationale ne comptabilise pas les pertes d'immobilisations, de capital fixe pour reprendre les termes de sa terminologie. Par conséquent, la croissance engendrée par des pertes est comptabilisée comme une croissance nette, alors qu'il faudrait déduire les pertes préalables. Ce n’est pas neutre d'un point de vue comptable, mais surtout d'un point de vue humain. Les destructions causées par une guerre, une catastrophe, diminue le bien-être humain. C'est, par exemple, la perte ou la détérioration d'un logement. La théorie des effets bénéfiques ne comptabilise que la reconstruction, pas la diminution de bien-être. Au final, le bien-être ne fait que revenir à la situation antérieure. Peut-on réellement parler de croissance?

 

     D'ailleurs, il faut aussi signaler les commerces, les entreprises détruites par un ouragan tel que Sandy. Ou simplement les perturbations dans les ventes. Une vente qui ne se fait pas peut entraîner la destruction d'un stock alimentaire, pour cause de péremption, et ainsi une perte ou un retard de trésorerie. Ce qui signifie des difficultés pour les entreprises, éventuellement des pertes, des licenciements.

 

     Un autre point n'est pas évoqué, concernant la reconstruction : son financement. Comme l'indique Mark Thornton dans un article sur le site du Ludwig von Mises Institute, l'argent provient des assurances. C'est-à-dire que c'est l'épargne et les placements qui permettent la reconstruction, et donc la croissance qui y est associée. Il ne s'agit donc que de moyens épargnés mis en œuvre en cas de besoin. Si les catastrophes se multipliaient, ces moyens disparaitraient. Et, surtout, c'est parce que les dépenses ont été antérieurement amputées que la reconstruction peut se faire. La croissance qui en découle provient donc, comme toute croissance, de l'épargne. Ce qui met à mal les théories keynésiennes. Celles-ci soutiennent à la fois que l'épargne est mauvaise pour la croissance, et que les catastrophes produisent de la croissance. Alors que c'est parce qu'il y a eu épargne qu'il y a reconstruction. Les faits peuvent être tournés dans tous les sens, la croissance générée par une destruction n'est que le rétablissement de la situation préalable à la catastrophe, et ce rétablissement est permis parce qu'il y a eu prévoyance, c'est-à-dire un choix pour l'épargne contre la consommation. C'est l'existence d'une réserve de secours qui permet la croissance. Réserve qui n'est pas inépuisable.

 

     Terminons cet exposé par le grand économiste français Frédéric Bastiat. Celui-ci est célèbre, entre autre, pour son sophisme de la vitre cassée. Alors que certains se réjouissent d'une vitre cassée, qui donnera du travail au vitrier, Bastiat souligne ce qu'on ne voit pas : l'argent aurait été dépensé à autre chose si la vitre n'avait pas été cassée. Par extension, on peut dire que les moyens dépensés pour réparer une catastrophe auraient pu être dépensés à autre chose. Ils auraient pu être investis, pour créer des emplois, pour améliorer le bien-être de la population.

 

     En conclusion, une catastrophe ne produit pas de croissance. A moins de faire abstraction des pertes, et de l'épargne préalables. Ceux qui professent les effets bénéfiques des catastrophes ont une vision singulièrement anti-humaniste et anti-sociale de la société, ignorant les pertes causées par les catastrophes. Ils ignorent également que c'est la prévoyance qui permet de se relever plus vite.

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