Analyse Libérale

CLOUD: de nouvelles hypothèses sur le climat

29 Août 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Une expérience nommée CLOUD, menée par le CERN, apporte une connaissance nouvelle en climatologie. Le but était de valider des hypothèses qui pourraient expliquer l'évolution du climat. Le thème est un peu complexe, mais le site du Flament Rose nous présente une vulgarisation très intéressante, que je conseille vivement de lire.

Cette expérience remet en cause les hypothèses du GIEC. L'intérêt de ce type d'article est de montrer que la climatologie n'est pas une science dont les modèles sont fixés. Elle est raversée de débats.

Prendre connaissance des différentes hypothèses est indispensable pour se faire sa propre opinion..

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La réduction des déficits selon François Fillon

24 Août 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

      Le gouvernement a présenté un plan de réduction du déficit budgétaire à la fois très timide, et sans projet politique.

 

      Le plan est timide car il vise, selon le tableau publié par Les Echos, et qui n'est malheureusement pas en ligne pour le moment sur les sites gouvernementaux, à peine 1,2 milliards d'euros de réduction de déficit pour 2011. Pour mémoire, le déficit était de 148 milliards en 2010. Et encore: 0,7 milliards sont des augmentations de prélèvements prévues, tandis que 0,5 milliards d'économies restent à décider.

 

      Il n'y a d'autre part aucun changement de politique. Il n'y a aucune remise à plat de l'ensemble des prélèvements. Le gouvernement augmente ou crée quelques taxes. Ce qui est significatif, c'est le fait que les niches fiscales sont, selon le terme consacré, "rabotées", et non supprimées.

 

      La gauche non plus ne prévoit pas de supprimer les niches fiscales. Celles qui seraient supprimées seraient remplacées par des niches "écologiques". A droite comme à gauche perdure une sorte de clientélisme, mêlé de marketing. Les niches fiscales servent à s'attirer des catégories d'électeurs, ou à afficher une politique, en faveur de l'innovation par exemple, avec le crédit d'impôt recherche. Sauf que malgré ce crédit d'impôt, les dépenses privées de recherche sont toujours à la traîne en France.

 

      Le tableau communiqué par le gouvernement est également une bonne illustration de la complexité des prélèvements en France: pour une réduction d'à peine plus d'un milliard, il faut tout un tableau.

 

      Une simplification des prélèvements auraient pourtant beaucoup d'avantages, tout en étant favorable à la classe moyenne. Cela permettrait de réduire les prélèvement sur les bas salaires, d'afficher une diminution du taux d'imposition tout en augmentant le rendement de l'impôt. (cf Flat tax et justice sociale, et Impôt progressif et justice sociale.)

 

      N'oublions pas non plus que la complexité a un coût, en personnel, en informatique, tous ces coûts de gestion. Une simplification permettrait des économies.

 

      D'autre part, aucune proposition d'économie. Pourtant, on découvre que l'assurance maladie paie pour des médicaments inutiles. Pourquoi ne pas réfléchir à une meilleure gestion? En Suède, temple de la sociale-démocratie, on détermine d'abord l'enveloppe budgétaire, puis on s'arrange pour que les dépenses ne dépassent pas cette enveloppe. Si nous ne réfléchissons pas sérieusement à dépenser mieux, nous nous retrouverons dans la situation de 1983, quand le gouvernement socialiste a mis en œuvre un plan de rigueur historique, subi par la classe moyenne.

 

      Il faudra nécessairement d'autres mesures, qui seront mises en place après l'élection présidentielle. Même si la gauche l'emporte. Elle fera peut-être une relance, comme en 1981. Mais l'Histoire a montré ce qui suivait.

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Libertariens et libertarianisme

23 Août 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      Le libertarianisme peut apparaître comme un barbarisme en langue française. Il s'impose pour désigner un courant intellectuel, qui a pour origine les USA, et qui renoue finalement avec les sources du libéralisme.

 

      Les primaires présidentielles aux USA contribuent à diffuser un nouveau terme dans les médias français, celui de libertarien. En effet, dans le scrutin informel de l'Iowa, Ron Paul, candidat déclaré libertarien, a fait bonne figure, en deuxième position. Le libertarianisme est un néologisme relativement récent dans la langue française. Il prend le pas sur le terme libertaire, qui était également utilisé. Il est une sorte de retour aux sources du libéralisme, après des décennies de domination de l'utilitarisme.

 

      Le terme libertarien s'inscrit dans un contexte américain. En effet, aux USA, le terme "liberal" a perdu depuis longtemps son acception originelle. Il ne désigne plus les théories désignées comme libérale en Europe. Il est plus proche de l'interventionnisme, de la social-démocratie. Les libéraux, au sens européen du terme, y sont qualifiés de "classical liberal".

 

      Dans La pensée libertarienne, Sébastien Caré écrit: « Initié au sortie de la guerre, activement développé dans les années 1960 et solidement institué la décennie suivante, le libertarianisme se donne comme une réponse à la crise rencontrée par le libéralisme depuis le début du siècle. Les libertariens qui se sont portés au chevet de leur aïeul agonisant dressent aussi un diagnostic récurrent: il aurait manqué à la doctrine un pouvoir d'abstraction semblable à celui qui a fait le succès du socialisme. La cause en est que le libéralisme aurait cessé d'être une philosophie politique appelant à l'imagination et investissant tous les domaine du vivre-ensemble, pour ne devenir qu'une doctrine économique, par trop concrète et pragmatique, et partant réduite à la défense d'un statu quo peu reluisant. »

 

      Le libertarianisme est ainsi une sorte de retour aux sources du libéralisme. Il abandonne la voie utilitariste des néoclassiques, qui raisonnent sous forme de calcul économique: la maximisation de l'utilité sous contrainte. Il revient à une réflexion sur l'être humain, sur la société, ses règles, sa dynamique.

 

      Il se situe dans la lignée de Tocqueville, de Locke, Popper, Mill, de tous ceux qui ont posé les bases de la réflexions libérale, au delà du simple calcul économique. C'est une vision de l'économie qui avait été conservée par les autrichiens, dont Hayek et Von Mises.

 

      C'est Hayek, qui n'aimait pas le terme de libertarianisme, auquel préférait la référence aux Whigs anglais, qui en a néanmoins a donné une bonne définition, dans un texte publié en annexe de La route de la servitude, et intitulé Pourquoi je ne suis pas conservateur: « Aux Etats-Unis, où il est presque impossible d’employer le mot « libéral » dans le sens que je lui ai donné, on lui a substitué le mot « libertarien ». Peut-être est-ce la solution ; pour ma part, je trouve ce mot bien peu attrayant et je lui reproche de sentir l’artificiel et le succédané. Ce que je souhaiterais serait un mot qui évoque le parti de la vie, le parti qui défend la croissance libre et l’évolution spontanée. Mais je me suis creusé la tête en vain pour trouver un terme descriptif qui s’impose de lui-même. »

 

      Le spectre du libertarianisme est très large. Sébastien Caré le fait aller d'Ayn Rand à Milton Friedman, en passant par Murray Rothbard, Ludwig Von Mises, Nozick ou Friedrich Hayek. Cette diversité montre que le libertarianisme n'est pas une théorie homogène. Les auteurs peuvent s'opposer sur des thèmes tels que la méthodologie, l'origine des règle de la société, ou encore la place et la taille de l'Etat. Le libertarianisme n'est pas une idéologie.

 

      Le libertarianisme est ainsi avant tout un courant intellectuel, qui fait renouer l'économie avec l'humanisme. Aujourd'hui, ses idées semblent en phase avec une partie de la population des USA. Reste à voir ce que la politique reprendra de ce courant.

 

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Août 2011, coup de chaud sur les banques européennes

20 Août 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Jeudi 18 août 2011, les banques européennes ont connu une petite frayeur. En effet, la Fed, la banque centrale américaine, s'est inquiétée des liquidités des filiales américaines des banques européennes. Ce qui a suscité des interrogations sur la solidité de ces banques. Certaines, notamment les banques espagnoles, dépendant encore beaucoup du refinancement par la banque centrale européenne.

 

      Le superviseur US veut limiter ses coûts, et s'en prend logiquement aux banques étrangères, car il serait accusé de casser la croissance s'il s'en prenait aux banques US. Il crée ainsi la méfiance, agitant le spectre de 2008, quand les banques ne se faisaient plus confiance, bloquant ainsi le financement de l'économie.

 

      Pourtant, nulle question de suprime ou autre montage financier aujourd'hui. Ce qui montre que l'origine du problème n'est pas tant l’ingénierie financière, que le crédit ou le prêt excessif.

 

      Hier, ce sont les doutes sur la solvabilité de l'emprunteur américain qui ont semé le doute. Les banques qui avaient dans leurs comptes des prêts américains, sous forme de subprime, n'inspiraient plus confiance. Comme l'exposition à ces prêts des différentes banques n'étaient pas connue, ainsi que le niveau de risque, aucune banque ne faisait confiance à aucune autre. Peu aurait importé que les titres ne soient pas des titres subprimes. Toutes les obligations de banques américaines auraient prêté au doute.

 

      On le voit aujourd'hui, alors que l'inquiétude provient de prêt autrefois réputés sans risque: les prêts souverains. Il n'y a là aucun montage financier. C'est le fait que les emprunteurs sont susceptibles de faire défaut qui déclenche les inquiétudes.

 

      C'est la montagne de dettes sur laquelle l'économie mondiale est assise qui suscite l'inquiétude. Dette privée comme publique. Pendant ce temps, certains, comme le keynésien Paul Krugman, appelle à plus de dépenses, donc d'endettement.

 

      Là est la question, finalement. L'économie mondiale peut-elle dépendre de l'endettement? La théorie dominante, le néo-keynésianisme, appliquée par les gouvernements, prétend que oui, la relance permettant de payer les dettes. Seulement, cela fait si longtemps que les pays s'endettent. N'est-il pas temps de revenir à une gestion plus équilibrée? Ne risque-t-on pas un ajustement d'autant plus sévère, pour la majorité de la population, si on poursuit trop longtemps la politique néokeynésienne?

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Revue du web: R. Perry candidat à l'investiture républicaine.

19 Août 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

 

Le net est une magnifique source d'information, mais qui nous submerge par son abondance. Cette semaine, l'actualité étrangère a été marquée par l'entrée en lice de Rick Perry dans la course à l'investiture républicaine à la présidence des USA.

 

Voici deux articles intéressants sur le sujet, pour vraiment comprendre cette actualité.

 

R. Perry candidat: la primaire républicaine bouleversée, par K. Weinstein

Cet article émane du Bulletin d'Amérique, il est traduit de l'anglais. Son auteur est en effet américain, et c'est donc une analyse américaine de l'entrée en lice de R. Perry.

 

Bernanke menacé de représailles.

Cet article provient du blog de Pierre-Yves Dugua, le correspondant aux USA du Figaro. Il commente la critique de Bernanke, le président de la Fed, par Rick Perry.

 

Bonne lecture!

 

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Taxe financière et plus d'impôts: les réponses aux déficits.

18 Août 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      La réponse aux déficits et à l'emballement de la dette des Etats européens qui semble unanimement prônée est une taxation supplémentaire des riches, et l'instauration d'une taxe sur les transactions financières.

 

      Concernant l'imposition des riches, l'idée serait soit de créer une ou deux tranches d'imposition supplémentaires, ou une taxe spéciale. Ces mesures n'abordent pas le cœur du problème, qui est la complexité de la taxation des revenus.

 

      D'abord, le raisonnement ne se fait qu'en termes d'impôts, alors que les prélèvements sociaux sont très importants en France. Ainsi, des chiffres de 2005 montraient que les prélèvements sociaux représentaient à l'époque 20% du PIB, contre 2,8% pour l'impôt sur le revenu. Le principal impôt est en France la TVA, avec 7,4% du PIB en 2005. Les chiffres ont pu varier depuis, mais les proportions sont relativement les mêmes sur le long terme.

 

      Ajoutons les niches fiscales en tout genre, les systèmes d'optimisation fiscale, qui profitent essentiellement aux revenus financiers. La situation est telle que l'instauration d'une flat tax en France, qui remplacerait l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, serait plus juste que le système actuel. Pour plus de détail, lire l'article Flat Tax et justice sur ce blog.

 

      Concernant maintenant une taxe sur les transactions financières, le premier problème serait la mise en application. Il n'y a pas plus mobile qu'une transaction financière. Or, il sera impossible de faire appliquer cette taxe à toute la planète. Les transactions des gros investisseurs professionnels y échapperont, tandis que le français moyen qui placera son argent en écopera. Et va-t-on taxer les opérations de change, qui sont des opérations financières? Ce sont les voyages à l'étranger qui seraient taxés.

 

      Cette taxe est présentée comme morale, face aux débordements de la finance et aux flux de liquidités qu'elle brasse. Cependant, s'est-on interrogé sur l'origine de ces flux? Depuis des années les banques centrales injectent des monceaux de liquidités dans le système, au nom du soutien à l'économie. Il faudrait commencer à s'interroger sur cette politique, sur son effet sur l'économie. S'interroger sur les effets inflationnistes sur les marchés financiers. Mais ce serait remettre en cause un des fondements de la théorie dominante, à savoir qu'une politique monétaire accommodante est bénéfique pour l'économie. Cela montrerait que ce sont les autorités, ceux qui favorisent l'injection de liquidités, qui sont responsables des désordres monétaires.

 

      Ces propositions en vogue aujourd'hui évitent donc les problème de fond. Elles restent superficielles, populistes même. Elles s'apparentent à une opération de communication.

 

      Rien n'est dit par ailleurs sur une optimisation de la dépense publique, pour la rendre plus efficace, pour éviter les dépenses inutiles, et baisser la dépense publique pour laisser cet argent aux gens.

 

 

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Economie et progrès

14 Août 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     

     Il est reproché à l'économie de marché d'être trop matérialiste. Le progrès ne serait vu que comme la possibilité de consommer toujours plus de biens matériels, et ne serait guidé que par le profit, au détriment d'une conception plus réfléchie sur ce qui constitue vraiment une amélioration pour la société.

 

     La notion de progrès aurait un sens trop matérialiste en économie. La mesure du bonheur serait la consommation de masse. D'autre part, les gens sont considérés comme étant manipulés par la publicité, qui leur fait épouser le comportement qu'on attend d'eux, et leur inculque cette idée matérialiste du progrès. Enfin, en encourageant le profit, l'économie est accusée de pervertir certaines activités, sources de progrès, comme la médecine. Ainsi, pour faire des profit, la recherche s'orientera vers le toujours plus, sans considération morale, ou éthique pour employer le terme à la mode, comme les manipulations d'embryons, ou même, la création de chimères.

 

     La question est donc la suivante: la notion de progrès est-elle devenue trop matérialiste, au détriment de la qualité de vie, d'une idée du développement plus réfléchie?

 

     L'économie telle que nous la connaissons aujourd'hui est née avec Adam Smith, au 18ème siècle. En France, les physiocrates sont du même siècle. Ces théories se sont appuyées sur leur efficacité pour s'imposer. Elles permettaient d'améliorer la situation matérielle des gens et des Etats. Il y a donc là une idée matérialiste du progrès.

 

     Cependant, elles ne préconisaient pas cette idée particulièrement. Elles se contentaient de suivre l'époque, en montrant qu'elles pouvaient permettre aux gens d'obtenir ce qu'ils voulaient. L'économie de marché, le libéralisme, laissent explicitement les gens libres.

 

     La publicité suit elle aussi le mouvement de l'époque. Elle n'a pas tant de pouvoir d'ailleurs. Une bonne campagne ne suffit pas à faire un succès. Par ailleurs, les gens ont toujours leur libre arbitre. Vouloir empêcher la publicité, ou l'orienter, n'est-ce pas un peu limiter ce libre arbitre, en considérant que les gens ne sont pas capables d'être libres?

 

     Les produits et services proposés sont le reflet de l'époque. Ceux qui s'imposent sont ceux qui ont trouvé leur marché. La publicité permet de construire une image autour d'un produit. D'autre part, considérer que la publicité est néfaste revient à considérer que les gens n'ont pas de libre arbitre.

 

     Après la domination des néoclassiques, dans le sillage d'Adam Smith, est venu le keynésianisme. Keynes et ses successeurs ont fourni aux Etats une boîte à outils pour favoriser la demande. Dans le cadre keynésiens, la consommation est bénéfique, donc source de progrès. Ainsi en témoigne les indicateurs statistiques qui la surveillent. Le keynésianisme est productiviste.

 

     Cependant, Keynes n'a fait que suivre les désirs des politiciens, qui eux suivaient les attentes des électeurs. Et le keynésianisme ne préconise pas un type de production, de progrès. Il suit l'air du temps. Ainsi, aujourd'hui, les gouvernements mettent parfois en avant l'écologie, une relance par des productions écologiques. Dans l'air du temps donc.

 

     En conclusion, les théories économiques ne font que reprendre la notion de progrès de leur époque. Elles ne l'influencent pas. Ce qui est dérangeant: on ne peut pas les accuser, donc on devrait s'en prendre au gens pour les faire évoluer, dans l'hypothèse ou on ne serait pas d'accord avec la perception dominante de ce que devrait être le progrès.

 

     La question est aussi de savoir si on peut décider de ce qu'est le progrès, si on doit le normer. Si les gens considèrent que le progrès c'est pouvoir posséder le dernier écran plasma pour visualiser la coupe de monde de rugby, est-ce mal? Doit-on les "rééduquer", dans la plus pure tradition communiste?

 

     Le monde n'évolue pas forcément selon nos désirs. On peut espérer qu'une bonne éducation évite les excès condamnables, mais il faudra encore s'accorder sur ce qu'est une bonne éducation.

 

(Sur le thème du progrès et de l'économie de marché, voir aussi une étude sur la perception de ce qu'est la pauvreté, matériellement, avec des données de l'INSEE et de l'OCDE, Réponse à Jean Gadrey, Le schéma de base de l'économie, La théorie de l'équilibre.)

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Le blog de réussir en Chine

9 Août 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Voici un blog d'un internaute qui partage son expérience vécue en Chine: Le blog de réussir en Chine. Le regard d'un dirigeant d'entreprise sur ce pays.

 

Voici pr exmple un article très intéressant sur la vitesse des cycles des affaires en Chine: le cycle du cochon.

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Notation: une crise provoquée par la réglementation

8 Août 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      La dégradation de la note des USA par Standard & Poor's relance les critiques à l'encontre des agences de notation. Elles sont à nouveau accusées d'être les responsables de l'instabilité financière, et d'avoir un pouvoir exorbitant.

 

      Il est vrai que le pouvoir des trois agences de notations est énorme. Mais d'où provient-il? Il faut reconnaître que ce sont les réglementations qui en sont à l'origine. Et que, finalement, ces réglementations empêchent le mécanisme du marché de fonctionner, et créent ces crises brutales qui nuisent à l'économie.

 

      En effet, comme le rappelle le quotidien Les Echos dans son édition du 8 août 2011, toute entité qui émet des titres sur un marché réglementé doit se faire évaluer par une agence agréée par les autorités de marché. De même, la réglementation financière se base sur les évaluations des agences. Ainsi, pour déterminer si une banque est solide financièrement, la qualité des titres obligataires qu'elle possède est prise en compte, à travers la notation des agences.

 

      La conséquence de cette règlementation est que les mécanismes de marché ne peuvent pas fonctionner. Normalement, le marché détermine la qualité d'un titre, ce qui se traduit par son prix. Mais, aujourd'hui, ce sont les agences de notations qui déterminent la qualité d'un titre obligataire, et donc son prix.

 

      Ce qui concentre beaucoup de pouvoir entre trois agences, qui ne sont pas infaillibles, qui peuvent être suspectées de conflit d'intérêt, comme dans pour les subprime, où elles ont évalué les titres qu'elles aidaient à confectionner. Situation qui peut favoriser l'instabilité des marchés, les effets brutaux, car tout dépend de ces trois agences.

 

      Par conséquent, les gouvernants peuvent-ils vraiment se permettre de critiquer les agences: ils ont créé le système. On peut arguer que les agences se sont imposées aux gouvernants. Quelle opinion avoir dans ce cas de gouvernants, qui contrôlent des pays, dont la dépense publique peut dépasser la moitié des richesses créées chaque année, qui édictent les règlements, mais qui ne font pas le poids face aux agences? On pourrait penser que ces gouvernants préfèrent la facilité des solutions toutes prêtes servies par les milieux financiers, car ils ne connaissent pas grand chose à l'économie, et qu'ils ont des objectifs à très court terme. Là pourrait être le véritable problème. Et il est vrai que l'administration économique à Washington est bien souvent dirigée par des banquiers.

 

      Dans une réelle économie de marché, les taux d'intérêt fluctueraient selon la moyenne des anticipations des acheteurs. Ce serait plus fluide, il y aurait plus d'avis qui se confronteraient. Même si l'on peut craindre un certain caractère moutonnier des investisseurs, comme on le voit sur le marché des actions, où les agences de notations n'interviennent pas, mais qui sont gouvernés par le consensus des analystes. Cependant, il peut y avoir de la part de ces analystes des avis très divergents sur une même valeur.

 

      Le système financier est l'un des domaines les plus réglementés au monde. Ce sont les réglementations qui ont créé le système, ce sont donc les dirigeants des différents pays et différentes instances de supervision qui en sont à l'origine. Au final, la régulation par le marché ne peut plus se faire, et les prix fluctuent brutalement au gré des avis de deux ou trois organismes.

 

      Cependant, n'oublions pas, pour conclure, que le problème de l'endettement et du contrôle de la dépense publique est à l'origine de la crise, et qu'il est bien réel.

 

 

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La note US dégradée: les USA perdent le AAA

7 Août 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Le feuilleton de l'été a connu un joli rebondissement, qui le relance pour une nouvelle saison: la note des USA a été abaissée d'un cran par l'agence de notation Standard & Poor's. Elle passe de AAA à AA+.

 

     Après avoir explicité les raisons de cette rétrogradation, cet article exposera et commentera les deux types de conséquences qui sont prêtés à cette rétrogradation.

 

     La raison de cette dégradation est l'endettement de ce pays, bien sûr, à plus de 100% du PIB, son déficit, à plus de 10% du PIB. Mais c'est surtout que Washington ne donne pas l'impression d'avoir la volonté d'endiguer ce mouvement. Même le dernier vote du relèvement du plafond de la dette ne donne pas de direction. Les économies sont faibles en réalité, et concernent surtout une diminution des dépenses prévisionnelles (cf cet article de l'Institut Economique de Montréal). Comme l'explique bien Pierre-Yves Dugua sur son blog, aucun des budgets présentés par Obama ne prévoit une maîtrise de la dette. Obama qui est un président ne donnant aucune direction à son gouvernement, ce que même les démocrates lui reprochent.

 

     Les conséquences de cette dégradation sont difficiles à prévoir. Il y a bien sûr  un affolement des marchés, et, surtout, des médias et des politiciens. Cette réaction n'est pas significative. Il est nécessaire d'attendre un peu pour voir les premières conséquences de la dégradation.

 

     Ces conséquences, telles qu'elles sont évoquées, sont de deux types. D'abord, les institutions qui possèdent de la dette US pourraient devoir la déprécier, et donc comptabiliser des pertes dans leurs comptes. Certaines pourraient ne plus avoir le droit, statutairement d'acheter de la dette US. En effet, certains fonds ne peuvent acheter que des obligations AAA, selon leurs statuts. Ils devraient vendre leurs obligations US, à perte puisque la note est moins bonne.

 

     Cependant, ce risque est à relativiser. D'abord, seule une agence a dégradé la dette US. Tout en la laissant à un haut niveau. AA+, ce qui est toujours une bonne note. Il n'y a pas péril en la demeure. La dégradation est faible. Bien sûr, dans l'atmosphère fébrile actuelle, il peut y avoir des réactions excessives.

 

      Ensuite, le marché de la dette américaine reste le plus large, le plus profond, le plus liquide. Il y a beaucoup d'intervenants, beaucoup de demande pour les obligations US. Au pire, il y a les fonds américains, qui peuvent faire acte de patriotisme. Les USA sont sans doute le pays sur lequel les agences de notation ont le moins d'influence. La monnaie de la première économie du monde reste une valeur refuge.

 

     Enfin, la dette US est en grande partie détenue par des pays exportateurs, comme la Chine, ou le Japon. Ces pays exportent aux USA, et accumulent les réservent en dollars. Ils ne les vendent pas, pour ne pas réévaluer la valeur de leur monnaie vis-à-vis du dollar. Ils ne vendront donc toujours pas de dette US, et continueront à en acheter, même s'ils continueront de tenter de diversifier leurs réserves. Mais ils n'ont pas tellement le choix, sauf à changer de politique de change.

 

     Ce qui explique le courroux de la Chine. Cependant, ce pays ne peut s'en prendre qu'à lui-même. Il devrait accélérer la mise à niveau de son système financier, de son économie, et ainsi normaliser sa monnaie, qui n'est pas tout à fait convertible. Le mouvement est commencé, mais encore timide.

 

     On ne peut bien sûr pas négliger un affolement prolongé des marchés, alimenté par les déclarations des politiciens. Cependant, personne n'y a vraiment intérêt, même si, dans le climat actuel, c'est possible.

 

     La deuxième conséquence qui est évoquée est l'aggravation de la crise, avec un risque de nouvelle récession. Le raisonnement est le suivant:

     - la dégradation va augmenter le coût de la dette;

     - or, l'endettement est nécessaire;

     - en effet, la dépense publique est essentielle à la relance de l'économie. Il faut s'endetter

       pour dépenser et relancer l'économie;

     - la dégradation va empêcher la relance.

 

     Cette deuxième conséquence évoquée pour la dégradation de la dette US s'inscrit donc dans la théorie keynésienne, selon laquelle la dépense publique soutient la croissance. Plus encore, la dépense publique a un effet de relance. En effet, on peut concevoir que l'injection de liquidités dans l'économie provoque de la croissance, mais l'idée keynésienne est qu'il y a un effet d'entraînement. L'effet est donc supérieur à celui de la dépense en elle même, ce qu'on appelle le multiplicateur keynésien.

 

     Le keynésianisme est la théorie dominante depuis l'après deuxième guerre mondiale. Cependant, depuis la fin des années 1960, elle est contestée, car les relances n'ont pas produit les effets escomptés. La Grande-Bretagne ayant même nécessité l'intervention du FMI.

 

     Certains aspects de l'économie ont donc été libéralisés, avec des privatisations, quelques réformes fiscales dans certains pays. Néanmoins, l'interventionnisme keynésien est resté, comme en témoignent l'augmentation de la dépense publique, et de la dette publique. En témoigne également la crise actuelle, provoquée par une incitation au crédit, pour soutenir la demande via la consommation. Le keynésianisme considérant que la demande tire l'économie.

 

     Aujourd'hui, comme hier, le keynésianisme se heurte à son échec. Les USA ne connaissent pas la reprise prévue par la théorie keynésienne, malgré un déficit qui représente 10% du PIB, et malgré la relance monétaire, via le quantitative easing de la Fed. Cette politique de la Fed ayant au contraire accentué la hausse des prix des matières premières. D'autre part, contrairement aux années 1970, les USA, et d'autres pays, partent d'un endettement et d'un déficit déjà élevés. D'où les inquiétudes sur la dette. Les USA ne montrant aucune volonté d'endiguer leur endettement, leur note est logiquement dégradée.

 

     Certains keynésiens voudraient s'affranchir des marchés, en autorisant les banques centrales à prêter aux Etats. Ce qu'à fait la Fed indirectement avec le quantitative easing, ainsi que la BCE, violant ses statuts, qui a racheté de la dette souveraine sur le marché secondaire.

 

     Le résultat de ces interventions est nul. Pas de relance. Au contraire, la BCE est sous la menace du défaut grec. Et la Grèce n'échappe pas à la rigueur.

 

     Ajoutons qu'historiquement le financement des Etats par une banque centrale, aussi appelé planche à billets, a provoqué l'inflation. Certains appellent cette inflation de leur voeu. En oubliant tous ses méfaits. Un exemple récent montre que la sortie de l'inflation permet le progrès social: le Brésil. Depuis que ce pays est sortie de l'inflation, par une politique très stricte de sa banque centrale, il renoue avec la croissance. Plus encore, pour les défenseurs du social, des programmes sociaux, comme la Bolsa, ont pu être mis en œuvre. La Bolsa est une allocation que touchent les parents s'ils envoient leurs enfants à l'école. La Bolsa n'aurait pas pu exister dans un contexte inflationniste.

 

     N'oublions pas non plus les raisons qui ont présidé à la construction de l'euro. Le modèle de l'euro, c'est le deutschmark. Ce dernier était la monnaie la plus puissante, car la plus stable d'Europe. Le monde sortait par ailleurs d'une période d'inflation contre laquelle il avait fallu lutter. Notamment avec l'action de Paul Volcker, à la tête de la Fed, qui a élevé les taux d'intérêt à 20% pour combattre l'inflation. A noter que les taux d'intérêt étaient déjà à 11% à son arrivée à la Fed, ce qui relativise les niveaux actuels. Et rappelle à quel point l'inflation est dangereuse.

 

     Par conséquent, ceux qui prônent une intervention massive des banques centrales, comme Martine Aubry, font preuve d'une grande inconséquence, et préparent des lendemains très, très douloureux au commun des mortels. Le PS en ayant toutefois l'habitude, après sa relance de 1981, qui aboutit au plus dur plan de rigueur que la France a jamais connu en temps de paix. Il semblerait que ce parti veuille remettre ça.

 

     En conclusion, la dégradation de la note des USA provient de l'absence de volonté claire de réduire les déficits et l'endettement de la part du gouvernement US.

 

     Les conséquences prêtées à cette dégradation sont d'abord techniques, et réelles: une baisse de la note peut amener des institutions financières à extérioriser des pertes, car leurs statuts les obligent à ne posséder que des actifs AAA. Cependant, ce risque, réel étant donné la nervosité des marchés, est limité, car seule une agence de notation a rétrogradé la note US, qui reste bonne, et parce que de nombreux pays possédant une part importante de la dette US n'ont pas intérêt à s'en séparer.

 

     Le deuxième type de conséquence s'inscrit dans l'idéologie keynésienne: une baisse de la note entraîne une hausse des taux d'intérêt, une baisse des dépenses publiques, et une récession. Cependant, depuis plus de quarante ans, les politiques keynésiennes sont un échec.

 

     On peut d'ailleurs se demander si cette crise de la dette n'est pas une crise keynésienne, l'aboutissement de la politique keynésienne.

 

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