Analyse Libérale

Le rationalisme français en économie.

31 Juillet 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Pourquoi la France préfère-t-elle les théories scientifiques aux sciences humaines? Une réponse de F. A. Hayek, sur le site Contrepoints: La source de l'école scientiste, l'école polytechnique.

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Chimères, questions sur les progrès de la science

31 Juillet 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Un article de Slate pose la question des chimères, ces hybrides mi-humain mi-animaux, que la science est capable de créer aujourd'hui, ce dont elle ne se priverait apparemment pas.

Chimères, bioéthique, recherche

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Revue du web: le réchauffement climatique en question.

30 Juillet 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Un petit article sur le réchauffement climatique, pour nourrir le débat, au delà de la communication et des idées reçues:

Le réchauffement climatique en question.

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Eurobonds: utilité et implications.

30 Juillet 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

      Des voix se font entendre en faveur d'eurobonds, d'obligations européennes. Il s'agirait d'émettre des obligations à l'échelle européenne, de l'eurozone plus précisément, pour financer les dépenses des pays de l'euro.

 

      Ces eurobonds sont justifiées de deux façons: aider les pays de l'eurozone en difficultés, et permettre de peser sur les marchés financiers par la puissance de l'eurozone. Cependant, ce type d'obligations auraient des inconvénients qui ne sont pas mentionnés par ceux qui les proposent. Sans doute parce que leur idée apparaît plutôt de faire une grande relance keynésienne européenne, et que les eurobonds n'en seraient que le moyen.

 

      La première justification des eurobonds est ainsi l'aide aux pays en difficultés de l'eurozone. L'eurozone se substituerait, au moins partiellement, aux Etats, ce qui permettrait à ceux qui seraient en difficultés d'emprunter à des taux bas, ce qui leur est hors d'accès aujourd'hui. L'idée serait de profiter que certains de la zone puissent accéder à des emprunts à taux bas pour compenser les difficultés d'autres pays.

 

      La seconde justification est de peser sur les marchés financiers par l'effet de masse de l'eurozone. Et, en fait, d'avoir la même puissance que les USA, qui ont une capacité d'emprunt supérieure à l'addition de celles des pays de l'eurozone. La confiance des marchés dépend en effet de la taille de l'économie. La puissance économique de l'eurozone devrait permettre d'emprunter plus sans faire augmenter les taux d'intérêt.

 

      Cependant, cette argumentation est un peu simpliste. D'abord, dans le cas où les eurobonds doivent permettre aux pays en difficultés de profiter des taux d'emprunt de ceux en meilleurs santé, on peut comprendre que les pays dits "vertueux" trouvent quelques objections, ou cherchent à tout le moins à imposer des conditions. C'est sur eux que repose finalement le risque de l'emprunt.

 

      D'autre part, la création d'eurobonds ne permettrait pas forcément des conditions favorables d'emprunt. Les eurobonds reposent sur l'idée que les conditions d'emprunt s'aligneraient sur celles du pays le mieux loti, l'Allemagne en l'occurrence. Ce pourrait très bien être le contraire: le pays le moins bien loti entraînerait les autres. Les conditions d'emprunt reposent sur la confiance. Si un pays, ou une zone économique, montre des signes de fuite en avant de sa dépense, les taux d'emprunt vont augmenter.

 

       Sur Contrepoints, Thibault Doidy de Kerguelen, fait une comparaison avec les subprime. La mutualisation des emprunts, en mélangeant les bons et les mauvais, a entraîné les bons titres dans sa chute.

 

      Les conditions d'emprunt dépendent de la confiance. A partir du moment où la dette d'une zone est mutualisée, le taux d'emprunt dépend finalement du maillon le plus faible. Il faudrait donc l'existence de mécanismes contraignants, efficaces surtout, pour les pays de la zone, pour uniformiser la gestion des deniers publics. Ce qui implique d'obliger les pays en difficulté à des efforts.

 

      Ou encore, les eurobonds impliquerait de transférer des prérogatives gouvernementales à une instance supranationale. Les emprunts financeraient les actions de cette instance, qui aurait par ailleurs des ressources. Mais, notons que dans ce cas, un Etat peut toujours faire faillitte. Si on prende l'exemple des Etats-Unis d'Amérique, un Etat fédéré, la Californie par exemple, peut faire faillite. Les obligations fédérales américaines ne signifie pas qu'un Etat fédéré ne puisse pas faire faillite. Les Etats fédérés doivent se financer eux-mêmes.

 

      Ces considérations sur les obligations des pays en difficultés en cas de création d'eurobonds ne sont pas abordés par ceux qui préconisent ces eurobonds. De même, ils ne soulignent pas que même dans un contexte fédéral comme aux USA, les Etats peuvent faire faillite. Et pourtant, ils parlent d'harmonisation des politiques économiques européennes.

 

      Il semble que cette harmonisation soit une relance keynésienne européenne. Dans ce cas, pas besoin de s'interroger sur les obligations de chacun. L'idée étant qu'il faut financer coûte que coûte la relance, qui financera l'emprunt par la croissance économique.

 

      Sauf que c'est ce qui est fait depuis les années 1970, et qui a entraîné une augmentation de la dette des Etats. A l'échelle européenne, cela risque d'aggraver la crise de la dette, et donc de mener à une rigueur d'autant plus terrible.

 

      En conclusion, les eurobonds ne sont pas le véritable débat. Elles sont mises en avant dans le but de promouvoir une relance keynésienne, relance qui est justement une des causes des problèmes de dettes des pays européens. Les eurobonds, par ailleurs, ne sont pas la garantie d'un financement des Etats à taux préférentiel.

 

      Soulignons enfin que le plan européen pour aider la Grèce, et, éventuellement, d'autres pays, répond à toutes les questions sur les eurobonds. Le plan souligne la nécessité des efforts de la Grèce. Il rappelle donc la contrainte. La garantie des obligations émises par les structures européennes est apportée par les pays de l'eurozone notés AAA. Ce qui écarte le risque que l'appréciation du risque s'aligne sur le pays le plus faible.

 

       On peut évidemment ne pas être d'accord avec l'intervention européenne, et considérer que les pays en difficultés doivent faire appel au FMI, comme n'importe quels autres pays, ou faire défaut. Mais, au moins, le plan européen tient compte de toutes les contraintes. Il est réaliste. Et il a créé de véritables eurobonds, ad hoc.

 

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Plan de l'Eurogroupe pour la Grèce: spéculation et instabilité?

24 Juillet 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

     Ce jeudi 21 juillet 2011, l'eurogroupe a accouché d'un plan de financement de la Grèce. Ont également été mis en place des mécanismes pour que l'Europe intervienne en cas de crise du même genre que la crise de la dette grecque. Les mesures de ce plan sont les suivantes.

 

Ce plan accorde une aide substantielle à la Grèce. En lui accordant des prêts. En refinançant sa dette. En diminuant les taux d'intérêt des prêts. En orientant vers ce pays une partie des fonds structurels européens. De plus, les banques participent à ce plan.

 

     Le fonds européen pourra en outre intervenir sur la base d'un programme établi à titre de précaution, pour financer la recapitalisation des établissements financiers par des prêts aux gouvernements, et de racheter des obligations souveraines sur les marchés financiers.

 

     Ce plan insiste sur les efforts de la Grèce. Il se félicite de ces efforts, en indiquant qu'ils sont indispensables «pour la reprise économique et qu'ils contribueront à la stabilité et à la prospérité futures du pays.» Il se félicite également des efforts du Portugal, de l'Irlande, de l'Espagne et de l'Italie. L'eurogroupe assure ces pays de sa confiance dans leurs efforts d'assainissement.

 

     Par ailleurs, les pays qui ne bénéficient pas d'une aide s'engagent à ramener leurs déficits sous le ratio de 3% du PIB.

 

     L'aide au refinancement de la dette grecque est certainement nécessaire. Que l'Europe en arrive à un accord est une bonne chose. C'est une grande réussite. N'oublions pas que le but premier de l'Europe, c'est la paix. Il n'y a pas si longtemps, les européens se seraient faits la guerre dans une telle situation. Qu'on soit favorable ou non à ce plan, la négociation et la coopération dont il est le résultat sont des réussites de la construction européenne.

 

     Ce texte est aussi une construction diplomatique. Il faut satisfaire ceux qui veulent faire payer le privé, ceux qui ne veulent pas de défaut de la Grèce, souligner que ce n'est pas un financement sans contrepartie, pour calmer les opinions publiques des pays qui vont payer.

 

     Parmi les objectifs de ce plan, il y a l'aide à la Grèce. Mais il y a aussi l'idée qu'un pays de la zone euro ne peut pas faire défaut sur sa dette. Il y a une question de définition, certains considérant que la Grèce est en défaut partiel. Cependant, les banques s'en sortent très bien, et ne devraient pas perdre grand chose.

 

     Cet objectif d'éviter le défaut d'un pays est une erreur. Le risque fait partie du métier des investisseurs. En protégeant les investisseurs, on les encourage à ne pas se préoccuper de la qualité des investissements, puisqu'il n'y a aucun risque. On risque ainsi une fuite en avant de l'endettement des pays européens, jusqu'à un coup d'arrêt très brutal.

 

     Le risque détermine le taux d'intérêt des emprunts. La perception du risque en fait. Si un pays est très endetté, comme le Japon, mais trouve toujours des investisseurs pour acheter la dette, à un taux raisonnable, pas de problème. Le niveau de la dette n'est pas forcément un problème en soi, si on peut toujours la placer. L'évolution des taux est un indicateur de la perception global du risque, un indicateur de la possibilité d'emprunter.

 

     Si cet indicateur est faussé, la correction est brutale. Le pays emprunteur s'imagine qu'il peut emprunter indéfiniment, mais il y a toujours une limite. La manipulation des taux à un niveau trop bas se termine par l'excès inverse, des taux trop élevés.

 

     Le plan de l'Europe pourrait également provoquer et encourager la spéculation. Un peu sur le modèle de ce qui se passait avec le SME, le système monétaire européen.

 

     Grâce à ce plan, des spéculateurs ont intérêt à attaquer la dette d'un pays en difficulté. L'Europe, pour aider le pays en difficulté, va racheter sa dette, comme elle peut le faire désormais, pour limiter la hausse des taux. Mais elle ne pourra pas le faire indéfiniment. Les spéculateurs pariant toujours plus sur la hausse des taux, et la baisse de la valeur des obligations, ils vont ramasser beaucoup d'argent quand l'Europe ne pourra plus soutenir la dette d'un pays en difficulté. Ce qui favorise la spéculation, c'est la manipulation des marchés.

 

     Les crises du SME, la crise asiatique,  provenaient de la manipulation des taux de changes. La crise actuelle provient de l'utilisation du crédit pour relancer l'économie. Les manipulations des marchés par les Etats ont toujours amené des crises.

 

     On peut se dire que la situation est exceptionnelle, les banques étant fragilisées par la crise financière. La BCE craint que les banques soient mises dans une position difficile par le défaut de la dette grecque. Elle craint aussi qu'un défaut ne complique la situation de l'Espagne et du Portugal.

 

     Cependant, un message aurait pu être clairement envoyé aux monde de la finance, indiquant qu'un pays pouvait faire défaut. Après tout, un Etat fédéré des USA peutr faire faillite. Pourquoi pas un Etat de la zone euro?

 

     La BCE craint peut-être aussi pour elle même: elle a en effet acheté beaucoup de dette grecque. Elle a beaucoup d'actifs grecs et espagnol dans ses comptes.

 

     Il y a néanmoins une sécurité à l'intervention de l'Eurogroupe: l'accord de tous ses membres doit être unanime. On peut penser que l'Allemagne, et les pays du Nord, ou encore l'Autriche, sauront protéger la zone euro. Mais ils ne pourront pas grand chose si on encourage tous les excès sur les marchés financiers, en supprimant les mécanismes de régulation prévus par l'économie de marché.

 

Annexe: le texte des gouvernements de la zone euro (provenant du site Europa):

CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 21 juillet 2011(OR. en)

 

DÉCLARATION DES CHEFS D'ÉTAT OU DE GOUVERNEMENT DE LA ZONE EURO

ET DES INSTITUTIONS DE L'UE

 

Nous réaffirmons notre attachement à l'euro et sommes résolus à faire tout ce qui est nécessaire pour assurer la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble et celle de ses États membres.

Nous réaffirmons également notre détermination à renforcer la convergence, la compétitivité et la gouvernance dans la zone euro. Depuis le début de la crise de la dette souveraine, des mesures importantes ont été prises pour stabiliser la zone euro, réformer les règles et élaborer de nouveaux outils de stabilisation. Dans la zone euro, la reprise est en bonne voie et l'euro repose sur des fondamentaux économiques solides. Mais les difficultés auxquelles nous sommes confrontés ont montré que des mesures plus ambitieuses s'imposent.

Aujourd'hui, nous sommes convenus de prendre les mesures suivantes:

Grèce:

1. Nous nous félicitons des mesures prises par le gouvernement grec pour stabiliser ses finances publiques et réformer son économie, ainsi que du nouveau train de mesures, y compris de privatisation, récemment adopté par le parlement grec. Ces mesures constituent des efforts sans précédent, mais qui sont nécessaires pour que l'économie grecque retrouve la voie d'une croissance durable. Nous sommes conscients des efforts que les mesures d'ajustement entraînent pour les citoyens grecs, et nous sommes convaincus que ces sacrifices sont indispensables pour la reprise économique et qu'ils contribueront à la stabilité et à la prospérité futures du pays.

2. Nous convenons de soutenir un nouveau programme pour la Grèce et, avec le FMI et la contribution volontaire du secteur privé, de couvrir intégralement le déficit de financement.

Le financement public total s'élèvera à un montant estimé à 109 milliards d'euros. Ce programme visera, notamment grâce à une réduction des taux d'intérêt et à un allongement des délais de remboursement, à ramener l'endettement à un niveau bien plus supportable et à améliorer le profil de refinancement de la Grèce. Nous appelons le FMI à continuer de contribuer au financement du nouveau programme pour la Grèce. Nous avons l'intention d'utiliser le FESF en tant qu'instrument de financement pour le prochain décaissement. Nous suivrons avec beaucoup d'attention la mise en oeuvre rigoureuse du programme sur la base d'une évaluation régulière effectuée par la Commission en liaison avec la BCE et le FMI.

3. Nous avons décidé d'allonger dans toute la mesure du possible le délai de remboursement des futurs prêts consentis par le FESF à la Grèce en le portant des 7,5 années actuelles à un minimum de 15 ans et jusqu'à 30 ans avec un délai de grâce de 10 ans. À cet égard, nous assurerons une surveillance adéquate après la fin du programme. Dans le cadre du FESF, nous accorderons des prêts à des taux d'intérêt équivalents à ceux prévus par le mécanisme de soutien à la balance des paiements (environ 3,5 % actuellement), proches du coût de financement du FESF, sans descendre en dessous. Nous avons également décidé de repousser sensiblement les échéances de la facilité existante mise en place pour la Grèce. Cela s'accompagnera d'un mécanisme prévoyant des incitations appropriées en faveur de la mise en œuvre du programme.

4. Nous préconisons l'adoption d'une stratégie globale pour la croissance et l'investissement en Grèce. Nous saluons la décision de la Commission de créer un groupe de travail qui collaborera avec les autorités grecques pour canaliser les fonds structurels vers la compétitivité et la croissance, la création d'emplois et la formation. Nous mobiliserons des fonds et des institutions de l'UE, comme la BEI, vers cet objectif et relancerons l'économie grecque. Les États membres et la Commission mobiliseront immédiatement toutes les ressources nécessaires pour apporter une assistance technique exceptionnelle en vue d'aider la Grèce à mettre en œuvre ses réformes. La Commission fera rapport en octobre sur les progrès accomplis à cet égard.

5. Le secteur financier a indiqué qu'il était prêt à soutenir la Grèce sur une base volontaire en recourant à différentes possibilités permettant de renforcer encore la viabilité globale. La contribution nette du secteur privé est estimée à 37 milliards d'euros1. Un rehaussement de crédit sera fourni pour étayer la qualité de la garantie, afin d'en permettre l'utilisation continue pour que les banques grecques puissent accéder aux opérations de liquidités de l'Eurosystème. Nous fournirons des ressources appropriées pour recapitaliser les banques grecques si nécessaire. 1 En prenant en compte le coût du rehaussement de crédit pour la période 2011-2014. De plus, un programme de rachat de la dette contribuera à hauteur de 12,6 milliards d'euros, portant le total à 50 milliards d'euros. Pour la période 2011-2019, la contribution nette totale de la participation du secteur privée est estimée à 106 milliards d'euros.

Participation du secteur privé:

6. Pour ce qui est de notre approche générale à l'égard de la participation du secteur privé dans la zone euro, nous tenons à préciser que la Grèce appelle une solution exceptionnelle et bien spécifique.

7. Tous les autres pays de la zone euro réaffirment solennellement qu'ils sont fermement déterminés à honorer pleinement leur propre signature souveraine et tous les engagements qu'ils ont pris en matière de viabilité des finances publiques et de réformes structurelles durables. Les chefs d'État ou de gouvernement de la zone euro appuient sans réserve cette volonté, la crédibilité de toutes leurs signatures souveraines étant un élément déterminant pour assurer la stabilité financière de l'ensemble de la zone euro.

Outils de stabilisation:

8. Afin d'améliorer l'efficacité du FESF et du MES et de faire face au risque de contagion, nous décidons d'augmenter leur souplesse, assortie de conditions appropriées, pour leur permettre:

- d'intervenir sur la base d'un programme établi à titre de précaution;

- de financer la recapitalisation des établissements financiers par des prêts aux

gouvernements, y compris dans les pays ne bénéficiant pas d'un programme;

- d'intervenir sur les marchés secondaires sur la base d'une analyse de la BCE constatant l'existence d'une situation exceptionnelle sur les marchés financiers et de risques pour la stabilité financière et sur la base d'une décision prise d'un commun accord par les États participant au FESF/MES, afin d'éviter la contagion. Nous mettrons en place les procédures nécessaires pour la mise en œuvre de ces décisions le plus rapidement possible.

9. Le cas échéant, un contrat de garantie sera mis en place de façon à couvrir le risque résultant, pour les États membres de la zone euro, des garanties qu'ils auront fournies au FESF.

Assainissement budgétaire et croissance dans la zone euro:

10. Nous sommes déterminés à continuer à apporter un soutien aux pays bénéficiant d'un programme jusqu'à ce qu'ils puissent accéder à nouveau au marché, à condition qu'ils mettent en œuvre ces programmes avec succès. Nous nous félicitons de la détermination de l'Irlande et du Portugal à mettre en œuvre leurs programmes de manière rigoureuse et réaffirmons notre ferme volonté de voir aboutir ces programmes. Les taux et les délais de remboursement de prêt que nous avons arrêtés pour la Grèce dans le cadre du FESF seront appliqués également au Portugal et à l'Irlande. Dans ce contexte, nous notons que l'Irlande est disposée à participer de manière constructive aux discussions sur le projet de directive sur l'assiette commune consolidée pour l'impôt sur les sociétés (ACCIS) et aux discussions structurées sur les questions de politique fiscale dans le cadre du Pacte pour l'euro plus.

11. Tous les États membres de la zone euro respecteront à la lettre les objectifs budgétaires fixés, amélioreront la compétitivité et remédieront aux déséquilibres macroéconomiques. Les déficits publics dans tous les pays, à l'exception de ceux bénéficiant d'un programme, seront ramenés sous le seuil de 3 % d'ici 2013 au plus tard. Dans ce contexte, nous nous félicitons du train de mesures budgétaires présenté récemment par le gouvernement italien, qui permettra de ramener le déficit sous le seuil des 3 % en 2012 et d'équilibrer le budget en 2014. Nous saluons également les réformes ambitieuses entreprises par l'Espagne sur les plans budgétaire, financier et structurel. Pour donner suite aux résultats des tests de résistance des banques, les États membres fourniront à celles-ci, le cas échéant, des filets de sécurité.

12. Nous mettrons en œuvre les recommandations adoptées en juin en ce qui concerne les réformes qui favoriseront notre croissance. Nous invitons la Commission et la BEI à développer les synergies entre les programmes de prêts et les fonds de l'UE dans tous les pays bénéficiant d'une assistance de l'UE/du FMI. Nous appuyons tous les efforts déployés par ces pays pour améliorer leur capacité à absorber les fonds de l'UE afin de stimuler la croissance et l'emploi, notamment par une augmentation temporaire des taux de cofinancement.

Gouvernance économique:

13. Nous appelons à la mise au point rapide du paquet législatif sur le renforcement du Pacte de stabilité et de croissance et sur la nouvelle surveillance macroéconomique. Les membres de la zone euro appuieront sans réserve la présidence polonaise afin de parvenir à un accord avec le Parlement européen sur l'adoption de règles de vote dans le volet "prévention" du pacte.

14. Nous nous engageons à mettre en place, d'ici la fin 2012, des cadres budgétaires nationaux, comme prévu dans la directive relative aux cadres budgétaires.

15. Nous convenons qu'il y a lieu de réduire la dépendance à l'égard des notations de crédit externes dans le cadre réglementaire de l'UE, en tenant compte des récentes propositions de la Commission dans ce sens, et nous attendons avec intérêt les propositions de la Commission sur les agences de notation.

16. Nous invitons le président du Conseil européen, en concertation étroite avec le président de la Commission et le président de l'Eurogroupe, à présenter d'ici le mois d'octobre des propositions concrètes sur la manière d'améliorer les méthodes de travail et de renforcer la gestion des crises dans la zone euro.

 

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Les stress tests européens.

16 Juillet 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Les résultats des stress tests européens sont sortis le 15 juillet. Ceux-ci sont bons pour les banques françaises. Ces résultats font croire que les banques européennes qui ont réussi le tests pourraient résister à une crise financière comme celle que le monde a connu dernièrement. Or, il n'en est rien. En effet, la crise financière a provoqué une crise de liquidités, qui n'est pas envisagée par les stress tests.

 

      Ces tests calculent le ratio en fonds propres des banques en cas de choc économique. Si les fonds propres demeurent au dessus de 5% du total de bilan, le test est réussi.

 

      Ainsi, Dexia réussit haut la main le test, avec un ratio de 10%. Or, Dexia avait déjà un bon ratio de fonds propres avant la crise. Et c'est cependant la banque qu'il a fallu sauver.

 

      Pourquoi? Le métier des banques est de créer de la monnaie, par le crédit. (cf l'article explications sur le fonctionnement du crédit bancaire). Pour simplifier, les banques accordent des crédits, et doivent se refinancer, c'est-à-dire trouver l'argent pour financer les crédits.

 

      En temps normal, les banques se prêtent entre elles, pour compenser les situations excédentaires et déficitaires. Avec la crise, le refinancement était bloqué, par manque de confiance.

 

      Pour éviter ce genre de crise, il faudrait des fonds propres équivalents aux montants prêtés. Ou, il faut être une banque de dépôt, car les dépôt bancaires sont une forme de refinancement. Dexia a été en difficultés car elle a peu de dépôts. A contrario, la BNP, avec un ratio de fonds propres inférieur, n'a pas connu de difficultés, car ses dépôts permettaient de refinancer les crédits. Les stress tests n'envisagent aucunement cette situation.

 

      Le plus important, en finance, c'est la transparence. Il faut connaître précisément les engagements des banques. Le problème des subprime, c'est que des placements notés triple A se sont révélés plus risqués. Mais, comme des placements à risques étaient mélangés avec de bons placements, personne ne savaient évaluer la solvabilité des banques. Les stress tests n'envisagent pas cette situation.

 

      Les articles parus sur ce blog sur le sujet sont malheureusement toujours d'actualité. On se référera utilement à l'article Régulations financière: les projets, et ce qu'il faudrait changer. Ou encore, à la série d'articles sur la crise financière. Ou encore, au livre La crise avec des mots simples.

 

 

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Débat sur l'égalité homme femme.

11 Juillet 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

 

      Voici deux articles sur les femmes, très différents. Ils traitent des femmes, à la fois sous le même angle et sous un angle différent. Ils ont la particularité d'être pour l'un écrit par une femme, et l'autre être l'interview d'une femme.

 

      Le premier article est écrit par Cécile Philippe, directrice générale de l'Institut Molinari, un organisme de recherche et d'éducation, de tendance libérale. Un think thank en quelque sorte, même si c'est un peu plus que ça.

 

      Cécile Philippe soutient que les inégalités hommes-femmes en termes de revenus sont plus faibles qu'il n'y paraît. Elles ne résultent pas pas tant d'une discrimination, mais de choix de vie différents, de priorités différentes, et, surtout, des différences entre l'homme et la femme. Elle souligne également que les hommes sont largement plus souvent victimes d'accidents du travail que les femmes.

 

      Cet article me rappelle un TD de statistiques, à l'Université de Lille 1, durant lequel un statisticien de l'INSEE Lille nous démontait les statistiques salariales, pour conclure que les différences de salaires entre les hommes et les femmes, à postes, travail et responsabilités équivalentes, étaient faibles.

 

      Le deuxième article est une interview d'Isabelle Alonso, écrivain et chroniqueuse, paru dans le web journal Atlantico. Elle commente les réactions à l'arrestation de Strauss Khan aux USA, pour présomption de viol. Elle met en exergue que n'importe quelle explication, comme un complot international, apparaît plus crédible aux yeux de certains que la parole d'une femme. Elle considère que les plaignantes, Nafissatou Diallo et, aujourd'hui, Tristane Banon, sont mises en position d'accusées. Et que les proches de Strauss Khan cherchent à gommer cette affaire.

 

      Elle déclare: «Il y a dans notre pays une juxtaposition d'un discours général, vague et imprécis affirmant des banalités du style "il y a encore du chemin", "il faudrait plus d'égalité" , "des injustices encore trop criantes", et une position de méfiance, de déni et de dérision dès qu'on aborde des détails précis ou des faits avérés. L'expression féministe est castrée, pas d'autre mot.»

 

      Deux visions différentes de l'image de la femme en France, mais pas forcément contradictoires. Aujourd'hui, on réduit la réalité à des statistiques, et on voudrait des égalités statistiques. Ce qui empêche certains débats. L'homme et la femme ont-ils des rôles différents dans la société? Les inégalités viennent-elles de l'éducation, de l'orientation des garçons et des filles dans le système éducatif, de la culture, de choix? Peut-on, doit-on créer une égalité statistique? La course vers l'égalité statistique cache-t-elle une autre inégalité? Pour aborder un thème d'actualité, est-il cohérent de prôner l'égalité homme femme et de tolérer le foulard islamique (ou dit islamique, car c'est une pratique qui daterait d'avant l'Islam)?

 

     L'objet de ce court article n'est pas d'apporter des réponses. Je n'en ai pas. Simplement de montrer la complexité de tout débat de société. Y-a-t-il seulement des réponses, ou doit-on construire ces réponses? Le débat est nécessaire. Sans débat, pas de réflexion. 

 

     D'un point de vue libéral, l'égalité c'est l'égalité des droits, le respect d'autrui, permettre à chacun de s'accomplir. Cette égalité est-elle respectée entre l'homme et la femme? Comment l'atteindre?

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L'essor des bio-technologies en Chine

10 Juillet 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

En France, les bio-technologies ont mauvaise presse. En Chine, la mentalité est tout autre. Elle investit massivement dans ce domaine, comme le montre ce reportage du magazine l'Expansion.

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Revue du web: la réforme de l'Etat en Nouvelle Zélande

9 Juillet 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Voici un article intéressant de Contrepoints sur la réforme de l'Etat en Nouvelle Zélande, par un ancien ministre néo-zélandais, Maurice P. Mc Tigue: Réduire l'Etat à ses justes proportions. Une expérience pour en tirer des réflexions.

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Dépenses et recettes publiques en Europe et aux USA

5 Juillet 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

Le quotidien Les Echos a publié le 05 juillet 2011 une carte de la pression fiscale en Europe en 2009. Cependant, les chiffres sont trompeurs. D'abord, ils sont pésentés comme les indicateurs de la pression fiscale en pourcentage du PIB. Or, il s'agit des prélèvements obligatoires, qui comprennent à la fois les prélèvements fiscaux, comme les impôts, la TVA, et les prélèvements sociaux, que sont les cotisations sociales. Par ailleurs, ils ne comprennent pas certains prélèvements, qui ne sont pas considérés comme obligatoire. La redevance télévisuelle par exemple, les frais de constitution de passeport également.

Ces précisions sont nécessaires, sinon on ne peut pas comprendre d'où provient le déficit bugétaire. En comparant les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques, on trouve un déficit toujours plus important que le montant officiel. Il ne s'agit donc pas d'une manipulation.

Mais, en présentant uniquement les prélèvements obligatoires, les statistiques ne présentent pas une vision correct des prélèvements publics sur l'économie. Voici donc trois tableaux, les dépenses, les recettes, et les déficits ou excédents, pour les pays européens et les USA, qui permettent des comparaisons plus justes. Ils proviennent du rapport European economic forecast, spring 2011, de la commission européenne. 

Les dépenses publiques (en % du PIB)

 

Dépenses publiques europe USA au 05 2011

 

(Cliquer sur le tableau pour l'agrandir)

 

Les recettes publiques (En % du PIB)

 

Recettes publiques Europe USA au 05 2011 source commission

 

(Cliquer sur le tableau pour l'agrandir)

 

Les déficits ou excédents publics (En % du PIB)

 

Déficit ou excédent public europe USA au 05 2011 source c

(Cliquer sur le tableau pour l'agrandir)

 

 

 

 

 

 

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