Analyse Libérale
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La Monnaie: qu'est-ce que c'est?

26 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Monnaie

 

     La monnaie est utilisée quotidiennement par des milliards de personnes. Mais comment se fait-il que nous pouvons payer avec des bouts de papiers, appelés billets, ou un bout de plastique, appelé carte? La monnaie a ceci de paradoxal qu'elle est utilisée quotidiennement par des personnes qui ignorent totalement d'où elle vient, comment elle s'est créé, comment fonctionne le système monétaire.

 

     Il y a diverses théories en matières de monnaie. En économie, l'étude de la monnaie embraye directement sur ces théories, notamment les motifs de détention de la monnaie selon John Maynard Keynes: motif de précaution, de transaction, de spéculation. La théorie ne sera pas le sujet ici.

 

     Pour comprendre un phénomène, en économie, rien de mieux que de décortiquer sa construction, la manière dont il est apparu, dont il a évolué, pour être ce qu'il est aujourd'hui. Il s'agit de comprendre concrètement ce qu'est la monnaie, plutôt que de discuter des théories monétaires.

 

     La monnaie est née de l'échange. En effet, l'échange a commencé par le troc: l'échange de quelque chose, bien ou service, contre autre chose, un autre bien ou un autre service. Le problème, c'est de trouver un bien, un service, à échanger. On peut avoir besoin de vin, mais ne pas avoir en échange quelque chose qui intéresserait le producteur de vin.

 

     Il faut dans ce cas un medium, un bien qui soit accepté par tous, car chacun sait qu'il pourra l'échanger contre autre chose, qu'il sera toujours accepté dans l'échange. On pense naturellement à l'or. Mais, il y a eu aussi les grains, et couramment accepté.

 

     Progressivement, les métaux précieux, l'or surtout, et un peu l'argent, se sont imposés comme monnaie d'échange. Ce qui comptait, c'était le poids de métal précieux. Est ainsi né la profession de changeur. Les changeurs contrôlaient les poids des pièces venant de différents endroits d'Europe.

 

     Transporter de l'or n'était pas aisé. Surtout pour de grosses sommes. En Europe, la lettre de change permettait permettait d'éviter le transport de fonds importants en or. Un commerçant pouvait payer par un écrit, dans lequel il s'engage à ce que son fournisseur soit payé par son banquier, à partir d'une date déterminée. C'est donc à la fois un paiement et un crédit.

 

     Ensuite, la lettre de change sera déposée auprès du banquier, qui versera les fonds. Le banquier récupèrera les fonds auprès de la banque du fournisseur. En fait, il opérera une compensation. En effet, un marchand parisien peut déposer auprès de son banquier une lettre de change d'un montant que lui doit un marchand de Venise. Le banquier vénitien doit donc verser les fonds au banquier parisien. Mais un marchand de Venise peut aussi déposer une lettre de change, au banquier vénitien, et le banquier parisien doit lui aussi verser des fonds au banquier vénitien. Il y a ainsi des opération de part et d'autre.

 

     Un calcul global sera fait, et seul sera versé le solde. Si, globalement, c'est le banquier français qui doit des fonds au banquier vénitien, c'est lui qui versera des fonds. Et inversement. Il y a compensation entre les sommes dues et les sommes dues et les créances.

 

 

     La lettre de change peut aussi circuler. Dans ce cas, elle n'est pas directement remise à la banque. Elle est utilisée par celui qui l'a reçu comme moyen de paiement. Plutôt que d'émettre lui-même une lettre de change, un commerçant peut utiliser une lettre de change qu'il a reçu en paiement.

 

     Ce système repose sur la confiance. Cette confiance fait que la lettre de change est acceptée en paiement.

 

    Ensuite, se sont développés les billets au porteur. Ce sont donc les ancêtres des billets de baques actuels. Ils sont dits au porteur, car ils ne comportent pas le nom de la personne qui l'a reçu. Le porteur du billet peut recevoir l'équivalent du montant en or, sans autre formalisme.

 

     Ces billets sont émis en échange du dépôt d'un montant en or. Ils représentent cet or, qu'il n'est plus nécessaire de transporter.

 

     La encore, le maître mot est la confiance. Ces billets sont acceptés parce que chacun est certain de pouvoir les échanger contre de l'or. Ils se développent parce qu'ils sont acceptés.

 

     Cette confiance fait que les gens ne vont pas forcément transformer en or les billets qu'ils reçoivent. Ils les gardent, les utilisent comme moyen de paiement.

 

     Puisque tous les billets ne reviennent pas, les banques peuvent en émettre plus qu'elle ne reçoivent d'or en échange. C'est ce qui s'appelle le crédit. Les banques vont fournir des billets sans recevoir d'or en échange.

 

     Ce sera d'abord l'escompte des effets de commerce. Un effet de commerce est un peu comme une lettre de change. C'est un engagement écrit reçu en paiement. L'escompte, cela consiste à porter cet effet à la banque, pour recevoir des billets donc désormais en échange. C'est la banque qui encaissera le paiement à l'échéance.

 

    Les banques vont de plus en plus faire du crédit. Ce crédit prendra la forme de billets, ou simplement d'une écriture dans les comptes.

 

     Le principe est que la banque doit toujours être capable de convertir les billets en or quand quelqu'un le lui demande. Ou de convertir les montants inscrits dans ses comptes en or.

 

      Il y a là un calcul à faire. C'est le principe de la gestion des banques. La banque prend des garanties aussi quand elle fait crédit. On peut noter qu'il s'agit d'une façon de monétiser du capital immobilisé, comme un immeuble, sans avoir à le vendre.

 

     On remarquera aussi que l'émission de monnaie n'a pas nécessairement à être un monopole d'Etat. Ce dernier n'apporte aucune garantie particulière. Le système peut fonctionner sans l'Etat.

 

     Mais l'Etat s'est toujours occupé de la monnaie. Il s'est arrogé le privilège de la frappe. Officiellement, la raison était de garantir par la frappe le poids des pièces d'or. Mais c'était surtout un attribut du pouvoir. Les pièces pouvaient être rognées.

 

     Par conséquent, l'émission de billets, et de crédit, ne pouvait se faire que par privilège de l'Etat.

 

     Par la création de banques centrales, les Etats ont contrôlé l'émission de billets. Au début, il s'agissait surtout d'assurer le financement de l'Etat, en échange du monopole sur la monnaie. Mais la banque centrale fonctionnait normalement. C'est-à-dire qu'elle assurait la convertibilité des billets.

 

     Peu à peu a été instauré un cours légal, c'est-à-dire que dans le pays, les gens sont obligés d'accepter la monnaie de la banque centrale. Puis, c'est le cours forcé qui a été instauré. C'est-à-dire que la monnaie n'est plus convertible en or.

 

     Le cours légal a été instauré pour favoriser la banque centrale. La monnaie n'est plus convertible en or car trop de monnaie a été créée.

 

     La monnaie est donc un outil de transaction, conçue pour éviter de se servir d'un bien intermédiaire, comme l'or. La crédit est de la création monétaire, basée sur la confiance. La monnaie et le crédit ont été étatisés.

 

     Cette étatisation fait que le cours de la monnaie dépend, entre autre, mais aussi principalement, de la confiance en l'économie du pays qui la contrôle. C'est le principe de la confiance. Si une grande puissance comme les USA accepte toujours le dollar, celui-ci fluctuera selon l'offre et la demande, mais restera une monnaie mondiale, acceptée partout dans le monde.

 

     La monnaie d'un pays en mauvaise santé, mais pas aussi puissant, sera elle en difficulté.

 

     De quoi dépend la monnaie? Puisqu'il n'y a plus de convertibilité en or, on peut penser que, dans ces conditions, la monnaie, c'est du vent. Certains le pensent.

 

     La monnaie obéit toujours à certains fondamentaux. Ainsi, les banques doivent toujours accorder du crédit en fonction des garanties et des capacités de remboursement des emprunteurs. C'est ce qui régule le système.

 

     Cependant, des politiques monétaires se greffent sur ce processus de régulation. Ainsi, les taux d'intérêt sont contrôlés par la banque centrale. Ils ont été utilisés pour relancer l'économie.

 

     Cette politique monétaire est ambigüe. D'abord, elle s'est voulue expansive, sous le keynésianisme. L'inflation n'est pas un problème pour les théories keynésiennes. Cependant, elle est devenu un problème dans la réalité. Alors, c'est la lutte contre l'inflation qui est devenue une priorité... Officiellement. Alors qu'en fait, c'est une volonté de soutenir la croissance par le crédit qui a causé la crise actuelle.

 

     Ce n'est bien sûr qu'une opinion, celle de votre serviteur, qui illustre les débats sur la monnaie. Face aux désordres monétaires, des appels au retour de l'étalon or sont apparus. C'est un appel à la convertibilité de la monnaie en or. Ceci afin de réguler la création monétaire, et éviter les crises. D'autres veulent relancer l'économie par la création monétaire, qui devrait financer l'action de l'Etat.

 

     Il y a là deux conceptions de la monnaie. C'est le constat final de cet article. Aller plus loin nécessiterait de longs développements, qui feront éventuellement l'objet d'un autre article.

 

     Ce rappel sur l'apparition de la monnaie montre que son fonctionnement ne nécessite pas forcément l'action de l'Etat. Cette action, elle, qui est la politique monétaire, prête à débat. Il faut, plus spécifiquement, parler d'action des autorités monétaires,puisque, officiellement, une banque centrale comme la Banque Centrale européenne, ou la Fed américaine, sont indépendante. Cette action est, d'une part, accusée de provoquer les crises économiques. D'autre part, elle est souhaitée par certains pour relancer la croissance.

 

   La monnaie est assurément un maillon essentiel de la compréhension de l'économie.

 

Articles complémentaires: Monnaie et crédit1694: Londres invente la banque centrale,     

 

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Sujet bac ES 2011

24 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

Un des sujets du bac d'économie 2011:

Vous montrerez  que l'innovation résulte de l'action des entrepreneurs, mais aussi de celle des pouvoirs publics.

Encore un sujet fermé, qui refuse à l'élève la réflexion. Mais à quoi forme-t-on les jeunes? Le principe de l'éducation, c'est de les former à penser, et qu'importe s'ils pensent différemment de leurs professeurs. Aujourd'hui, l'enseignement paraît être une récitation normée et orientée, qui refuse le débat.

On demande une tête bien pleine de la pensée unique, plutôt que bien faite!

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L'explosion de la zone euro, et idées reçues sur la monnaie

19 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Monnaie

 

      L'éclatement de la zone euro est un leitmotiv. Il y a six mois, ce blog publiait déjà un article sur le sujet, La zone euro va-t-elle éclater?  . Aujourd'hui, la question est de nouveau évoquée avec insistance, et on se demande comment l'euro a pu être mis en place face à tant de scepticisme de la part des économistes. Pourtant, sa création a bien dû être soutenue autrefois!

 

      Entrer dans l'euro a été une décision politique pour chacun des pays membres de la zone. Chacun peut prendre la décision contraire, et donc sortir.

 

      L'entrée dans l'euro présentait des avantages: des taux d'intérêt faibles, absence de volatilité monétaire entre les monnaies de la zone. Et, sans doute, entrée dans le club des monnaies fortes.

 

      Une sortie de l'euro ne présenterait pas forcément les avantages qu'on lui prête. Il est vrai que si certains pays n'étaient pas membre de la zone, leur monnaie aurait été dévaluée. Mais cela aurait été une contrainte, qui les aurait obligés à augmenter les taux d'intérêt pour redonner confiance. L'euro offre toujours des avantages en termes de financement de l'économie, même à la Grèce.

 

      Par ailleurs, même si un pays sortait de l'euro, cette monnaie serait toujours utilisée par ses citoyens, en raison de la confiance qu'elle inspire. L'euro est bien utilisé, largement, par des pays limitrophes à la zone.

 

      Cependant, ce qui est intéressant, c'est l'argumentation développée par les économistes qui ne croient pas à l'euro. Ils pointent le fait que les pays de la zone sont trop différents économiquement pour avoir la même monnaie. La convergence est insuffisante. Au mieux, ils estiment qu'il faut renforcer la gouvernance politique de la zone, pour que chaque pays ait la même politique. Au pire, ils prévoient que ces différences ne peuvent qu'entraîner l'éclatement de la zone, ou, tout du moins, la sortie de certains pays.

 

      Cette argumentation découle de l'enseignement dispensé en économie. L'opinion dominante est que la monnaie est un domaine régalien, une prérogative de l'Etat, et un instrument de politique économique. Par conséquent, dans ce paradigme, l'euro s'intègre mal.

 

      Pourtant, la monnaie n'est pas forcément une prérogative d'Etat. Les lettres de change, ancêtres de la monnaie fiduciaire, étaient privées. Le système de l'étalon or peut être aussi bien public que privé. Il contraint les banques à une discipline, une régulation monétaire. Des économistes, comme les autrichiens, défendent une monnaie privée.

 

      D'ailleurs, le fait que l'étalon or revienne dans le débat montre que le problème des désordres monétaires et économiques, c'est justement le fait que la monnaie soit devenue un instrument de politique économique.

 

      En effet, la politique monétaire a pour but d'assurer la croissance. On diminue systématiquement les taux d'intérêt quand la croissance ralentit. Le taux d'intérêt n'est plus le régulateur du risque, mais un instrument de politique économique. Il est diminué quand la croissance ralentit pour la relancer, et augmenté éventuellement quand les risques d'inflation deviennent vraiment trop grand.

 

      La crise actuelle provient ainsi d'une relance de l'économie américaine par le crédit, relance provoquée par le gouvernement américain et la banque centrale américaine. Les pays qui ont connu un phénomène similaire, comme le Royaume Uni et l'Espagne, sont les pays les plus touchés après les USA.

 

      Les banques sont également protégées, pour ne pas mettre en péril l'économie. C'est d'ailleurs pour elle que les taux d'intérêt sont baissés au moindre accroc conjoncturel: pour reconstituer leurs marges.

 

      La croyance en la protection de la politique monétaire est très forte. C'est ainsi que des pays de la zone euro ont pu s'endetter excessivement. Mais d'autre pays ont pu aussi s'endetter en dollars ou en euros, comme la Hongrie.

 

      Le monde était tellement confiant dans le mécanisme monétaire: il suffit de diminuer les taux d'intérêt pour relancer l'économie. Par conséquent, où est le risque, si on peut contrôler l'économie comme on contrôle le débit d'un robinet, par l'intermédiaire des taux d'intérêt?

 

      Le résultat est une absence de régulation du risque. La régulation du risque repose sur la responsabilité. Si quelqu'un fait un mauvais investissement, il en supporte les pertes. Or, aujourd'hui, les banques sont protégées, les acheteurs d'obligations d'Etat sont protégés. Ils ne s'interrogent pas sur la pertinence de leurs investissements, des crédits qu'ils accordent dans le cas des banques. Ils savent qu'ils seront protégés en cas de faillite des emprunteurs.

 

      Le taux d'intérêt devrait être l'indicateur du risque. Comme il est fixé par les autorités, il ne remplit plus ce rôle. Le taux d'intérêt devrait résulter de l'analyse du risque. Il est au contraire établi en fonction de la politique monétaire.

 

      La BCE est en théorie indépendante, et n'a qu'un objectif de stabilité monétaire. Cependant, dans les faits, elle a suivi le mouvement de la banque centrale américaine, même si elle s'en est écarté parfois.

 

      Surtout, la BCE considère qu'elle peut contrôler la création monétaire. Qu'elle peut savoir quelle création est nécessaire à l'économie. Et elle a effectivement agi comme si la zone euro était un pays homogène.

 

      On constate donc deux échecs. Celui de la Fed, la banque centrale américaine, qui a voulu, avec le gouvernement US, relancer l'économie par le crédit. La BCE a échoué en ayant un même taux d'intérêt pour la zone euro, sans tenir compte des particularités de chaque pays. Quant aux institutions financières, elles ont abandonné toute analyse de solvabilité des emprunteurs publics, et même privés parfois, comptant sur la protection de la politique monétaire, et sur l'efficacité de cette politique.

 

      Ce qu'il faudrait, c'est tirer les conséquences de ces échecs. En émancipant, au moins partiellement, la création monétaire des Etats, la BCE est un pas dans cette direction. Ce mouvement est partiel, car la BCE se sent toujours investie d'une mission de politique économique, comme le montre sa décision d'acheter des obligations de pays de la zone euro. C'est néanmoins un premier mouvement, qui bouscule les idées reçues.

 

      Le modèle de la BCE ne provient pas d'une grande théorie économique. Il provient de la Bundesbank, la banque centrale allemande, qui a assuré la stabilité monétaire du pays, et sa prospérité. Modèle qui a incité différents pays, dont la France, à accorder l'indépendance à leur banque centrale. Mais tout en nommant leurs dirigeants. L'indépendance est donc relative.

 

      L'expérience milite pour continuer ce mouvement. Mais rétablir la régulation ne sera pas simple. Depuis des décennies, les banques et autres institutions financières sont habituées être protégées.

 

      Le processus libéral est un processus d'apprentissage. Les mauvaises décisions entraînent des partes, ce qui évite de les reproduire. Mais, on a laissé grandir le système sans ce processus d'apprentissage et de régulation. Tour est à réapprendre, alors que le système a considérablement grandi. Une mauvaise décision peut alors effectivement entraîner un effondrement.

 

      La BCE peut également différencier les taux d'intérêt servis aux banques en fonction des pays. Au lieu de servir un taux d'intérêt global comme aujourd'hui.

 

      Enfin, la BCE pourrait cesser de financer systématiquement les banques. Le principe des banques centrales étant de financer les banques qui manquent de liquidités. En les forçant à se financer uniquement sur les marchés financiers, on force ces derniers à contrôler la solvabilité des banques, et donc leur comportement, leurs crédits, leurs investissements.

 

      Ce ne sont là que des hypothèses de travail. Une autre hypothèse serait de revenir à la discipline imposée par l'étalon or (Cf Le retour de l'étalon or).

 

      L'enjeu est la régulation de la prise de risque. Mais il faut aussi que les établissements financiers aient conscience que même les Etats peuvent faire faillite. C'est pour cela que restructurer la dette de la Grèce serait utile.

 

      Ce débat sur le rôle de la monnaie, ou, plus encore sur la conception de ce qu'est la monnaie, est largement absent, mais dans les journaux et magazines économiques. Il apparaît parfois sous le forme d'un appel au retour de l'étalon or. Pourtant, c'est le vrai débat posé par les crises de ces dernières années, depuis les années 1970 en fait, quand est apparu la nécessité de lutter contre l'inflation.

 

      Cette lutte contre l'inflation fut une première étape. Maintenant, c'est le contrôle de la création monétaire par une banque centrale toute puissante, plutôt que par un mécanisme de marché régulateur, qui est en question.

 

(Quelques articles pour comprendre le fonctionnement de la monnaie: Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire)  , Inflation, déflation: explications et risques.  , Dévaluation: qu'est-ce c'est, et quelles conséquences?  )

 

 

 

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Dévaluation: qu'est-ce c'est, et quelles conséquences?

13 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Monnaie

 

      Face aux difficultés budgétaires de la Grèce, certains prônent une sortie de l'euro de ce pays, ce qui lui permettrait de dévaluer sa monnaie. Certains, comme Jacques Sapir, envisagent même une sortie de la France de l'euro, toujours dans le but de dévaluer la monnaie.

 

      La dévaluation est présentée comme un moyen de relancer l'économie, simple et indolore. L'euro est présenté comme un carcan rigide empêchant toute politique dite volontariste.

 

      Mais qu'est-ce qu'une dévaluation, et quels en sont les effets? Beaucoup en parlent, mais sans en décortiquer le mécanisme. Ce qui sera fait ici.

 

Les différents systèmes monétaires

      Avant de parler de dévaluation, rappelons les deux systèmes de création monétaire. Il y a d'abord l'étalon or. Dans ce système, l'unité monétaire correspond à une certaine quantité d'or. Pour créer de la monnaie, il faut donc augmenter la quantité d'or détenue par la banque, la banque centrale dans le système actuel.

 

      Les parités entre les différentes monnaies sont fixes, puisqu'elles dépendent de la quantité d'or que représente chaque unité monétaire. Il y a dévaluation par conséquent quand la quantité d'or correspondant à l'unité monétaire diminue.

 

      Les règlements entre pays s'effectuent en or. Une diminution de la quantité d'or d'un pays entraîne donc une contraction de la masse monétaire, et donc des prix et des salaires. L'effet classique, mais ici visible, d'une dévaluation. C'est ce qu'on appelle aussi la déflation. Dans ce contexte, la déflation n'est pas le danger qui est souvent décrit de nos jours, juste un ajustement monétaire nécessaire.

 

      L'autre système est celui de la monnaie crédit et des changes flottants. La monnaie est simplement créée par les banques, à chaque fois qu'elles octroient un crédit (Cf pour plus de détail  Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) . Les banques doivent respecter certaines obligations en matière de fonds propres, mais il n'y a pas de lien entre la monnaie et l'or.

 

      Les parités monétaires dépendent de la demande pour chaque monnaie. Elles varient constamment les unes par rapport aux autres. Une monnaie peut voir en même temps sa valeur diminuer par rapport à une autre, mais augmenter par rapport à une troisième.

 

      Il n'y pas vraiment de dévaluation dans un tel système, puisque la valeur de la monnaie varie constamment. Il y a des monnaies dites fortes et des monnaies dites faibles. Les monnaies fortes sont des monnaies de références, qui peuvent être utilisées même par d'autres pays que ceux dont elles sont l'unité monétaire. Par exemple, le dollar est la monnaie internationale. L'euro est aussi une monnaie internationale. Une monnaie forte est acceptée facilement en paiement. Une monnaie forte peut être aussi une monnaie en phase d'appréciation. Ainsi, le deutschmark s'appréciait constamment face aux autres monnaies.

 

      Dans un système de changes flottants, une monnaie peut s'effondrer, c'est-à dire que personne n'en veut: elle ne vaut plus rien.

 

      Entre l'étalon or et les changes flottants, il existe diverses combinaisons. Ainsi, de 1944 à 1971, le système en vigueur était issu des accords de Bretton woods. Le dollar était défini par rapport à l'or, et les autres monnaies par rapport au dollar. Une dévaluation était une baisse de la parité par rapport au dollar.

 

      Des pays peuvent aussi choisir de maintenir leur monnaie stable par rapport à une autre monnaie. C'est ce qu'ont fait les pays asiatiques dans les années 1990, en maintenant une parité fixe avec le dollar. Il y a eu dévaluation quand ces pays n'ont pas pu maintenir cette parité.

 

      Enfin, il y a eu, avant le lancement de l'euro, le système monétaire européen, plus connu sous le nom de serpent monétaire. Dans ce système, les monnaies européennes devaient garder entre elles une parité stable. Elles ne pouvaient s'éloigner que légèrement d'un cours pivot. Il y avait dévaluation quand le cours pivot de la monnaie diminuait.

 

 Les dévaluations    

       Dans ces différents systèmes ci-dessus décrits, il y a eu des dévaluations. Sous le régime de l'étalon or, la première guerre mondiale a fait exploser la création monétaire, alors que les quantités d'or diminuaient.

 

      Sous le régime de Bretton woods, il y a eu des dévaluations quand le fonctionnement économique d'un pays ne lui permettait pas de détenir suffisamment de réserves en dollars.

 

      Les dévaluations au sein du système monétaire européen (SME), ainsi que celles qui se sont produites en Asie du Sud-Est en 1998, sont un peu particulières. C'est une volonté de maintenir des parités fixes, qui étaient supérieure à la valeur du marché, qui a provoqué de brusques décrochages à la baisse des parités. Il est difficile de maintenir la valeur d'une monnaie supérieure à sa valeur de marché. Et le rétablissement de la vraie valeur est souvent violent.

 

      Toutes ces dévaluations évoquées ci-dessus ont été des symptômes et des conséquences de difficultés économiques. Elles étaient subies, et non voulues. A chaque fois, elles étaient accompagnées d'une restructuration de l'économie du pays concerné.

 

      En effet, il faut s'attaquer aux problèmes qui sont à l'origine de la dévaluation. Si une monnaie perd constamment de sa valeur, l'économie est déstabilisée. Ce peut être l'hyper inflation, comme en Allemagne entre les deux guerres mondiales. La monnaie peut disparaître, ou une monnaie peut être utilisée en parallèle. Certaines économies sont dollarisées, comme Cuba.

 

      Ainsi, en Corée du Sud, ce sont les conglomérats, les chaebols, qui ont été profondément remaniés. Le pays a tenté de relancer la création de PME.

 

      La France a connu un plan de rigueur sans précédent en temps de paix en 1983, accompagnée d'une lutte contre l'inflation toujours d'actualité.

 

      Toujours en France, le plan Armand-Rueff, dans les années 1960, a été une profonde restructuration de l'économie française, avec une réforme fiscale, une désindexation de nombreux prix, une libéralisation de l'économie.

 

La dévaluation est-elle une solution aujourd'hui?     

       Aujourd’hui, la dévaluation est évoquée dans le cadre de l'euro, notamment pour la Grèce, mais aussi pour la France. Dévaluation, cela signifie sortie de l'euro, pour une nouvelle monnaie plus faible. Le but est d'éviter la rigueur, et de relancer l'économie grâce aux exportations, la dévaluation devant rendre le pays plus compétitif.

 

      L'expérience montre cependant que la dévaluation est une conséquence des difficultés économiques, et non un remède. Les difficultés restent après la dévaluation.

 

      Dans le cas de la Grèce, par exemple, les difficultés proviennent de la dépense publique. Celle-ci est trop importante par rapport aux rentrées d'argent. L'Etat doit donc emprunter. Comme il est déjà très endetté, de nouveaux emprunts sont difficiles. Ce problème demeurera après toute dévaluation. Et donc la politique de rigueur demeurera.

 

      D'ailleurs, c'est pourquoi ceux qui prônent la sortie de l'euro préconisent également un financement de l'Etat par la nouvelle banque centrale. Ce qui est aussi appelé la planche à billet. C'est de la création monétaire, qui provoque de l'inflation.

 

      Il faut aussi souligner qu'une nouvelle monnaie doit inspirer confiance. Sinon, elle disparaît, même les habitants du pays cessant de l'utiliser. Ce qui implique des taux d'intérêt plus élevés que ceux en zone euro.

 

      Une dévaluation permet-elle une reprise économique grâce à la relance des exportations? Nous venons déjà de voir que les problèmes principaux du pays dont la monnaie est dévaluée demeurent. Sans une action pour résoudre ces problèmes, la dévaluation n'aura aucun effet. Une dévaluation n'évite donc pas les politiques douloureuses, contrairement à ce qui est souvent laissé entendre.

 

      Une dévaluation peut-elle cependant, dans le cadre d'une politique qui s'attaquerait aux problèmes principaux, aider au rétablissement économique, notamment dans l'exemple de la Grèce? Il y a le problème du financement de l'Etat, dans cet exemple, mais on peut imaginer un emprunt national plus ou moins obligatoire pour certaines catégories sociales. Il y a aussi le problème des taux d'intérêt évoqué plus haut. Mais, une dévaluation peut-elle engendrer un rebond des exportations qui participera à la relance de l'économie?

 

      La réponse n'est pas si évidente. Une dévaluation engendre d'abord une augmentation du déficit extérieur. En effet, il faut toujours importer les mêmes produits, l'économie ne pouvant s'adapter immédiatement.

 

      Ensuite, c'est selon le profil du pays. Si c'est un pays fortement importateur de matières premières, notamment pour la production d'énergie, la dévaluation va augmenter les coûts, ce qui limitera les baisses de prix à l'exportation. Il faut aussi que la production nationale puisse prendre le relai, à un coût raisonnable, des produits importés. Et, si la dévaluation est suffisante pour rendre les produits nationaux compétitifs, cela signifie aussi que ces produits sont plus onéreux pour les habitants du pays. Une dévaluation est une baisse du pouvoir d'achat. Et donc une perte de niveau de vie.

 

      L'effet global d'une dévaluation sur le commerce extérieur est donc aléatoire. D'autre part, dans le cas de la Grèce, cela ne permettra pas de concurrencer l'ouvrier chinois. De plus, la Grèce, la Grèce a accès à un grand marché, l'Europe, dans lequel elle ne doit pas être le pays qui a le coût du travail le plus élevé.

 

      D'autre part, il n'est pas non plus possible de fonder une politique économique sur une monnaie faible. D'abord, si la monnaie reste faible, c'est que l'économie reste faible. Une économie faible, dont la monnaie se déprécie constamment, c'est une économie qui se dégrade, dont le pouvoir d'achat et le niveau de vie diminuent.

 

      Même si le problème d'un pays est la compétitivité, une dévaluation n'est qu'une solution temporaire. Le monde bouge. Les pays qui sont plus compétitifs augmentent leur compétitivité, ce qui efface les gains d'une dévaluation. Par exemple, l'Allemagne voyait sa monnaie s'apprécier constamment, et donc les autres monnaies être dévaluées par rapport au deutschmark, cela n'empêchait pas le pays d'augmenter ses exportations.

      Peut-on empêcher une monnaie de se réévaluer quand l'économie va mieux, afin de préserver la croissance? Le jeu est dangereux. Quelle sera la réaction des autres pays? N'oublions pas que les dévaluations compétitives entre les deux guerres mondiales ont attisé les tension entre les pays. C'est d'ailleurs ce qui a amené la coopération internationale en la matière, avec les accords de Bretton Woods, la création de la Banque Mondiale, du FMI, et les accords du GATT.

 

      La Chine, et d'autres pays d'Asie notamment, freinent l'appréciation de leur monnaie actuellement. Cet action est toléré pour certains pays, car les perturbations monétaires viennent au moins en partie du quantitative easing des USA. Mais les Etats Unis commencent à s'irriter de l'attitude chinoise. Pourtant, ils ont favorisé le développement de ce pays, en le laissant exporter ses produits chez eux.

 

      Cependant, la Chine était engagé dans un processus continue de revalorisation de sa monnaie avant la crise. Et, dernièrement, elle a permis une petite appréciation. Avoir une monnaie forte est appréciable. Elle est facilement acceptée en paiement, elle attire les investisseurs dans le pays, elle est un gage de stabilité.

 

      En conclusion, une dévaluation peut, temporairement, augmenter légèrement la compétitivité à l'exportation. Mais elle ne résout pas les problèmes économiques et sociaux d'un pays. Elle n'empêche pas les mesures de restructuration de l'économie, elle n'empêche pas les réformes. Elle est une conséquence des difficultés, un symptôme, et non un remède. Toutes les mesures envisagées par exemple pour la Grèce resterait d'actualité. Une dévaluation s'analyse aussi comme une perte de pouvoir d'achat, et donc de niveau de vie pour la population.

 



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Hayek, Libéralisme et Utilitarisme

13 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      L'Institut Coppet a publié le texte de Friedrich August Hayek, publié dans La Constitution de la Liberté, et dans lequel l'auteur explique pourquoi il n'est pas conservateur.

 
      Le paragraphe ci-dessous, extrait de ce texte, explique de manière remarquablement concise ce qu'est le libéralisme pour Hayek.



«A propos du nom du parti de la liberté

Ce que j’ai dit suffit sans doute à expliquer pourquoi je ne me considère pas comme un conservateur. Bien des gens, cependant, auront l’impression que la position qui émerge de mes réflexions ne correspond guère à ce qu’ils entendent d’ordinaire par « libéral ». Je dois donc maintenant me poser la question de savoir si ce mot est aujourd’hui approprié pour désigner le parti de la liberté. J’ai déjà indiqué que, tout en m’étant toute ma vie qualifié de libéral, je ne le fais plus qu’avec un embarras croissant – non seulement parce qu’aux Etats-Unis le mot suscite constamment des malentendus, mais surtout parce que j’ai de plus en plus conscience de l’écart considérable qui sépare ma position du libéralisme rationaliste d’Europe continentale, et même du libéralisme utilitarien anglais. Si « libéralisme » signifiait encore ce que le terme évoquait pour l’historien britannique qui, en 1827, pouvait parier de la Révolution de 1688 comme du « triomphe de ces principes que, dans le langage d’aujourd’hui, on nomme libéralisme ou constitutionnalisme[14], » ou si on pouvait encore avec Lord Acton, parler de Burke, Macaulay et Gladstone comme des trois plus grands libéraux, ou si on pouvait encore, comme Harold Laski, considérer Tocqueville et Lord Acton comme « les libéraux essentiels du XIXe siècle[15] », je serais très fier de me classer sous ce nom. Mais, bien que je sois tenté d’appeler leur libéralisme le vrai libéralisme, je dois reconnaître que la majorité des libéraux du Continent défendaient des idées auxquelles ces hommes étaient vigoureusement opposés, et étaient animés du désir d’imposer au monde un modèle rationnel préconçu et non de la volonté de créer les perspectives d’un développement libre. Il en va de même pour ce qu’on appelle libéralisme en Angleterre depuis Lloyd George. Il est donc nécessaire de reconnaître que ce que j’ai appelé « libéralisme » a peu de rapport avec ce que visent les partis qui portent ce nom aujourd’hui. On peut en outre douter que les connotations historiques du terme soient à même de permettre le succès d’un parti politique quel qu’il soit. Les opinions pourront différer sur l’opportunité qu’il peut y avoir, dans de telles circonstances, à tenter de sauver un terme qui a été victime d’un mauvais usage. Pour ce qui me concerne, je ressens de plus en plus qu’à l’employer sans de longues explications, on provoque trop de confusion, et que l’étiquette qu’il constitue est désormais bien plus un boulet à traîner qu’une source de force. Aux Etats-Unis, où il est presque impossible d’employer le mot « libéral » dans le sens que je lui ai donné, on lui a substitué le mot « libertarien ». Peut-être est-ce la solution ; pour ma part, je trouve ce mot bien peu attrayant et je lui reproche de sentir l’artificiel et le succédané. Ce que je souhaiterais serait un mot qui évoque le parti de la vie, le parti qui défend la croissance libre et l’évolution spontanée. Mais je me suis creusé la tête en vain pour trouver un terme descriptif qui s’impose de lui-même.»

 

      Ce paragraphe rejoint ce que j'écrivais sur  La véritable signification du retour du libéralisme , et de la référence aux économistes autrichiens, dont F. A. Hayek notamment.

 

      Ce dernier se distingue clairement dans ce texte des utilitariens anglais, c'est-à-dire le courant néo-classique qui a été la référence avant Keynes, et qui est étudié comme étant le libéralisme dans les écoles et les universités. Ce courant a donné les théories de l'équilibre, général ou partiel, et la mathématisation de l'économie. C'est le courant dont fait partie notamment Alfred Marchall.

 

      Dans mon précédent article, La véritable signification du retour du libéralisme  , j'explique que Keynes et les néo-keynésiens reprennent les méthodes des utilitariens, et qu'ils s'inscrivent dans ce courant.

 

      L'objet des utilitariens est purement matériel. La question posée, c'est comment assurer sur le marché l'emploi et la croissance, et le revenu pour chacun. Les uns vont prôner de laisser faire les forces du marché, les autres la relance, certains vont favoriser la lutte contre l'inflation, d'autres opposer lutte contre l'inflation et emploi.

 

      C'est une vision technique de l'économie, presque mécanique. Pour reprendre une expression néoclassique, on cherche à maximiser l'utilité, mais plus largement que dans le concept néo-classique: c'est aussi l'utilité pour l'état qui est maximisé.

 

      L'utilitarisme est devenu la recherche d'une boîte à outil pour permmetrte à l'Etat d'atteindre ses objectifs.

 

      Or, le libéralisme, ce n'est pas ça. Ce n'est pas une maximisation matérielle, comme est devenu finalement l'économie. Même ceux qui dénoncent la croissance matérielle sont utilitaristes d'ailleurs, raisonnent conformément à l'utilitarisme. Ils considèrent que la planète ne peut pas produire plus, et que la maximisation de l'utilité implique donc de réduire la production.

 

      Le libéralisme est à la fois plus vaste et différent. Il est plus vaste car c'est une philosophie, une étude politique, un humanisme dirait-on aujourd’hui. On parlait autrefois d'économie politique également. Différent, car il ne conçoit pas son but comme la recherche d'une boîte à outil pour assurer les objectifs économiques de l'Etat.

 

      Dans ce paragraphe, il faut préciser que F. A. Hayek n'emploie pas le mot parti dans le sens d'un parti politique. Il le précise plus loin:

 

« J’espère n’avoir pas égaré le lecteur en parlant à l’occasion de « parti », alors que je pensais à des groupes d’hommes défendant un certain ensemble de principes intellectuels et moraux. La politique partisane n’a été à aucun moment le but de cet ouvrage. La question de savoir comment les principes qu’il a tenté de recomposer, à partir des fragments épars de la tradition, devront être traduits en un programme susceptible de séduire le plus grand nombre, le philosophe politique doit la laisser à un autre : « cet animal insidieux et retors que le bon peuple appelle homme d’Etat, ou politicien, et dont les décisions se fondent sur les fluctuations passagères des affaires publiques[21]. » La tâche du philosophe politique ne peut être que d’influer sur l’opinion publique, non d’organiser les gens en vue d’une action. Et il ne remplira sa tâche avec efficacité que s’il ne se préoccupe pas de ce qui est aujourd’hui possible politiquement parlant, et défend de façon cohérente des « principes généraux intangibles[22] ». »

 

      Aux libéraux de faire vivre et connaître ce qu'est le libéralisme, qui est finalement très méconnu, alors qu'il est tant dénoncé.

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Jacques Sapir et l'euro, fin

9 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

     Un internaute a aimablement indiqué le lien vers le document de travail de Jacques Sapir, dans lequel il spécule sur une sortie de l'euro de la France.

 

     Il en ressort que ce n'est pas l'euro le problème selon Sapir. C'est l'ultra-libéralisme.

Jacques Sapir préconise un financement de l'Etat par la banque Centrale, en l’occurrence la banque de France si le pays sort de l'euro.

 

     Reconnaissant que l'inflation sera forte en cas de sortie de l'euro, il préconise une augmentation des salaires, d'abord les plus bas, puis l'ensemble des salaires par le biais d'une grande conférence patronat - syndicats.

 

      En somme, Sapir propose l'hyper-inflation, que la France à évité de justesse dans les années 1980, et que le Brésil, qui l'a connue, ne veut plus connaître.

 

      Selon Sapir, la dévaluation permettra de réindustrialiser la France. Il faut selon lui maintenir la parité du franc basse, en dévaluant à chaque fois que la compétitivité diminue.

 

     Le problème, c'est que, dans un système de changes mobiles, la parité dépend de la confiance dans une monnaie. Si la confiance s'écroule, la monnaie s'écroule, pas besoin de la dévaluer. Sapir prétend contrôler cet écroulement par un contrôle des changes. Sauf que dans tous les pays, comme Cuba, qui sont dans cette situation, le résultat est un taux de change parallèle, et, même, la préférence pour une monnaie étrangère, comme le dollar.

 

     Sapir soutient que cette issue est évitable, par un contrôle des changes et des capitaux, en prenant pour exemple la Chine, qui contrôle sa monnaie.Sauf que la Chine ralentit l'appréciation de sa monnaie. Ce qui n'a rien à voir avec le fait de freiner la dépréciation d'une monnaie.

 

     En résumé, Jacques Sapir veut plonger la France dans la misère, en réitérant toutes les erreurs du passé.

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Immatriculations en France de 1995 à 2011

5 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

Voici le diagramme des immatriculations en France de voitures particulières, du 01/01/1995 au 01/05/2011, d'après les données de l'INSEE (cliquer à droite, sur "séries longues des immatriculations de véhicules neufs).La colonne 1 est donc le mois de janvier 1995, la 196 le mois de mai 2011.

 

auto stat longues

 

Il y a une grande stabilité entre 2003 et 2008. De 2009 à 2011, il y a une augmentation... due à la prime à la casse.

 

Ce ne sont que les chiffres français. Mais qui montre que les variations du marché n'étaient pas si anormales, même suite à la crise. Cette série longue montre que les variations peuvent être fortes. Et qu'elles le sont encore plus quand l'Etat subventionne l'industrie.

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L'indice du vivre mieux de l'OCDE

2 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

L'OCDE a lancé son indice du vivre mieux, inspiré de ce qu'on appelle en France l'indicateur de bien être.

 

J'ai déjà écrit quelques articles sur le sujet, dont voici les liens:

 

Réponses à quelques questions sur le PIB   

 

Réponse à Jean Gadrey   

 

Commentaire sur la commission Stiglitz     

 

Par ailleurs, depuis quelques temps ce blog a son profil Facebook. Vous pouvez donc partager les articles par le lien Facebook en bas, et aussi retrouver le profil sur Facebook.

 

Si vous connaissez des sites ou des blogs de qualité traitant de l'économie, du libéralisme, de l'actualité, de la science, je suis preneur également.

 

A bientôt sur la toile.

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Jacques Sapir et l'euro, suite

2 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

      Après s'être interrogé sur l'opportunité pour la Grèce de sortir de l'euro, Jacques Sapir, toujours dans Marianne 2, s'interroge sur l'intérêt même de l'euro, en particulier pour la France.

 

      On retrouve dans cet article tous les poncifs sur l'euro. Celui-ci serait responsable de la rigueur, de la faible croissance, de la désindustrialisation.

 

      Dans cet article, Jacques Sapir semble indiquer que le fait de sortir de l'euro et d'adopter une monnaie dévaluée, de 25% dans son raisonnement, provoquera un choc de 2% sur le PIB, du fait d'une baisse de la consommation. Ce choc serait inférieur aux mesures de rigueur imposées, selon lui par l'euro, et la dévaluation permettrait à l'économie de repartir.

 

      Dans son raisonnement, Sapir fait totalement l'impasse sur le financement du budget public. Il n'en parle pas. Pourtant, une dévaluation ne permet pas de trouver des financements. Pourquoi la Grèce est-elle soumise à un plan de rigueur? Parce qu'elle a des dépenses supérieures à ses ressources, et que les prêteurs demande des taux d'intérêt de plus en plus élevés, par manque de confiance. Le problème est le même dans la zone euro ou hors de cette zone. Dans les années 1980, la dévaluation n'a pas évité à la France un plan de rigueur mémorable. Sapir élude complètement cette question, ce qui rend son raisonnement totalement vide.

 

      Sapir fait allusion à un document de travail duquel il a tiré cet article. La question est peut-être étudiée dans ce document. L'article de Marianne n'en parlant pas, on peut considérer qu'il n'aborde pas le sujet qu'il prétend traiter, à savoir les avantages et les inconvénients de l'euro.

 

      De même, il ne traite pas du taux d'intérêt dont bénéficieraient les entreprises si la France sortait de l'euro. C'est un point éludé par tous les contempteurs de l'euro, qui décrètent que la politique de la BCE est trop rigoureuse. Hors, il n'est pas certain que hors de l'euro les entreprises, et les ménages, bénéficieraient de taux si bas.

 

      Les poncifs sur l'euro repris par Sapir sont très mal étayés, en contradiction avec la réalité. Ainsi, l'austérité serait due à l'euro. Il a déjà été montré qu'euro ou pas, c'est l'endettement qui provoque l'austérité.

 

      L'euro serait aussi responsable de la faible croissance et de la désindustrialisation. Le tout provoqué par un euro trop fort, et qui serait résolu par une forte dévaluation.

 

      On peut d'abord se demander ce que l'on appelle désindustrialisation, la valeur ajoutée produite par l'industrie augmentant, bien que certains services, qui étaient intégrés auparavant, soient externalisés, ce qui réduit le poids relatif de l'industrie dans les statistiques mais pas son poids réel ( comme l'explique très bien cet article: La mondialisation a bon dos).

 

      Ensuite, le pays qui est montré en exemple pour avoir gardé un poids de l'industrie très fort, c'est l'Allemagne! Pays membre de la zone euro, et, plus encore, dont l'ancienne monnaie est le modèle de l'euro. D'ailleurs, la BCE est à Francfort! L'Allemagne est par ailleurs un des principaux pays exportateur de la planète, et ne vient de perdre son titre de premier exportateur qu'il y a peu. (Concernant l'Allemagne, cf la série d'articles de ce blog sur ce pays.)

 

      D'autre part, une économie comme la France est quand même suffisamment forte pour avoir un niveau de vie largement supérieur à celle des pays émergents. Ce qui signifie qu'elle n'est pas tant que ça en concurrence avec les pays émergents, et, surtout, reprendre les productions assurées aujourd'hui par les pays émergents ne peut-il pas avoir des conséquences sur le niveau de vie?

 

      Sapir adopte les théories mercantilistes. Des théories simplistes, qui ne tiennent pas compte de la réalité.

 

      Sapir ne tient pas compte de la réalité non plus quand il traite de l'inflation. Il estime qu'une sortie de l'euro entraînera de l'inflation, qui pèsera donc sur le pouvoir d'achat. Il préconise donc une échelle mobile des salaires, soit une indexation sur l'inflation.

 

      Ce système avait été remis en œuvre avec la crise des années 1970. Il a ensuite été abandonné car il créait une spirale inflationniste!

 

      L'article de Sapir ignore totalement l'expérience économique de ces dernières années. Si les pays en sont venus à la rigueur, ce n'est pas par idéologie. Les gouvernants, élus, évitent de proposer des efforts aux électeurs. Ils ne le font que quand c'est vraiment inévitable.

 

      Le débat est toujours bienvenue, mais il n'y a ici pas d'argument. Peut-être ces arguments sont-ils dans le document de travail cité par Sapir. Dans ce cas, l'article est vraiment trop pauvre.

 

      Cet article ne démontre donc aucunement que la Grèce, la France, ni aucun pays de la zone n'aurait intérêt à la quitter.

 

(On peut citer ici l'exemple du Brésil, qui n'a jamais été aussi prospère que depuis qu'il a une politique monétaire stricte. Cette politique stricte permettant de rendre efficace la politique sociale par ailleurs: cf   Présidentielle 2010 au Brésil    )

 

 

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