Analyse Libérale

revue du web: OGM et PME

30 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Un article de l'INRIA qui montre les insuffisances de l'étude à sensation sur les OGM. Cet article est compréhensible par des néophytes. En voici un extrait éloquent : " Le rôle de la statistique inférentielle consiste précisément à évaluer les incertitudes et les probabilités de se tromper en concluant à la présence ou à l’absence d’effets. Il est regrettable que les auteurs aient totalement négligé cet aspect de la statistique, tout en s’autorisant à des surinterprétations non justifiées de leurs résultats expérimentaux.
En suivant la démarche des auteurs (qui consiste à généraliser directement ce qui est observé sur un échantillon réduit à l’ensemble de la population), pourquoi ne pas repris la différence observé entre mâles nourris au NK603 33% et le groupe contrôle pour conclure qu’une forte dose de NK603 réduit le taux de mortalité chez les mâles ? (tout ceci est bien sûr ironique… personne n’oserait remettre en question le fait que cette différence n’est due qu’aux fluctuations d’échantillonnage… tout comme les autres différences observées…) "

Quelques commentaires statistiques...

 

Un article des blogs du Figaro qui souligne un des hadicaps des PME en France : on leur demande les mêmes choses quà de grosses entreprises.

Les PME ont-elles leur place en France?

 

Enfin, une tribune parue dans le magazine Challenges du 27 octobre, intitulée "En finir avec le chômage spectacle", que je n'ai pas retrouvée sur le net. L'auteur, Jean-Olivier Hairault, critique la politique qui consiste à vouloir sauver à tout prix l'emploi existant, sans se soucier de créer des conditions favorables à la création de nouveaux emplois. Une bonne tribune, ce qui est assez rare et mérite d'être signalé.

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Absence de fondement à la théorie keynésienne, comparaison avec les théories néoclassiques et autrichiennes.

29 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     En politique économique, le discours dominant appelle les Etats à s'endetter, au besoin avec le soutien des banques centrales. Le raisonnement est que la dépense publique crée la croissance et l'emploi, ce qui permet de rembourser la dette. Au contraire, les politiques d'assainissement sont condamnée, conspuées mêmes sous le qualificatif "d'austérité".


Le discours dominant suppose donc que l'endettement permet de réduire l'endettement. Cette affirmation a priori absurde signifie que l'endettement permet une augmentation de la dépense publique, que cette dépense publique relance l'économie, et génère des recettes pour l'Etat supérieures aux dettes contractées et aux intérêts correspondant. Ce qui, in fine, permet de rembourser les dettes.

 

     On pourrait penser que derrière cette idée de relance par la dépense publique il y a une solide argumentation. Or, il n'en est rien. L'idée est peu argumentée, et tient largement du postulat. On pourrait croire qu'il s'agit d'une intuition géniale, vérifiée par la pratique. Il n'en est rien non plus, les résultats des politiques keynésiennes n'étant pas probants.

 

     Une bonne méthode pour appréhender les manques de la théorie de la demande est de la comparer avec les bases communes des théories néoclassiques et autrichiennes.

 

I-Les insuffisances de la théorie de la demande


1) Le principe


     C'est John Maynard Keynes qui a théorisé les fondements de la théorie de la demande. Keynes considère qu'il y a de l'argent qui dort, qui n'est pas consommé, ni par la consommation des particuliers, ni par l'investissement des entreprises. Il faut donc que l'Etat le prélève et le dépense. De préférence en investissements publics (la relance par la consommation des particuliers viendra plus tard).

 

     La dépense provoque une augmentation de la demande de produits ou de services. Voyant cette augmentation, les entreprises deviennent optimistes et investissent à leur tour. Ce qui crée un cercle vertueux;

 

     2) Les questions sans réponses.


     Le ressort de la relance est donc l'optimisme. L'augmentation de la demande engendre l'optimisme, ce qui engendre l'investissement. L'argument paraît bien faible. Par exemple, il ne répond pas à la question de savoir ce qui se passe si le stimulus de la dépense cesse. Qu'est-ce qui démontre que la croissance continuerait, qu'il y aurait véritablement une relance, comme on amorce une pompe?

 

     D'autre part, pourquoi l'économie, qui s'est développée sans relance de la part de l'Etat, en aurait-elle soudain besoin? Pourquoi la nécessité de trouver des débouchés ne serait-elle pas plus stimulante pour une entreprise qu'une injection d'argent dans l'économie? Qu'est-ce qui prouve que l'Etat saurait choisir où investir? Qu'est-ce qui prouve qu'il n'y aurait pas inflation dans un secteur, ou copinage et clientélisme dans l'utilisation de l'argent public?

 

    Beaucoup de questions, aucune réponse qui découlerait logiquement des fondements de la théorie de la demande.

 

      3) La pratique n'est pas concluante non plus.

 

     La mise en pratique des politiques de relance, constante depuis les années 1970, donc 40 ans, n'a pas donné satisfaction. La relance ne faisait pas repartir l'économie. Au contraire, elle la plombait par la dette publique.

 

     Aujourd'hui, cette limite de la dette est intégrée. Aussi, la pensée dominante demande -t-elle aux banques centrales de financer la relance par la planche à billets. Ce que les banques centrales font.

 

     Cependant, c'est justement la relance de l'économie par le crédit qui a mené à la crise actuelle.

 

II-Comparaison avec les théories néoclassique et autrichienne.

 

    1) Les classiques

 

     Pour mieux comprendre ce qui manque à la théorie de la demande, une présentation des bases communes des théories néoclassique et autrichienne est instructive. Cette présentation passe par une perspective historique.

 

     L'ouvrage présenté comme fondateur de la théorie économique moderne est celui d'Adam Smith, intitulé Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Le titre en lui même est éloquent. Qu'est-ce que la notion de richesse? D'où provient-elle?

 

      Les recherches d'Adam Smith l'amène à constater que la division du travail, qui permet à chacun de se spécialiser dans la matière dans laquelle il est le plus efficace, est d'échanger sa production contre ce dont il a besoin, permet de créer plus de richesses.

 

      Il constate par ailleurs que laisser les gens poursuivre leurs propres intérêts était bénéfique pour la société dans son ensemble.

 

   Recherchant une origine à la valeur, Adam Smith qu'elle a pour origine les coûts de production, et notamment le travail qui est incorporé dans un produit. Cette conception constitue une évolution par rapport aux physiocrates, qui considéraient que la valeur venait de l'agriculture, car il y avait création de matière. Et elle représente une évolution par rapport à la valeur utilité.

 

      2) Les marginalistes.

 

     Au XIXème siècle apparaît la théorie marginale de la valeur. Elle a été élaborée presque simultanément et indépendamment par trois personne, William Stanley Jevons, Léon Walras, et Carl Menger. L'idée développée est que la valeur est purement subjective. La valeur d'un produit, d'un service, est celle que lui accorde chacun d'entre nous. La valeur est dite marginale, car elle dépend finalement de la dernière unité d'un produit, ou d'un service, dont nous avons besoin. Par exemple, l'eau est abondante dans nos pays occidentaux. Par conséquent, nous en disposons pour tout ce qui est essentiel à notre vie. Les dernier litres que nous utilisons sont destinés, par exemple, à laver la voiture, arroser la pelouse. Rien d'essentiel. C'est pourquoi la valeur de l'eau est faible. La dernière unité utilisée l'est pour des besoins non essentiel. La dernière unité produite, en langage scientifique est l'unité marginale. D'où la notion de valeur marginale.

 

      A contrario, il y a peu de diamants de par le monde. Les diamants disponibles servent donc à assouvir les premiers besoins en la matière. Donc, le diamant, qui n'est pas essentiel à la vie, est cher. Car les dernières unités disponibles servent à assouvir des besoins premiers en la matière. Notons le caractère purement subjectif de la valeur dans ce cas, car l'utilité d'un diamant, en tant que bijou, n'est pas essentielle à la vie.

 

     L'exemple historique de l'eau et du diamant peut être actualisé par celui du gaz. L'approvisionnement en gaz dépend de contrats de long terme indexés sur le cours du pétrole. En cas de besoin de gaz supplémentaire, supérieur aux contrats de long terme, une compagnie de gaz peut s'approvisionner sur le marché spot. La valeur du gaz qui est diffusée par les médias est celle du marché spot. C'est la valeur de l'unité immédiatement disponible. Cette valeur peut être supérieur à celle des contrats de long terme, ou inférieure. Tout dépend de la disponibilité de la dernière unité de gaz dont quelqu'un peut avoir besoin.

 

      Cette théorie de la valeur est à la base à la fois de la théorie néoclassiques et de la théorie autrichienne. Les néoclassiques en ont tiré une méthode mathématique, basée sur la maximisation de l'utilité. Les autrichiens refusent la mise en équations de l'être humain et insistent sur l'élément temporel, l'entrepreneur, et la monnaie.

 

       Soulignons la cohérence de la théorie. Adam Smith remarquait que la nation s'enrichissait quand chacun suivait son propre intérêt. La raison en est que ce qu'on appelle richesse est simplement l'addition des échanges entre les gens, c'est-dire-dire la valeur subjective que vaut chaque produit échangé pour chaque personne qui l'a acheté (produit ou service). La valeur du PIB est l'addition des valeurs données par chacun à chaque bien ou service échangé.

 

      La valeur ne fait donc que refléter les désirs de chacun. Le marché, ou plutôt les marchés, sont les lieux virtuels où chacun propose ce qu'il a à échanger, et la valeur totale de la production reflète l'addition des valeurs subjectives de chaque échange.

 

     Une telle théorie de la valeur, de la production, de la richesse, est totalement absent de la théorie de la demande. Keynes prétend s'intégrer dans la théorie classique, en mélangeant allégrement classiques et néoclassiques. Mais il considère comme dogme que c'est la monnaie, par l'intermédiaire de la dépense, qui est le moteur de l'économie, même chez les néoclassiques.

 

      Pourquoi, malgré des bases si fragiles, la théorie de la demande a-t-elle autant de succès? Sans doute parce qu'elle justifie l'intervention de l'Etat. Et que la solution est tellement facile, s'apparentant au populisme. Les tenants de l'économie de marché sont accusés de rien vouloir faire pour résorber le chômage. Mais, est-ce ne rien vouloir faire que de rétablir les conditions d'un bon fonctionnement de l'économie? En économie, il n'y a pas de père Noël. Créer de la monnaie pour relancer la dépense n'a jamais relancer l'économie, et ne repose sur aucune base théorique.

 

Quelques articles sur Keynes :

Keynésianisme et libéralisme, comparaison.

De la loi des débouchés à la politique de l'offre

Révisez votre Keynes !

 

 

 

 

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Peut-on faire confiance aux médias?

20 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Peut-on faire confiance aux médias? L'exercice de la démocratie suppose d'être informé. Mais comment trouver une information valable? L'actualité récente montre un manque de recherche, de recoupement, et de sérieux, des grands médias. Dans le domaine économique. Dans le domaine scientifique.

 

Ainsi, dans le domaine économique, les médias martèlent que la dérégulation des marchés financiers est responsable de la crise actuelle. Or, le secteur financier est le secteur économique le plus réglementé au monde (cf La politique économique avant et après la crise ).

 

Aujourd'hui, c'est une étude anti-OGM qui défraie les médias, remontant jusqu'au gouvernement. Pourtant, le mode de diffusion de cette étude pose problème. Elle n'a été diffusée dans un premier temps qu'auprès de certains médias, la communauté scientifique ne pouvant, à ce moment, la consulter, et donc, éventuellement, la critiquer ( cf OGM : la science prétexte à show politico-médiatique ). Une attitude sérieuse aurait voulu que cette information sur la toxicité des OGM, provenant d'une seule étude, alors qu'il y en a eu de nombreuses, et publiée de cette façon, soit reprise avec d'extrêmes précautions. Ce qui n'a pas été le cas, l'étude, au mode de publication qui ressemble à du marketing, a fait les gros titres.

 

Les exemples de ce type sont faciles à trouver. Il en est de même sur l'histoire de la crise économique des années trente, sur le libéralisme, le réchauffement climatique. L'information est-elle manipulée? Faut-il adopter les théories du complot? Il est vrai qu'en fouillant le web on peut effectuer des recoupements, trouver la contradiction. Mais encore faut-il avoir le temps de le faire. Ou en avoir la volonté : on peut vouloir utiliser son temps libre à autre chose, c'est légitime, et souhaiter une information fiable et résumée, sans aller la chercher en fouillant le web.

 

Nous n'avons jamais eu autant de moyens d'information, mais l'information sérieuse est difficile à trouver. Nous sommes au temps de la com', la communication, où le débat est proscrit. Il faut manipuler, faire peur, dénigrer, crier plus fort.

 

 

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Les OGM sont-ils dangereux?

20 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Une étude choc et hyper-médiatisée condamne les OGM. Cette études a été présenté à quelques médias seulement. C'est seulement maintenant, après l'effet choc, que des articles plus critiques apparaissent. En voici deux, pour le débat, et se faire une opinion sur cette expérience, et par ricochet sur certains titres sensationnels. Curieusement, l'Express et Le Point titrent sur Hollande aujourd'hui. Le newsmagazine de gauche le Nouvel Observateur titre sur cette étude anti-OGM. Un hasard?

 

OGM : la science prétexte à show politico-médiatique

 

L'étude sur les OGM fortement contestée

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La politique économique avant et après la crise

10 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

     Discerner la politique économique menée dans le monde avant et après la crise n'est pas aisé, tant les médias sont pauvres en analyses et en débats économiques. La responsabilité de la crise est, dans les grands médias, généralement attribuée aux marchés financiers. L'idée simpliste est développée que le monde a connu des politiques libérales et de dérégulation après la crise de 1973, qui ont constitué une rupture avec les politiques keynésiennes et interventionnistes de l'après deuxième guerre mondiale. Ces politiques auraient entraîné une "financiarisation" de l'économie, et la crise. Il n'y a pas de débat sur le sujet, aucun questionnement.

 

     Pourtant, une analyse plus fouillée, un simple questionnement, un simple regard sur les faits montrent une réalité bien différente. Ainsi, la libéralisation de l'économie mondiale, et des marchés financiers, est-elle réelle? La financiarisation de l'économie est un fait, mais son origine n'est pas le libéralisme. Car un élément primordial de la politique économique est totalement ignoré dans les médias : l'expansionnisme monétaire. Cet expansionnisme est la principale caractéristique de la politique économique suivie avant la crise, mais aussi pendant. La monnaie est devenu la variable utilisée pour contrôler l'économie, la relancer, atténuer une éventuelle surchauffe. Le tout accompagné d'un encadrement strict du monde de la finance.

 

    La dénonciation courante de "l'ultralibéralisme" suppose que l'Etat se désengage de l'économie. La progression des dépenses publiques indique pourtant clairement le contraire. De même, les déficits budgétaires des pays occidentaux montrent de façon criante que la politique budgétaire a toujours été à l'honneur. En fait, seule l'Allemagne, depuis une dizaine d'année, est engagée dans une diminution à la fois de son déficit et de ses dépenses publiques. Il y a aussi la Suède, mais elle part de très loin : la dépense publique a représenté plus de 70% du PIB. Quant au Royaume Uni, présenté comme un parangon de libéralisme, durant la seconde partie du mandat de Tony Blair, et pendant celui de Gordon Brown, la dépense publique a augmenté, l'emploi public servant à soutenir la croissance.

 

     Le marché du travail n'est pas non plus vraiment libéralisé. En France, les réglementations du marché du travail se sont accumulées, et ont été considérablement alourdies par rapport aux années 1960. Les lois Auroux, les 35h, les plans de sauvegarde en cas de licenciement, les prudhommes qui interviennent dans la gestion de l'entreprise en jugeant de la nécessité de licencier ou non avec la notion de motif économique de licenciement (même si cette notion est tellement subjective qu'elle aboutit surtout à une insécurité juridique).

 

     Dans d'autres pays, le marché du travail a peu évolué. En Allemagne, Gerhard Shroder a ouvert quelques possibilités, mais ce sont surtout les syndicats qui ont fait preuve de réalisme, sans que les règles changent. En Espagne, il y a eu de légers changement, mais la réglementation reste très rigide. En Italie, le patron de Fiat organise des référendums dans les usines pour changer les règles. Le Royaume Uni a connu sa révolution, avec Margaret Thatcher. Même si Tony Blair, puis Gordon Brown, ont à nouveau rigidifié la réglementation avec par exemple un salaire minimum, ce pays reste un exemple de révolution. D'ailleurs, l'emploi résiste aujourd'hui malgré la crise.

 

     La mondialisation est aussi évoquée comme une rupture et un symbole de "l'ultra-libéralisme". Mais, qu'est-ce que la mondialisation? Ce n'est pas l'ouverture des pays au commerce par la diminution des droits de douanes. En effet, cette ouverture a débuté après la deuxième guerre mondiale, avec les accords du GATT. Et elle est bloquée depuis une quinzaine d'années. Il n'y a pas un vaste espace mondial de libre-échange : les droits de douanes existent toujours. De plus, l'ouverture est régulée, avec notamment la création de l'OMC.

 

     La véritable rupture, c'est l'émergence de certains pays, dont la Chine. Ces pays ont commencé à adopter certains principes de l'économie de marché, ce qui a permis leur développement. Donc, la mondialisation est effectivement due à une libéralisation, limitée. Mais pas du commerce mondiale, ni des pays développés.

 

     Les privatisations sont aussi considérées comme un symbole de la libéralisation de l'économie. Cependant, elles ne représentent pas un basculement du modèle économique. En Europe de l'Ouest, ce sont simplement quelques entreprises, parmi toutes celles qui étaient déjà privées, qui sont dénationalisées. C'est dans les anciens pays communistes que le paradigme a changé. Dans les pays qui étaient déjà des économies de marchés, les dénationalisations ont simplement rajouté quelques entreprises au secteur privé, qui était déjà l'essentiel du tissu économique.

 

     Examinons maintenant le cas des marchés financiers, accusés d'avoir provoqué la crise actuelle, qui est nommée " crise financière ". Le libéralisme est accusé d'avoir provoqué une " financiarisation " de l'économie, et donc la crise.

 

    Il est vrai que les marchés financiers se sont ouverts, se sont internationalisés, et se sont développés. Cependant, leur mode de développement est loin d'avoir été libéral. Ce n'est pas parce que l'appellation de " marché " est usité que les règles de l'économie de marché sont respectées.

 

     En effet, le secteur financier n'est pas régi par les règles de l'économie de marché. D'abord, ses principaux acteurs, les banques, voient leur comportements strictement encadrés par les critères de Bâle. Ces critères sont établis par le Comité de Bâle, qui se présente ainsi : « Le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, institué en 1975 par les gouverneurs des banques centrales des pays du Groupe des Dix, rassemble les autorités de contrôle des banques. Il est composé de hauts représentants des autorités de contrôle bancaire et banques centrales d’Allemagne, de Belgique, du Canada, d’Espagne, des États-Unis, de France, d’Italie, du Japon, du Luxembourg, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de Suède et de Suisse. Ses réunions ont habituellement pour cadre la Banque des Règlements Internationaux, à Bâle, siège de son Secrétariat permanent. » Les recommandations de ce comité sont appliquées par les pays occidentaux.

 

     Le comité de Bâle encadre strictement le comportement des banques. Il détermine le niveau de fonds propres en fonction des engagements de la banque. Par exemple, une banque doit immobiliser moins de fonds propres si elle prête à un Etat que si elle prête à une entreprise. C'est aussi le comité de Bâle qui a consacré le rôle des agences de notation. Celles-ci sont critiquées. Pourtant, c'est la réglementation qui oblige les banque à tenir compte de la notation. Et la réglementation définit aussi les obligations des agences de notation.

 

     D'autres réglementations ont imposé les agences de notation. La Uniform Net Capital Rule, aux USA, en est un autre exemple, et la Nationally Recognized Statistical Rating Organization (NRSRO) définit une liste d'agences agréées. (Cf Le surprenant pouvoir des agences de notation ).

 

     Les décisions des acteurs du monde de la finance sont donc largement influencées, et même contraintes, par la réglementation. Ce n'est pas une économie de marché, où chacun est libre de ses décisions. Et où chacun doit assumer ses erreurs. Car, dans le système actuel, le respect de la réglementation implique un soutien des Etats aux établissements en difficultés. Alors qu'en économie de marché, c'est la responsabilité, le fait de devoir assumer les pertes, qui oblige à la prudence. La nationalisation des pertes est le contraire de l'économie de marché.

 

     Les marchés financiers se sont également développés car il y avait une abondance de liquidités prêtes à s'y déverser. Ces liquidités ont été fournies par les banques centrales. Là est la plus grande rupture dans la politique économique depuis l'après deuxième guerre mondiale : la politique d'expansion monétaire pour soutenir l'économie.

 

     A partir de 1944, la politique monétaire mondiale est régie selon les dispositions des accords de Bretton Woods. Selon ces accords, le dollar est convertible en or, selon une parité fixe. Les autres monnaies ne sont pas convertibles en or directement, mais leur valeur est définie par rapport au dollar. C'est donc une sorte d'étalon or indirect. Les pays devaient donc faire attention à leur création monétaire, et faire en sorte d'avoir toujours en réserve suffisamment de dollars. Sauf les USA, qui étaient liés par la parité du dollar en or, mais ne l'ont pas respectée, ce qui a mis fin aux aux accords de Bretton Woods, avec la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971. Les Etats devaient donc gérer une création monétaire limitée, et ne pouvaient pas créer de la monnaie comme ils le souhaitaient pour, par exemple, relancer l'économie.

 

    Après Bretton Woods, cela devint progressivement possible, au niveau mondial. L'avènement de l'euro a consacré cette politique en Europe. La Fed a ouvertement soutenu l'économie US par une politique de taux bas. La BCE, officiellement, a un objectif d'inflation. Mais elle n'a pas suivi les théories qui prônent la lutte contre l'inflation. Que ce soit la théorie quantitative de la monnaie, ou sa version remaniée, le monétarisme, toutes deux placent l'augmentation de la masse monétaire comme la cause de l'inflation. Or, la BCE n'a pas cherché à ralentir la croissance importante de la masse monétaire en euro. La Banque d'Angleterre a suivi le même type de politique. (Pour plus de détails, cf Monnaie et finances : de l'orthodoxie à l'expansionnisme.)

 

     L'économie a donc été dirigée par le biais de la politique monétaire. Les taux étaient maintenus bas pour relancer l'économie, puis augmentés quand celle-ci était considérée en surchauffe. C'est cette création monétaire qui a également favorisé les dépenses publiques, par l'afflux de liquidités disponibles pour les financer. Cette politique a permis le soutien au crédit hypothécaire aux USA, ainsi que les crédits accordés à l'immobilier par les caisses d'épargne espagnoles.

 

     La politique économique était donc la suivante : un pilotage de l'économie par la monnaie, et une réglementation dirigiste pour encadrer les organismes financiers. Rien à voir donc avec le libéralisme.

 

     Cette politique économique trouve sans doute son inspiration dans le principe de la banking school, qui prône un relâchement du lien entre l'or et la monnaie, et chez Keynes, et ses successeurs de la synthèse, qui prônent la relance de l'économie, et qui croient au pouvoir de la contrôler par l'action sur des agrégats, comme le taux d'intérêt peut influencer l'activité économique.

 

     Curieusement, cette politique économique a également une inspiration monétariste. En effet, les monétaristes accusent une brutale restriction monétaire de la Fed d'avoir aggravé la crise de 1929 et d'avoir conduit à la grande récession. Ce qui est compris comme une justification à la baisse des taux d'intérêt pour relancer l'économie. Or, le monétarisme conclut plutôt à l'effet perturbateur d'une politique monétaire dirigiste. Il prône une croissance continue et modérée de la masse monétaire, afin de ne pas perturber l'économie. Il y a donc une contradiction entre la politique de pilotage de l'économie par la monnaie et le monétarisme.

 

     Après le déclenchement de la crise, c'est toujours la même politique économique qui est menée. Les banques centrales soutiennent l'économie par la création monétaire. La dépense publique augmente. La réglementation financière garde la même philosophie dirigiste. Les politiciens appellent en Europe à la création d'eurobonds, en vue d'accroître encore la dépense publique. La politique d'assainissement se met en place elle bien timidement. Elle est nommée "austérité ", tandis que la politique d'expansion monétaire est nommée " politique de croissance ".

 

     Cette brève revue de la politique économique avant et après la crise montre que la libéralisation est inexistante. Et que les thèmes centraux sont l'expansionnisme monétaire, utilisé pour soutenir la croissance, et une réglementation financière interventionniste, dans le but officiel d'éviter les crises. Mais il y a eu crise. Et comme par hasard, elle est partie du secteur financier, le secteur le plus réglementé de l'économie.

 

      La crise devrait pousser à s'interroger sur la politique économique dans laquelle elle s'inscrit. La politique de pilotage par la création monétaire ne devrait-elle pas être remise en cause? Qu'est-ce qui la justifie réellement, sachant qu'elle se base sur des théories contradictoires, mêlant synthèse keynésienne et monétarisme? Ne faudrait-il pas mener une autre politique?

 

     Cette interrogation échappe aux grands médias. Ainsi qu'aux débats politiques. Tous se focalisent sur la dénonciation d'un libéralisme inexistant qui occulte les questions essentielles, et dérangeantes peut-être, sans diffuser les vrais débats.

 

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L'austérité au Royaume Uni

5 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

Le gouvernement britannique de David Cameron est critiqué pour l'austérité qu'il impose au Royaume Uni. Les critiques sont d'autant plus fortes que le Royaume Uni est en récession. Paul Krugman s'y est mis lui aussi, avec le talent qu'on lui connaît ( Britain's Paul Ryan )

 

Cependant, le Paul Krugman éditorialiste du New York Times est en train de complètement discréditer le Paul Krugman Prix d'économie de la Banque de Suède (dit Prix Nobel). Un économiste, un vrai, universitaire qui plus est, doit argumenter ses opinions. Or, il est difficile de voir une quelconque austérité dans la politique de David Cameron.

 

D'abord, il n'y a eu aucune diminution du budget britannique, comme le montre le site uk public spending.

 

 

Le déficit budgétaire est énorme, de 8,3 % du PIB pour la période 2011-2012, comme le montre les deux tableaux suivants. Le premier provient directement du Trésor britannique, et le second du site Trading Economics, qui propose des graphiques simples sur des périodes au choix.

  Déficit public GB

 

déficit public GB 2

 

Des dépenses publiques qui ne diminuent pas, la baisse des recettes étant compensée par une augmentation de l'endettement. Ne serait-ce pas l'application des théories keynésiennes de relance par la dépense publique, soutenues par Monsieur Paul Krugman? Ajoutons que la politique monétaire de la Banque d'Angleterre est très accommodante, toujours dans la droite ligne des préconisations de Paul Krugman.

 

Quelques précisions supplémentaires sur le Royaume Uni. Ce pays a connu une croissance soutenue par la dépense publique, les embauches publiques, et la consommation à crédit. David Cameron est le pompier qui éteint l'incendie.

 

Il est accusé de mener une politique d'austérité car il cherche à remettre en cause l'Etat providence, avec son projet de Big Society, qui donne plus de responsabilités aux gens. Mais il ne fait que prendre acte de la situation catastrophique dans laquelle se trouve le pays après les politiques de déficits budgétaires et de relance par le crédit. Sa politique n'apparaît pas comme une politique de rigueur. Mais les britanniques subissent les conséquences de la politique de Gordon Brown. En économie, rien ne s'efface d'un coup de baguette magique.

 

D'autre part, une comparaison avec la France, qui elle n'a pas remis en cause son modèle, ne montre finalement pas une grande différence en terme de croissance. Une croissance nulle pour la France en 2012, et légèrement négative pour le royaume Uni. En terme de PIB, une précision de moins de 0,5 point n'est pas significative.

 

 

Croissance GB

 

croissance France

 

INSEE

Sachant que le chômage, par contre, diminue au Royaume Uni.

 

En conclusion, le Royaume Uni connaît une situation catastrophique car il a soutenu l'économie par la demande, par le déficit public et la création monétaire. Pour s'en sortir, il n'a pas procédé à une diminution de la dépense publique, compensant la baisse des recettes par l'emprunt. Une politique keynésienne.

 

Ce qui lui est reproché, c'est surtout de préparer l'avenir, en s'interrogeant sur le modèle qui a mené à cette catastrophe. Quoique, là encore, la politique de Cameron ne soit pas si libérale. Ainsi, il prévoit une banque publique pour les PME, des crédits d'impôt pour les entreprises de jeux vidéos, et la Banque d'Angleterre fait allègrement marcher la planche à billets. Cameron subit l'agenda politique, qui est celui du très court terme, dicté par les échéances électorales.

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Efficacité de l'Education Nationale: comparaison 1980-2009

4 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

Voici un article qui compare les dépenses de l'Education Nationale entre 1980 et 2009. Malgré une très forte augmentation, en euros constants, le niveau ne s'est pas amélioré, voire a baissé. Plutôt que de se focaliser sur les moyens, ne faudrait-il pas s'interroger sur les méthodes et la gestion?

Le coût d'un élève, Contrepoints.

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Morale laïque

3 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

 

     Deux articles qui se télescopent dans le Figaro ce jour. L'un traite des projets de "morale laïque" de Vincent Peillon, le ministre de l'éducation nationale français. L'autre des cours "d'éducation morale et nationale" que le gouvernement chinois veut imposer aux élèves du territoire de Hong Kong. Coïncidence malheureuse, ou rappel de ce que peut être la "morale"?

 

     L'éducation est un domaine sensible. Éduquer les enfants au "vivre ensemble", pourquoi pas. Les règles de politesse, se lever quand un professeur entre en classe, pour apprendre à se lever pour saluer quelqu'un plus tard, s'habiller correctement, ne pas être débraillé, ne pas parler trop fort dans son mobile en public, baisser le son de son baladeur dans les transports, aider les personnes âgées, les mamans avec une poussette dans les escaliers du métro, dans les transports en commun. Sensibiliser aux règles de santé publique, à l'utilité de se laver, aux problèmes  de l'alcoolisme, de la drogue, du cannabis. Sensibiliser au surpoids.

 

     On remarquera que même dans les domaines ci-dessus, il peut y avoir des dissensions. Les règles vestimentaires ne font pas l'unanimité. La critique du cannabis non plus. Se lever quand entre un professeur, un proviseur, n'est pas acceptable pour tous. Il n'y a pas de consensus. Mais Vincent Peillon veut aller plus loin. Le Figaro le cite : «La morale laïque, c'est comprendre ce qui est juste, distinguer le bien du mal, c'est aussi des devoirs autant que des droits, des vertus et surtout des valeurs».

 

     Où finit l'éducation, où commence l'embrigadement? Où commence le domaine de l'école, où est celui des parents? L'écologie est-elle une valeur? Faut-il enseigner la discrimination positive comme une valeur?

 

     Ce qui pose problème, c'est le mot "morale". Il est très fort. Le "vivre ensemble" suppose des règles de politesse, de respect d'autrui, de sa propriété, de la propriété commune. Déterminer ce qui est juste va au-delà. Est-il juste de se défendre avec une arme à feu quand on est soi-même menacé d'une arme? Est-il juste de gagner beaucoup d'argent en revendant une entreprise qu'on a créée? Ce ne sont pas des sujets consensuels. Qui peut décider ce qui est juste? Cela doit-il être enseigné comme une morale, ou être un débat?

 

     Le danger est d'empêcher tout débat, de déterminer par la loi, et donc de l'imposer à la société, ce que doit être l'opinion de chacun. De décréter ce que nous devons penser du régime politique idéal. Alors que la République doit autoriser la liberté d'expression, le débat, et que l'école doit former au débat, à l'autonomie de pensée. Sans compter le rôle des parents : l'enfant appartient-il à l'Etat ou est-il sous la responsabilité de ceux qui l'ont conçu?

 

     Le concept de "morale laïque" est ainsi ambigu, et ouvre la possibilité à des dérives. Il doit être précisé. Il est cependant étonnant qu'il ne suscite pas plus de débats, à gauche comme à droite. Notre société semble incapable de débattre, de réfléchir sur les sujets de sociétés, se contentant de la communication, du marketing, et des effets de mode ou d'annonce. Les médias dominants se contentant d'être une caisse de résonance, plutôt que de susciter le débat.

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Crises : mensonges et oublis

2 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     La manière dont l'histoire et l'actualité nous sont présentées est influencée, consciemment ou inconsciemment, par une idéologie dominante. Le résultat est d'occulter des faits qui sont contraires à cette idéologie, et à éviter ainsi soigneusement tout débat. Cela se vérifie dans la présentation des crises économiques, comme celle de 1929, et la crise actuelle.

 

     A propos de la crise de 1929, nous avons appris qu'elle a été causée par la spéculation. Que le président Hoover n'a rien fait, se contentant d'attendre la reprise. Puis, Roosevelt est arrivé, avec son New Deal. Grâce à une politique de relance, il a redressé l'économie.

 

     Ce tableau ne correspond cependant pas à la réalité. Il occulte la politique monétaire de la Fed, qui a provoqué une expansion puis une brusque contraction de la masse monétaire. Hoover a également lancé une politique protectionniste, qui a entraîné le protectionnisme des partenaires commerciaux des USA. Il a par ailleurs eu une politique budgétaire dépensière. (Cf à ce sujet : La grande dépression démystifiée).

 

      Dire qu'ensuite le New Deal a relancé l'économie est aller un peu vite en besogne. Ce n'est qu'après la deuxième guerre mondiale que la croissance est vraiment revenue. Comme par hasard, c'est après l'abandon du protectionnisme, avec les accords du GATT, et le rétablissement d'une certaine discipline monétaire, avec les accords de Bretton Woods.

 

      La crise actuelle est également présentée de manière très idéologique. Elle serait due à la dérégulation des marchés financiers. Cette dérégulation a favorisé la course au profit des établissements financiers, provoquant un développement exponentiel des marchés financiers, et aboutissant à un effondrement. La solution serait donc de re-réglementer la finance, et d'accroître le rôle de l'Etat.

 

      Dire que la finance est dérégulée est un mensonge éhonté. Les établissements financiers sont soumis aux critères de Bâle, déclinés dans toutes les législations des pays occidentaux. Ainsi, ces agences de notations tant décriées sont-elles imposées par la réglementation. Ainsi les banques doivent-elles investir dans des actifs bien notés selon les critères de Bâle, sinon elles doivent augmenter leur niveau de fonds propres, et donc obérer leur rentabilité, ou encore elles risquent d'être mal notées elles-mêmes. Les actifs subprime étaient ainsi recommandés selon la réglementation. (Cf par exemple : Notations, une crise provoquée par la réglementation ).

 

     D'autre part, le rôle des Etats dans la crise est soigneusement éludés. Or, c'est le gouvernement US qui a décidé de favoriser le crédit aux populations insolvables. Par l'intermédiaire des agences Fannie Mae et Freddy Mac, qui refinancent les prêts hypothécaires. Les conditions de refinancement ont été considérablement assouplies. De même, avec le Community Reinvestment Act. En Espagne, ce sont les caisses d'épargne, organismes non cotés, proches des pouvoirs régionaux, et à vocation sociale, qui ont le plus financé l'immobilier et les projets des régions, et qui connaissent le plus de difficultés.

 

     Enfin, la politique accommodante de la Fed, qui a relancé l'économie à coups de création monétaire, et même de la BCE, qui a laissé croître sans contrôle la masse monétaire, ne sont jamais évoquées.

 

     La politique monétaire est au cœur de la crise actuelle comme de celle de 1929. Mais elle n'est absolument pas évoquée. Il n'y a aucun débat sur le sujet.

 

    Aujourd'hui, le président de la Bundesbank menace de démissionner pour protester contre la politique de la BCE. Parce que justement le débat monétaire est occulté. Il est unanimement décrit comme un mouton noir, qui veut empêcher la relance de l'économie. Mais, si l'idéologie mainstream est si persuadée d'avoir raison, pourquoi ressent-elle le besoin d'empêcher tout débat?

 

     On nous parle beaucoup de démocratie, de pouvoir du peuple. Mais, pour que le peuple ait du pouvoir, il faut qu'il ait de l'information.

 

 

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