Analyse Libérale

Centenaire de Milton Friedman

31 Juillet 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

A l'occasion du centenaire de Milton Friedman, le webzine Contrepoints publie un dossier spécial.


A ne pas manquer, pour s'initier à un auteur très caricaturé en France, et finalement méconnu.

 

( Pour un aperçu des travaux de Milton Friedman sur la monnaie, ses méthodes et ses conclusions, voici un excellent article de pierre Maurice, paru à l'époque dans la Revue Economique : Note sur la théorie monétaire de Milton Friedman.)

Lire la suite

Le plan de soutien du gouvernement à la filière automobile

25 Juillet 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     Le gouvernement a annoncé mercredi 25 juillet un plan de soutien à la filière automobile. Un plan qui ne soutiendra pas forcément la filière en France, qui illustre la continuité de la politique économique en France, en recyclant de vielles recettes, et en refusant toute remise en question.

 

     Ce plan propose d'augmenter les " bonus " pour les véhicules émettant pu de gaz carbonique. En particulier les véhicules électriques et hybrides. Mais il y aura aussi une augmentation des " bonus " pour les véhicules thermiques faiblement émetteur de gaz carbonique. Les " malus " appliqués aux véhicules fortement émetteurs de gaz carbonique seront par contre augmentés. Sans que " bonus " et " malus " s'équilibrent, puisque le coût évoqués de ces mesures s'élèvent à 490 millions d'euros. Et ce n'est qu'une évaluation.

 

     Des crédits de la banque publique OSEO, ainsi que des fonds du grands emprunt, et des crédits de la BEI, seront utilisés pour le financement de bornes de rechargement des batteries. 25% des commandes publiques de véhicules seront par ailleurs consacrées à l'achat de véhicules électriques.

 

     Des fonds, issus du grand emprunt et d'OSEO, seront également destinés aux besoins de refinancement et de liquidités des PME du secteur. Des fonds d'un programme " d'investissements d'avenir " seront destinés à la filière, tandis que le crédit impôt recherche sera pérennisé. «Un institut de recherche technologique dédié à l'automobile sera lancé avant fin 2012» précise le communiqué du gouvernement selon Le Figaro.fr .

 

     Enfin, le site Challenges.fr annonce l'ouverture d'un "chantier social ", mi septembre, "ne négociation des branches de la filière automobile sur "l'adaptation de l'outil automobile en France" afin de produire la voiture "verte et populaire", qui est au coeur du plan du gouvernement "

 

     Quels sont les effets prévisibles de ce plan? Le leader des véhicules hybrides est Toyota, avec des véhicules fabriqués au Japon. La technologie hybride est adaptée au haut de gamme, car elle réduit la consommation des gros véhicules. Peugeot y est présent avec quelques véhicules hybrides diesel.

 

     Peugeot et Citroën vendent également une voiture électrique, fabriquée par Mitsubishi au Japon. Renault vient d'annoncer un retard dans le lancement de sa Zoé électrique.

 

     Les véhicules thermiques faiblement émetteurs de gaz carboniques sont de peites voitures, du fait de leur légèreté. Elles sont rarement fabriquées en France. Peugeot et Renault en fabriquent en Europe de l'Est. Volkswagen fabrique sa Up au Brésil, et les Polo en Espagne.

 

     Bref, comme pour les sarkozette, la hollandette profitera largement à d'autres pays que la France. La soutien aux véhicules hybrides profitera à ceux qui ont les moyens de les acheter. Il faudra financer l'augmentation du " bonus ", ce qui provoquera une hausse des impôts et donc une baisse de la consommation dans d'autres secteurs, ou encore, une baisse de l'investissement. Surtout si la collectivité prend en charge la mise en place de bornes de rechargement. Enfin, même l'intérêt écologique est douteux. Il faut produire des batteries, c'est-à-dire extraire des minerais, de manière souvent polluante et destructrice de l'environnement.

 

     Ce plan est à l'image des débuts de la présidence de François Hollande. De l'idéologie, pure et dure. Pas de pragmatisme. François Hollande est ainsi revenu à une conception comptable du travail, en supprimant la défiscalisation des heures supplémentaires. La mesure était bancale, certes, mais elle apportait de la souplesse dans le temps de travail. Le président Hollande est revenu à une conception prônant le rationnement du travail.

 

     Le président Hollande pénalise également l'investissement dans les entreprises. Il augmente ainsi le taux de l'ISF. Un impôt qui a la particularité de taxer l'investissement, mais pas tout ce qui est considéré comme œuvre d'art ou objet de collection. Le précédent gouvernement avait ménagé des atténuations pour l'investissement. De même, l'investissement est pénalisé par une taxe de 3% sur les dividendes distribués.

 

     Enfin, ce plan est la promesse d'impôt supplémentaire : il faudra bien financer le " bonus ".

 

     C'est l'Etat qui doit diriger les investissements, et les crédits. C'est l'Etat qui décide qu'il faut investir dans l'automobile, plutôt qu'ailleurs. L'Etat serait-il omniscient? Saurait-il de manière infaillible où investir? D'autre part, l'accent est mis sur le financement par crédit bancaire. Pourtant, les entreprises françaises n'ont-elles pas besoin de fonds propres? Mais, dans la conjoncture actuelle, des fonds propres venant de l'Etat impécunieux, c'est difficile, et l'Etat ne souhaite pas d'investissement privé, en tout cas, avec l'augmentation de l'ISF, la taxe de 3%, et aussi l'impôt à 75%, il fait tout pour décourager l'investissement privé.

 

     Dans la même veine, le crédit impôt recherche est une fierté française. Il est l'illustr'ation du principe d'un impôt élevé sur les société, assouplit part des réductions si la société va dans le sens des préconisations de l'Etat. Pourtant, malgré ce crédit d'impôt, la recherche privée ne décolle pas en France. Surtout, ce crédit d'impôt méconnaît la différence entre recherche et innovation. L'entreprise Xerox, aux Etats-Unis, est a l'origine de grandes avancées en matière de recherche. mais elles ont été mises en œuvre par d'autres, dont Apple. Mieux vaut un taux d'imposition bas, sans niche fiscale.

 

     Ce plan est significatif de nos élites : elles ne comprennent que l'administration, mais pas l'économie. Nos élite sortent de l'ENA, où elles apprennent l'administration. Ou d'un grand corps d'ingénieurs, où elles apprennent un raisonnement mécanique. Ou d'une grande école de commerce, où elles apprennent la gestion. Tout doit procéder d'un plan, validé par le grand ordonnateur, ou le grand ingénieur. L'être humain n'est qu'un rouage. Nos élites ne comprennent pas le foisonnement humain, qu'est l'économie. Elles refusent l'initiative humaine. Elle refuse l'idée que l'union des énergies, des initiatives de chacun puisse construire le monde. Tout doit procéder du sommet, d'un plan, et la base n'est qu'exécutrice.

 

     Ces élites favorisent les grands groupes. Elles refusent le mouvement de renouvellement de l'économie. C'est l'initiative de personnes, d'hommes, de femmes, qui créent des entreprises, qui investissent après avoir fait fortune, qui renouvelle l'économie. C'est le principe de la Silicon Valley, du MIT. A des années lumières de la politique française, qui cherche à faire perdurer les grands groupes, sans les mettre en danger, alors que le danger pourrait les stimuler. Il faut noter d'ailleurs que Peugeot joue le jeu, n'ayant réclamé aucune aide, seulement plus de compétitivité. C'est Renault, par Carlos Tavarès, qui avait suggéré une aide de l'Etat.

 

     Le plan comporte également quelques maladresses. Il fustige la Corée. Que la France utilise les recours offert par l'OMC pour défendre le libre échange n'a rien que de très normal. mais cette stigmatisation de la Corée est étonnante. Ce n'est pas le premier importateur de véhicule en France. Hyundai-Kia, le constructeur coréen, possède une base industrielle en Europe. Enfin, l'autre importateur de voiture coréenne est... Renault! Avec le Koleos et la Latitude. L'alliance Renault Nissan venant d'annoncer la fabrication d'un nouveau véhicule en Corée d'ailleurs.

 

     L'autre maladresse, c'est une campagne pour promouvoir le " made in France ". Une telle campagne peut desservir grandement les entreprises françaises, en ancrant l'idée que la seule raison d'acheter leurs produits est qu'ils sont français. Ce qui insinue qu'ils n'ont aucune qualité intrinsèque. D'autre part, cette initiative pourrait entretenir un nationalisme malsain. La tentation est grande en temps de crise de faire porter la responsabilité sur l'étranger. Des mouvements sont prêts à en profiter. Ne les encourageons pas. La vrai fierté nationale, c'est de faire les efforts pour s'en sortir par soi-même.

 

     Le gouvernement laisse un peu d'espoir cependant. Selon Le Figaro.fr « Des propositions pour la compétitivité seront faites dans le cadre de la mission Gallois et de la réforme du financement de la protection sociale.» Afin «d'adapter l'outil automobile», des négociations de branches auront lieu à la mi-septembre, a aussi annoncé Michel Sapin ce mercredi. Les partenaires sociaux seront encouragés à négocier «les adaptations nécessaires». » Cependant, ces mesures de compétitivités prendront vraisemblablement la forme d'une hausse de la CSG. Il est souvent souligné que l'Allemagne a augmenté sa TVA pour diminuer ses charges sociales. Sauf que la TVA allemande reste plus faible que la TVA française, après augmentation, et que l'Allemagne a aussi diminué sa dépense publique en pourcentage du PIB.

 

     C'est aujourd'hui que PSA Peugeot Citroën a besoin d'un signe fort du gouvernement en faveur de la compétitivité. La société négocie avec les syndicats de son usine Sevelnord un accord de compétitivité pour produire des utilitaire Toyota. Certains syndicats n'y sont pas favorables. C'est pourtant grâce à de tels accords que les syndicats allemands ont soutenu l'industrie de leur pays. Et qu'est-ce que l'Etat a de mieux à offrir pour l'emploi? Des emplois jeunes mal payés et sans avenir? Pourquoi est-il correct d'être mal payé pour un emploi d'Etat sans avenir, et incorrect d'accepter des sacrifices pour un emploi pérenne au SMIC?

 

     La France a un grand potentiel. Qui doit être libéré. Il est temps de changer de politique, plutôt que de bégayer les mêmes mesures quels que soient les gouvernements. D'autant que ces mesures, étant inefficaces, n'évitent pas la casse sociale.

Lire la suite

Peugeot : ne pas noircir excessivement le tableau

13 Juillet 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

      Le plan de restructuration du groupe PSA, Peugeot - Citroën, a entraîné de sévères critiques à l'encontre de ce groupe, à l'encontre de la restructuration elle-même, et aussi à l'encontre de la stratégie du groupe ces dernières années. PSA a certes commis des erreurs, comme je le souligne dans mon précédent article. Cependant, certains articles dans la presse sont par trop excessifs, comme dans le quotidien économique La tribune. Veillons à ne pas noircir le tableau, pour ne pas handicaper le groupe PSA, alors que l'image est si importante de nos jours.

 

     PSA a un problème de trésorerie. Il est engagé dans un programme d'investissement vital pour sa survie. Il organise sa montée en gamme, qui se traduit par le programme DS, ainsi que les nouvelles Peugeot. Il Développe aussi des modèles adaptés aux pays émergents, comme le programme 301, ou C4 Elysée. Ces investissements nécessitent de l'argent disponible à dépenser. Des liquidités à dépenser, pour payer les investissements. Du free cash flow dans le jargon comptable. Actuellement, les ventes de véhicules ne génèrent pas suffisamment de liquidités pour ces investissements. Le groupe est donc contraint de réduire ses coûts. Ce qu'il fait en réduisant ses effectifs, là où la production ne couvre pas les coûts. Est aussi prévu une "action sur les prix de revient hors effectifs, qui inclut l'apport de l'alliance avec General Motors", indique Le Figaro.

 

     PSA est donc en position offensive. La réduction des dépenses a pour but la croissance des ventes. Si celles-ci augmentent, il n'est pas exclu qu'il y ait des embauches. Tout en reconnaissant que le marché européen est mature, et que le développement du marché automobile se fera au dehors de l'Europe de l'Ouest.

 

     PSA est par ailleurs le deuxième vendeur de véhicules automobiles en Europe. Ce qui n'est pas rien, pour un marché réputé difficile. Il est le deuxième constructeur automobile européen. L'alliance Renault-Nissan le dépasse, mais c'est une alliance. Renault ne possède que 40 % de Nissan. PSA n'est pas le premier venu dans l'automobile. Il a également des relais de croissance, notamment en Chine et au Brésil. Il y a commis des erreurs en n'y investissant pas suffisamment. Mais il a pu y cultiver des relations et des connaissances utiles aujourd'hui, alors qu'il a décidé d'accentuer sa conquête de ces marchés.

 

     Les véhicules de PSA ont par ailleurs des qualités reconnues en tenue de route et en matière de consommation. De plus, aujourd'hui, la qualité de la finition a grandement progressé, sur les modèles tels que les DS ou la 508.

 

     D'autre part, le plan de restructuration ne signifie pas qu'il y aura nécessairement 8 000 licenciements. Ainsi, sur RTL, le président du directoire de PSA, Philippe Varin, indique qu'une proposition de reclassement sera faite à chaque salarié de l'usine d'Aulnay. Une partie se verra proposer un poste à l'usine de Poissy. PSA va également essayer de réindustrialiser le site d'Aulnay. Des entreprises sont par ailleurs intéressées par les salariés de PSA. Comme Safran, ou la SNCF et d'autres sociétés. Enfin, n'oublions pas qu'il y a toujours en matière de restructuration une négociation. PSA a abattu ses cartes. Le groupe est expérimenté, et en relation étroite avec l'Etat depuis l'après deuxième guerre mondiale, par nécessité. La production automobile, le choix de la production de masse, cela vient de l'Etat. Il y a fort à parier qu'il y a une marge de négociation, un moyen pour l'Etat de montrer qu'il a pu faire quelque chose, dans le reclassement des salariés notamment. Lers projets de reclassements décrits ci-dessus seront sans doute portés au crédit de l'Etat.

 

    Le tableau n'est donc pas si noir. Ce n'est pas une petite PME qui se restructure, mais un grand groupe habitué à négocier avec l'Etat. Un groupe qui a par ailleurs un véritable projet, et qui ne cherche pas simplement à réduire ses coûts, mais à se développer. Il est dans une situation difficile, mais veillons à ne pas noircir excessivement le tableau, pour ne pas l'enfoncer. Ce qui aurait des conséquence en termes d'emplois, pour un groupe qui produit encore essentiellement en France.

Lire la suite

Le plan de restructuration de Peugeot - Citroën

12 Juillet 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     Les politiciens et  responsables syndicaux font assaut d'indignation face au plan de restructuration de Peugeot - Citroën. L'expression "crime social" a ainsi été employée. La SA Peugeot - Citroën apparaît comme un fossoyeur de l'emploi. Cependant, toutes ces déclarations manifestement excessives et théâtrales apparaissent comme une composante d'un plan de communication. L'idée est de montrer que le gouvernement se mobilise pour l'emploi. Que ce sont les entreprises, par leur comportement, qui sont fautives. Et que le gouvernement essaie vaille que vaille de préserver l'emploi, malgré ces mauvais comportements.

 

     Le gouvernement est d'autant plus véhément qu'il paraît totalement impuissant. De même pour l'opposition. Ces suppressions d'emplois interviennent malgré la politique économique menée depuis des années, par les différents gouvernements qui se sont succédés, sans grande différence entre la droite et la gauche. De même pour la politique menée par les syndicats. Même si Peugeot - Citroën a certes sans doute commis des erreurs stratégiques, ce plan de restructuration est aussi une illustration de l'échec de la politique économique menée par la France, et soutenue par la classe politique et les syndicats.

 

     Sous la présidence de Jean-Martin Folz, le groupe Peugeot - Citroën visait un objectif de 4 millions d'automobiles vendues. Il a accru ses capacités en Europe. Ce qui est apparu comme une erreur.

 

     D'autre part, la structure familiale du groupe l'a également handicapé. La famille Peugeot a toujours voulu maintenir une participation de contrôle dans le groupe. Elle accepte d'être dilué quand les circonstances l'exigent, comme aujourd'hui, comme sous la présidence de Jacques Calvet. Mais elle regagne son niveau de participation, quand le groupe propose des rachats d'actions auxquels elle ne participe pas. La comparaison avec Toyota fait ainsi contraste. La famille fondatrice de Toyota ne possède plus qu'un petit pourcentage d'un groupe qui fait partie des plus importants constructeurs mondiaux d'automobiles. A contrario, le groupe Peugeot - Citroën ne s'est pas autant développé. Il n'a ainsi qu'une part de marché de 3,4% en Chine, alors qu'il fut un des premiers à s'y installer, faute d'investissements. Et c'est seulement aujourd'hui qu'il passe à la vitesse supérieur, en concevant des véhicules spécialement pour les pays émergents, plutôt que de recycler ses vieilles plateformes. Ce qui est présenté comme une qualité, être un groupe familial, ne l'est pas forcément.

 

     Cependant, Peugeot - Citroën est aussi victime de la politique économique. Ainsi, le groupe a pu penser pouvoir augmenter ses capacités quand le marché européen était porteur. Mais, le marché était porteur car la BCE avait une politique monétaire très accommodante. Peugeot - Citroën a notamment profité de la croissance en Espagne, provoquée par les taux bas de la BCE, et les crédits à la construction des caisses d'épargne régionale d'Espagne, qui ont entraîné une croissance économique, et des ventes de voitures. Ceci est un bel exemple de mal investissement provoqué par une politique d'expansion monétaire, tel que cela est décrit par les économistes du courant autrichien.

 

     Le groupe Peugeot - Citroën peut aussi s'estimer victime des coûts du travail en France. La gauche a instauré les 35h, et démantèle aujourd'hui la loi TEPA, qui était une usine à gaz, mais qui avait au moins le mérite de redonner de la valeur au travail salarié, en supprimant les charges sur les heures supplémentaires. Les 35h ont à la fois augmenté le coût du travail, et augmenté l'intensité du travail pour les salariés. L'Allemagne avait ouvert la voie, mais de façon plus flexible. Et, dès que les effets néfastes sont apparus, les allemands ont rectifié le tir, organisant une stagnation, et même une baisse des salaires. Rien de tel en France.

 

     Les syndicats sont aussi responsables, refusant le pragmatisme économique allemand, au profit de l'idéologie, provoquant une augmentation du coût du travail finalement néfaste à l'emploi.

 

     Aujourd'hui, le gouvernement semble enfin conscient du problème du coût du travail. Mais, au lieu de diminuer la dépense, comme en Allemagne, il cherche à la reporter sur d'autres. Les entreprises paieront peut-être moins de charges, mais le consommateur en paiera plus.

 

     Le seul fait qu'un plan de 8 000 suppressions d'emplois dans un pays de plus de 60 millions d'habitants déclenche autant de réactions montre le désarroi des politiciens et des syndicats. L'Etat fait beaucoup de promesses. Il contrôle plus de 50% de la richesse créée dans le pays chaque année. Et pourtant, cette politique provoque des licenciements. Et pourtant, ces licenciements sont vécus comme un drame ce qui signifie que les licenciés ont peu d'espoir de retrouver un emploi. La politique économique, à base d'expansion monétaire , de déficit, et de réglementations ne serait donc pas favorable à l'emploi?

 

     Pire, le gouvernement veut une concertation avec Peugeot - Citroën. Alors que l'Etat est omniprésent dans nos vies le gouvernement veut se reposer sur l'entreprise privée. Un plan de sauvegarde de l'emploi n'est rien d'autre que l'obligation faite à une entreprise de reclasser ses salariés, malgré le poids de l'Etat dans l'économie.

 

     Il ne reste qu'à espérer que tout cela ne soit que gesticulations. Il serait regrettable d'empêcher Peugeot - Citroën retrouver des forces. Rappelons que ce groupe privé produit plus en France que le groupe automobile dont l'Etat français est actionnaire. Qu'il a une stratégie de montée en gamme pour continuer à produire en France, notamment dans les petits véhicules, alors même que Volkswagen ne produit pas la Polo en Allemagne. Un redressement de Peugeot permettrait un redressement industriel en France. L'Etat devrait accompagner ce redressement plutôt que de le fustiger. S'il veut vraiment dépenser de l'argent public en faveur de l'automobile, qu'il finance plutôt la reconversion des salariés de Peugeot - Citroën, ou un accompagnement de quelque nature que ce soit, plutôt que d'entraver le redressement d'une firme pour qui la France reste un centre industriel primordial.

 

     Ce sont des vies humaines qui sont en jeu. Il serait temps d'abandonner l'idéologie, et de penser à l'être humain.

Lire la suite