Analyse Libérale

Stauss-Kahn et les reproches faits à l'Europe.

28 Novembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

        Selon Les Echos du 22/11/2010, Dominique Strauss-Kahn, le Président du FMI, regrette

 

le manque de vision commune des Européens. Il considère que les institutions de la zone n'ont

 

pas été à la hauteur pour gérer la crise.

 

      Il souhaite un marché unique de l'emploi, ce qui signifie créer un véritable champ d'action européen en matière de taxation des revenus du travail, des systèmes de sécurité sociale, et de législation sur le chômage. Plus de centralisation donc.

 

      DSK considère que les déficits des comptes courants de certains pays doivent être réduits, tandis que d'autres, comme l'Allemagne, devraient tirer plus leur croissance de la demande intérieure.

 

      Enfin, DSK voudrait qu'une autorité budgétaire européenne indépendante établisse pour chaque pays sa politique budgétaire et alloue des ressources à partir d'un budget central. Cette autorité devrait être indépendante du Conseil européen même.

 

      Cet article est un bon condensé des reproches faits à l'Europe, et des solutions que les critiques veulent y apporter. Il reflète aussi une conception de l'économie qui reste dominante chez beaucoup de politiciens, et d'économistes par ailleurs. En même temps, c'est une conception anti-Etat de l'Europe.

 

Les reproches faits à l'Europe

      Ces critiques considèrent que la politique économique européenne n'est pas assez coordonnée. Il faudrait donc une gouvernance qui permette une plus grande harmonisation. Qui impose une politique économique commune à tous les pays en fait.

 

      Pourtant, l'Europe est déjà très intégrée. Par exemple, la législation régissant la principale recette fiscale française est entièrement européenne, ou presque: il s'agit de la TVA. Par ailleurs, beaucoup de notre législation et de nos règlements viennent de l'Europe. Ne l'oublions pas.

 

      Ensuite, face à la crise, soulignons aussi la situation historique que nous vivons: les européens se parlent! En d'autre temps, ils auraient d'abord fait la guerre. N'oublions pas de rappeler que l'Europe a été construite pour la paix. Elle remplit ce rôle aujourd'hui.

 

      Les pays ont également su coopérer pendant la crise. Ils ont eu des réponses similaires: laisser filer la dépense publique. Même l'Allemagne, quoiqu'on en dise. La prime à la casse en Allemagne a ainsi bien profité à Dacia, la filiale roumaine de Renault.

 

      L'Europe sait aussi prendre l'initiative, comme elle le fait avec l'Irlande. Ce pays ne voulait pas de plan d'aide. Mais ses banques étaient pourvues en liquidités par la banque centrale européenne, tandis qu'elles achetaient des obligations du gouvernement irlandais avec... l'argent du gouvernement qui avait servi à les recapitaliser, normalement pour soutenir l'activité. La situation devenait déstabilisante. L'Europe a réagi.

 

      On peut critiquer la méthode. On peut critiquer la politique menée. On peut vouloir plus d'intégration. Ou moins d'ailleurs. Mais il faut souligner ce qu'apporte l'Europe. Et, face à la crise, elle apporte de la coopération.

 

      Par ailleurs, on remarquera que la réponse à la crise a été remarquablement harmonisée en Europe. Tous les pays ont réagi en augmentant la dépense publique, en soutenant les banques, et beaucoup en soutenant le marché automobile. Et tous les pays sont aujourd'hui confrontés au problème de la dette. Dire qu'il n'y a pas de politique harmonisé est donc abusif.

 

     Enfin, une politique économique décidée à la tête de l'Europe serait-elle plus efficace? Imaginons que l'Europe ait favorisé la croissance par le crédit? Ce n'est pas une simple hypothèse. N'oublions pas que l'on déplorait l'insuffisance "d'effet richesse" en Europe, et que l'on vantait la politique de la banque centrale américaine. Donner un pouvoir économique à l'Europe est vu comme un contrepoids à la BCE, par ceux qui voudrait une relance monétaire. Or, on voit où a mené ce genre de politique.

 

      La question de savoir si l'hétérogénéité des pays européens est un inconvénient n'est pas si évidente.

 

La conception dominante de l'économie

      La conception de l'économie selon Strauss-Kanh, qui se reflète dans l'article des Echos, qui est aussi la conception encore largement dominante, s'apparente à un système que l'on peut contrôler, et piloter, à partir d'une salle des opérations, un peu comme une centrale hydro-électrique.

 

      Il suffit d'augmenter le débit pour relancer la centrale, par la dépense publique, ou en baissant les taux d'intérêt. Il suffit de baisser le temps de travail pour faire baisser le chômage. Il suffit de faire consommer plus aux Allemands pour résorber les déficits des balances courantes.

 

      Cette conception de l'économie provient de ce qu'on appelle la synthèse, qui mélange des conception keynésienne et néoclassique, pour construire un modèle économique mathématique. Ce courant cherchait par exemple comment faire des arbitrages entre inflation et croissance. En politique, cela se traduit par des déclarations selon lesquelles il faut réduire les déséquilibre.

 

      Seulement, comment faire consommer plus aux allemands? En augmentant le déficit budgétaire? Il est prévu entre 3 et 4% du PIB en 2010. Ce qui n'est pas mal. L'Allemagne a aussi pris, pendant la crise, des mesures de financement du chômage partiel, qui ont éviter une trop grosse perte de revenus pour les salariés. Elle a également largement soutenu le marché automobile.

 

      Forcer l'Allemagne à augmenter les salaires? C'est le pays où les salaires dépendent le plus de négociations entre partenaires sociaux. Cela signifie imposer une politique contraire à celle décidée librement par ces partenaires?

 

      Mais peut-on vraiment forcer un pays à consommer? L'Allemagne voit sa population vieillir, stagner, et même baisser. Ce qui n'est pas un facteur d'augmentation de la consommation.

 

      L'économie ne se contrôle pas comme une centrale électrique. D'ailleurs, c'est justement en voulant soutenir la croissance par le crédit que nous sommes entrés dans la crise actuelle. C'est le problème de ces théories qui imaginent qu'il suffit d'agir sur certaines données macro-économiques pour influer sur l'économie.

 

 

      Il ne suffit pas d'établir une autorité centrale pour tout harmoniser. L'économie est un système complexe.

 

Une conception anti-Etat de l'Europe

      Strauss-Kahn veut que le budget des Etat européens soient confié à une autorité indépendante. Et, surtout, indépendante du Conseil Européen, qui est l'institution européenne qui représente les Etats.

 

      Cette proposition apparait d'abord ultra technocratique et anti-démocratique. Le budget est du ressort des représentants du peuple, pas d'une autorité indépendante.

 

      L'article ne précise pas comment serait décidé le budget. On peut penser que Strauss-Kahn prévoit quand même un processus démocratique. Mais dans lequel les Etats n'interviendrait donc pas.

 

       Vouloir retirer le pouvoir budgétaire des Etats est illusoire. Ainsi, en 2003, la France et l'Allemagne, menacée de sanction pour déficit excessif, ont tout simplement provoqué un assouplissement du pacte de stabilité est de croissance.

 

      On peut le regretter, le critiquer, mais, en Europe, le pouvoir, la légitimité du pouvoir, est entre les mains des Etats. C'est un fait, c'est historique. Pour le moment, qu'on soit pour ou contre, il faut faire avec.

 

      Par ailleurs, pourquoi vouloir faire une Europe sans Etats? Il est courant en France de présenter le fédéralisme comme une Europe supranationale. Or, un Etat fédéral est justement composés d'Etats. Et ces Etats ont une grande autonomie, et influent sur les décsion du gouvernement fédéral.

 

      Ainsi, aux USA, toutes les lois doivent être votée par le Sénat, qui rassemble les représentants des Etats fédérés. Chaque Etat a deux représentants, quel que soit sa superficie et sa population.

 

      Les Etats fédérés américains ont par ailleurs des pouvoir étendu, en matière fiscale notamment. en matière de droit des affaires aussi.

 

      En Allemagne, le Bundesrat a également un rôle important, de même que les Lander.

 

      Mais le pouvoir des Etats dérange en Europe. Ou, plutôt, en France. Nous avons une culture jacobine, et ne savons pas envisager une fédération qui laisse du pouvoir aux Etats.

 

      Et peut-être aussi que nos "élites", formée à la centralisation, ont-elles du mal à envisager une union qui laisse du pouvoir aux Etats.

 

Conclusion

      L'harmonisation en Europe est déjà très poussée. Et la réaction à la crise a été semblable dans tous les pays. On peut vouloir plus d'intégration, cela fait partie du débat.

 

      Mais, ce que veut Strauss-Kahn, c'est une centralisation qui n'existe ni en Allemagne, ni aux USA. C'est l'idée que Big Brother peut, en agissant sur des agrégats macroéconomique, contrôler l'économie comme on contrôle une centrale électrique.

 

 

 

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Qu'est-ce que la monnaie?

21 Novembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

     La monnaie est sous les feux de l'actualité avec les menaces de guerre des changes. Elle est aussi à l'origine de la crise économique, provoquée par une course au crédit.

 

     Mais la monnaie est difficile à appréhender. On s'en sert tous les jours ou presque, mais on ne sait pas comment ça marche. Il y a bien sûr de grandes théories sur la monnaie, mais, visiblement, on ne sait pas modéliser sont fonctionnement, sinon nous ne connaîtrions pas la crise actuelle.

 

     L'objectif ici est d'essayer de comprendre ce qu'est la monnaie en pratique, de revenir aux sources, à la base, à ce qui devrait précéder les théories. C'est un essai d'appréhension réelle. Souvent, en effet, en économie, on nous balance des théories, et on ne cherche même plus à comprendre le fonctionnement réel du monde.

 

     Pour comprendre la monnaie, il faut donc s'intéresser au fonctionnement réel de l'économie. La monnaie intervient dans l'échange. Imaginons un monde sans monnaie. Ce serait donc le royaume du troc. Pour obtenir quelque chose de quelqu'un, il faudrait pouvoir lui offrir en échange quelque chose dont il a besoin. Ce qui est très compliqué. Si vous avez besoin de rideau, et que vous savez construire des maisons, on imagine les difficultés de l'échange.

 

     Pour résoudre ces difficultés, on a d'abord eu recours à un bien dont tout le monde pouvait avoir besoin, ou dont tout le monde pouvait accepter la valeur. C'est ainsi que le grain a été une monnaie. Tout le monde a besoin de manger. L'or et l'argent ont été utilisés. Tout le monde avait confiance en leur valeur. Tout le monde acceptait d'échanger quelque chose contre de l'or ou de l'argent. La confiance, déjà, était un critère clef de la monnaie.

 

     Ce système était cependant lourd. Comment le simplifier? On peut imaginer un système où l'on reconnaît devoir un service à quelqu'un. Par exemple, quelqu'un fait nettoyer sa maison par une femme de ménage. Il va signer un papier disant qu'il doit un service à la femme de ménage. La femme de ménage peut à son tour utiliser ce papier, auprès par exemple de la garde d'enfants. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que le papier revienne dans les mains de celui qui l'a signé, et qui aura été payé ainsi pour un service qu'il aura lui-même rendu.

 

     Bien entendu, un tel système requerrait une grande confiance en chacun. Or, nous échangeons avec des gens que nous ne connaissons pas. D'où la présence d'un intermédiaire: la banque.

 

     La banque va prêter une reconnaissance de dette: la monnaie. Par exemple, quelqu'un veut acheter une voiture. Il ne peut pas signer un papier disant qu'il doit un service ou quelque chose au vendeur, ce serait refusé. Alors, il va voir la banque. Celle-ci va lui avancer de la monnaie, qu'il va pouvoir utiliser pour l'échange, en l'occurrence l'achat de la voiture. C'est donc à la banque qu'il devra quelque chose.

 

     La banque qui a créé de la monnaie pour l'occasion. Car les banques créent de la monnaie. Aujourd'hui, la monnaie, ce ne sont pas des pièces, des billets, mais des écritures sur un serveur informatique. La banque a créé une reconnaissance de dette à la place du vendeur de voiture. L'argent du crédit ne provient pas des dépôts bancaires. Il est une pure création. C'est le métier des banques.

 

     La monnaie est donc créé par les banques. Elle est une reconnaissance de dette. Elle disparait quand la dette est remboursée.

 

     La banque regarde bien entendu les capacité de remboursement de l'emprunteur. Tout comme le vendeur y ferait attention dans un système sans banque.

 

     La monnaie est un moyen de transaction. Accessoirement, elle est une unité de mesure. On mesure en monnaie ce qu'on possède. La monnaie "placée" en banque a en fait servi à acheter un placement.

 

     Telle est la monnaie. L'explication paraît loin des théories habituelles. Cependant, elle correspond parfaitement à la théorie quantitative. Qui a ensuite été intégrée dans le monétarisme, qui mêle théorie monétaire et économique.

 

     On comprend que la création de monnaie doit suivre les capacités de remboursement, et donc l'évolution de l'économie. Sinon, le système explose. Exactement ce qu'enseigne la théorie quantitative. Et donc que créer de la monnaie pour relancer l'économie risque surtout de mettre en péril les banques. C'est là l'origine de la crise.

 

Sur la monnaie, voir aussi: Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) et  Comprendre la monnaie en s'amusant...et pour le fonctionnement globale de l'économie  Le schéma de base de l'économie

 

 

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L'Ecole Française d'économie

13 Novembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Voici un lien vers un article très intéressant sur l'Ecole Française d'économie. Cet article est publié par le webmagazine Contrepoint, qui se veut libéral. On y trouve les habituels articles qui pourfendent l'Etat de manière simpliste, mais aussi des articles d'un niveau plus relevé. Je ne surfe pas depuis très longtemps sur ce site, et je réserve encore mon avis à son sujet. Mais cet article sur l'Ecole Française d'économie est excellent. Je ne connais pas son auteur, qui, selon ses références, est dans la ligne de la pensée autrichienne. Cependant, dans cette mouvance, il se trouve beaucoup de variantes. Et je ne sais pas à laquelle appartient l'auteur. Ce dernier paraît d'une grande rigueur intellectuel.

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De Gaulle et l'économie

11 Novembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

      A l'occasion du quarantième anniversaire de sa mort, comme d'habitude beaucoup cherchent à récupérer l'image du Général de Gaulle. C'est inévitable.

 

      En économie, de Gaulle est souvent associé à la planification, et par extension au dirigisme. Il a en effet basée sa politique sur des plans quinquennaux, et avait une attitude très volontaire, comme dans tous les domaines.

 

      Il a voulu aussi donné un rôle plus grand aux acteurs socio-économiques, avec sa réforme du Sénat et des régions.

 

      Cependant, c'est aussi l'artisan d'un franc fort, hostile à la dévaluation. C'est l'instigateur du fameux comité Armand-Rueff, que les politiciens d'aujourd'hui veulent reproduire, avec d'abord Michel Camdessus, l'ancien président du FMI,et maintenant Attali.

 

      Rappelons que Jacques Rueff est un économiste libéral, qui serait certainement qualifié d'ultra-libéral aujourd'hui.

 

      De Gaulle a supprimé l'indexation des prix de certains produits, il a baissé des subventions, fait ce qu'on appelle aujourd'hui un plan de rigueur et de libéralisation de l'économie française.

 

      Enfin, de Gaulle a fait entrer la France dans le Marché Commun, symbole du libre-échange en Europe. Ce n'est pas lui qui a négocié cette entrée. Mais il aurait pu tout interrompre. Sa raison officielle était que la France s'était engagée, et qu'elle ne pouvait pas renier sa parole.

 

       Alors, de Gaulle était-il libéral en fait?

 

      De Gaulle n'était pas un économiste. Mais un homme d'Etat. Il prenait les décisions qui lui semblait les bonnes au moment où il les prenait, sans idéologie. Avec pragmatisme.

 

       Son objectif était que la France tienne son rang. Une économie forte, et stable, était donc indispensable.

 

      Soulignons au passage que la planification, dont on a fait un symbole, n'est qu'une façon d'envisager l'action publique à moyen terme.

 

      Qu'on en ait fait un tel symbole, en comparant de Gaulle et la planification soviétique, est symptomatique des querelles d'économistes. Ces derniers s'affrontent véritablement, dénigrant les théories de l'adversaire. Il est tentant de pouvoir dire: regardez, ce que je dis, ça marche, ça a marché avec de Gaulle!

 

      Car, si tout le monde veut récupérer de Gaulle, c'est parce que sa politique a redressé le pays, spectaculairement.

 

      Alors, ceux qui se prétendent libéraux parmi les politiciens, réformateurs de l'économie, en réfèrent à de Gaulle. Et ceux qui se veulent socialistes, pourfendeur de l'ultra-libéralisme anti-social, également, mettant en avant la dimension humaniste du Général.

 

 

      La différence entre de Gaulle et les économistes, c'est aussi que le Général est un homme d'action. Il prend ce qui parait marcher, rejette ce qui ne paraît pas marcher. Et, il aurait changé de politique sans état d'âme s'il s'était trompé, ou aurait démissionné.

 

      Il est vain d'essayer de rattacher de Gaulle à un courant économique. Se serait-il rallié au keynésianisme avec la crise des années 1970? Aurait-il abandonné ensuite le keynésianisme, comme beaucoup? Nul ne le sait.

 

      Le monde a changé. L'économie a changé. S'adapter avec pragmatisme est la seule leçon d'économie que l'on peut retenir du Général de Gaulle. Sans jamais savoir ce qu'il aurait fait lui dans ces conditions.

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Le retour de l'étalon or?

10 Novembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

      Le président de la Banque Mondiale a suggéré qu'il serait bon de revenir à un système monétaire mondiale dans lequel l'or aurait à nouveau un rôle d'étalon à jouer. Il n'a pas été plus précis sur la forme de ce système. Ce serait le retour de l'étalon or, un système dans lequel les parités monétaires sont liés directement ou indirectement à la valeur de l'or. Le but étant de favoriser la stabilité monétaire.

 

      Cependant, le système de l'étalon or n'est pas forcément plus stable. Il connaît aussi des dévaluation, ou encore certains pays, à l'inverse, peuvent vouloir à tout prix maintenir une parité fixe avec l'or, alors même qu'ils n'en ont plus les moyens.

 

      D'ailleurs, la crise des années 1970 a fait volé en éclat le précédent système basé sur l'étalon or, dit de Bretton Woods. Le système actuel de change mobile, dans le cadre de marchés des changes modernes, larges, et relativement efficace, offre une souplesse qui n'est pas négligeable. Même si, comme tout en économie, il est sujet à débat. Il y a en effet deux courants monétaires: celui qui lie la monnaie à un métal, or ou argent, ou les deux, et ceux qui ne lient pas la valeur de la monnaie à un métal, et qui sont majoritaires, largement.

 

      D'autre part, les difficultés actuelles proviennent essentiellement des USA, qui innondent leur économie de liquidités, et par ricochet l'économie mondiale. Les USA obéissant à des considérations économiques internes. Qu'est-ce qui empêcherait ce pays de faire de même dans un système monétaire lié à l'or? Qu'est-ce qui l'empêcherait de quitter ce système, parce que cela l'arrangerait? C'est d'ailleurs un peu comme ça que le précédent système basé sur l'or a volé en éclat.

 

      De même, si on considère plutôt une responsabilité de la Chine dans les désordre monétaires, car celle-ci ne réévalue pas suffisamment sa monnaie, également pour des considérations économiques internes, comment un système basé sur l'or pourrait la contraindre à changer sa politique?

 

      Les désordres monétaires ont des causes politiques. Ils résultent de décisions souveraines de pays. On ne peut leur imposer une politique monétaire. On ne pourra pas plus le faire en décidant de lier les monnaies à l'or. Ils quitteraient ce système si ça les arrange.

 

      Les changes mobiles offrent finalement, je me répète, une souplesse appréciable. Et, les désordre monétaires sont beaucoup moins importants aujourd'hui que dans les années 1930. De même qu'après la crise des années 1970. Rappelons-nous le temps du serpent monétaire européen, marqué par des réévaluations du deutshmark, des dévaluations du francs. Un système de change fixe favorise également la spéculation sur les monnaies.

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Strauss Kahn, FMI, faites ce que je dis, pas ce que je fais.

9 Novembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

        Le FMI a conseillé à ses Etats membres qui le peuvent d'" éviter toute rigueur aujourd'hui" afin de préserver la croissance économique, "tout en s'engageant de manière crédible à la rigueur à l'avenir". C'est ce que rapporte le quotidien Les Echos dans un article que vous pouvez lire en suivant le lien (tant que l'article est gratuit).

       Que c'est alambiqué! Le FMI demande une relance keynésienne, mais ne semble pas y croire. En effet, logiquement, si on croit au keynésianisme, On considère que la dépense publique relance la croissance et permet de payer les dettes.

 

       De plus, en préconisant la dépense publique plus ouvertement, le FMI préconiserait le contraire de ce qu'il impose aux pays dans lesquels il intervient.

 

       Pourquoi cette formulation alambiquée? Le FMI est dirigé par un keynésien, qui rêve peut-être de l'Élysée, ou qui ne veut pas admettre publiquement qu'il a tort. Ou encore, le FMI veut se faire aimer, lui qui est tant vilipendé.

 

       Les pays obéissent aux contingences. Ils étaient en déficit en période de croissance. Malheureusement, ils doivent restreindre les dépenses en période de crise. C'est le prix de l'imprévoyance.

 

       Le FMI est le pompier de service. Son rôle est ingrat. Il lui impose des décisions difficiles. Il devrait plutôt l'expliquer au monde plutôt que de laisser croire qu'une autre politique est possible, politique qu'il n'applique pas lui même.

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QE2, c'est parti!

4 Novembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

      La journée du 3 novembre a été marquée par les résultats des élections américaines du midterm. Mais l'autre événement majeur est la décision de la Fed de lancer un nouveau programme d'injection de liquidités dans l'économie, le fameux QE2, pour quantitative easing 2.

 

      La Fed va racheter des bons du Trésor. L'objectif est de faire baisser, ou de maintenir bas, les taux d'intérêt. En effet, s'il y a une forte demande pour les bons du Trésor, les taux d'intérêt servis par ces bons vont diminuer. Un bon est un titre qui rapporte des intérêts à son possessuer. Par exemple, un bon d'une valeur de 100 dollars qui rapporte un intérêt de 5 dollars, soit un taux de 5% (chiffres complètement fantaisistes, je le précise). Les bons du Trésor sont échangés sur les marchés obligataires. Si la valeur du bon double par exemple, il rapporte cependant toujours 5 dollars. Soit dans ce cas un taux d'intérêt de 2,5%. Le taux d'intérêt a diminué.

 

      La Fed espère par ricochet faire baisser tous les taux d'intérêt. En effet, en faisant baisser les taux d'intérêt sur les bons du Trésor, elle rend ceux-ci moins attractifs, et encourage les baques et les agents financiers à chercher d'autres opportunités d'investissement. Les taux des bons du Trésor sont également une sorte de référence pour les taux d'intérêt en général, par conséquent leur baisse peut entraîner celle des autres taux. Même si cette fonction de référence ne paraît plus tout à fait vérifiée.

 

      La Fed ne peut plus faire baisser les taux d'intérêt en baissant ses taux directeurs, car ceux-ci sont déjà très bas. Elle utilise donc ce qu'on appelle une politique non conventionnelle.

 

      Le but de la Fed est de relancer l'économie. Certains commentateurs pensent que la Fed veut également soutenir le marché des actions, pour créer un effet richesse. En faisant augmenter le prix des bons du Trésor, elle rend par comparaison l'achat d'actions plus attractif. Si les investisseurs se tournent vers les actions, celles-ci vont augmenter. Ce qui va faire augmenter le patrimoine des américains, qui se sentiront plus riches et vont consommer plus.

 

      Enfin, l'objectif de la Fed pourrait aussi d'éviter la déflation. Celle-ci est un phénomène décrit généralement comme une spirale de baisse des prix. C'est en fait plus compliqué. Pour des explications plus complète, voir l'article Inflation, déflation: explications et risques.  . Disons qu'un manque de liquidités dans l'économie peut causer un ralentissement. C'est d'ailleurs pour cela qu'en cas de surchauffe, d'inflation, on augmente les taux d'intérêt: pour retirer des liquidités, et ralentir la machine.

 

      La politique de la Fed a-t-elle des chances de relancer l'économie? Une injection de liquidité peut effectivement provoquer une croissance... mais sous forme de bulle! C'est ainsi que la crise actuelle provient d'un excès de crédit (voir Les essentiels sur la crise  ). Aujourd'hui, une des crainte est de voir se former une bulle sur les marché financiers. Actions ou obligations d'ailleurs.

 

      Par ailleurs, l'action de la Fed perturbe fortement le marché des changes, comme expliqué dans l'article  Le G20 peut-il réguler le marché des changes?   . En fait, le problème, c'est que l'économie a besoin de liquidités pour fonctionner, mais trop de liquidité crée de l'inflation. Mais comment se matérialise l'inflation, c'est la grnade inconnue aujourd'hui. L'inflation ce n'est pas n forcément celle des prix. C'est celle des marchés financiers, des marchés des changes aussi.

 

      On ne peut pas non plus relancer l'activité en facilitant le crédit. On ne fait pas boire un âne qui n'a plus soif. Il faut des projets à financer.

 

      Le rôle d'une banque centrale n'est pas de relancer l'économie. D'ailleurs, peut-on relancer l'économie par des injections d'argent au niveau macro-économique? La Fed mène cette politique car les politiques budgétaires ont peu d'effet. mais elle n'a pas plus de réussite.

 

      Le problème c'est que le politiciens sont impatients. Ils veulent que la machine reparte d'un seul coup. Mais on ne sort pas ainsi d'une crise économique provoquée par un excès de crédit pendant plusieurs années. L'économie doit se reconfigurer. Et, l'économie, ce sont des gens, ce sont des entreprises, pas de simples chiffres sur un graphique, pas une simple équation mathématique.

 

      En mathématiques économiques, l'ajustement est instantané. Pas dans la vraie vie.

 

(Voir aussi  La politique monétaire de la Fed: quantitative easing 2   )

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