Analyse Libérale

Crise: l'Europe en accusation.

27 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Au forum économique de Dalian, en Chine, l'Europe a tenue le mauvais rôle, considérée comme incapable de faire face à la crise. De même, Barack Obama a affirmé que la crise de la zone euro effrayait le monde.

 

     La situation en Europe inquiète donc les USA et la Chine. Il y a là bien sûr un jeu diplomatique, les déclarations de ce genre n'étant jamais dénuées d'arrière pensées. Chacun voulant obtenir quelque chose de l'Europe. Cependant, si certaines inquiétudes de la Chine et des USA sont communes, leurs objectifs sont différents.

 

Les craintes et les incompréhensions

 

     L'Europe inquiète en raison de sa dette. La planète s'inquiète des conséquences d'une crise de la dette sur les banques européennes, et donc sur l'économie européenne. Un défaut de la Grèce en particulier de la dette de certains pays. La planète craint que les banques européennes ne soient pas en mesure d'encaisser un défaut de la Grèce, qui entraînerait par ailleurs une défiance vis-à-vis de l'Espagne, du Portugal et de l'Irlande, éventuellement de l'Italie, une contagion à d'autres pays de la zone euro n'étant pas à exclure.

 

     L'inquiétude résulte également d'une incompréhension du fonctionnement de l'Europe. Le processus de décision de la zone euro est considéré comme trop lent, les pays extérieurs soutenant un processus qui mènerait vers plus d'intégration.

 

     Cependant, sur ce point, la Chne et les USA peuvent-ils vraiment donner des leçons? Les USA viennent de voir leur note dégradée suite à leur immobilisme, engendré par l'incapacité à s'entendre entre la Chambre des Représentants et la Présidence. Quant à la Chine, le processus de décision est long et dépend de luttes internes, même si l'exécution est rapide une fois qu'une faction a gagné. La Chine fait face à un défi: son évolution. Elle a besoin de l'Europe.

 

Des objectifs différents.

 

     Cependant, les objectifs de la Chine et des USA envers l'Europe sont différents. Le secrétaire US au Trésor, Timothy Geithner, lors d'un sommet de la zone euro, avait réclamé plus de relance, plus d'intervention publique. Tandis que la Chine demande des restructurations, des efforts.

 

     Les USA veulent que l'Europe ouvre comme eux les vannes de la dépenses publiques. La Chine veut montrer que son système dirigiste, et anti-démocratique, est efficace, et veut inciter les européens à laisser ses entreprises racheter les leurs.

 

Conclusion    

 

     En conclusion, la Chine et les USA défendent leurs intérêts, et leur politique. L'Europe est réellement au milieu de difficultés, mais les conseils de ces amis bien intentionnés ne sont pas dénués d'arrière pensées.

 

     Ce qui est positif, c'est que la mondialisation a développé à la fois une telle élévation des niveau de vie, et une telle interdépendance entre les pays, qu'aucun n'a intérêt à faire la guerre à l'autre, comme à d'autres époques, malgré les différents points de vue.

 

     Cependant, la crise n'est pas finie, et la planète court à l'affolement. L'Europe, comme chaque pays européen, a encore des défis à relever, des choix à faire. Cela dans un débat très confus.

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L'Ecole Française d'économie: Destutt de Tracy.

25 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

La France a donné au monde des économistes reconnus, mais ignorés dans leur propre pays. Curieusement, c'est aux USA qu'ils sont étudiés. C'est là-bas aussi qu'ils semblent avoir eu le plus d'influence!

Voici un article remarquable de l'Institut Coppet qui résume, aussi brièvement que possible, la pensée deDestutt de Tracy (1754-1836), un de ces économistes de l'Ecole Française:  L'économie selon Destutt de Tracy.

C'est l'occasion de découvrir les économistes français, par un article paradoxalement traduit de l'américain!

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Mais qui dirige la Chine?

25 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Voici une présentation de ceux qui dirigent la Chine aujourd'hui:  Mais qui dirige la Chine? Zoom sur les nouveaux maître du monde.

 

L'occasion de découvrir le blog Réussir en Chine.

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Le manque de liberté économique favorise la corruption

25 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Voici un article très intéressant, car bien argumenté, sur la relation entre le manque de liberté économique et la corruption:  La liberté économique pour lutter contre la corruption en Inde.

 

C'est aussi l'occasion de découvrir ce nouveau webzine d'économie: In Eco Veritas.

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La grève

22 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     Un best seller aux Etats-Unis, vendu à plus de dix millions d'exemplaires, et publié en 1957, qui n'est toujours pas disponible en français. Alors même que, d'après une étude de la bibliothèque du Congrès des USA, ce livre est celui qui a le plus influencé les habitants de ce pays après la Bible.

 

     Ce livre est enfin édité en français, par les Éditions Les Belles Lettres, sous le titre de La Grève. Écrit par Ayn Rand, sous le titre Atlas Shrugged, il a vu ses ventes augmenter aux USA depuis la crise, comme si le peuple américain y cherchait une solution à son avenir. C'est dire l'aura dont bénéficie Ayn Rand.

 

     Ce roman décrit donc une grève. La grève des "hommes de l'esprit", scientifiques, artistes, travailleurs, entrepreneurs. Une grève qui paralyse le monde.

 

     La Grève invite à réfléchir sur ce qui fait tourner le monde, sur l'origine de notre mode de vie, sur l'origine du progrès économique et social. L'ouvrage est opportunément publié à un moment de crise économique, qui suscite une interrogation sur une éventuelle remise en question de notre société.

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Des écoles privées pour les pauvres

20 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Voici un article de Contrepoints sur un livre, The beautiful tree, qui traite des écoles privées destinées aux pauvres dans les pays en développement: Des écoles privées pour les pauvres. Un article intéressant, pour alimenter le débat sur l'éducation.

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Séparation banques de dépôts et d'affaires pour éviter les crises

18 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      La séparation de la banque de dépôt et de la banque d'affaires apparaît aujourd'hui comme une solution pour éviter à l'avenir une nouvelle crise financière, comme celle que nous connaissons. Cependant, si une telle séparation pourrait peut-être avoir une utilité, sans que ce soit certain, elle n'empêcherait pas une nouvelle crise: car la crise actuelle ne provient pas des marchés financiers, mais de la politique économique.

 

      Ce lundi 12 septembre 2011, la commission Vickers, chargée de redéfinir les règles régissant le secteur bancaire, a rendu ses travaux. Ses principales propositions sont de séparer les activités de banques de dépôt et de banques d'affaires, d'augmenter les fonds propres des banques, et la création de titres hybrides, des obligations qui se transformeraient automatiquement en actions en cas de problèmes.

 

      La commission Vickers reprend donc l'idée de séparer la banque de dépôt et d'affaires, à l'image de la Volcker's rule, qui consiste à limiter les activités pour compte propre des banques.

 

      L'objectif est de protéger les particuliers, et surtout le financement de l'activité économique, des placements spéculatifs des banques. Cette séparation est censée tirer les leçons de la crise économique actuelle, d'éviter les excès qui l'ont provoquée.

 

      Cependant, force est de constater qu'une telle séparation aurait été sans effet. Car la crise n'est pas financière, mais économique. La crise financière n'étant que la conséquence de la crise économique, comme la partie émergée d'un iceberg.

 

      La crise provient de la relance de l'économie par le crédit, initiée aux USA. Les conditions du crédit hypothécaire ont été assouplie par le président Bill Clinton. Le président de la Réserve Fédérale, Alan Greenspan, a maintenu les taux d'intérêt à des niveaux très bas. Cette situation a provoqué un boom de la construction immobilière, et donc le développement de ce secteur. S'en est ensuivi une augmentation de la valeur des maisons, qui a permis ce qui a été appelé l'effet richesse: les propriétaires voient la valeur de leur actif augmenter, ils peuvent contracter un nouvel emprunt correspondant à cette augmentation, emprunt qui leur permet de consommer, ce qui soutient le croissance économique, crée des emplois, qui à nouveau soutiennent la croissance. Un cercle vertueux.

 

      Le royaume Uni a également connu une hausse exponentielle de l'immobilier, et de la consommation à crédit. En Espagne, le crédit alimentait la promotion immobilière, qui est devenue un secteur hypertrophié par rapport au reste de l'économie.

 

      Les arbres ne montant pas jusqu'au ciel, la situation s'est retournée. Les prix ont tellement monté dans l'immobilier que les ménages ont eu des difficultés à rembourser. D'autant que l'assouplissement des conditions de prêts hypothécaires avait permis à des foyers de souscrire des prêts qu'ils étaient incapable de rembourser. Le marché de l'immobilier a chuté, l'effet richesse s'est inversé. Entraînant la récession.

 

      La séparation de la banque d'affaires et de celle de dépôts aurait-elle pu cependant empêcher la crise de liquidités? C'est peu probable. Ce genre de séparation peut éviter que des pertes de la banque d'affaires ne menacent la banque de dépôts, comme celles engendrées, par exemple, à la Société Générale, quand ont été découvertes les positions prises par le trader Jérôme Kerviel.

 

      Mais les fameux titres subprime, qui ont propagé la crise financière, n'étaient pas des titres spéculatifs. Ils pouvaient être acheté par une banque de dépôts, dans le cadre normal de ses activités, par exemple pour placer ses capitaux propres. Comme indiqué plus haut, l'effet richesse était considéré comme un cercle vertueux, et, à l'époque, la Banque Centrale Européenne, et la zone euro, étaient critiquées pour ne pas suffisamment encourager le crédit et la consommation.

 

      Aujourd'hui, d'ailleurs, l'interdiction prévue par la Volcker's rule d'interdire l'activité pour compte propre des banques de dépôts connaît des problèmes de frontières: ou commencent les activités pour compte propre, quand une banque, comme toute en treprise, doit utiliser des instruments financiers dans son activité habituelle. N'oublions pas que les instruments financiers ont avant tout une utilité dans l'économie réelle. Par exemple, les produits dérivés peuvent protéger les entreprises de l'évolution des prix des matières premières.

 

      Enfin, les USA ont longtemps vécu dans un système qui séparait la banque de dépôt de la banque d'affaires, depuis la crise de 1929. Par contre, la France n'a jamais connu cette séparation, et elle a développé un modèle de banque universelle. Or, les banques françaises ont bien résisté à la crise. Ce qui peut conduire à penser que cette séparation, qui peut être utile, n'est ni une garantie contre les crises, ni indispensable. D'autres moyens de contrôle pouvant exister, suivant les pratiques françaises en la matière.

 

     La séparation de la banque de dépôt de la banque d'affaires n'est donc pas une avancée pour éviter à l'avenir le genre de crise que nous connaissons aujourd'hui. Elle ne s'attaque pas au cœur du problème, qui est la croissance à crédit, c'est-à-dire par la création monétaire. Là devrait être le grand débat de notre époque: l'endettement, public ou privé.

 

 

 

 

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La Fayette

17 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

L'Institut Coppet a publié un excellent article sur La Fayette, personnage illustre de notre histoire. Dans un texte pas trop long, une remarquable synthèse de la vie de ce grand homme. A lire: La Fayette, inlassable champion de la liberté.

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La pauvreté aux USA et en France

13 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

      Le Figaro.fr donne le taux de pauvreté aux USA en 2010. Celui-ci s'élève à 15,1% de la population de plus de quinze ans. En France, en 2009, le taux de pauvreté, selon les critères européens, s'élève à 14,1%, selon l'INSEE.

 

      L'article du Figaro.fr précise que le bureau du recensement US indique que le seuil de pauvreté correspond en 2010 à un revenu de 22 314 dollars, soit 16 400 euros. L’Observatoire des Inégalités écrit que le seuil de pauvreté en France correspond à un revenu mensuel de 954 euros, pour le taux à 60%, qui est une norme européenne. Si on arrondit, largement, à 1 000 euros par mois, on obtient 12 000 euros par an.

 

      Le taux de pauvreté US est différent du taux européenn. Il n'est pas égal à 60% du revenu médian. Le revenu médian US, selon Le Figaro.fr, s'élève à 49 455 dollars, ce qui ferait un seuil de pauvreté, selon les normes européennes, de 29 673 dollars.

 

      Le taux de pauvreté des USA serait donc beaucoup plus élevé, selon les normes européennes. Cependant, un américain gagnant 16 400 euros par an est-il plus pauvre qu'un européen gagnant 12 000 euros par an? Cela peut dépendre des Etats US, mais, globalement, le coût de la vie n'est pas plus élevé aux USA. Le taux d'équipement des ménages en différents appareils ménagers est bon, les surfaces habitables confortables.

 

      En fait, les mesures sont différentes. Aux USA, on essaie de définir un seuil en dessous duquel une personne peut manquer de ce qui est considéré comme une norme pour vivre. En France et en Europe, on mesure plutôt l'inégalité. Ce n'est pas vraiment la pauvreté qui importe, ou le fait de manquer de quoi que ce soit, mais la différence de revenu entre les populations. La norme c'est 60% du revenu médian comme taux de pauvreté.

 

Ajoutons que la définition d'un seuil monétaire, par quelque moyen que ce soit, ne paraît pas significative. Par exemple, en France, il y a une énorme différence entre un locataire, qui gagnerait le SMIC, soit un peu au dessus du seuil de pauvreté, et un propriétaire, qui serait par exemple au minimum vieillesse. Le revenu disponible du propriétaire, dans ce cas, est supérieur. Il faudrait plutôt mesurer les conditions réelles de vie, tant les situations peuvent être différentes, à revenu égal, en province et à Paris par exemple.

 

Pourtant, c'est la pauvreté monétaire qui est mise en avant en France et en Europe. Ce qui indique une volonté, non pas d'améliorer les conditions de vie, mais d'égaliser les revenus. Le problème, c'est que les revenus peuvent très bien être égalisé dans la pauvreté. Ainsi, en France, on constate un tassement des revenus, les plus bas augmentant plus vite que les revenus moyens, tandis que les plus hauts revenus augmentent au même rythme que les plus bas ( Cf Inégalités, évolution des revenus ). Une réflexion sur la mesure de la pauvreté s'impose donc.

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Démissions à la BCE

11 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Monnaie

 

      L'économiste en chef de la BCE, l'allemand Jürgen Stark, a démissioné, invoquant des raisons personnelles. C'est le deuxième allemand qui démissionne de l'institution européenne, après Axel Weber. La raison de ces démissions est en fait l'opposition au programme de rachat de dette souveraine par la BCE. Ces démissions illustrent l'importance du débat au sein de la BCE, ainsi que la partie majoritaire.

 

      Pour comprendre l'enjeu du débat, quelques précisions sont nécessaires. Le cœur du débat est ce qui permet à la BCE de racheter la dette souveraine. Ce n'est pas avec des capitaux. C'est en créant de la monnaie. La BCE crée de la monnaie pour racheter de la dette. Ce qui est couramment désigné par l'expression "faire marcher la planche à billet".

 

      Statutairement, laBCE n'a pas le droit de financer les Etats européens. Elle a contourné cette interdiction en achetant la dette sur le marché secondaire. Elle n'achète pas la dette quand elle est émise par les Etats, sous forme d'obligations, mais elle rachète ces obligations à ceux qui les revendent sur les marchés financiers.

 

      Cette monétisation de la dette souveraine est réclamée par certains, pour, selon eux, soustraire la dette à la spéculation. La banque centrale pourrait également offrir un taux d'intérêt avantageux.

 

      Les opposants arguent des risques d'inflation. la création monétaire excessive fait chuter la confiance dans la monnaie, pour finir par bloquer l'économie. La BCE a été conçue sur le modèle de la banque centrale allemande, car le mark allemand était la monnaie européenne qui inspirait le plus confiance. Les allemands ont été traumatisés par la période d'hyperinflation de l'entre-deux guerres. Leur monnaie a été gérée de manière à ne plus connaître cet épisode.

 

      Mais d'autres rétorquent que l'inflation n'est plus un problème. Les prix à la consommation n'augmentant que très peu.

 

      Cependant, l'inflation n'apparaîtrait-elle pas dans d'autres marchés? par exemple, la crise actuelle ne viendrait-elle pas de l'inflation du marché immobilier US engendrée par le crédit facile? L'augmentation des cours des commodities, matières premières et agricoles, ne viendrait-elle pas des politiques de création monétaire américaines? L'inflation des prix à la consommation est repartie en Grande Bretagne, ainsi qu'en Chine, comme par hasard après des période de forte création monétaire.

 

      La question centrale est donc la création monétaire. Sont vainqueurs aujourd'hui ceux qui prônent la création monétaire pour financer les Etats, et les économies donc.

 

      Mais les conséquences de cette politique sont-elles correctement envisagées? N'y a-t-il pas un problème dans la manière d'appréhender l'inflation, uniquement à travers les prix à la consommation? C'est le message que font passer les démissions d'Axel Weber et de Jürgen Stark.

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