Analyse Libérale

Education: les chiffres, et commentaires

27 Janvier 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

  (Cet article est la fusion de deux articles déjàparus sur ce blog, mais de nouveau d'actualité. C'est l'occasion de les fusionner, car ils ne sont séparés qu'en raison de mon manque de temps pour écrire sur un sujet aussi complexe que l'éducation.  Ainsi, les chiffres viennent illustrer la réflexion)

 

      Les suppressions de postes dans l'Education Nationale ont engendré des protestations. Les différentes économies faites sur ce budget interpellent, ce qui est logique. Pour se faire une idée de la situation, il est nécessaire d'avoir des chiffres, des études. Ces chiffres sont disponibles, via l'INSEE, et le site de l'OCDE. En voici quelques uns dans cet article.

 

      Cependant, l'Education n'est pas qu'une question de budget et d'effectifs. Après la présentation de différents chiffres, cet article propose une réflexion basée sur les comparaisons internationales.

 

Effectifs-enseignants-s-rie-moyenne.jpg

 

      Effectifs-enseignants-graphique.jpg

 

 

      Ces deux tableaux montrent que, globalement, sur la période 1995-2007, le nombre d'élèves, dans le primaire comme dans le secondaire, a baissé, tandis que le nombre de professeurs a augmenté.

 

Effectifs-d--l-ves-et-d--tudiants.jpg

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir) 

     

 

       L'intérêt de ce tableau est de montrer que les effectifs étudiants ont augmenté depuis 1980, mais qu'ils baissent en 2007 par rapport à 2003. En fait, ils restent dans la même zone depuis 2002.

 

Nombre-d--l-ves-par-enseignant-OCDE.jpg

 

 (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

      Ce tableau montre que la France a un nombre relativement élevé d'élèves par enseignant. C'est en primaire que ce ratio est important. Dans le deuxième cycle du secondaire (les lycées), au contraire, ce ratio est plutôt faible.

 

      Il est à noter que la Corée du Sud présente un ratio global équivalent à celui de la France, et un ratio supérieur dans le deuxième cycle du secondaire, tout en présentant de meilleurs résultat que la France à l'enquête Pisa de l'OCDE.

 

      Pour une meilleure interprétation des chiffres, notons que deux pays obtenant les meilleurs résultats à l'étude Pisa de l'OCDE sur l'éducation sont la Finlande et la Corée du Sud. Cette dernière ayant donc un ratio d'élèves par enseignant plus élevé que la France, tandis que c'est l'inverse pour la Finlande.

 

 

      Ce dernier tableau montre qu'en nombre d'élèves par classe, la France est légèrement au dessus de la moyenne des pays de l'OCDE, mais largement en dessous de la Corée du Sud.

 

      Tous ces tableaux démontrent la complexité du sujet. Un pays comme la Corée a des classes qui seraient considérées comme surchargées en France, et, pourtant, ses résultats en matière d'éducation sont bons.

 

      La France réduit ses effectifs d'enseignants, mais ceux-ci sont plus nombreux qu'en 1995, alors que le nombre d'élèves a baissé. Il y a par ailleurs de grandes différence entre le primaire et le secondaire.

 

      L'école est un sujet complexe donc. On ne peut pas en faire le tour en un article. Nous essaierons d'abord ici de sortir du catastrophisme, en montrant que la situation de la France en ce domaine est équivalente à beaucoup de pays développés, et qu'elle est parfois meilleure. Puis, Nous déterminerons quelques pistes d'amélioration de l'école, en observant les pays qui obtiennent de bons résultats dans les comparaisons internationales.

 

Une ébauche de constat

      Les médias aiment le sensationnalisme, et ils nous présentent une situation critique. Qu'en est-il exactement? Pour situer la France, regardons le classement PISA de l'OCDE. Pisa est une étude très complète du niveau d'éducation dans les pays de l'OCDE, qui comprennent tous les pays développés, et des pays émergents. Selon les classements de cette étude Pisa, la France est dans la moyenne. Ce qui signifie trois choses. D'abord, que la France peut progresser. Ensuite, que les problèmes de la France sont aussi ceux d'autres pays. Enfin, que la situation, comparée aux autres pays, n'est pas si catastrophique. Il faut le souligner, dans les comparaisons internationales, si la France n'a pas le rang qui siérait à la nation de Jules Ferry, où l'Education est un pilier de la République, elle n'a pas une position honteuse non plus.

 

      Ajoutons que la France intègre bien les enfants issus de l'immigration. Une étude publiée sous le titre Le destin des enfants d'immigrés: un désenchaînement des générations, montre que globalement les problèmes rencontrés par ces enfants sont ceux de tous les enfants. C'est l'origine sociale qui est déterminante dans leur parcours.

 

      Je ne veux pas ici brosser un tableau idyllique, ni négliger les problèmes. Ce que je veux souligner, c'est que le système français n'a pas que des défauts, et que ce qui est fait ailleurs n'a pas que des qualités. Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. L'école est complexe. Gardons toujours cela à l'esprit.

 

      Par ailleurs, les pays étrangers sont toujours friands de nos scientifiques. Notre filière mathématique est reconnue dans le monde. De même les connaissances des cadres français, et la capacité inventive. Nous sommes à la croisée de la rigueur germanique et de la créativité latine.

 

      Faire simplement un état des lieux est complexe. Par exemple, y a-t-il ou non une baisse du niveau des élèves? La réponse classique, qui sonne comme une évidence, c'est oui, le niveau baisse! D'autres répondrons l'inverse. En argumentant que l'analphabétisme est rare aujourd'hui chez les jeunes générations. Et que le niveau global a augmenté. En moyenne, les élèves en savent plus. On peut aussi à nouveau signaler cette reconnaissance internationale pour nos scientifiques.

 

       Il y a aussi, en France, mais également aux USA, une relative désaffection pour les filières scientifiques. C'est ce qui ressort régulièrement dans la presse. Je ne connais pas exactement la mesure de ce phénomène. Mais cela montre un facteur externe à l'école. Si les filières scientifiques sont moins pourvues, ce n'est pas forcément à cause d'une baisse de niveau due à l'école, mais aussi aux choix des élèves et des parents.

 

      Cependant, on constate quelques problèmes d'orthographe jusque chez les cadres, pour qui des stages sont même organisés sur ce sujet. Les bacs généralistes paraissent moins exigeants qu'il y a quelques années. Nous sommes passés de math-élem à bac C puis S. Le bac B, assez exigeant, a lui disparu. Il y a des arguments en faveur de la thèse de la baisse de niveau.

 

 

      Il y a donc un mouvement vers plus de connaissances de base, un autre vers une baisse, apparemment, du niveau moyen. Mais les grandes écoles très sélectives trouvent toujours les cerveaux en nombre suffisant.

 

     Le grand défi, finalement, reste l'éducation de masse. Comment s'adapter aux enfants,comment assurer à un tel nombre d'enfants, de milieux si divers, de conditions de vie si diverses, la meilleure éducation possible? Nous n'avons pas encore répondu à cette question en France, et d'autres pays non plus.

 

      Pour finir sur cette ébauche de constat, abordons le thème de l'ascenseur social. Cet ascenseur est unanimement considéré comme étant en panne de nos jours, et l'école est pointée comme étant responsable. Selon moi, cette responsabilité est à relativiser. En effet, il y a de nos jours beaucoup plus de formations accessibles à toutes les catégories de population, du moins quand on habite les centres urbains. Par contre, ce sont les débouchés qui ont diminué. En effet, même si l'élévation du niveau d'éducation est nécessaire pour l'ascension sociale, c'est surtout la croissance qui a permis cette ascension. En effet, c'est avant tout l'augmentation du besoin en personnel d'encadrement et de niveau supérieur en général qui a forcé les bonnes familles bourgeoises à recruter parmi le peuple.

 

Un "climat" d'étude

      Ce constat, ou plutôt cette ébauche de constat faite, que peut-on faire pour améliorer le système éducatif français? Une méthode logique consiste à voir ce qui se fait ailleurs. Deux des pays qui obtiennent les meilleurs résultats au classement PISA de l'OCDE sont la Finlande et la Corée du Sud. On peut trouver facilement des informations sur la Finlande. Malheureusement beaucoup moins sur la Corée. Par conséquent, la comparaison se fera essentiellement par rapport à la Finlande.

 

      La Finlande et la Corée du Sud ont deux systèmes éducatifs très différents. Pour caricaturer, disons que celui de la Finlande se veut "progressif", en faisant en sorte par exemple que l'enfant se sente comme chez lui à l'école. Tandis que le système coréen ressemble plus à la France des années 1950-1960, avec par exemple une discipline stricte. Quels point communs peut-on néanmoins leur trouver?

 

      Un point commun est ce que j'appellerai le respect de la classe. En effet, en Corée du Sud, c'est la discipline à l'ancienne qui est appliquée. Ce qui permet à l'instituteur de "tenir" une classe nombreuse. En Finlande, il est développé un respect mutuel entre l'enseignant et les élèves, ce qui favorise l'attention en classe. Les élèves respectant également les locaux. Il est notable aussi que parmi les objectifs de l'éducation en Finlande il y ait «d'aider les élèves à croître en humanité et à devenir responsables de la société» (Basic Education Act,1998), ou «des individus bons, équilibrés, cultivés et intégrés dans la société» (Upper Secondary Schools AcT, 1998) (citations extraites de La Finlande: un modèle éducatif pour la France? de Paul Robert).

 

      Par ailleurs, la Corée du Sud est un pays où la compétition scolaire est acharnée: les parents poussent leurs enfants dans les études. La Finlande a su réformer son système éducatif dans un relatif consensus, ce qui dénote un souci commun pour l'éducation. Enfin, aux USA, certains comparent les immigrés asiatiques aux immigrés "wasp" (white, Anglo-Saxon, Protestant) des précédentes vagues. Les enfants de ces immigrés asiatiques sont poussés par leurs parents, pour qui l'éducation est importante, comme les wasp de l'époque. En effet, ces enfants asiatiques ont de bons résultats scolaires.

 

      Quelles conclusions tirer de tout cela? D'abord, l'ambiance en classe est importante. Il y a plusieurs méthode pour l'obtenir. La discipline, comme en Corée. L'acceptation de valeurs communes, et un climat de confiance, comme en Finlande.

 

      Ensuite, l'état d'esprit des parents est important. En Corée, les parents poussent leurs enfants. En Finlande, il y a manifestement un consensus en faveur de l'éducation. Et les observations faites aux USA confirment l'importance de cette composante. L'ambiance du milieu familial a une importance.

 

      Il y a régulièrement en France un courant réclamant le retour à la discipline et à l'uniforme à l'école. On voit avec l'exemple de la Finlande que l'important est surtout l'ambiance de la classe, la capacité d'attention de l'enfant. La discipline à la coréenne peut être efficace au début. Mais ensuite, il y a un moment, que je suis bien incapable de préciser, où il est important que les élèves apprennent à travailler en groupe. En effet, il est reconnu que le système éducatif américain n'est pas le meilleur globalement, mais qu'il a une qualité: il apprend les élèves à coopérer.

 

      Nous sommes à nouveau confronté à la complexité du sujet. Le débat sur la discipline renvoie à l'ambiance en classe. Mais l'attitude des parents a de l'importance. Il faut qu'ils acceptent les méthodes de l'école, et le fait, peut-être de pousser un peu les enfants à l'école. En tout cas, il est nécessaire de créer une ambiance propice à l'enseignement.

 

Tout se joue très tôt

      L'enseignement en Finlande se caractérise également par la volonté de détecter tôt les difficultés des enfants, et d'y remédier le plus vite possible. Dès le plus jeune âge. Sachant que pour la Finlande, l'école proprement dite commence au plus tôt à 6 ans. Auparavant, les enfants sont au jardins d'enfants.

 

      Je n'ai pas d'info sur la Corée du Sud à ce sujet. Par contre, tous les articles que j'ai pu lire confirment qu'il est essentiel de détecter tôt les difficultés de l'enfant. Il est généralement préconisé de prendre à part quelque temps ces enfants, pour des cours plus spécifiques, mais pas de les mettre dans des classes spéciales.

 

      Notons que ce qui vient d'être évoqué ici va à l'encontre de la politique de discrimination qui se développe. Pour l'éducation, beaucoup se joue au primaire. La discrimination ne règlera donc rien.

 

      Pour illustrer les différences entre la Finlande et la France, voici la répartition des budgets. On constate que la Finlande dépense plus par élève que la France en primaire et au niveau du collège, tandis que la France dépense plus au lycée.

 

Le budget de l'école

 

      Les bons résultats de la Finlande ne s'explique pas par des dépenses plus élevées que la France, en montant par élève, ni en pourcentage du PIB. La Corée présente des dépenses plus élevées en pourcentage du PIB, du fait de l'investissement des familles.

 

     Ces tableaux montrent donc que la France ne souffre pas d'une insuffisance d'investissement public dans l'éducation. C'est plutôt l'organisation, la manière d'enseigner qui font la différence. Sachant qu'en Finlande les élèves sont bien encadrés, le professeur disposant souvent d'un assistant au primaire et au collège, et les classes ne sont pas surchargées. Par contre, il n'y a pas de corps d'inspecteurs.

 

      Par ailleurs, les dépenses des USA en matière d'éducation, en pourcentage du PIB, sont très élevées. Cependant, les USA n'ont pas de meilleurs résultat que la France en matière d'éducation.

 

Conclusion

      Ce bref article rappelle que la France est dans la moyenne de l'OCDE quant au niveau de l'éducation. Et loin devant les pays en développement.

 

      Il est difficile ici de tirer plus de pistes de cette comparaison internationale. Pour aller plus loin, il faudrait plus d'informations, et comparer plus de pays entre eux. De ces comparaisons, il ressort donc que le climat d'étude est important, à l'école et au foyer; les difficultés des enfants doivent être détectées tôt; le montant des dépenses allouées à l'éducation en France semble suffisant, mais son utilisation peut être améliorée.

 

      Nous sommes ici loin des thèmes habituels quand il est question de l'école en France. C'était aussi le but de l'article que de montrer ces facettes du débat, qui m'ont interpellé quand je me suis intéressé au sujet de l'école d'une manière un peu sérieuse.

 

      Il y a bien des choses à écrire, bien d'autres thèmes à aborder. La méthode des comparaisons internationales ma paraît bonne. Mais elle doit être abordée avec pragmatisme, et il ne faut pas prendre un seul pays comme référence, ou se servir de ce pays pour corroborer d'autres études. Répétons le, le sujet est complexe.

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Le modèle suédois

20 Janvier 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

      Voici un article intéressant, car étayé, sur le modèle suédois, publié par le Minarchiste.: L'évolution économique de la Suède.


Comme le pseudo l'indique, il s'agit d'un blog libéral, libertarien même. Que l'on soit d'accord ou non avec ses opinions, ses articles sont d'une grande qualité, car argumentés, étayés, et accessibles.


Pour faire vivre le débat.

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L'évolution et les enjeux des normes comptables

7 Janvier 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un article intéressant sur l'évolution et l'enjeu des normes comptables, publié par le magazine L'Expansion: Des normes comptables au profit des actionnaires.

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Fallait-il autant aider l'industrie automobile?

5 Janvier 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Les statistiques du CCFA, le Comité des Constructeurs Français d'automobiles indique que les ventes de véhicules particuliers ont baissé de 2,2% en 2010 par rapport à 2009, et de 3% à nombre de jours ouvrables comparables.

 

      Par contre, les ventes de véhicules utilitaires légers ont augmenté de 11,7% en 2010 par rapport à 2009, et de 10,8% à nombre de jours ouvrables comparables. Les volumes sont moindres, certes. Mais, la caractéristique ce ce marché des véhicules utilitaires légers est qu'il n'a pas bénéficié de prime à la casse. Il s'est effondré, avec la crise, logiquement, et se redresse donc en 2010.

 

      Fallait-il autant aider l'industrie automobile? Le graphique des immatriculations amène à se poser la question.

 

  Immatriculations 2010

 (Source INSEE)     

 

      On y constate que le marché des véhicules particuliers était sur une tendance haute en 2007-2008, puis qu'il a chuté fin 2008, pour ensuite atteindre un niveau démesurément élevé en 2009, à cause de la prime à la casse. La diminution de la prime à la casse a fait baisser le marché en 2010, avec cependant une forte hausse fin 2010, avant la cessation de la prime à la casse.

 

      On voit donc que cette prime a provoqué une hausse du marché automobile à un niveau supérieur à celui d'avant la crise. Alors même qu'il avait atteint un pic avant le déclenchement de la crise.

 

      Sans cette prime, le marché aurait connu une forte baisse, puis serait remonté, à un niveau sans doute inférieur à celui de 2007-2008, mais correct tout de même, le niveau de 2006 par exemple. Le marché automobile est cyclique.

 

      La crise financière a entraîné des problèmes de trésorerie pour les constructeurs automobiles, et il paraît plus normal de les avoir aidé sur ce plan. De même pour les aides au chômage partiel. Mais la prime à la casse paraît démesurée.

 

      Elle a provoqué une hausse inhabituelle du marché. Les constructeurs devaient de toutes façons être préparés à une baisse, pas si brutale certes, après les niveaux élevés de la période 2007-2008.

 

      D'autre part, cette prime n'a pas bénéficié à l'emploi en France, vu le nombre de véhicules fabriqués à l'étranger, comme les Twingo, Logan et autres Sandero.

 

      L'argument écologique ne tient pas trop non plus. Fabriquer une voiture, la transporter, recycler l'ancienne, cela pollue. Sans compter l'effet d'aubaine, qui fait qu'on remplace une épave qui servait de deuxième voiture par une neuve. Résultat, on roule plus avec la nouvelle.

 

      Enfin, les plus fragiles ne sont pas les constructeurs automobiles, mais les sous-traitants. Cependant, une action de restructuration et de création de sous-traitants forts aurait dû être menée avant la crise. Mais ces derniers ne sont pas assez gros pour se faire entendre.

 

      L'automobile est un lobby puissant, en plus d'être une industrie emblématique à laquelle tient le pays. Il y a un caractère affectif. Et la France a la chance d'avoir deux grands constructeurs, même si Renault produit largement plus à l'étranger. Toutefois, il semble qu'elle ait été un peu trop aidée.

 

      Il ne faudrait pas que cela continue, sous couvert d'écologie. Le risque étant que les constructeurs fassent subventionner leurs véhicules électriques et les infrastructures qui vont avec. En matière d'écologie, la priorité doit être les transports en commun, pour lesquels il n'y a déjà pas suffisamment d'argent. Et, là encore, le bénéfice écologique est-il réel, si on compte les travaux d'infrastructure, la fabrication des véhicules et des betteries, et le recyclages de ces véhicules et batteries?

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Les 35h aujourd'hui

5 Janvier 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

      Le socialiste Manuel Valls a réussi son entrée dans la nouvelle année, en remettant en cause les 35h. Au delà de la stratégie médiatique, remarquons que les 35h, présentée comme une avancée sociale, restent toujours controversées. Ce qui empêche une réforme est la complexité des accords qui ont résulté de cette loi, et non le symbole que pourrait représenter les 35h.

 

      Cette loi des 35h est un exemple de mesure idéologique. Elle a été mise en place par le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, alors que la réduction du temps de travail n'était pas la priorité des français à l'époque. Les français nsouhaitaient une augmentation du pouvoir d'achat.

 

      Or, pour réaliser les 35h sans trop augmenter le coût du travail, c'est la modération salariale que les français ont obtenus. Et ce alors que la période était propice à des augmentations de salaires, car nous étions à l'époque au sommet du cycle économique. Ensuite, la croissance a diminué dans la deuxième partie de la période Jospin.

 

      La réduction du temps de travail a donc réduit l'espérance d'augmentation des salaires, alors qu'une période de haut de cycle économique n'arrive pas souvent. C'est une occasion manquée, qui ne se rattrape pas.

 

      Bien sûr, ceux dont le salaire dépens en partie d'objectifs à réaliser ont pu compenser. Mais cela concerne surtout les cadres.

 

      Mais l'adaptation aux 35h ne s'est pas limitée à la modération salariale. Pour limiter les surcoût salariaux, la flexibilité a été développée. Par exemple, une diminution des heures supplémentaires, permises grâce à la flexibilité. Les heures autrefois supplémentaires sont compensées par du repos, et pas forcément la même année. Les heures supplémentaires peuvent être stockées dans des comptes épargne temps, pour ensuite être compensé par des périodes chômés. Ce qui provoque des pertes de rémunération pour ceux qui bénéficiaient d'heures supplémentaires, ainsi qu'une grandes variations des horaires de travail.

 

      Les 35h se sont aussi traduites par une disponibilité plus grande de certains salariés pour leur entreprise. Ils ne peuvent pas prendre les jours de RTT quand ils le veulent, ou peuvent être forcés de les prendre. Il n'y a plus de régularité du travail, et surtout le temps de travail n'est plus choisi.

 

      Enfin, les 35h se sont traduites par une intensification du travail. Par exemple, des temps de pause qui étaient intégrés au temps de travail en ont été sortis. Résultat, la réduction du temps de travail est moindre qu'affichée, et la pénibilité accrue.

 

      La multitude des situations a fait qu'il ya eu des gagnants et des perdants. Les cadres ont souvent été gagnants. En effet, ils ont gagné des jours de congés supplémentaires, qu'ils peuvent prendre à peu près comme ils le veulent. Et leur rémunération est souvent en pertie déconnectée du temps de travail. Elle dépend d'objectif à atteindre, des résultats de l'entreprise. Ils n'ont pas eu moins de travail, mais compensent par plus de repos. Ils sont également moins sensibles à la modération salariale, car leurs salaires sont plus élevés.

 

      Ceux qui sont au bas de l'échelle salariale ont bien sûr été plus sensibles à la modération salariale. De plus, ceux qui doivent respecter des horaires contraints, comme beaucoup d'ouvriers, ont perdus des heures supplémentaires, et doivent s'adapter à une plus grande flexibilité.

 

      Il est un peu étonnant que la gauche ait imposé les 35h de cette manière d'ailleurs. En effet, la gauche a considéré qu'il fallait limiter le coût des 35h pour les entreprises. Ce qui a entraîné la modération salariale. Les salariés ont fait des efforts de flexibilité, sans rien en échange, pécuniairement parlant.

 

      Or, selon les économistes de gauche, une augmentation des rémunérations, en particulier des plus basses, permet de soutenir la consommation, et donc la croissance, et donc l'emploi. Ce qui était le but des 35h. A choisir entre deux politiques, augmentation des salaires, ou réduction du temps de travail avec modération salariale, laquelle paraît la plus "sociale"?

 

      Mais la gauche a choisi d'imposer la réduction du temps de travail et la flexibilité. Cette dernière, également, aurait pu être négociée contre une augmentation des rémunérations.

 

      La gauche a volontairement freiné les augmentations de salaires que les salairiés étaient en droit d'obtenir.

 

      Les 35h, pour s'adapter à toutes les situations en matière de flexibilité, ont donné lieu à de multiples accord sociaux. Il y a eu une multitude d'aides également de la part du gouvernement. Ce qui a entraîné une complexification de la réglementation du travail.

 

      Aujourd'hui, personne ne souhaite détricoter tous ces accords. Il ne faut pas oublier que les négociations ont été longues. Les énergies dépensées dans ces négociations ne le sont pas dans le développement des entreprises. Et aujourd'hui, nous sommes en période de crise en plus.

 

      Les 35h ont depuis été assouplies, mais toujours dans le cadre d'une complexification de la réglementation du travail. Ainsi les entreprises disposent de plus de souplesse pour les heures supplémentaires. Mais cela reste des heures supplémentaires. Il vaut mieux pour le salarié avoir une durée de travail fixe, pas trop de flexibilité. Le salaire ne dépend ainsi pas des heures supplémentaires, la règlementation du travail, et la fiche de paie, sont plus simple à comprendre, et c'est aussi mieux pour la santé.

 

      Il faudrait, pour faire évoluer les choses, élargir la durée légale du travail, de 35 à 40h. Ensuite, les contrat dépendrait des employeurs, des négociations. Mais il faut laisser la possibilité ouverte.

 

      Bien entendu, toute augmentation du temps de travail doit être compensée par une augmentation de salaire.

 

      Mais les choses resteront très compliquées. La raison n'est pas de mise en la matière, sinon l'augmentation des salaires aurait été préférée à la réduction du temps de travail. Sinon, tous les effets d'intensification du travail, de flexibilité, n'airaient pas été si facilement acceptés.

 

      L'idéal serait bien sûr de multiplier les possibilités d'adaptation des horaires. Il n'est pas anormal que des jeunes veuillent travailler plus, mais que l'on souhaite lever le pied avec l'âge, ou quand la rémunération s'élève. Mais est-il normal que ce soit l'Etat qui impose le temps de travail?

 

      Une évolution vers plus de liberté sera longue, mais elle est possible aujourd'hui, avec le développement des métiers de service, des métiers intellectuels, avec la flexibilité.

 

      L'allongement de la durée légal du travail peut contribuer à une évolution dans cette direction. Sachant qu'il faudra peut-être aussi décrisper les négociations à l'intérieur des entreprises, autres problème en France. Mais, là aussi, le tableau n'est pas si noir, les négociations sont possibles. A condition de dépolitiser les négociations, d'éviter des objectifs idéologiques.

 

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Glossaire libéral

4 Janvier 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Voici un lien vers un article du webzine Contrepoints, La jungle libérale, qui est composé d'une série de définitions des différents courants libéraux. Pour savoir de quoi on parle, et voir aussi l'étendu du libéralisme, et sa diversité.

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Le manifeste des économistes atterrés

3 Janvier 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Un texte intitulé «Manifeste d'économistes atterrés» a été mis en ligne le 01/09/2010. Il est sous titré: «Crise et dette en Europe: 10 fausses évidences, 22 mesures en débat pour sortir de l'impasse».

 

      Ce manifeste milite pour la relance par la dépense publique, et contre la lutte contre les déficits publics. Il dénonce surtout une économie néolibérale asservie aux marchés financiers. Il déclare défendre une économie qui préserve les spécificités européennes.

 

     Cependant, il s'agit plutôt d'un texte idéologique, qui prend des libertés avec les théories, ainsi qu'avec la réalité, et qui prône finalement des mesures qui aggravent les difficultés sociales.

 

     En effet, ce manifeste dénature la théorie libérale, il oblitère les causes de la crise économiques, ainsi que la situation actuelle de l'économie. Et, tout en déclarant défendre le modèle social européen, les propositions du manifeste mettent en danger le modèle social européen.

 

Le libéralisme dénaturé.

     Selon le manifeste des atterrés, le libéralisme défend l'efficience des marchés financiers, et a pour conséquence l'asservissement de l'économie à ces derniers.

 

     On se demande d'où vient cette conception du libéralisme, tant elle dénature ce dernier. Bien sûr, le manifeste précise qu'il parle du «logiciel néolibéral». Mais ce qui a été appelé néolibéralisme n'est rien d'autre que la remise au goût du jour du libéralisme après le constat d'échec du keynésianisme dans les années 1970.

 

     Le libéralisme n'a jamais été basé sur l'efficience des marchés financiers. Le libéralisme défend le mécanisme de l'économie de marché, la catallaxie dans la terminologie autrichienne, si précise. C'est-à-dire que chacun doit pouvoir proposer ses services, ou ses produits, à autrui. C'est le jeu de l'offre et de la demande qui détermine le succès, les ventes donc, de ces services ou produits. C'est cela l'économie de marché. C'est la loi des débouchés de Jean-Baptiste Say: les produits s'échangent contre des produits.

 

     Le moteur de l'économie de marché, ce sont les gens. Cette dynamique a été théorisée par Joseph Alois Schumpeter et sa théorie de l'entrepreneur.

 

     Le libéralisme défend le droit de mener sa vie comme on l'entend, sans gêner autrui. Le marché assure la coordination des buts poursuivis entre les uns et les autres. Une coordination informelle, autorégulée, dans le sens où aucune entité ne décide de ce que doit être la vie de chacun. Mais des règles sont à respecter néanmoins par chacun.

 

     Le marché est un concept. Le libéralisme ne défend pas l'efficience d'un marché en particulier, comme le marché financier. Le marché, c'est le jeu de l'offre et de la demande, cette possibilité d'offrir ses services ou ses produits, et d'accepter que le succès dépendent su goût des autres.

 

     Les buts poursuivis par les gens sont très divers, et pas forcément le profit. La théorie néoclassique a conceptualisé ces buts sous le terme d'utilité. Elle considère que chacun d'entre nous cherchons à maximiser ce qui nous est utile. Pour les calculs mathématiques, il est plus simple de prendre un objectif de profit. Mais ce n'est qu'un exemple des buts poursuivis. Surtout, le libéralisme ne décrète pas que les gens doivent rechercher le profit. C'est le principe du libéralisme de laisser les gens décider librement de leurs buts.

 

     Par ailleurs, le libéralisme accepte les cycles, et les crises. L'économie de marché est un processus d'apprentissage, les crises servant de leçons en quelque sorte. L'économie est soumise à des cycles, à des hauts et à des bas.

 

     Ce que défend le libéralisme, c'est ce mécanisme global, qui laisse à chacun la possibilité de poursuivre ses buts. Le libéralisme est contre tout asservissement de la personne humaine, par une autre personne comme par un marché financier.

 

     Le libéralisme est la seule doctrine qui place l'être humain au centre de l'économie. C'est la seule doctrine humaniste en économie, alors que les économistes atterrés raisonnent en fonction d'agrégats purement financiers. Ce sont les atterrés qui placent la finance au centre de l'économie. Pas les libéraux.

 

(Cf sur le libéralisme: Le schéma de base de l'économie  , La théorie de l'équilibre  )  

 

L'origine de la crise

     On peut évidemment considérer que le «laisser-faire» du libéralisme a conduit à une dictature des marchés financiers, et la crise actuelle.

 

     Cependant, cette hypothèse ne résiste pas à l'analyse. En effet, la crise financière, et la crise économique, proviennent de la politique américaine de soutien à la demande par le crédit. Le gouvernement américain a assoupli les conditions de rachat de crédits hypothécaire par les agences Fannie Mae et Freddie Mac. De même, la Fed, la banque centrale américaine, a volontairement maintenu les taux d'intérêt bas, pour soutenir la demande.

 

     La crise ne provient donc pas du mécanisme de marché. Elle provient de l'interventionnisme. Elle provient de cette volonté de relancer la demande à tout prix et de développer ce qu'on appelait alors l'effet richesse.

 

     D'ailleurs, les marchés financiers dépendaient essentiellement de l'attitude des banques centrales. Le marché des subprime dépendait des taux bas de la Fed. De même que la folie des LBO, ces rachats d'entreprises par effet de levier.

 

      Ceux qui, à l'époque, préconisaient une augmentation des taux d'intérêt, étaient villipendés au non du véritable dogme qui régit l'économie aujourd'hui, ce dogme qui est aussi celui des atterrés: le dogme de la demande.

 

     C'est au nom de ce dogme que le crédit a été soutenu, et que les atterrés soutiennent les déficits publics. Il faut soutenir la demande à tout prix. C'est là un dogme keynésien, en rien libéral.

 

     Les marchés financiers étaient donc régulés, dans le sens où ils dépendaient entièrement de l'attitude des banques centrales et des gouvernements.

 

     Par contre, le jeu normal du mécanisme de marché préconisé par les libéraux était entravé par l'intervention des banques centrales et des pouvoirs publics. La volonté de ces derniers est en effet de toujours vouloir soutenir les marchés financiers, et de ne pas accepter que des crises assainissent ces marchés. Le résultat est une crise plus forte. Cette volonté de soutien aux marchés financiers n'a rien de libérale.

 

     Le monde dans lequel nous vivons n'est pas non plus ultra-libéral, comme veulent le faire croire les économistes atterrés. Y-a-t-il eu une révolution néolibérale? On peut en douter, quand on voit que la dépense publique n'a jamais été aussi importante en temps de paix qu'aujourd'hui? Peut-on vraiment parler de révolution néolibérale, quand la dépense publique dépasse les 50% du PIB, comme en France? Et que les prélèvements publics sur l'économie approchent de 50%? (Autour de 44% pour les prélèvements obligatoires, et de 50% en comptant les prélèvements qui ne sont pas classés comme obligatoires dans les statistiques, comme les dividendes versés par EDF, ou la Caisse des Dépôts et Consignations.)

 

     La législation du travail n'a jamais été aussi sophistiquée qu'aujourd'hui, et la loi majeure de ces derniers temps dans ce domaine est celle des 35 heures. On ne peut pas parler de libéralisme sauvage.

 

     Parler de révolution néolibérale pour décrire la situation aujourd'hui, en disant que le néolibéralisme a entraîné le recul de la protection des salariés, et par là la précarité, est totalement abusif. La précarité provient des difficultés économiques. Et ces difficultés peuvent difficilement être attribuées à un quelconque néolibéralisme, vu le degré d'intervention de la puissance publique dans l'économie, qui n'a jamais été aussi élevé.

 

Des préconisations qui mettent en danger le système social.

     Les économistes atterrés s'inscrivent dans la droite ligne de la politique qui a provoqué la crise: le dogme du soutien à la demande.

 

     Au nom de ce dogme, les économistes atterrés préconisent une politique de dépenses et de déficits publics. L'idée étant que les déficits vont provoquer de la croissance, une croissance supérieure au taux d'intrêt des emprunts. Le problème, c'est que ce mécanisme ne fonctionne pas. C'est la croissance qui permet l'zendetement, et non l'inverse.

 

     C'est le dogme de la demande qui a justifié l'endettement en France, qui justifie la dépense sans contrôle en Europe, et qui rend le continent si fragile face aux crises. En effet, plus un pays est interventionnistes, plus il est sensible aux crises. Car la crise provoque une baisse des recettes publiques, et une hausse des dépenses publiques sociales. Par conséquent, les pays qui ont des prélèvements élevés sur l'économie, et de fortes dépenses, sont plus fragiles face à une crise. C'est pourquoi ils doivent gérer avec plus de rigueur leur budget, afin d'être prêt quand survient une crise.

 

     La course à la dépense publique, et à l'endettement, rend dépendant un pays à ceux qui lui prêtent de l'argent. Hier les banques, aujourd'hui le marché obligataire. C'est la dépendance de l'emprunteur face au prêteur, cela n'a rien à voir avec la dictature de smarchés financiers. Si l'endettement se faisait auprès des banques, ce serait une dépendance face aux banques.

 

     Les atterrés proposent d'obliger la BCE à prêter aux pays en difficultés. Ce qui s'appelle la planche à billet. Aucune théorie économique ne soutient ce mécanisme. De tout temps, la planche à billet crée de l'inflation, et peut aboutir à l'effondrement de l'économie. C'est ce que montre l'histoire économique. Et l'inflation n'est pas bénéfique d'un point de vue social.

 

     Le Brésil est un bon exemple des effets d'une politique monétaire. L'hyperinflation encourageait la précarité, tandis que l'orthodoxie monétaire a permis de faire reculer la pauvreté. En effet, les allocations perdent vite de leur utilité dans un contexte d'hyperinflation. Tandis que dans un contexte de stabilité monétaire, elles peuvent aider les plus démunis.

 

     C'est ainsi que les atterrés, sous prétexte de défendre le modèle social européen, le mettent en danger. En effet, les dépenses publiques n'engendrent pas la croissance, et les déficits non plus, mais des dettes. Si les dépenses sont supérieures aux capacités de l'économie, il faut ensuite, en pleine crise, maîtriser la dépense publique. Et on sabre à tout va dans les dépenses sociales: sécu, éducation, etc.

 

     Une solution serait de rechercher l'efficacité dans la dépense publique, et notamment la dépense sociale, pour dépenser mieux, avec moins. Paradoxalement, ce sont les libéraux, accusés d'être contre la protection sociale, qui font des propositions à ce sujet. Ce sont par exemple le système des vouchers (des bons donnant accès à des services sociaux, pour payer l'école aussi, pour favoriser la concurrence), l'impôt négatif de Friedman, la retraite par capitalisation, la privatisation des services sociaux, etc.

 

    On peut critiquer ces propositions, ne pas être d'accord, mais la réflexion sur l'organisation des services sociaux existe chez les libéraux. Tandis que les atterrés mettent le système social en danger avec le dogme de la dépense, qui justifie toute dépense pour favoriser la croissance, et aboutit à l'endettement et à des coupes dans le système social.

 

Conclusion

     Le débat est nécessaire, mais il doit s'appuyer sur de bonnes bases. En l'occurrence, les atterrés dénaturent le libéralisme, en en faisant un thuriféraire des marchés financiers. Ils dénaturent les causes de la crise, en occultant les responsabilités publiques, et celle du dogme du soutien à la demande, dogme que les atterrés soutiennent.

 

     En soutenant ce dogme, les atterrés mettent en danger le système social européen qu'ils prétendent défendre, en encourageant la dépense, ce qui, historiquement, se termine toujours par des plans de rigueur, qui n'épargnent pas les plus faibles. Le dernier exemple étant la politique de rigueur des socialistes en France, qui a suivi leur plan de relance.

 

     L'économie a connu un cycle de croissance après la deuxième guerre mondiale. Cycle qui a permis l'augmentation de la dépense publique, et les progrès sociaux. Ce cycle a pris fin, entraînant des politiques de relance budgétaires dans les années 1970. Politiques de relance qui n'ont rien donné, sauf des plans de rigueur.

 

     Mais les Etats sont restés sur une tendance à l'augmentation de la dépense publique, soutenus par le dogme de la demande, qui affirme que ce dépenses sont forcément favorables à la croissance. Jusqu'à arriver à un butoir.

 

     Le défi, aujourd'hui, si on veut maintenir un système social fort, c'est de dépenser mieux. Sortir de l'idée qu'on peut dépenser ce qu'on veut car ce serait bon pour la croissance. Il faut dépenser utilement, efficacement. Sinon, nous aurons de forts prélèvements, mais une faible protection.

 

     Il est important de ne plus se laisser guider par le dogme de la demande pour relancer l'économie. Nous vivons à nouveau une grosse crise, qui touche, comme toujours, les plus faibles notamment, à cause de ce dogme. Nous devons changer de politique.

 

     Cette autre politique pourrait s'inspirer du libéralisme. On peut, bien entendu, contester l'efficacité du libéralisme. Mais, il faut le faire avec de vrias arguments, sans dénaturer à la fois le libéralisme et la réalité économique.

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