Analyse Libérale

Les patrons français sont-ils moins compétents que les patrons allemands?

28 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

 

      La France a décidé de pratiquer le benchmarking. De l'anglais "repère", cela signifie pour une entreprise de s'évaluer à l'aune d'une concurrente considérée comme une référence dans son domaine d'activité. La référence choisie par la France est l'Allemagne.

 

      Et voici le nouveau cheval de bataille du MEDEF: la France est moins compétitive parce le coût du travail y est plus élevé.

 

      Comme je l'ai déjà expliqué, cette assertion reste à démontrer. Les coûts du travail semblent très proches. Sans tenir compte de toutes les subtilités propres à chaque pays. On vante ainsi la législation du travail allemande, en oubliant les allègements de charges en France, l'annualisation du temps de travail, et autres emplois aidés.

 

      La seule chose évidente dans la comparaison entre les deux pays, du point de vue du rôle de l'Etat, est une dépense publique inférieure côté allemand.

 

      Mais on peut être frappé par le fait que le MEDEF ne mette pas en exergue d'autres différence, qui ne sont pas à l'avantage des patrons français. Ainsi, en pourcentage du PIB, l'investissement des entreprises allemandes en recherche et développement est largement supérieur à celui des entreprises françaises. Et ce en dépit d'un crédit d'impôt recherche de plus en plus généreux dans l'hexagone.

 

  R&D France Allemagne

       Les entreprises allemandes ont par ailleurs une tradition d'exportation. Pourquoi, depuis tout ce temps, les entreprises françaises n'ont-elles pas développé une telle tradition? Sachant que ce n'est pas sur les prix que l'Allemagne base sa compétitivité, mais sur la qualité de ses produits. C'est à la portée des français, surtout avec les différentes aides à l'exportation qui existent.

(Source: COE-Rexecode , "Mettre un terme à la divergence de compétitivité entre la France et l'Allemagne")

 

 

 

      Enfin, la France se caractérise par des PME moins développées que les PME allemandes. Mais les PME françaises ont-elles la volonté de se développer? Un article du magazine Chalenges du 24 février 2011 traite de l'écart entre les PME françaises et les entreprises du CAC 40. Il souligne la santé précaire des PME, mais conclut ainsi:

 

"Pourtant, les patrons de PME ne peuvent s'exonérer de toute responsabilité. Une des collaborations les plus originales a été mise en place dans l'automobile, où 80 % des entreprises affichent moins de 500 salariés. Ces structures ont vécu difficilement le retrait de la production industrielle en France, passée de 3,5 à 2,2 millions de véhicules entre 2005 et 2010. Au plus profond de la crise, elles ont demandé l'aide des grands groupes : Peugeot Citroën a ainsi financé des avances de trésorerie pour 240 millions d'euros en 2009. En 2010, effet sans doute de l'embellie due à la prime à la casse, ces sollicitations ont été divisées par six. Du coup, les PME se sentent tirées d'affaire et renâclent à grossir. Au point qu'un fonds de 50 millions d'euros, dérivé de celui consacré à la modernisation des équipementiers automobiles et avec pour vocation d'aider à la consolidation du secteur, n'a procédé qu'à quatre petites interventions en 2010. Comme si les patrons de ces entreprises familiales, farouchement indépendants, préféraient le risque de périr à celui de s'unir."

 

      Les PME française auraient-elles peur du développement? Ou encore, cela signifie-t-il que l'environnement est, quoiqu'en disent les politiciens, plus favorable aux grandes boîtes qu'aux PME? Ou encore, que la responsabilité est partagée? Ce qui amène, entre autre, à s'interroger sur l'enseignement dispensé en école de commerce, vivier des dirigeants en France.

 

      Le MEDEF est prompt à quémander l'aide de l'Etat, malgré des prétentions libérales. Il usurpe le discours libéral.

 

      Entre les multiples crédits d'impôts, aides à l'export et autres allègements de charges, les entreprises françaises sont très assistées. Une politique à mener serait peut-être de supprimer toutes ces aides contre une baisse de l'impôt sur les sociétés, et de voir la réaction du MEDEF, qui se réclame du libéralisme, mais qui quémande toujours une politique en sa faveur de la part de l'Etat.

Lire la suite

Le G20 et les déséquilibres

27 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      La présidence française du G20 s'est fixée comme objectif la réduction des déséquilibres mondiaux, considérant que certaines monnaies sont sous-évaluées, que certains pays ont trop d'éxcédents.

 

      La réunion consacrée à ce sujet à accouché d'un vague accord sur des indicateurs de déséquilibre. Il est vrai que les révolutions d'Afrique du Nord et du Moyen Orient ont quelque peu éclipsé le G20.

 

      Ce genre de réunion ramène de vieux souvenirs, d'une époque où internet et ce qu'on appelle la mondialisation n'étaient pas si développés. Il s'agissait à l'époque, déjà, de lutter contre les déséquilibres, et, notamment, les excédents commerciaux japonais. Il fallait également stabiliser le cours du dollar.

 

      Quand les pays occidentaux ont quelques problèmes économiques, face à la concurrence des pays émergents, ils cherchent à rétablir les équilibres.

 

      Les efforts américains de l'époque contre les excédents japonais, et les efforts mondiaux pour stabiliser le dollar n'ont rien fait contre ces déséquilibres. Et, aujourd'hui, la réunion du G20 n'a rien fait non plus.

 

      Il est positif que les pays discutent, qu'ils établissent des règles communes. Mais ce genre de réunion a aussi, ou avant tout, pour objectif de faire oublier les responsabilités de chacun, en particulier de ceux qui demandent ce genre de rééquilibrage.

 

      La Chine est accusée de maintenir le taux de change de sa monnaie à un niveau trop bas. C'est oublier que ce pays était engagé dans un processus de normalisation de sa monnaie, avant la crise. La monnaie chinoise est en effet strictement contrôlée par l'Etat, son emploi à l'étranger, et sur les marchés, n'étant pas libre. La chine poursuit d'ailleurs son processus d'ouverture monétaire. Les sociétés étrangères commencent ainsi à emprunter en yuan. Peu à peu la monnaie est intégrée au système mondiale, la Chine ayant pour but d'être une super-puissance, également dans le domaine monétaire.

 

      C'est donc la crise, provoquée par la relance par le crédit américaine, qui ralentit le processus de normalisation, et donc de libre fluctuation, de la monnaie chinoise. Et c'est encore aujourd'hui la politique monétaire américaine qui dérègle les marchés mondiaux. Le déséquilibre est du côté américain.

 

      De même, les pays occidentaux se plaignent des excédents commerciaux de la Chine. Mais ils ne se plaignent pas de l'argent chinois qui achète leurs dettes. Et, n'y a-t-il pas justement un rééquilibrage dans la croissance des pays émergents, qui, peu à peu, rattrapent le niveau de vie des occidentaux?

 

      Enfin, les occidentaux ne devraient-ils pas s'interroger sur leur politique économique, sur leur manière d'intervenir dans l'économie justement, au lieu de chercher la solution en forçant les autres à ralentir leur croissance? Croissance dont nous profitons, d'ailleurs, directement, à travers l'Allemagne, le tourisme, et tous ces nouveaux consommateurs avides de produits de luxe.

 

      On peut estimer que certains pays ne respectent pas les règles du commerce mondial. Mais, il y a une instance pour cela: l'OMC. C'est un peu long, peu spectaculaire, mais reconnu par les pays membres. Evidemment, il ne faut pas non plus de son côté être en tort, et il ne faut pas craindre de gêner certains gros contrats. En effet, certains pays se plaignent de concurrence déloyale, mais hésitent à engager des procédures car certains gros contrats pourraient en pâtir. D'autre part, une telle procédure est européenne, et différents membres de l'Union Européenne ne sont pas dans des situations identiques: par exemple, l'Allemagne ne se plaint pas du commerce international.

 

      Les intentions de ce genre de réunion sont donc ambigües. Ne serait-ce qu'une manière dee donner l'illusion que les gouvernements agissent? Les intérêts des différents protagonistes divergent également, même parmi les occidentaux. Enfin, avant de donner des leçons au monde, peut être faudrait-il assumer nos propres responsabilités.

 

      Oui, nous avons le pouvoir de changer les choses. Mais en s'attaquant à nos problèmes internes.

Lire la suite

France-Allemagne: croissance et emploi

20 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

 

      La croissance française en 2010 s'établit à 1,5%, et la croissance allemande à 3,6%, selon les premières estimations des instituts statistiques nationaux. Au quatrième 2010, la croissance est de 0,3% en France, et de 0,4% en Allemagne. La croissance allemande ralentit donc, après un chiffre de 2,2% au deuxième trimestre, et 0,7% au troisième.

 

      La baisse du PIB avait été de 2,5% en France en 2009, et de 4,7% en Allemagne. Aucun des deux pays n'a retrouvé le niveau de PIB de 2008 (en montant ajusté de l'inflation). Selon Destatis, l'office Allemand des statistiques, sur une base de 100 en 2000, le PIB s'élevait à 110,39 en 2008, et 108,98 en 2010. En France, selon l'INSEE, le PIB s'élevait à 1 640,51 milliards en 2008, et 1 622,58 en 2010 (chiffres corrigés de l'inflation).

 

      Les deux pays semblent donc au même niveau par rapport à la crise. La France a vu son PIB moins baisser que l'Allemagne, mais il augmente moins vite désormais. Les chiffres du quatrième trimestre 2010 sont similaires. Mais il est trop tôt pour savoir si c'est une tendance, si la croissance va être similaires des deux côtés du Rhin. Pour le moment, tout ce qu'on peut dire est que les deux pays ont une évolution similaire de leur PIB, avec des mouvements plus prononcés pour l'Allemagne.

 

      Au niveau de l'emploi, le taux de chômage était en France de 9,7% en décembre 2010, contre 8,4% en décembre 2008, et 7,8% en décembre 2007 (chiffres d'Eurostat). Tandis que le taux de chômage en Allemagne était de 6,6% en décembre 2010, contre 7,1% en décembre 2008, et 7,9% en décembre 2007. Les chiffres d'Eurostat sont des taux de chômage harmonisés et désaisonnalisés. Ils peuvent différer des chiffres publiés par les organismes nationaux. Par exemple, l'Allemagne a pour habitude de présenter des chiffres non désaisonnalisés. Les chiffres d'Eurostat sont plus adéquats pour une comparaison. Mais, quels que soient les chiffres retenus, ils indiquent que le niveau du chômage est retombé aux niveaux d'avant la crise, et qu'il poursuit sa décru.

 

      Pendant la crise, le chômage a été amorti en Allemagne par le chômage partiel. C'est la raison qui est avancée généralement pour expliquer qu'il ait moins augmenté qu'en France pendant cette période. La France aussi a utilisé des mesures de chômage partiel néanmoins. Sans doute cette politique était-elle moins généralisée qu'en Allemagne.

 

      Cependant, il est indéniable que le chômage diminue en Allemagne, et que ce mouvement avait commencé avant la crise, qu'il l'avait suspendu. Aujourd'hui, la baisse reprend. C'est donc une différence entre l'Allemagne et la France.

 

      Néanmoins, la différence des taux de chômage ne s'explique pas par un différentiel de croissance, la forte croissance allemande de 2010 étant compensée par la récession de 2009. Et, sur le moyen terme, la croissance allemande n'est pas supérieure à la croissance française.

 

croissance France et Allemagne

 

      L'emploi n'augmente pas plus vite en Allemagne qu'en France. En effet, Patrick Artus, dans les Echos du 16 septembre 2010, indique que, de 1998 à 2010, l'emploi total a augmenté d'11% en France, contre 7% en Allemagne.

 

      Une première explication à la baisse du chômage en Allemagne est donnée par la baisse de la population en âge de travailler

 

France Allemagne population active OCDE 

 

      Cependant, la population active ne diminue pas. Globalement, depuis 2006, elle stagne, avec des hauts et des bas. Dernièrement, elle a légèrement augmenté.

 

populaion active en Allemagne 

 

      Il y a une corrélation entre l'évolution de la population active et le chômage, comme le montre le graphique suivant:

 

 Taux de chômage et population active en Allemagne

 

      Cependant, la population employée augmente depuis 2006.

 

      En effet, un des objectifs des réformes Hartz était l'augmentation du taux de personne active employée. De même, si la population active stagne globalement, le graphique ci-dessus montre qu'après avoir baissé en 2006, elle est sur une tendance légèrement légèrement haussière, conséquence toujours des réformes Hartz.

 

      La France a vu elle une augmentation continue de sa population active, mais qui s'est ralentie en 2007, année de taux de chômage bas, avant de ré-augmenter.

 

Population active en France

 

(Source OCDE)

 

      L'évolution de la population active n'est donc pas la seule explication à la baisse du taux de chômage allemand. La France a elle aussi connu une baisse du chômage, avant la crise, en raison de la moindre augmentation de sa population active.

 

      Une publication du Trésor, Trésor-Eco n°79, d'octobre 2010, donne une autre explication à la baisse du chômage en Allemagne. Elle met en avant l'effet des réformes Hartz mises en place entre 2003 et 2005.

 

      Ces réformes ont notamment réduit la durée maximale de versement des allocations chômage. Elles ont fusionné le statut de chômeur de longue durée avec celui de RMIste (ou plutôt l'équivalent allemand) avec une nouvelle allocation inférieure à l'ancienne allocation destinée aux RMistes. Droit de sanction pour l'Agence Fédérale pour l'Emploi, si le chômeur n'accepte pas une offre, même inférieure à sa qualification. Et, surtout, création d'une subvention des emplois précaires et intérimaires, dits "emplois atypiques".

 

      Trésor-Eco cite Destatis, l'office fédérale de statistiques, qui indique que «le nombre d'employés se retrouvant en-dessous du seuil de pauvreté a progressé de près 58 % entre 1998 et 2008 pour atteindre près de 2 million de personnes en 2008. Cette évolution serait liée à l'explosion des emplois « atypiques » (1 million de personnes en 2008 soit +129 % par rapport à 1998) et serait donc étroitement liée aux réformes « Hartz IV ».

 

      Selon le quotidien en ligne 20 Minutes, qui cite une étude de l'Institut du Travail de l'Unbiversité de Duisbourg Essane, parue en août 2010, «plus de 6,5 millions de personnes en Allemagne, soit près de 20% des travailleurs, toucheraient ainsi moins de 10 euros brut de l'heure. Parmi eux, 2 millions d'employés gagnent même moins de 6 euros de l'heure et ils sont nombreux, dans l’ex-RDA, à vivre avec moins de 720 euros par mois pour un temps complet.»

 

      Le Monde ajoute: «Postes en intérims, CDD, ou même les mini-jobs, ces emplois de quelques heures hebdomadaires rémunérés 400 euros par mois sans charges sociales pour le salarié ont été, ces dernières années, la règle pour un nombre important de travailleurs du tertiaire. [Les "mini-jobs" concernent encore 12 % de la population active.]

Ce sont surtout les emplois non qualifiés (employés de supermarchés, agents d'entretien…) qui ont le plus pâti du système. Les entreprises ont largement préféré faire appel à deux ou trois mini-jobs, fiscalement avantageux, plutôt que d'embaucher pour de bon une personne. On peut ainsi estimer actuellement à 6,7 millions le nombre de travailleurs mal payés en Allemagne.»

 

      On peut aussi souligner l'importance du temps partiel en Allemagne, qui concerne 25,9% des emplois selon Clés du social, durée du travail en 2010. Par comparaison, le temps partiel concerne 16,9% de la population en France. Qui dit temps partiel dit salaire partiel aussi, bien sûr.

 

  Temps partiel

 

      Ajoutons cette statistique, du Bureau Fédéral du Plan de Belgique, qui montre que le volume d'heures travaillées dans le secteur marchand a baissé entre 1996 et 2007. La baisse provient sur secteur manufacturier. Tandis que le secteur des services a connu une augmentation. Ce qui met à mal la théorie de l'emploi tiré par l'industrie.

 

      La baisse du chômage en Allemagne ne viendrait donc pas de la croissance, non plus de créations dans l'industrie grâce aux exportations, mais de la multiplication des emplois précaires, à temps partiels. C'est la réduction du temps de travail, dans un sens, qui crée des emplois, mais accompagnée de la réduction de la rémunération. Ajoutons de grandes inégalités entre les salariés des industries exportatrices, à temps plein, et les emplois qualifiés d'atypiques.

 

     En conclusion, en terme de croissance, la France et l'Allemagne sont pour l'instant globalement à égalité. En terme d'emplois, la situation prête à débat. Est-ce l'Allemagne, qui suit la bonnbe voie, en mettent un maximum de gens au travail, quelles qu'en soient les conditions?

Lire la suite

L'évolution comparée du coût du travail en France et en Allemagne

19 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

Vous trouverez en cliquant sur ce lien un extrait d'un rapport de la Commission des Comptes de la Sécurité Sociale, sur l'évolution comparée du coût du travail en France et en Allemagne. La comparaison s'arrête en 2008, mais elle est significative de l'évolution depuis 2000, 2009 et 2010 étant plutôt une période atypique, marquée par la crise et le chômage partiel en Allemagne.

Lire la suite

Le modèle payant est-il l'avenir de la presse?

12 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Une journaliste du Figaro, Marie-Catherine Beuth, s'interroge sur son blog sur les "paywall", les péages sur les sites de presse.

 

Une réflexion très intéressante d'une journaliste spécialiste du secteur.

 

A lire, pour ceux qui comme moi s'intéressent aux médias.(Cliquer sur le titre ci-dessous)

 

Les sites payants seront-ils les DRM de la presse

Lire la suite

Emprunts toxiques

9 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      Le département de la Seine-Saint-Denis, en Ile- de-France, a annoncé sa volonté d'assigner en justice des banques auprès desquelles il a contracté des emprunts dits toxiques.

 

      Qu'est-ce qu'un emprunt toxiques? Un emprunt classique a un taux d'intérêt fixe, ou qui varie de façon modéré, en fonction d'un indice spécifique, lié au taux d'intérêt de la banque centrale, ou au taux d'intérêt sur les marchés financiers.

 

      Un emprunt toxique peut voir son taux d'intérêt varier de manière beaucoup plus considérable, et sans rapport avec les taux sur les marchés financiers. Un emprunt toxique, c'est un pari sur un actif financier. Par exemple, on parie sur l'évolution du yen japonais. Si le yen évolue comme on l'a parié, le taux d'intérêt reste faible. Et il est dans ce cas très bon marché. Si le Yen évolue différemment de ce qu'on attendait, le taux d'intérêt s'envole, considérablement.

 

      Un emprunt toxique fonctionne donc comme un produit financier, sauf qu'on n'investit pas une somme pour faire des bénéfices. On emprunte et on espère un taux d'intérêt faible.

 

      En clair, c'est de la spéculation, sur des produits très pointus. Les collectivités locales ont donc spéculé, avec l'argent public, puisque l'emprunt et les intérêts sont payés par le citoyen.

 

      Ces collectivités ont-elles été abusées par les banques? Il est normal que certains publics fragiles soient protégés. Et le crédit est relativement bien encadré en France. Mais peut-on classer un département d'Ile-de-France, avec des compétences dans le logement, l'éducation, l'économie, la solidarité, qui administre avec un budget important une population importante (plus d'1,5 million d'habitants), dans la catégorie des publics fragiles?

 

(Voici également un article intéressant de L'Expansion, qui complète ce que j'écris, et qu'il faut lire jusqu'au bout, car le plus intéressant est à la fin: cliquer ici)

 

 

Lire la suite

Eléments de réflexion sur la comparaison France-Allemagne

8 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

 

     A quelques jour sd'intervalle ont paru une étude de COE-Rexecode comparant la France et l'Allemagne, et les chiffres du commerce extérieur pour 2010. Le rapport de COE-Rexecode conclut que le coût du travail est trop élevé en France. Et les chiffres du commerce extérieur indique un déficit qui se creuse par rapport à 2009. Ce qui conforte les appels à imiter l'Allemagne.

 

     Cependant, les chiffres du commerce extérieur sont incomplets. Il s'agit en effet uniquement des échanges de biens. Il n'y a pas les échanges de services. Or, généralement, ces échanges de services sont excédentaires pour la France, contrairement à l'Allemagne. Pour une meilleure analyse, il faut attendre ces chiffres.

 

     Par contre, on peut déjà remarquer que la France est en excédent avec la Grande-Bretagne, ainsi que le Moyen Orient, mais en déficit avec la zone euro. Ce qui relativise les commentaires sur l'euro qui serait trop fort.

 

     Quant à l'étude du COE-Rexecode, ce lien mène vers un article qui le décortique. J'ai déjà souligné que le coût du travail en Allemagne était inférieur à celui de la France, mais pas dans le secteur exportateur, où les coûts sont équivalents. Les industriels allemands achètent par ailleurs des pièces dans des pays à bas coûts, d'Europe Centrale par exemple, ce qui peuvent faire aussi les français.

 

     Il est vrai par contre que les salaires allemands stagnent depuis une dizaine d'année. Une façon de compenser l'augmentation de la période précédente.

 

     Les industriels allemands ont donc investi les gains de productivité dans l'investissement, la recherche. C'est un élément qui n'a pas été mis en avant dans les médias, mais qui est présent dans le rapport. La France aide beaucoup ses entreprises dans la recherche. Mais elles investissent moins que les allemandes.

 

     Le rapport COE-Rexecode souligne les aides de la France à l'innovation, ce qui souligne en creux les insuffisances des entreprises. Ce que ne souligne pas le Medef. Le chantre prétendu du libéralisme demande beaucoup à l'Etat en fait.

 

     L'industrie allemande réussit parce qu'elle investit. Elle est aussi bien organisée à l'étranger, pour connaître de nouveaux marchés. Elle est présente en Chine car elle y est arrivée très tôt, sans rien demander à l'Etat.

 

     Imiter l'Allemagne impliquerait donc un effort de la part des entreprises.

 

     L'Allemagne est-elle un modèle? Les entreprises sont efficaces, et leur organisation à l'international est certes une référence.

 

     Néanmoins, la situation est plus contrastée, comme je le montre dans l'article   Faut-il suivre l'exemple de l'Allemagne?  . Ainsi, ces dernières années, la pauvreté a fortement augmenté en Allemagne comme le montre cet article de Slate. Des emplois à 1 mark ont été créés. La croissance Allemande, sur une longue période, n'a rien d'extraordinaire.

 

     La croissance des marchés émergents va peut-être soutenir la croissance en Allemagne, et, par ricochet, en Europe. Cependant, cela ne donne pas à l'Europe une croissance autonome. Cela ne fait pas de l'Europe une force motrice de l'économie mondiale.

 

     Ajoutons à cela que l'économie française est différente de l'économie allemande. Elle est plus tourné vers les services, et plus efficace dans ce secteur. Beaucoup y voit un handicap. Et si c'était un atout? (cf Politique industrielle  )

 

     La réflexion tourne autour de la compétitivité, c'est-à-dire la recherche de la croissance par l'exportation. Mais il faudrait aussi réfléchir au moyen de donner à l'Europe une dynamique propre, moins dépendante de l'extérieur. 

 

(En complément, un article sur l'importance donné à la balance commerciale, ici.)

Lire la suite

La mondialisation selon Krugman

6 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Krugman, le célèbre éditorialiste, prix Nobel d'économie, est surtout un spécialiste de la mondialisation. Il en a étudié les effets, et les idées reçues. La Mondialisation n'est pas coupable, article du blog Analyse Economique, est une excellente présentation des analyses de Krugman.

A découvrir.

Lire la suite

L'éolien émettrait plus de CO2 que le nucléaire.

6 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Voici un article de l'Expansion.com selon lequel la filière de l'énergie éolienne rejetterait plus de CO2 que la filière nucléaire. Cliquer ici.

Lire la suite

La TVA sociale et l'Allemagne

5 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

 

      La France a pour habitude de se comparer à l'Allemagne, et à vouloir imiter son voisin d'outre Rhin. Notamment, les partisans de la TVA sociale soulignent que l'Allemagne a diminué les charges sociales et augmenté la TVA.

 

      Cependant, cette argumentation oublie un point: la dépense publique, en pourcentage du PIB, moins élevée en Allemagne qu'en France, comme le montre cet article du Figaro.


      Ainsi, en 2009, la dépense publique représentait 56% du PIB en France, contre 47,6% en Allemagne.

 

      Cette dernière a fait passer sa dépense publique de 48,5% du PIB en 2003 à 43,7% en 2008, la crise ayant fait monter ce ratio en 2009.

 

      Par comparaison, la dépense publique en France en 2008 s'élevait à 52,8%.

 

      Par conséquent, sachant que le taux de TVA en Allemagne est de 19%, équivalent au taux français de 19,6%, une baisse des charges ne peut venir que d'une baisse de la dépense publique, si on suit l'exemple allemand.

 

Lire la suite
1 2 > >>