Analyse Libérale

Revue du web: l'éolien, la lutte contre la pauvreté en Inde

23 Janvier 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Voici deux articles intéressants et qui méritent d'être partagés découverts sur la toile mondiale.

 

Un premier article de ParisTech Review, Eole en Stock, qui décrit les problèmes posés par l'intermittence de la production d'énergie éolienne, ainsi que les solutions technologiques proposées. Un article pour une fois sérieux et scientifique sur l'éolien.

 

Le second article est en fait une vidéo, qui décrit comment le capital permet à des indiens de sortir de la pauvreté: Inde, le capital contre la pauvreté.

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Absence de débats sur la crise

22 Janvier 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Le traitement de la crise dans les médias, par les journalistes, les politiciens, les chroniqueurs et les experts, se résume à des appels à plus de réglementation, plus d'interventionnisme, allant même jusqu'au protectionnisme, à plus de dépenses, à une dénonciation de "l'ultra-libéralisme", de l'esprit de lucre, de la cupidité. Chacun assène sa vérité anti-libérale, et sa proposition interventionniste. Il n'y a aucun débat, aucune leçon tirée du déclenchement ni de l'origine de cette crise. C'est la faute à l'ultra-libéralisme, ita missa est!

 

     Aucune analyse sérieuse, ou presque. La finance est pointée du doigt comme étant à l'origine de la crise. Elle doit donc être régulée. Problème: elle l'est déjà! La finance, les banques, n'obéissent pas aux règles de l'économie de marché. C'est la réglementation qui définit la notion de risque, qui oriente les investissements. Ainsi, les établissements financiers se sont rués sur les titres adossés aux prêts subprime car ils étaient considérés comme sans risque par la réglementation. De même, c'est la réglementation qui a donné leur pouvoir aux agences de notation, qui sont aujourd'hui pourfendues.

 

     La réglementation évolue suite à la crise, mais toujours dans la même direction. Le problème majeur ne fait l'objet d'aucun débat. Ce problème est de savoir si la réglementation peut déterminer le risque. Ce qui signifie que tous les établissements financiers suivent la même politique d'investissement. C'est la voie qui continue d'être suivie. Une agence de notation européenne est même évoquée. Sachant qu'elle aurait à noter les pays européens, ne serait-elle pas juge et partie?

 

     Le libéralisme propose comme solution la liberté et la responsabilité. Chaque établissement financier fait ce que bon lui semble. Sauf à utiliser la force, la contrainte, contre autrui: ne pas mélanger libéralisme et loi de la jungle. Le libéralisme obéit à des règles. En contrepartie de cette responsabilité donc, chaque établissement financier assume ses pertes.

 

     Le libéralisme peut être contesté. Une autre solution peut être proposée. Mais il ne faut pas accuser le libéralisme là où il n'y a pas de libéralisme. Et il faudrait au moins débattre du problème de fond. Ce débat est inexistant.

 

     Au delà des marchés financiers, la crise trouve son origine dans la politique monétaire des USA. La Fed a mené une politique très souple, maintenant longtemps les taux d'intérêt à des niveaux très bas. Le gouvernement US a encouragé, sinon obligé, le crédit à des foyers peu solvables, en assouplissant notamment les conditions de rachat de crédit hypothécaire par les deux organismes de refinancement Fannie Mae et Freddy Mac. Cette politique faisait l'objet de louanges de la part des "experts". Elle favorisait un effet richesse : la valeur des biens immobiliers augmentait, ce qui engendrait la possibilité de prendre un nouveau prêt hypothécaire sur le bien, ce qui soutenait la consommation, et donc la croissance. La BCE était elle considérée comme trop frileuse.

 

     Il n'y a aucune remise en cause de cette politique. C'est le silence total. Au contraire, maintenant le soutien des banques centrales est réclamé pour les dettes des Etats. Alors même que la crise provient du crédit.

 

     Une fois encore, le libéralisme ne peut être mis en cause : il est contre ce genre d'intervention. Sur le plan monétaire, les positions libérales sont diverses, entre le retour à l'étalon or, et la privatisation de la monnaie. Mais, au moins, le débat existe. Il n'y a aujourd'hui aucun débat public sur le rôle de la monnaie dans l'économie.

 

     Pire encore, en matière monétaire, il y a désinformation. Ainsi, il est sous-entendu qu'avant une loi de 1973, surnommée loi Pompidou-Giscard-Rothchild, la Banque de France pouvait financer indéfiniment le gouvernement français. Alors même que depuis les accord de Bretton woods, en 1944, la création monétaire française était contrainte par les stocks de la Banque de France en dollar. La France n'a par ailleurs jamais eu un accès aussi avantageux à l'endettement que depuis l'avènement de l'euro. Et elle en a profité.

 

     L'histoire économique elle-même est réécrite. Ainsi quand est évoquée la crise de 1929, le keynésianisme est présentée comme ayant redressé l'économie. Or, la reprise s'est appuyée après guerre sur la mondialisation du commerce, avec les accords du GAAT, et une discipline monétaire avec ceux de Bretton Woods déjà cités. Et cela en désaccord avec le théories keynésiennes. La réalité est singulièrement simplifiée. Ce qui n'est pas neutre quand des propositions à la crise actuelle sont faites, tel le protectionnisme, ou la création monétaire. C'est justement le contraire qui a permis les trente glorieuses! Cela mériterait au moins réflexion. D'autant que les politiques keynésiennes à base de dépenses publiques et de déficits n'ont abouti à aucune reprise économique. Cela devrait au moins mener à une réflexion sur les modalités de l'interventionnisme, de la mise en œuvre du keynésianisme.

 

     Aucun de ces débats n'est sur la place publique. Et pourtant, nous sommes à la veille d'une élection présidentielle. Quelles que soient les opinions de chacun, la confrontation avec ces débats, avec les faits, devraient être considérés comme indispensable. Au lieu de cela, c'est une dénonciation d'un ultra-libéralisme inexistant, et un juqu'au-boutisme néo-keynésien irréfléchi, les économistes étant plus pressé de vouloir convaincre les masses que de se coltiner les problèmes réels.

 

     Le keynésianisme est peut-être une solution, mais sous quelles modalités? Là devrait au moins être le débat. Le libéralisme pourrait être quelque peu considéré également. Une politique n'est jamais l'application stricte d'une théorie économique. Elle emprunte aux uns et aux autres, avec une ligne directrice plus ou moins forte. Avec un débat économique aussi indigent, la politique économique ne pourra être que catastrophique.

 

     Le débat est indispensable en démocratie. La France n'est donc pas une vraie démocratie sur le plan économique. Le débat est indispensable pour se faire une opinion. Comment le citoyen lambda, qui n'a pas de bagage particulier en économie, qui doit gagner sa vie, aller chercher les enfants à l'école, répondre à leurs multiples sollicitations, prendre un peu de repos, pourrait-il se faire une opinion avec le peu de temps qui lui reste pour s'informer? Et quel choix au moment de voter?

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Propriété intellectuelle

21 Janvier 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Voici un article très intéressant sur le droit d'auteur et le copyright dans la pensée liberetarienne : Propriété intellectuelle, le point de vue libertarien.

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Capitalisme et connivence

21 Janvier 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

Le capitalisme est accusé de connivence. Pourtant, les termes "capitalisme" et "connivence" sont par définition antinomiques. Au contraire, le dirigisme est un cadre idéal pour la connivence.

     Une nouvelle expression est apparu en économie dans les médias: le capitalisme de connivence. Elle désigne une économie dans laquelle la réussite dépend des relations avec le pouvoir. Cependant, l'association des termes "capitalisme" et "connivence" est contradictoire. En effet, le capitalisme, par définition, empêche cette connivence avec le pouvoir.

     Cette association antinomique provient, d'une part, d'une déformation du concept de capitalisme. Et, d'autre part, d'une application abusive du concept pour décrire le monde contemporain.

     Le terme capitalisme est utilisé, généralement, pour désigner l'économie de marché. Ce qui est correct. Sont ainsi opposées économie capitaliste et collectiviste. Cependant, dans le langage courant, le capitalisme est plutôt utilisé pour décrire une économie dominée par les grandes firmes. Les capitalistes  sont ainsi les riches actionnaires des grandes firmes, les financiers. A contrario, un artisan ne sera pas considéré comme un capitaliste. Cette perception provient, sans doute, du marxisme, qui définit le capitalisme comme l'exploitation du prolétariat, des salariés donc. Par conséquent, qu'une connivence s'installe entre le grand capital et les gouvernants est inévitable, les capitalistes voulant pérenniser leur puissance, et l'accroître de plus en plus, au détriment de la majeure partie de la population.

     C'est donc une vision du capitalisme inspirée du marxisme qui domine. C'est une opinion sur le capitalisme, sur ses conséquences supposées, et non sa définition. En effet, le capitalisme désigne bien l'économie de marché. Et celle-ci est le versant économique du libéralisme. C'est-à-dire que le capitalisme fait partie d'une doctrine qui défend la liberté, le droit de chacun s'accomplir dans sa vie. La liberté exclut que quiconque prenne  le contrôle de l'économie. Par conséquent, la connivence est difficile, sinon impossible, car elle est combattue.

     A ces principes capitalistes, il est généralement répondu que le "laisser faire" provoque forcément la main mise des "capitalistes", dans le sens du "grand capital", sur l'économie. Il y a là une confusion, involontaire pour le commun des mortels, mais plus problématique de la part d'un économiste. Le "Laisser faire" ne signifie pas absence de règles, des règles qui ont pour but d'empêcher quiconque de prendre le contrôle de l'économie à son profit. Même dans une économie sans Etat, prônée par certains libertariens, il y a des règles. Des règles qui empêchent la connivence.

     A cette définition du capitalisme est opposé le concept de "capitalisme réel". L'application du capitalisme mènerait à la connivence, à la concentration des pouvoirs entre les mains des riches capitalistes, contrairement à ce que prétend la théorie. La preuve en serait apportée par la crise actuelle. Pourtant, est-ce qu'une économie dont la dépense publique représente 40% du PIB peut être qualifiée de capitaliste? Est-ce qu'une politique monétaire de soutien à la croissance peut être qualifiée de capitaliste? Est-ce qu'une économie dans laquelle la notion de risque, en matière financière, est définie par la réglementation, est capitaliste? Est-ce qu'une économie qui encourage, est même contrait les banques à accorder des crédits à des personnes insolvables est capitaliste?

     Cette économie décrite ci-dessus, ce sont les États-Unis d'Amérique. Celle-ci peut-elle être qualifiée de capitaliste? De réellement capitaliste, alors que la puissance publique intervient autant dans la sphère financière? Une politique est souvent mixte, appliquant différentes préconisations, contradictoires même. Les économies des pays développés appliquent des principes capitalistes. Comme la liberté de création d'entreprise, qui a permis  à des entreprises comme Apple, Cisco, Dell, de se créer et de se développer. Mais de nombreux principes anti-capitalistes, dirigistes, sont également appliqués. Notamment dans le secteur monétaire, puisqu'aux USA la Fed a pour mission de soutenir la croissance par la politique monétaire, et que différentes réglementations annihilent les mécanismes de marché sur les marchés financiers (cf: Crédit bancaire US depuis 1973Le surprenant pouvoir des agences de notation, et Le pouvoir de la notation est un effet des réglementations). Or, c'est justement de ce secteur que vient la crise, et c'est celui-ci qui est accusé de connivence.

     Par conséquent, le capitalisme ne peut pas être accusé des soucis de connivence de l'économie contemporaine. Il n'y a pas un "capitalisme réel" qui aurait des effets différents des idéaux capitalistes. Cela, d'abord, car l'économie contemporaine n'est pas réellement capitaliste. Ensuite, les dysfonctionnements dénoncés proviennent d'un secteur soumis au dirigisme, pour éviter justement les excès supposés du capitalisme. Ce qui est d'ailleurs logique : le dirigisme, qui soumet l'économie à un pouvoir, engendre logiquement des problèmes de connivence. Il est plus facile d'établir une connivence quand une politique économique est dirigiste, que lorsqu'elle refuse de favoriser tel ou tel comportement.

     En conclusion, capitalisme et connivence sont antinomiques, d'abord par définition, car le capitalisme combat la connivence, et ensuite dans la réalité, car les soupçons de connivence concernent essentiellement la finance, un secteur où c'est le dirigisme qui domine.

     Le souci de connivence pose la question du dirigisme : comment éviter la domination de l'économie par les puissants quand l'économie est entre les mains d'un petit groupe? Le capitalisme répond à cette inquiétude en restreignant le pouvoir d'ingérence. On peut être pour, on peut être contre. Mais il y a là une conscience du danger. Par contre, les dirigistes accusent un capitalisme réel inexistant de ces problèmes de connivence, alors que ce danger est inhérent au dirigisme, qui ne l'envisage pourtant pas.


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Présentation vidéo de l'école autrichienne d'économie

13 Janvier 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

Voici deux liens vers deux courtes vidéos de 15 minutes chacune dans lesquelles le professeur Hulsmann, de l'université d'Angers, présente l'école autrichienne d'économie, et sa continuité avec les classique. Une excellente présentation, et une excellente initiation pour découvrir ce courant, de plus en plus d'actualité aujourd'hui.

 

L'école autrichienne, première partie.

 

L'école autrichienne, seconde partie.

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La privatisation du social

12 Janvier 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

    Anne Coffinier, fondatrice de Créer son école, déclare dans Contrepoints qu'il y a environ vingt ouvertures par an d'écoles indépendantes en France. Ce sont des écoles totalement privées, sans aucun financement publique. Ces créations d'écoles peuvent paraître surprenantes pour le pays dans lequel l'éducation publique est une institution primordiale. Elles illustrent une sorte de privatisation larvée des services publics en France.

     En effet, dans des domaines considérés comme essentiels, tels que l'éducation, la santé, les français sont de plus en plus obligés de se prendre en charge. Et cela bien qu'il n'y ait aucun désengagement de l'Etat en la matière. Il y a paradoxalement une augmentation de la dépense publique.  Dans ce contexte, alors qu'ils sont critiqués sur ce point, ce sont les libéraux qui paraissent se préoccuper le plus du social.

     Les écoles indépendantes sont un exemple extrême en matière d'éducation. Dans  ce domaine, la privatisation est surtout illustrée par le développement des cours de soutien. Dans un autre domaine, les écoles de commerce ont aussi le vent en poupe. De plus en plus, les chances de réussite scolaire de l'enfant dépendent du niveau d'éducation des parents ou de l'épaisseur  de leur portefeuille.

     En matière de santé, la situation est la même. Les dernières études montrent que les français se privent de soins. En  cause, notamment, les dépassements d'honoraires. Mais aussi les soins dentaires, les lunettes. Ceux qui le peuvent souscrivent des assurances complémentaires, ou bénéficient de celle de leur entreprise.

     Même dans le domaine de la sécurité, domaine régalien par excellence, la privatisation est en marche. Combien d'entreprises de sécurité en France? Combien de vigiles avec des chiens, pour assurer la sécurité de bâtiments, de chantiers?

     Cette privatisation du social ne provient ni d'un désengagement de la puissance publique, ni d'un manque de moyens. Au contraire, la dépense publique n'a jamais été aussi élevée en temps de paix, dépassant les 50% du PIB. Le nombre de fonctionnaires reste très élevé, même après les diminutions de ces dernières années. Par exemple, dans l'Education Nationale, il y a plus de professeurs par élèves en 2009-2010 qu'en 1995-1996.

Effectifs enseignants élèves 2009

     Les problèmes viendraient plutôt de l'organisation des services publics. La Cour des Comptes aborde régulièrement la question dans ses rapports, comme dans celui intitulé explicitement  Organisation et gestion des forces de sécurité publique, qui critique l'organisation des forces de l'ordre.

     De même, régulièrement, les magazines sortent un dossier sur les économies possibles en matière de dépenses publiques. Un dossier du numéro de décembre 2011 de Capital est ainsi consacré aux « gaspillages publics ». Le numéro de Challenges du 5 au 11 janvier 2011 interroge Brigitte Domont, professeur à Paris-Dauphine, qui déclare que «contrairement à une idée répandue, la France ne manque pas de médecins. Elle est même surdotée avec 160 généralistes pour 100 000 habitants, contre 90 en moyenne dans l'OCDE. »

     La conséquence de cette privatisation larvée du social, conjuguée à un secteur public malgré tout conséquent, et à une dépense publique importante, est que dans certains cas les français sont obligés de payer deux fois pour un service efficace. Une fois par les prélèvements obligatoires, et une fois en payant le service. Ce qui entraîne des inégalités, tout le monde ne pouvant pas payer deux fois.

     Cette situation est de nature à conforter les arguments des libéraux. Ceux-ci considèrent que l'action de l'Etat doit être limitée, ou même que l'Etat doit être supprimé. Ils appliquent une sorte de principe de subsidiarité: l'Etat n'a pas à s'occuper des domaines dans lesquels il n'est pas efficace, et où l'initiative privée, elle, l'est. C'est aussi un principe de responsabilisation: chacun est responsable de lui-même.

     Par exemple, dans le domaine de l'éducation, certains libéraux proposent un système de vouchers, des bons permettant de payer l'école, inventé par Milton Friedman, et repris par Friedrich August Hayek. Ainsi, les parents peuvent  choisir une école privée dans laquelle ils souhaitent envoyer leurs enfants. Cela permet de d'encourager l'efficacité du système, en même temps que cela donne une liberté de choix aux parents. La Suède a institué ce système.

Les libéraux sont aussi partisans du salaire complet. C'est-à-dire que la totalité du salaire, charges sociales salariales et patronales incluses, est versé au salarié, qui peut alors choisir son assurance santé, et son système de retraite.

Ces propositions peuvent paraître radicales. Elles peuvent au moins servir d'inspiration, pour des solutions intermédiaires. En matière d'éducation, cela peut consister à demander aux parents s'ils désirent envoyer leurs enfants dans une école indépendante, qui donnerait un enseignement différent de l'école publique. Ceux qui souhaitent rester dans le public resteront dans le public, ceux qui veulent un autre type d'enseignement pourront en disposer, sans payer plus. Refuser de le faire, c'est se priver de solutions.

Dans le domaine de la santé, plus d'autonomie pourrait être donnée aux caisses d'assurance maladie. Certaines pourraient même être confiées au privé, aux mutuelles par exemple.

Ce genre de situation intermédiaire, de changement progressif, ne satisferait pas la plupart des libéraux, qui préféreraient un changement plus radical. Cependant, ce peut être une solution intermédiaire, et un compromis social. C'est à tout le moins une piste de réflexion.

      Dans une France où le "social" est mis en exergue, et "l'ultra-libéralisme" vilipendé, ce sont donc pourtant les libéraux qui proposent des pistes pour améliorer les services publics et la protection sociale, qui se dégradent, au point de devoir de plus en plus être compensés par le privé, malgré une dépense publique plus élevée que jamais. Ces pistes doivent être considérées si l'objectif est véritablement de maintenir l'éducation, la santé et les divers avantages que le progrès économique a apporté.



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Durée du travail en France et en Allemagne

12 Janvier 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

Une étude de l'institut COE-Rexecode vient de sortir, indiquant que la durée du travail des salariés français à temps plein est une des plus basses d'Europe. Elle est notamment plus basse qu'en Allemagne. C'est ce qu'en disent les médias du moins. 

 

La réalité du temps de travail est plus complexe. L'Allemagne comme la France ont pratiqué la réduction du temps de travail. L'Allemagne en privilégiant le temps partiel. Le graphique ci-dessous illustre bien la situation.

 

Réduction du temps de travail France Allemagne2 t

Ajoutons que les emplois à temps partiel sont mal payés, même en terme de salaire horaire. La France a également pratiqué la modération salariale lors du passage au 35h. C'est une constante, la réduction du temps de travail diminue le pouvoir d'achat potentiel.

 

Pour plus d'éléments de comparaison entre la France et l'Allemagne, ce blog comprend une rubrique dédiée, La France et l'Allemagne, et notamment l'article  France-Allemagne: croissance et emploi .

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Le capitalisme de connivence

8 Janvier 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

Une vidéo proposée par l'Institut Coppet.

 


 
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La sur-réglementation illustrée par la TVA sociale

3 Janvier 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

     La TVA sociale est un sujet récurrent depuis l'élection présidentielle française de 2007. C'est une mesure économique qui est mise en avant dans le but de favoriser la création d'emplois. Elle consiste à modifier la répartition des prélèvements obligatoires, en l'occurrence à baisser la part patronale des cotisations sociales sur les salaires, et à augmenter, pour compenser, la TVA. La baisse du coût du travail pour l'employeur devant favoriser l'emploi, notamment en rendant les entreprises françaises plus compétitives par rapport à leurs concurrentes étrangères.

 

     Le sujet ici ne sera pas de discuter de la pertinence de cette mesure en elle même, ce qui a déjà été fait. La TVA social servira ici à illustrer les effets de I'empilement de toutes ces réglementations destinées à améliorer le fonctionnement de l'économie. Au final, elles interfèrent entre elles, pour aboutir à des résultats fort aléatoires, bien éloignés du but initial.

 

     La TVA sociale consiste donc à augmenter la taxation sur les produits et services.Cette augmentation peut-elle être compensée par la baisse des charges sociales, pour avoir un effet neutre sur les prix? En fait, un des objectifs est clairement d'augmenter les prix des importations, pour les rendre moins compétitives. Les prix de l'énergie augmenteront donc également. Par conséquent, globalement, l'instauration de la TVA sociale se traduira par une augmentation des prix à la consommation.

 

     D'autant plus qu'il faut tenir compte de la réglementation sur les charges sociales. Il existe en effet tout une série d'abattement de charges patronales pour les salaires situés entre le SMIC et 1,6 fois le SMIC. Au premier janvier 2011, ce sont plus de 10% des salariés qui étaient payés au SMIC. Pour les employeurs de ces salariés, la hausse de la TVA entraînera une hausse des prix. Ce sont la plupart des employés en restauration rapide, beaucoup d'employés dans la distribution, dans les services. La TVA sociale entraînera donc inévitablement une hausse des prix.

 

     Une nouvelle réglementation entre alors en jeu: la revalorisation du SMIC. Dès que l'inflation atteint 2% depuis la dernière hausse du SMIC, ce dernier est augmenté. Et donc avec lui tous les salaires dont l'évolution suit au moins celle du SMIC, selon les différentes conventions collectives.

 

     Par conséquent, la TVA sociale est susceptible de provoquer une augmentation des bas salaires, qui ne sera pas compensée par les baisses de charges sociales patronales, car elles sont déjà réduites. Or, c'est justement le coût du travail non qualifié qui est considéré comme trop élevé en France, par rapport à la concurrence étrangère. Ajoutons que les hausses de salaires, combinées à la hausse de la TVA, pourrait mettre en difficultés certains secteurs, qui seraient obligés de faire... des coupes dans les effectifs.

 

     La TVA sociale peut donc avoir des effets inattendus, contraire à son objectifs, du fait de l'amoncellement des réglementations en France. Et ce d'autant plus que cette réglementation n'obéit à aucune cohérence, son but étant essentiellement médiatique: montrer que le pouvoir agit.

 

Sur le même sujet:

  La TVA sociale 

La TVA sociale et l'Allemagne

TVA sociale: les dégâts prévisibles de la pensée unique.

 

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