Analyse Libérale

Revue du web: le social en Suède et en Australie

11 Novembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

La politique étrangère n'est pas très bien traitée dans les médias français. Voici trois articles, bien documentés, pour rparer quelque peu ce manque. Deux articles concernent la Suède, temple de l'état providence, qui est bien absente des médias, malgré l'intérêt affiché en France pour le social. Sans doute parce que la politique suédoise dérange un peu en France. Un troisième article traite de l'intérêt général en Australie.

- Heureux qui comme les suédois ont su se réformer.

- L'évolution économique de la Suède.

- La méthode australienne de résolution des conflits sociaux.

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Vers une Europe Fédérale?

11 Novembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Le fédéralisme européen est présenté comme un remède à la crise actuelle. La gouvernance de l'euro, et de l'Europe, est critiquée, et les partisans d'une Europe fédérale considèrent que celle-ci serait plus efficace.

 

     L'objectif premier affiché est de réduire le financement globale de la dette pour les pays en difficultés. Le souhait est qu'une mutualisation de la dette au niveau européen provoque une baisse des taux d'intérêt des emprunts souverains pour les États fragiles. D'une part parce qu'ils seraient fondus dans un ensemble plus grand et plus puissant. D'autre part, parce que la création d'obligations européennes, les eurobonds comme elles sont souvent nommées, créerait un grand marché obligataire, très liquide. La liquidité signifie qu'en raison du volume des échanges les vendeurs trouveront plus facilement des acheteurs, ce qui réduirait l'amplitude des fluctuations. A contrario, quand le volume est plus faible, les acheteurs sont moins nombreux, ce qui accentue les fluctuations, et donc les hausses de taux.

 

     Cependant, au-delà de cet objectif, rien n'est proposé quant à la gouvernance concrète de l'Europe. Veut-on une simple mutualisation des dettes? Cette option est très aléatoire. Pour des pays comme l'Allemagne, et même la France, elle peut se traduire par un alourdissement du coût de la dette. En effet, ce peut très bien être le maillon le plus faible qui détermine le taux d'intérêt de la dette. En tout état de cause, l'addition de la Grèce, de l'Italie, de l'Espagne, de l'Irlande, et de la France, dont le déficit suscite des inquiétudes, c'est un gros morceau de la zone euro qui est en difficulté. La mutualisation des dettes ne changera pas grand chose.

 

     Les États-Unis d'Amérique sont montrés en exemple. Mais la dette de l'Etat fédéral US n'est pas la mutualisation des dettes des États fédérés. C'est la dette d'une seule entité, qui a sa propre politique, et qui est soutenue par la puissance de son économie. A contrario, un État fédéré peut faire faillite. C'est la cas du Minnesota par exemple. Beaucoup d’États fédérés connaissent par ailleurs des difficultés, comme la Californie, et doivent tailler dans leurs dépenses, de personnel notamment. Tout comme la Grèce aujourd'hui.

 

     D'autre part, si les USA peuvent obtenir des taux relativement bas (mais supérieurs à ceux de l'Allemagne) pour leurs emprunts, c'est parce qu'ils inspirent confiance. D'abord, leur monnaie reste l'instrument des échanges internationaux, acceptées partout sur terre. Ensuite, les USA ont quand même un peu de marge sur le plan fiscal. La pression en la matière est moindre qu'en France, ce qui signifie qu'il y a des possibilités d'augmentation des impôts. Enfin, et surtout, les USA ont une économie capable de rebondir. C'est de là bas que viennent les innovations, en informatique, en électronique, en biotechnologie, c'est là bas que s'invente le monde de demain. Les chercheurs s'installent là bas, les cadres vont y suivre leur MBA, les investissements d'avenir s'y dirigent, les entreprises étrangères y investissent pour y profiter de la dynamique d'innovation. L'économie US, flexible, est capable de se reconfigurer. Du moins, le monde y croit.

 

     Par conséquent, l'Europe fédérale n'épargnerait aucun effort aux pays qui la composeraient. L'équation resterait la même. Les problèmes de l'Europe resteraient, et les réformes seraient toujours nécessaires. Les pays courraient toujours le risque faire faillite. Rien a voir donc avec le mantra de certains politiciens, tel François Hollande qui réclame des eurobonds, qui semblent considérer qu'une mutualisation des dettes au niveau européen permettrait de maintenir les déficits et de relancer l'économie sans douleur.

 

     Une Europe fédérale serait-elle néanmoins plus efficace dans son fonctionnement? En effet, il est reproché à la zone euro d'avoir tardé à prendre la mesure du problème des dettes souveraines, et d'avoir un processus de décision long.

 

     Cependant, l'exemple des USA montre qu'une fédération peut connaître les mêmes problèmes. Ainsi, sous la présidence de Bill Clinton, comme récemment sous celle de Barack Obama, le Congrès des Etats-Unis d'Amérique a tardé à trouver un accord sur le relèvement du plafond de la dette fédérale, provoquant même un début de blocage de l'administration sous Clinton.

 

     Une fédération n'est pas une structure simple généralement. La Belgique en est un exemple. En Allemagne, les Landers ont leur assemblée, le Bundesrat, qui a un réel pouvoir, face au Bundestag. De même, le Congrès des États-Unis d'Amérique est composé de la chambre des représentants et du sénat, ce dernier représentant les États fédérés. Par ailleurs, les États ont un réel pouvoir d'organisation aux USA. Certains cultivant leurs particularismes, comme la Louisiane, organisée en paroisses et non en comtés. Les pouvoirs des États fédérés sont très étendus. Le Delaware est ainsi célèbre pour sa législation qui permet aux sociétés de se protéger plus facilement des OPA.

 

     Cet empilement ne facilite pas la gouvernance. Ces pays doivent cultiver les vertus de négociation et de consensus. Ce qui prend du temps.

 

     Est-ce à dire que l'Europe fédérale ne servirait à rien? La construction européenne est un grand progrès, qui apporte beaucoup en ces temps de crise: les pays se parlent, négocient, coopèrent. Bien sûr, cela ne se passe pas sans heurts, il y a des débats, c'est inévitable. Ce serait le cas dans une fédération. Politiquement, l'Europe se construit, et constitue un assemblage inédit. Par exemple,la politique en matière de défense des pays est différente, alors que c'est une politique commune dans une fédération. Il y a un axe franco-allemand en économie, et franco britannique en matière de défense. Cela donne une construction à géométrie variable, mais qui ne fonctionne pas si mal.

 

     Des progrès sont souhaitables, certes. Une fédération est une des possibilités. Ce ne serait pas un abandon de souveraineté, si on considère tout ce qui dépend de l'Europe aujourd'hui. On nous fait voter des traités en nous traitant d'anti-européens si on ne les vote pas, alors qu'ils concernent des choses complexes, dont on ne parle jamais. Notre droit, en matière social, pénal, etc, dépend de plus en plus de l'Europe. Une Europe fédérale, sous le contrôle d'un sénat et d'une chambre des représentants, pourrait être plus démocratique, respecterait mieux peut-être la souveraineté des différents pays.

 

     Mais une Europe fédérale n'effacerait pas les réalités. Elle n'effacerait pas la crise. Faire croire que le fédéralisme suffirait à résoudre la crise est faux, et c'est un mauvais service à rendre à la construction européenne: on promet des miracles, qui n'auront pas lieu, et les peuples rejetteront l'Europe.

 

     L’Europe est un beau projet. Ce projet, c'est la paix. Ce projet traverse une épreuve, et ne s'en sort pas trop mal. Mais évitons de le torpiller, en le présentant comme ce qu'il n'est pas: un remède miracle.

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Crise: ce qu'on nous dit, et ce qu'on ne nous dit pas

7 Novembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      La manière de présenter les choses, en économie comme dans d'autres domaines, a son importance. Le choix de ce qui est mis en avant, et de ce qui est occulté, n'est pas neutre.

 

       Face à la crise actuelle, il est souvent fait référence à la grande dépression de 1929. La crise d'aujourd'hui est par exemple présentée comme la plus grave depuis celle de 1929. Le président de la Fed, Ben Bernanke, fait référence à cette dernière pour justifier son action.

 

      La comparaison est pertinente, car ces deux crises présentent des similitudes. Similitudes jusque dans la manière dont elles sont relatées.

 

      Ainsi, chacune de ces crises fait l'objet de deux explications différentes. Une première explication, "officielle", qui est enseignée à l'école, ou diffusée par les médias: la spéculation. En 1929, c'est la spéculation sur les marchés boursiers qui est accusée. Les marchés ont monté de manière exagérée, entraînant un krach, qui a entraîné la crise. Aujourd'hui, ce sont les titres subprime qui sont considérés comme responsables de la crise.

 

      La deuxième explication, moins connue, est monétaire. C'est la croissance exagérée de la masse monétaire qui est dans ce cas considérée comme responsable de la crise. Dans les années 1920, la banque centrale US, la Fed, a d'abord favorisé le gonflement de la masse monétaire, puis a resserré très fortement sa politique, pour la faire décroître. Ce qui a d'abord provoqué une période d'expansion, puis la dépression.

 

      Aujourd'hui, la Fed, et le gouvernement américain, ont également favorisé le crédit, c'est-à-dire la création monétaire, puisque le crédit est de la création monétaire. C'est ainsi que le marché immobilier a explosé, que la consommation a augmenté. Quand la crise s'est déclenchée, Ben Bernanke, qui a étudié la crise de1929, n'a pas resserré la politique monétaire. Il a au contraire ouvert les vannes, pour éviter la déflation. Il a même été plus loin en tentant de relancer l'économie par la création monétaire, avec sa politique de quantitative easing.

 

      Il y a un lien entre la création monétaire et les marchés financiers. La création monétaire favorise le développement de ces derniers. Mais les deux explications ont des conséquences totalement différentes. En mettant l'accent sur les marchés financiers, c'est le libre marché qui est accusé, qui met l'économie aux mains des spéculateurs. Ce qui entraîne une condamnation du libre marché, et une demande de plus d'intervention de la part de l’État.

 

      En mettant l'accent sur la création monétaire, ce sont les institutions qui contrôlent la monnaie qui sont en cause. En l'occurrence, la Fed et le gouvernement américain. Et aussi, le fait que l'un des objectifs de la Fed est de soutenir la croissance. C'est donc l'interventionnisme qui est fautif.

 

      Le fait de mettre l'accent sur l'une ou l'autre cause de la crise de 1929 et de celle d'aujourd'hui n'est donc pas neutre.

 

      Bien entendu, il y a également divergence sur les moyens de faire face à la crise. La thèse la plus couramment diffusée et celle de l'efficacité de la relance keynésienne, à travers l'emblématique New Deal, qui est considérée comme ayant rétabli l'économie. Tandis que d'autres démontrent au contraire que le keynésianisme a ralenti la reprise.

 

      Discuter du keynésianisme n'est pas le sujet ici. Par contre, il est intéressant de noter quelles ont été les leçons tirées de la crise, et ce qui en a été retenu aujourd'hui.

 

      La thèse dominante est celle de la nécessité de l'interventionnisme. Logiquement, ce courant retient comme mesure emblématique de la crise de 1929 une réglementation. C'est le fameux Glass-Steagall Act, qui sépare les banques de dépôt et d'investissement. Mesure qui revient d'actualité aujourd'hui.

 

      Par contre, deux mesures très importantes, qui ont été prises pour éviter une nouvelle crise, mais ne sont pourtant pas rattachées à la crise de 1929 quand elles sont évoquées.

 

      Il s'agit d'abord du système monétaire issu des accords de Bretton Woods. Ce système était une sorte d'étalon or indirect. Les monnaies étaient définies par rapport au dollar, et le dollar était basé sur l'or. Le FMI supervisait le système.

 

       Ce système avait été conçu pour éviter les désordres monétaires des années trente. Les pays effectuaient des dévaluations sauvages, pour assurer leur compétitivité, ou en catastrophe, quand ils ne pouvaient pas soutenir leur monnaie. La création monétaire était donc contrainte. Sauf pour le dollar, bien sûr, ce qui causera la fin de ce système.

 

      La deuxième mesure issue de la crise est constituée des accords du GATT. La crise avait entraîné des mesures protectionnistes, qui l'ont en fait aggravée. Par conséquent, avec les accords du GATT, a été lancé un mouvement de libre échange mondial, qui a commencé après guerre.

 

      Là encore, mettre l'accent sur une mesure, plutôt que les autres, n'est pas neutre. Quand la mondialisation est dénoncée, il n'est pas opportun de rappeler que les accords du GATT ont été développés en réponse à la crise de 1929. De même, aujourd'hui, la monnaie est utilisée pour relancer l'économie. Un système dérivé de l'étalon or paraît donc trop contraignant. D'autre part, rappeler que Bretton Woods tirait les leçons de la crise serait rappeler les causes monétaires de celle-ci.

 

      Au XIXème siècle, l'économiste français Frédéric Bastiat insistait sur «ce qu'on voit, et ce qu'on ne voit pas». Ainsi, quand une vitre est cassé, l'opinion publique se dit qu'à quelque chose malheur est bon, puisque cela procurera du travail au vitrier, et alimentera l'économie. C'est ce qu'on voit. Mais, ce qu'on ne voit pas, c'est que l'argent ainsi dépensé aurait pu être dépensé autrement. Chez un cordonnier, par exemple, pour se faire fabriquer des chaussures.

 

      Aujourd'hui, dans la manière de présenter la crise, ainsi que celle de 1929, il y a en quelque sorte ce qu'on nous dit, et ce qu'on ne nous dit pas. Ce qui est mis en avant, propagé auprès de tous, et ce qui est mis de côté, absent des débats.

 

 

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La rigueur promise par Fillon

7 Novembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Le premier ministre François Fillon doit annoncer ce lundi le budget pour 2012, le plus rigoureux depuis 1945 a-t-il promis. Aussitôt, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, déclare qu'il est «hors de question d'accepter cette nouvelle austérité».

 

      Dans des pays comme la Suède et l'Allemagne, toutes les parties ont accepté la réalité, et ont soutenu la réduction des dépenses publiques. Les syndicats allemands ont même soutenu la modération salariale, pour la compétitivité de l'industrie de leur pays.

 

     La France ressemble plus à la Grèce, où les protagonistes s'affrontent, dans de petits calculs politiques, même quand le pays est au pied du mur. L'année électorale ne va pas arranger les choses, les socialistes réclamant des eurobonds pour pouvoir dépenser à tout va.

 

     La Suède et l'Allemagne n'ont rien pourtant de pays ultra-libéraux. Au contraire, la Suède est le pays de l'Etat providence. Ses habitants ont compris que pour sauver le social, il fallait créer de la richesse et mieux gérer l'Etat. Si seulement la France pouvait suivre l'exemple suédois...

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Les effets de la démondialisation

6 Novembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

      Face à la crise économique, l'étranger est sur le banc des accusés et les partis politiques appellent à s'en protéger. C'est la ligne politique du Front National, qui prône protectionnisme et préférence nationale. C'est aussi un thème au Parti Socialiste, avec la démondialisation d'Arnaud Montebourg. Enfin, la droite s'est emparé du thème, par Nicolas Sarkozy, qui a proposé de taxer les importations pour financer la protection sociale.

 

      Cette proposition de la droite résume une des principales raisons de la désignation de l'étranger comme responsable de la situation économique, et sociale, de la France. Les pays étrangers sont accusés de pratiquer du dumping social, ce qui les rendrait plus compétitifs, entraînerait les délocalisations, et expliquerait le chômage en France.

 

      Cependant, les chiffres mettent à mal cette démonstration. En effet, les échanges commerciaux de la France avec ses partenaires européens sont déficitaires. Pourtant, ces pays ont des exigences sociales similaires à celle de la France. A contrario, la France a connu un excédent dans ses échanges avec l'Afrique en 2009. Une zone qui ne brille pourtant pas par sa législation sociale. (Voir les tableaux sur Contrepoints).

 

      Par conséquent, le dumping social ne peut pas être la cause des problèmes économiques de la France. Et si d'autres pays parviennent à être plus compétitifs, malgré un système social équivalent, c'est peut-être que le nôtre est moins efficace, qu'il y a une marge de manœuvre pour en diminuer le coût sans diminuer le service rendu. Mais c'est un sujet sacrilège en France.

 

      Le protectionnisme aurait pour effet de laminer notre industrie. En effet, celle-ci est largement internationalisée, et exportatrice, pour permettre des économies d'échelle. Si le protectionnisme est appliqué par la France, il sera appliqué à son égard par ses partenaires commerciaux, ce qui fermera les marchés à l'exportation. Par conséquent, l'industrie ne pourra plus exporter. Sa production chutera, le chômage augmentera. La baisse de la production entraînera une baisse des économies d'échelle, et donc les prix augmenteront.

 

      Des marchés se fermeront à la France dans des secteurs très importants pour le pays, tel que l'aéronautique, l'électronique, le luxe, le tourisme. L'avenir des Louis Vuiton, Hermès, STMicroélectronics, Soitec, c'est l'Asie, l'Amérique du Sud. L'avenir du tourisme en France, c'est l'Asie.

 

      D'autant plus que la France est trop petite pour se passer du commerce international. Comment développer un jeu vidéo à une si petite échelle, comment développer une automobile à une si petite échelle? La mondialisation ouvre à la France des marchés qui permettent de rentabiliser des sociétés qui ne ne pourraient pas exister sans cela. Mais, repliée sur elle-même, la France ne sait pas développer ces opportunités.

 

      Appliquer le protectionnisme au niveau de l'Europe n'y changerait rien. D'abord, les partenaires de la France, dont le premier d'entre eux, l'Allemagne, exportent hors d'Europe. Ils seraient donc pénalisés, et la France aussi par ricochet. Ensuite, tous les secteurs cités plus haut dépendent du commerce extra-européen pour se développer. Enfin, et surtout, la balance commerciale de la France avec l'Europe est déficitaire. Par conséquent créer une zone protectionniste européenne ne servirait à rien du point de vue du raisonnement des protectionnistes.

 

      Le protectionnisme est un thème qui revient en temps de crise. Il a été mis en œuvre face à la crise des années 1929. Le résultat fut catastrophique (cf à ce titre La Grande Dépression démystifiée (1/2)), aboutissant à une terrible guerre. A contrario, au sortir de la deuxième guerre mondiale, une période de croissance s'est ouverte, bâtie sur deux piliers: une relative stabilité monétaire, avec un système d'étalon or indirect, bancal, voué à exploser, mais dont le monde a profité tant qu'il a tenu; et le développement du commerce international, avec les accords du GATT. Ces deux piliers tiraient les enseignements de la crise de 1929 et des erreurs des gouvernements durant cette crise.

 

      Les crises, qui laissent les populations désemparées, sont un terrain propice aux propositions simplistes et au populisme. Souvenons-nous du passé, pour ne pas refaire les mêmes erreurs.

 

(Sur le thème de la balance commerciale, lire aussi Commerce extérieur, balance commerciale )  

 

 

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Referendum grec: suite...

3 Novembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

     Les grecs ont le sens de la tragédie: n'ont-ils pas tout inventé en ce domaine? Voici donc que le premier ministre grec, Georges Papandreou, qui semble renoncer à un référendum sur le plan d'aide de la zone euro. Quelques jours à peine après l'avoir annoncé. Toute cette dramaturgie montre deux choses.

 

     D'abord, il faut éviter la dramatisation. Aujourd'hui, médias, politiques et institutions diverses réagissent à la moindre annonce, au moindre frémissement des marchés, par l'affolement. Aujourd'hui encore le nouveau président de la banque centrale européenne a baissé les taux d'intérêt par surprise, mesure qui apparaît bien inutile.

 

     L'annonce d'un référendum a aussi permis d'envisager la sortie de la Grèce de l'euro, et de voir que c'était possible.

 

     Ensuite, dans une crise, il ne faut pas oublier le facteur politique. Quel but vise le premier ministre Georges Papandreou? Ce référendum visait-il l'Europe, ou simplement des considérations de politique intérieure?

 

     Celui que le Figaro qualifiait de ministre sans charisme, celui dont on dit qu'il était un étranger dans son pays, car il a en partie été élevé à l'étranger, vient de faire un coup de maître: il a forcé et son parti, et l'opposition grecque, à se prononcer en faveur du plan européen.

 

     Les médias donnent peu d'information sur les pays étrangers. Notre vision est incomplète, et les événements apparaissent comme des surprises, comme les révoltes au Maghreb et en Egypte. Ainsi, en Grèce, le peuple protesterait plutôt contre l'injustice des mesures de rigueur que contre l'euro, même si c'est l'Europe qui sert de bouc émissaire. Un article rapporte que les lobbys pharmaceutiques ont réussi à éviter une baisse des prix des médicaments vendus aux hôpitaux. On peut remarquer qu'on n'entend pas parler d'impôt sur les armateurs.

 

     Enfin, il ne faut jamais sous-estimer les politiciens. Surtout ceux qui sont parvenus au pouvoir suprême. Ils ne sont jamais là par hasard. Georges Papandreou vient de le démontrer.

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Dette Grecque: la faute à la spéculation

2 Novembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

  Face au référendum prévu en Grèce sur le plan européen, la réaction du parti socialiste français, par les voix de Martine Aubry, première secrétaire, et François Hollande, candidat à la présidentielle, appelle à... plus de régulation des marchés financiers!

 

 

     Ce sont donc les marchés financiers, et la spéculation, qui sont la cause des problèmes de la Grèce! Si la Grèce ne peut pas emprunter à des taux bas, ce n'est pas parce qu'elle n'inspire pas confiance, ce n'est pas à cause de l'absence de maîtrise de ses déficits, mais à cause de la spéculation donc!

 

     Quel objectif le PS poursuit-il avec de tels propos? Quel que soit la régulation, à moins de forcer les institutions financières à acheter de la dette grecque, comme le gouvernement le fait avec ses banques, on ne voit pas quel type de réglementation pourrait aider la Grèce.

 

     Même des eurobonds ne ferait qu'augmenter les conditions de financement de toute l'Europe.

 

     Évidemment, face au peuple désemparé par la crise, la désignation d'un bouc émissaire est bien pratique. Cela évite aussi au PS de se remettre en cause, lui qui prône une politique de dépenses publiques, qui est une des causes de la crise actuelle.

 

     Enfin, au moment de faire un plan de rigueur, si d'aventure ils arrivent au pouvoir, comme le prédisent les sondages, ils pourront toujours accuser les marchés financiers.

 

    Un plan de rigueur serait d'ailleurs la meilleure chose que pourrait faire les socialistes en arrivant au pouvoir. Un scénario comme celui de 1981 serait proprement catastrophique. En 1981, les socialistes ont d'abord fait une relance massive, qui a entraîné une crise de la dette, et le plan de rigueur le plus mémorable pour le pays en tant de paix.

 

     Les socialistes ne tirent pas de leçons de cette époque, car, selon eux, c'est parce que la France était la seule en Europe à faire un plan de relance qu'il a échoué. Ce plan a profité aux autres pays.

 

     Une analyse absurde, puisque tous les pays, en réaction à la crise des années 1970, ont lancé des plans de relance, y compris la France sous Chirac. Devant l'échec de ces relances, qui entraînaient des problèmes de dette, cette politique a été ralentie. Ignorant ces leçons, les socialistes ont lancé un énième plan de relance.

 

     Cette situation va-t-elle se reproduire? Aujourd'hui, les déficits à l'échelle européenne entraîne une crise européenne de la dette, mais le PS s'enferre dans sa politique de dépenses publiques. Il appuiera pour augmenter l'endettement européen.

 

     Il faut espérer qu'il ne s'agit que de propos électoraux. Cependant, on attendait du PS plus de responsabilité. Mais il cherche toujours sa légitimité à la gauche de la gauche, euphémisme pour extrême gauche, plutôt que dans la sociale-démocratie.

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Conséquences du référendum prévu en Grèce.

1 Novembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

     Alors que la situation financière de la zone euro avait fait l'objet d'un accord, et semblait en passe de se stabiliser, le premier ministre grec Georges Papandreou a rétabli l'incertitude et l'instabilité en décidant de soumettre cet accord à référendum dans son pays.

 

     Les motivations du premier ministre grec prêtent à diverses suppositions: un message destinée à l'Europe, ou des motifs de politique intérieure, comme le rapporte Le Figaro.fr.

 

     Le plan du sommet de la zone euro n'en est pas pour autant obsolète. La partie concernant la Grèce est en suspens. Mais celle concernant le renforcement du FESF n'est pas impactée. Au contraire, elle est d'autant plus d'actualité face au renforcement de l'incertitude. D'autre part, la philosophie générale de la déclaration de clôture du sommet, qui va vers un renforcement de la discipline budgétaire, est elle aussi toujours d'actualité.

 

      Il est difficile de prévoir la suite des événements. Dans une période de crise, beaucoup de choses peuvent se produire. Pour le moment, la pression sur l'Europe est renforcée, et particulièrement sur les pays en difficultés.

 

     La BCE est aussi impliquée, car elle possède de la dette grecque, ainsi que des produits financiers grecs fournis par les banques grecques en échange de liquidités. Résultat d'une politique un peu aventureuse. Mais elle trouvera certainement un subterfuge pour se refinancer, il n'y a pas trop d'inquiétude à avoir de ce côté.

 

     La Grèce peut-elle sortir de la zone euro? C'est une possibilité, mais cela ne changera rien aux efforts que le pays devra faire. Quant à l'Europe, elle devra aider directement son système financier, qui possède des titres grecs, et qui sera entraîné par l'incertitude, plutôt que la Grèce. C'est tout.

 

     A ce stade, il faudrait se préparer à différentes hypothèses, comme un défaut de la Grèce, ou une sortie de l'euro de celle-ci. C'est un jeu politique qui est engagé. L'Europe doit montrer qu'elle est prête à toute éventualité.

 

     Il faut surtout garder son sang froid. Les marchés ont réagi fortement, mais il en est toujours ainsi: la première réaction est toujours forte. L'évolution des marchés n'est jamais linéaire, mais faite de soubresauts. Il ne faut pas s'en inquiéter excessivement.

 

     Le véritable test sera l'émission de dette par des pays comme l'Espagne, l'Italie, la Portugal, l'Irlande. A ce moment, tout dépendra des mesures prises par ces pays pour renforcer leur crédibilité. La zone euro disposant par ailleurs du Fonds Européen de Stabilité Financière pour les aider.

 

     L'Europe dispose des moyens de traverser la crise. Elle n'évitera pas les efforts. Et la politique empêchera des discussions sereines. C'est ainsi.

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