Analyse Libérale

De l'utilité de l'innovation financière pour l'économie dite réelle

28 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

     La prochaine étape de la réglementation du secteur bancaire par le comité de Bâle, appelée Bâle III, prend forme. Il n'y a rien de nouveau par rapport à ce que j'ai déjà écrit: la philosophie consiste toujours à renforcer les fonds propres des banques, dans l'espoir qu'ils permettent de combler les éventuelles pertes futures.

 

     D'autre part, les Etats planchent pour créer un marché boursier réglementé pour les produits dérivés.

 

     Mais, un point important de cette future réglementation, c'est que les entreprises non bancaires obtiendront des dérogations. Elles pourront acheter des produits dérivés comme elles le font aujourd'hui. La réglementation ne sera pas renforcée (ou pas autant que pour les banques).

 

     Ce détail rappelle que l'innovation financière, contrairement à ce qui est dit, a une utilité dans l'économie réelle. Les entreprises exportatrices se servent des produits dérivés pour se couvrir des risques de change par exemple. Ou des aléas climatiques. (cf  La responsabilité de l'innovation financière dans la crise actuelle )

 

     De même, la titrisation, vilipendée à cause des titres subprime, est très utile pour le financement de l'économie. Le problème n'étant pas la titrisation elle-même, dans le cas des subprime, mais la mauvaise évaluation du risque.

 

     Il faut réglementer la finance. Mais ne pas oublier qu'elle est nécessaire à l'économie.

 

 

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La taxation des actifs à risque des banques

26 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      La ministre française de l'économie, Christine Lagarde,  s'apprête à lancer une taxe sur les actifs risqués des banques. L'objectif étant d'inciter ces établissements à avoir un comportement moins risqué.

 

      Cette intention peut sembler louable. Cependant, il y a plusieurs objections.

 

      D'abord, le coût de cette taxe sera payé par les clients. Par les clients qui n'investissent pas dans ces actifs risqués. A moins que cette taxe soit vraiment bien conçue.

 

      D'autre part, les banques opéreront des arbitrages. Est-ce que cette taxe ne va pas favoriser les investissements les plus risqués, c'est-à-dire les plus rémunérateurs, et ainsi manquer son objectifs?

 

      Mais, surtout, qu'est-ce qu'un actif risqué? La question n'est pas anodine. La crise des subprimes provient du fait que les titres adossés aux prêts subprimes n'taient pas considérés comme des titres à risque.

 

      La crise provient du fait que les régulateurs américains, en l'occurrence l'Etat fédéral et la Fed, la banque centrale, ont encouragé les prêts à risque.

 

      Tout le problème est là. Si les régulkateurs veulent à nouveau relancer l'économie par le crédit, ils le feront. Et de nouveaux instruments financiers viendront soutenir cette politique. Ces instruments ne seront pas considérés comme risqués, car leur développement ira dans le sens de la politique des régulateurs.

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Les projets de la Commission pour réguler les déficits

24 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      La Commission Européenne planche sur le moyen de forcer les Etats membres d'éviter d'avoir des déficits publics trop élevés, et de trop s'endetter. La crise a en effet rappelé les méfaits de l'endettement: au moment où l'on a le plus besoin de la dépense publique, pour atténuer les effets de la crise, on est obligé de lancer des plans de rigueur. Le bon sens commande donc d'éviter de creuser les déficits pendant les période de croissance. C'est un peu du bon sens.

 

      Cependant, comment faire? La Commission s'oriente vers des amendes plus élevés quand les Etats ne respectent pas leurs engagements, et quand ils ne s'engagent pas à respecter un plan de baisse des déficits si besoin est.

 

      Cependant, ce n'est peut être pas le meilleur moment, quand le déficit est élevé, pour réclamer une forte amende, qui va creuser un peu plus ce déficit.

 

      D'autre part, les pays membres peuvent très bien s'affranchir de cet amendes, comme l'ont fait la France et l'Allemagne.

 

      Une meilleure solution serait plutôt une action préventive: agir avant que le déficit et l'endettement ne soient trop élevés. Pour imaginer les mesures à prendre, on peut tout simplement regarder comment certains pays de la zone euro en sont venus à s'attirer la crainte des marchés, à cause de leur endettement et de leur déficit.

 

      En Grêce, l'élément déclencheur a été un problème de statistiques. L'estimation du déficit a été brutalement relevée, les précédentes statistiques étant erronées. L'appareil statistiques n'avait pas la notoriété d'être très fiable. Mais cela ne gênait pas l'organisme européen Eurostat, qui reprend les statistiques de chaque pays. Une voie vers la prévention serait donc l'amélioration de l'appareil statistique dans chaque pays, pour mieux surveiller l'endettement. Ce n'est pas la panacée, pour la Grêce notamment, mais ce serait déjà un progrès.

 

      En Espagne, la gravité de la crise provient du profil de sa croissance passée: une croissance basée sur la promotion immobilière et le crédit. Profil qui avait été critiqué à l'époque d'ailleurs. La leçon à en tirer, c'est qu'il faudrait des mesures monétaires spécifiques par pays, pour renchérir les prêts immobiliers en cas de surchauffe. Par une taxe, ou en renchérissant le coût de refinancement des banques en fonction de leurs engagements dans les prêts immobiliers.

 

      Il s'agirait d'adapter la politique monétaire à un pays si nécessaire. L'Espagne connaissait en effet une forte inflation, due au boum de la construction, alors même que la moyenne européenne était en dessous de 2%.

 

      L'Irlande aussi a vu les secteur immobilier s'effondrer. Et on s'est alors aperçu qu'une part trop importante de la croissance de l'Irlande venait de la flambée de l'immobilier. L'Irlande dépend aussi beaucoup des exportation. Il s'agit là encore d'un modèle économique déséquilibré. Une méthode préventive consisterait à donner l'alerte pendant la phase de croissance sur ces déséquilibres.

 

      Notons cependant que ces pays qui ont des difficultés à cause de leurs déficits actuels, pouvaient être de bons élèves en ce domaine avant la crise. Je pense notamment à l'Irlande. Le problème que connaît un pays comme la France, c'est de devoir faire un plan de rigueur en pleine crise. C'est embêtant car ça ralentit la reprise, et c'est douloureux socialement.

 

      Mais les pays qui ont les plus gros problèmes de déficit et de confiance des marchés ne sont pas forcément les mauvais élèves d'avant la crise. Ce qui montre à nouveau les limites de l'approche répressive, par des amendes en cas de déficits excessifs.

 

      Normalement, c'est l'expérience qui devrait servir de leçon. Mais les dirigeants politiques ont une vision à très court terme. Il est difficile dans ces conditions d'empêcher les déficits excessifs. Les marchés sont encore les meilleurs gardiens, avec la menace qu'ils représentent.

 

      A souligner aussi que le projet de la Commission comporte aussi un volet pour accroître la compétitivité des pays. Mais, là encore, se posent beaucoup de questions. Qu'est-ce que la compétitivté d'une économie? Est-ce que l'Europe doit devenir uniquement une puissance exportatrice, comme l'Allemagne? Où doit-elle développer une dynamique interne? Pour ce deuxième cas, aucun pays européen n'a trouvé la recette. Est-ce que la Commission va la sortir de son chapeau?

 

      Attention à ne pas trop uniformiser la politique économique. N'oublions pas que les USA eux-mêmes sont une fédération, où les Etats fédérés .ont un rôles important.

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Bernanke est-il responsable de la crise?

9 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Ben Bernanke est l'actuel président de la Reserve Federal, la Banque centrale américaine. Il est surnommé Hélicoptère Ben parce qu'il a déversé des liquidités sur l'économie américaine, pour éviter un blocage financier, comme s'il jetait de l'argent depuis un hélicoptère. Il est la figure principale de lutte contre les blocages financiers et contre la crise aux USA.

 

      Et, pourtant, ne l'a-t-il pas provoquée, cette crise? En effet,c'est lui qui a décidé d'augmenter les taux d'intérêt, ce qui a fait augmenter les remboursement des prêts immobiliers, majoritairement à taux variables aux USA. Ce qui a donc entraîné des défaillances.

 

      N'aurait-il pas mieux valu restreindre les conditions de crédits hypothécaires aux USA, afin de ralentir ces crédits, sans causer de défaillance parmi ceux qui avaient déjà souscrit un crédit?

 

      Evidemment, Bernanke n'avait pas de pouvoir en ce domaine. Il a agit sur le seul levier à sa disposition. Il n'est donc pas responsable.

 

      L'objet de ce billet est de s'interroger sur les politiques possibles en matière monétaire. Il n'est pas certain qu'un durcissement des conditions de crédit hypothécaires aurait pu éviter la crise, tant le développement de mauvais crédits était déjà important. Il y aurait eu des défaillances, et la crise.

 

      Mais les réponses en matière de régulation monétaire ne relève pas forcément de la banque centrale. Il ne s'agit pas forcément de relever ou de baisser les taux d'intérêt. La régulation de l'information donnée par les banques est importante: forcer les banques à révéler leurs engagements en détail pourrait les inciter à plus de prudence. La surveillance des bilans de ces banques peut être importante.

 

      La crise est là et aujourd'hui hélicoptère Ben essaie de relancer l'économie des USA. Ce n'est pas son rôle, mais son mandat l'oblige à favoriser la croissance. Encore une source de crise: la Reserve Federal a pour mission, non seulement la stabilité monétaire, mais aussi de favoriser la croissance. Là est également une des sources de la crise: manipuler la monnaie pour obtenir de la croissance finit par conduire à la récession. Nous en avons la preuve par l'exemple.

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Stiglitz et le paradigme néoclassique

8 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Dans une tribune du Financial Times du vendredi 20 août 2010, Joseph Stiglitz déclare que les économistes doivent changer de paradigme. En effet, c'est parce que le patron de la Reserve Federal croyait en l'infaillibilité des marchés qu'il y a eu une crise économique, selon Stiglitz.

 

      Est-ce à dire que Stiglitz veut l'abandon de l'économie de marché? Non, il n'écrit pas ça. Il ne prône rien de particulier, citant juste des prolongements de la théorie néoclassique qu'il critique, comme les études sur l'asymétrie de l'information, ou les imperfections des marchés. Mais tout ce qu'il cite reste dans la doctrine du paradigme de l'économie de marché.

 

      Stiglitz fait également l'erreur habituelle des mauvais économistes, qui considèrent que les modèlent néoclassiques décrivent la réalité. Alors que ce ne sont que des modèles qui décrivent le fonctionnement d'un marché sous certaines conditions restrictives. Le but est d'atteindre ce fonctionnement dans la réalité, sachant que ce ne sera jamais parfait.

 

      Enfin, ce n'est pas parce que Greenspan affichait sa foi dans les marchés qu'il suivait les principes de l'économie de marché. Greenspan a manipulé les taux d'intérêt pour relancer l'économie américaine, et n'a pas contredit la politique d'assouplissement du crédit hypothécaire menée par Clinton et Bush. Alors qu'il le pouvait.

 

     La crise ne provient pas des marchés, mais de l'action du gouvernement américain et de Greenspan.

 

     Mieux, on peut même dire que la théorie néoclassique sort renforcée de la crise. En effet, la théorie néoclassique est associée à la théorie quantitative de la monnaie.

 

      Selon cette théorie, l'augmentation artificielle de la masse monétaire, c'est-à-dire, par exemple, l'augmentation du crédit encouragée par la banque centrale, entraîne une augmentation des prix.

 

      Or, c'est ce qui s'est produit: une augmentation du crédit immobilier, qui a entraîné une inflation des prix du secteur.

 

      La théorie néoclassique met aussi en garde contre l'interventionnisme monétaire. Or, la crise provient de l'interventionnisme monétaire.

 

     Ce n'est pas le paradigme économique qu'il faut changer. Il faudrait que les conseillers des princes connaissent mieux l'économie, et refusent les manipulations monétaires, ou budgétaires, qui produisent des effets à court terme, mais plongent ensuite les pays dans la crise.

 

      Bien sûr, les responsables ne sont pas ceux qui souffrent de la crises. Et ils trouvent toujours des boucs émissaires. Aujour'hui, on accuse l'économie de marché; alors que c'est un interventionnisme à mauvais escient qui est responsable de la crise.

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Un deuxième plan de relance pour Obama

7 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

     A deux mois des élections de mi-mandat, face à des sondages défavorables pour les démocrates, le président des USA veut lancer un nouveau plan de relance, centré sur les infrastructures. Ce programme nécessite un investissement de 50 milliards de dollars.

 

      A cela s'ajoutent diverses mesures, dont un crédit d'impôt recherche.

 

      Mais trouver l'argent va s'avérer compliqué, car les déficits publics inquiètent, après un premier plan de près de 800 milliards de dollars.

 

      L'histoire des crises bégaie. C'est toujours le même schéma: d'abord la relance, massive. Puis, des interrogations sur son efficacité. Puis, des difficultés budgétaires. Les sacrifices.

 

      Il faut dire aussi que les politiciens sont exigeants. Ils voudraient des plans qui relancent l'économie, en six mois. Ce qui n'est pas possible. Même deux ans, c'est court.

 

      Construire des infrastructures, aux USA, ne sera pas inutile, car celles-ci sont réputées délabrées. Même s'il n'y aura pas de relance, l'effet à moyen terme sur l'économie sera bénéfique.

 

      Il est étonnant que ces infrastructures n'aient pas plus bénéficié des plans de relance. En effet, le précédent ne leur consacrait "87" milliards sur près de 800. Alors que ces dépenses, selon la théorie keynésienne, sont plus efficaces pour relancer l'économie.

 

      Et, pour ceux qui ne sont pas keynésiens, si l'argent n'est pas dépensé en infrastructures inutiles ou surpayées, ce sont des dépenses qui ne sont pas inutiles sur le moyen terme.

 

      Mais le précédent plan a consacré plus d'argent aux allègements fiscaux.

 

      Le précédent plan ne comportait d'ailleurs pas que des dépenses de relance. C'était aussi un plan de secours, pour aider les Etats, en évitant qu'ils ne coupent trop dans les dépenses d'éducation, aider le système Medicaid, et lutter contre les expulsions.

 

      Le précédent plan de construction d'infrastructure était aussi un plan de relance, sous Eisenhower. Ajoutons qu'en la matière, les USA planchent sur une "smart grid", une distribution d'électricité "intelligente", mieux contrôlées, et capable de prendre en compte les productions éparpillées d'énergies alternatives.

 

      Les crises semblent bénéficier aux infrastructures aux Etats-Unis.

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Police de proximité

6 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Le Figaro a publié un article sur le bilan de la police de proximité des années Jospin, à l'occasion d'un rapport sur le sujet de l'IGPN. Un article intéressant, dont je conseille la lecture (tant qu'il est en ligne) à ceux que le sujet intéresse, quelles que soient les préventions dont peut faire l'objet Le Figaro.

 

Au delà de la polémique sur les chiffres, ce qui ressort de l'article, c'est surtout la mise en œuvre catastrophique de la police de proximité. Celle-ci était composée en grande partie d'adjoint de sécurité, et par de nouveaux policiers n'attendant qu'une chose: leur mutation. Les services étaient qualifiés de centre de formation permanente.

 

Le point principal de la police de quartier élaborée par Michelle Alliot Marie, alors ministre de l'intérieur, que j'avais remarqué, c'était justement la volonté de recruter des policiers expérimentés pour ces quartiers difficiles. On peut penser qu'il s'agit simplement de bon sens.

 

Cependant, le Figaro conclut l'article en indiquant que, faute de moyens, les adjoints de sécurité affluent à nouveau dans les banlieues.

 

Cette article illustre un gros problème de la politique aujourd'hui: de grandes théories, mais un grand éloignement du terrain. Il y a toujours quelqu'un pour développer une théorie sur la relance économique, sur la délinquance, sur la police, sur le social. Mais il faudrait parfois être plus pragmatique, et faire preuve de bon sens.

 

 

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Les grèves du 7 septembre

6 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

     Le projet de réforme des retraites a entraîné l'appel à une journée d'action ce 7 septembre de la part des syndicats.

 

     Les critiques habituelles sont de mises. Des syndicats qui ne savent que protester, des fonctionnaires privilégiés qui vont faire grève, une réforme indispensable, etc, etc.

 

     Cependant, force est de constater qu'en France, pour exister dans ce type de négociation, il faut faire grève d'abord. Et on discute ensuite. C'est comme ça. Même si on peut considérer que c'est regrettable.

 

     L'attitude des syndicats est parfois ambigüe. Il y a une guerre de tranchée, sur fond de réforme de la représentativité.

 

     Les deux principaux syndicats, la CGT et la CFDT, qui soutiennent la réforme de la représentativité, qui a été conçue pour eux, sont dans une position d'attente. La CGT rejette le projet en bloc. La CFDT aimerait bien négocier, avançant timidement des points à améliorer, mais elle a un trop mauvais souvenir des conséquences de son soutien à la précédente réforme des retraites. En France, un syndicat doit contester, c'est la règle.

 

     Les petits syndicats, dont la survie est menacée par la réforme de la représentativité, se radicalisent, c'est logique, pour exister.

 

     Et l'opposition s'oppose, logique également.

 

     Il y a bien sûr des revendications. Les syndicats veulent conserver le même système de retraite, en augmentant les prélèvements obligatoires. Seulement, vu l'état des finances publiques, les prélèvements obligatoires vont augmenter, mais pour résorber le déficit.

 

    Dans tout ça, il manque un élan, une vision, du charisme. La réforme des retraites est guidée par l'urgence. Il n'y a pas eu de réflexion sur le long terme, de préparation, d'explication.

 

     La crise, et l'aide apporté aux banques, a rendu les gens furieux, et leur fait dire qu'on dépense pour protéger les banques, mais pas les retraites. Sans compter qu'aucun grand patron n'a l'intelligence de consentir quelque sacrifice, par solidarité, pour soutenir la réforme. Les patrons réclament, et se prétendent libéraux. Après, ils ne comprennent pas les humeurs du bas peuple.

 

     Une réforme intelligente serait de lier l'âge de départ en retraite à l'espérance de vie selon les métiers. Mais ce doit être un peu trop explosif puisqu'aucun gouvernement ne s'y est aventuré. Et aucun syndicat n'en défend le principe.

 

     Le petit jeu français va donc continuer. Des salariés vont sacrifier une journée de salaire dans la grève. Pour exister. Les syndicats, le gouvernement, le patronat, vont s'interroger sur la meilleure posture à tenir.

 

     Au final, même si les retraites dépendent également de la démographie et de l'espérance de vie, le problème revient toujours à l'insuffisance de croissance du pays. Imaginons que l'on crée de vrais emplois pour les jeunes, c'est-à-dire des emplois "cotisants", et non aidés: le financement des retraites est en partie résolu!

 

     Mais, dans ce domaine aussi, il y a des postures, syndicales, gouvernementales, et patronales. Chacun défendant ses intérêts, ou des idéologies.

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La régulation financière et l'Europe

6 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #A contrepied

 

     Le Conseil Européen et le Parlement semblent s'être accordés sur un renforcement de la supervision financière à l'échelle de l'Union. Rien n'est encore acté, puisque les ministres des finances de l'Union doivent se prononcer le 7 septembre.

 

     Rien de bien nouveau par rapport à ce qui était discuté depuis plus d'un an (cf Les propositions de la Commission pour la surveillance financière.  ). Création de trois autorités de supervision, pour les banques, les marchés financiers, et le secteur de l'assurance. Emanation d'organisme déjà existants. (cf aussi le site de la Commission Européenne pour l'historique du projet). Création d'un conseil européen du risque systémique, une sorte de coordinateur.

 

     Aucune de ces organisations n'aura de pouvoir contraignant, sauf cas exceptionnel, et si les Etats membres sont d'accord. Elle ne pourront pas prendre de décisions contraignant budgétairement les Etats, comme le renflouement d'une banque.

 

     Ce sont dons les autorités nationales qui seront toujours en première ligne. Cependant, il est attendu des autorités européennes qu'elles élaborent des règles communes, qui seront appliquées par les autorités nationales. Cela semble peu, mais cela suffit à inquiéter la City de Londres selon le Financial Times.

 

     Et c'est vrai que c'est un progrès. C'est un pas de plus vers une harmonisation européenne, et, surtout, une supervision de la finance à une échelle plus judicieuse que le territoire nationale.

 

     L'Europe se construit, peu à peu. Les crises, comme toujours dans l'histoire, sont un accélérateur.

 

    Ce projet a ses défauts, ses limites. J'ai déjà écrit sur le sujet. Mais, ce qu'il faut retenir, c'est le renforcement de la coopération européenne. La crise, jusqu'à présent, n'a pas mené à un éclatement, mais à un resserrement de l'Europe. Malgré les propos excessifs engendrés par les difficultés de la Grèce.

 

     Historiquement, c'est notable. A d'autres époques, une crise aurait engendré une guerre.

 

     Nous avons l'habitude de voir ce qui va mal. Je ne suis personnellement pas d'accord avec tout ce que fait l'Union Européenne. Je suis conscient des enjeux de pouvoirs entre les pays, et entre les pays et les institutions. Je ne suis pas d'accord avec l'organisation de l'Union. J'ai voté contre la constitution européenne, pour diverses raisons.

 

     Mais saluons la coopération, qui vaut mieux que la guerre. Coopérer en temps de crise. En nous souvenant que telle est l'origine de l'Union: éviter la guerre, entretenir l'amitié entre les peuples. Nous devons être capable de coopérer, et de ne pas être d'accord sans se faire la guerre.

 

     De temps en temps, un peu d'optimisme, ça fait du bien.

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Ecole, délinquance, logique comptable

5 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

 

      L'actualité a été marquée cette été par la politique sécuritaire, et le lien établi par le gouvernement entre l'immigration et la délinquance. Puis, comme chaque année en septembre, l'actualité a été celle de la rentrée des classes.

 

      La délinquance peut aussi être vue comme un échec du système éducatif. En effet, les jeunes délinquants, que leurs parents soient français ou immigrés, sont nés en France, ont toujours vécu en France, et sont passés par le système éducatif français, ou même y sont encore.

 

      Le gouvernement est régulièrement accusé d'affaiblir l'Education Nationale par sa logique comptable. Sont critiqués ainsi le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, qui touche aussi les professeurs. Le bac pro en deux ans au lieu de trois. La diminution de la part du PIB consacré au financement de l'école par le gouvernement.

 

      Cependant, la critique du gouvernement obéit elle aussi à une logique comptable. Il s'agit de réclamer plus de moyens, plus de personnel. Mais pour faire quoi? Une réflexion, un débat sur l'Education Nationale, sur l'éducation en général, serait nécessaire. Mais il n'y en a pas.

 

      Les problèmes de délinquance ne datent pas de ce gouvernement, loin de là.

 

      On remarque qu'au lieu de faire une politique de l'enfant, on a mené, et on mène, une politique de la ville. On rénove le tissu urbain, ce qui est bien. Mais on ne soigne pas les problèmes humains. Evidemment, c'est plus compliqué.

 

      La grande mode, aujourd'hui, c'est la discrimination positive. On prend un élève d'un quartier défavorisé, on le met dans une grande école, et on nous dit: regardez, la situation s'améliore, il y a plus de jeunes issus des quartiers difficiles dans les grandes écoles.

 

      Evidemment, cela ne change en rien le sort de 99,99% de la population de ces quartiers difficiles. D'autant que dès que l'on s'intéresse un peu à l'éducation, on s'aperçoit qu'il y a un consensus pour dire que beaucoup se joue au primaire.

 

      Une politique centrée sur l'enfant, sur son suivi tout au long de la journée, de la semaine, des années, devrait être la priorité pour l'avenir du pays, et pour la réalisation des idéaux républicains. Il ne suffit pas de dire qu'il faut dépenser plus ou moins. Il faut dépenser bien.

 

      Et cela permettrait aussi de diminuer la délinquance. Il faut lutter contre les délinquants. Mais la lutte est perdue d'avance si le pays crée sans cesse de nouveaux délinquants.

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