Analyse Libérale

La lettre de Turgot

28 Août 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un petit lien vers la lettre de Turgot à Louis XVI, pour montrer que les problèmes de finances publiques ne sont pas récents, et que ce ne sont pas les marchés financiers qui imposent cette problématique. Elle s'imposait avant leur existence.

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L'autorégulation des marchés

27 Août 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      Le principe d'auto-régulation des marchés est fortement critiqué aujourd'hui. En fait, il l'a toujours été. Mais, la crise financière et économique est un prétexte de plus pour le faire.

 

      Alors, l'autorégulation est-elle un mythe, la fameuse main invisible de Smith l'est-elle parce qu'elle n'existe pas?

 

      Une petite précision sur les mécanismes de l'autorégulation s'impose. L'autorégulation ne signifie pas qu'il n'y a pas de crise, elle ne signifie pas une croissance continue et sans heurts. Le marché est comme un lieu virtuel, où sont proposés des produits, des financement, des innovations. Il y a des réussites, des ratés.

 

      L'économie de marché est une économie d'expérimentation. On expérimente, et on garde ce qui marche. On procède par tâtonnement. Il y a donc des crises.

 

      C'est un processus d'apprentissange. On apprend des succès et des échecs.

 

      Par ailleurs, les économistes ont également mis en évidence des cycles. Cycles longs, cycles courts. L'économie n'est pas un long fleuve tranquille. C'est une leçon du libéralisme que de savoir se préparer aux temps plus difficiles, leçon que n'intègrent pas les politiciens.

 

      La crise actuelle est-elle une crise "normale" de l'autorégulation? Non, car elle provient de l'action du gouvernement américain et de la Federal Reserve (la Fed) en faveur du crédit. C'est une crise provoqué par la manipulation du crédit (cf Les essentiels sur la crise).

 

      Cependant, un des reproches fait à la Réserve Fédérale, la banque centrale américaine, c'est justement d'avoir trop soutenu les banques et les marchés financiers. A chaque crise, à chaque anticipation de crise, la Fed a baissé ses taux, ce qui abaissé le coût de refinancement des banques, ce qui soutenait les marchés financiers.

 

      Sans compter que la Fed a aussi protéger le système financier de la faillite du fonds LTCM, puis de celle de Bear Stearn. Puis, un jour, il a fallu admettre la réalité de la crise, et laisser la banque Lehman Brothers faire faillite.

 

      Si on avait laissé faire le principe d'apprentissage, peut-être que les banquiers et le système financier auraient été plus prudents.

 

     L'autorégulation des marchés ne signifie donc pas absence de crise ou de soubresauts. Face aux simplifications extrêmes de la théorie de l'économie de marché, il est bon de le rappeler. Et c'est aussi pour cela qu'il faut, pour les gouvernements, un budget équilibré en période de croissance: car il y aura forcément un jour une période moins faste.

 

      L'économie de marché est expérimentation, et pragmatisme, et non axiome et théorème.

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Croissance: sommet à Brégançon

18 Août 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

Un article du Figaro a pour titre:


Croissance: Sarkozy convoque ses ministres à Brégançon.

 

La question qui se pose est: les ministres peuvent-ils faire quelque chose pour relancer la croissance?


Les médias, les politiques, des économistes mêmes, semblent penser que quelques mesures pourraient relancer miraculeusement l'économie.


Mais une bonne politique économique se juge sur le moyen terme, au plus tôt. Là est les problème: les politiques, et les médias, ont habitué les gens au court termisme.


On a tout essayé, pour paraphraser un président français qui ne connaissait pas grand chose à l'économie. On a utilisé le déficit budgétaire, la réduction du temps de travail, toutes les solutions simples et faciles, rien ne marche contre la crise et le chômage.


On connaît les pistes: développer les PME plutôt que les grosses entreprises, simplifier la fiscalité, mettre en adéquation le système de formation et le marché du travail,améliorer le système éducatif, favoriser l'innovation, la recherche universitaire, favoriser le capital risque et le capital développement (cf La relance, le capital risque, et le capital développement  ).


Mais le seul objectif des politiques est 2012. Au delà, c'est du très long terme pour le monde politique...

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Croissance dans l'UE au 2ème trimestre 2010

17 Août 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     La croissance européenne a augmenté d'1% au deuxième trimestre 2010 par rapport au premier, que ce soit la zone euro ou l'Union à 27 (cf l'éco-hebdo). La France a connu une croissance de 0,6%, et l'Allemagne de 2,2%.

 

     La croissance allemande correspond à une croissance 8% en rythme annualisé, c'est-à-dire si ce rythme était tenu sur une année entière. Ce qui la fait comparer à une croissance asiatique par les commentateurs.

 

     Cette croissance, européenne et allemande, est avant tout un rattrapage. Ainsi, Jean-Marc Vittori, dans Les Echos, du lundi 16 août, souligne que, «par rapport au pic de l'activité au premier trimestre 2008, la production au deuxième trimestre 2010 a été inférieure de 2,2% en France et de 2,8% en Allemagne.»

 

     En effet, la crise a été plus sévère pour l'Allemagne que pour la France.

 

     Ensuite, la croissance allemande, et les pays qu'elle entraîne, doit beaucoup à la reprise du commerce mondial. La Financial Times en vient à s'interroger sur la dépendance de l'Allemagne à la croissance chinoise. Même si on ne connaîtra que le 24 août les composantes de cette croissance allemande.

 

     Le problème de l'Europe, comme avant la crise, reste de ne pas avoir de moteur interne. Une partie

 

     Sur le moyen terme, l'Allemagne va continuer à croître, tant les besoins des pays émergents sont importants. Mais cela va-t-il engendrait un cercle vertueux. Depuis plusieurs années, avant la crise, les succès à l'exportation de l'Allemagne n'entraînaient pas un effet vertueux et autonome sur ce pays.

 

     Les salariés voient au contraire baisser leur pouvoir d'achat depuis des années.

 

     On peut espérer que cette période ne soit qu'un (long) ajustement, et qu'ils finissent par bénéficier des succès des entreprises. Mais ce n'est pas encore le cas.

 

     La croissance de l'Allemagne montre ainsi le rôle des pays émergents dans la reprise. Elle montre qu'ils sont en partie une locomotive, question qui se posait pendant la crise.

 

     Cette croissance va-elle durer? Les reprises économiques sont toujours chaotiques. L'indice de confiance allemand ne cesse de diminuer, notamment en août, après avoir fortement augmenter.

 

      D'autre part, avant la crise, les pays européens connaissaient déjà le chômage et une faible croissance, ainsi que des problèmes de déficits. La crise n'est pas la cause de tous les problèmes, ceux-ci étaient présents avant la crise financières.

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Les travailleurs pauvres en Allemagne

11 Août 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

     Le site Slate publie un article très intéressant sur l'Allemagne. Ce pays fait l'admiration, car son commerce extérieur dégage d'importants excédents, malgré un salaire moyen élevé, et parce que le chômage baisse.

 

     Slate montre ce qu'il appelle "l'envers du décor du champion des exportations": la multiplication des travailleurs pauvres, suite notamment aux réformes de Gerhard Schröder, l'ancien chancelier socialiste.

 

     Ce qui ne veut pas dire que l'Allemagne exporte grâce aux bas salaires: les salaires dans les industries exportatrices sont en moyenne élevés, car le personnel y est très qualifié.

 

     Mais ces bas salaires peuvent expliquer l'atonie de la consommation en Allemagne, et le fait que ce pays n'ait pas de "moteur interne": sa croissance dépend des exportations. Mais la population semble bénéficier assez peu des réussites à l'exportation.

 

     L'étude de la période de prospérité d'après guerre semble montrer que l'augmentation des rémunarations, et la baisse de la précarité de l'emploi, a joué un rôle dans cette prospérité.

 

     Cette article de Slate ne permet pas de se faire une idée précise de la situation en Allemagne. Il y a d'autres interrogations: le poids du chômage partiel par exemple, dans quel mesure explique-t-il la résistance de l'emploi? Il faudrait également des informations sur le dévelopement du temps partiel, et sur l'évolution de la population active.

 

     Il est difficile d'obtenir des informations suffisamment complètes en français ou en anglais pour se faire son opinion. Ou alors de longues recherches sont nécessaires, et je n'ai pas le temps de les faire. Mais je vais encore essayer.

 

     Les médias ont quasiment abandonné toute ambition d'analyse et d'enquête. Pourtant, Slate, qui offre là un point de vue différent de celui présenté habituellement sur l'Allemagne, montre qu'il faudrait approfondir l'analyse pour savoir si le modèle allemand est réellement à imiter.

 

     J'avoue ne pas avoir la réponse à cette question, partagé que je suis entre l'admiration envers le modèle de négociation social, et l'adaptation de l'industrie de ce pays d'une part, et le fait que son économie ne semble pas avoir de "moteur interne" en économie, et semble bien savoir améliorer les secteurs traditionnels, mais être moins capable de rupture, d'inventer de nouveaux secteurs, au contraire des USA par exemple ( cf aussi Faut-il suivre l'exemple de l'Allemagne? ).

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Commentaires sur l'emploi et la population active en 2009

11 Août 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

       Le ministère du travail a publié l'étude sur l'emploi, le chômage, et la population active en 2009. La presse a titré sur un retour à l'après guerre en terme d'emploi. Il s'agirait de la plus forte contraction depuis cette période.

 

      En fait, c'est la plus forte diminution du nombre d'emploi depuis l'origine des séries longues de statistiques en matière d'emploi, c'est-à-dire 1954. Mais, en pourcentage de l'emploi total, la baisse est de 1%, alors qu'elle était de 1,1% en 1992. Nous sommes en fait revenu au niveau de la mi-2006 en nombre d'emplois.

 

      Cette diminution de l'emploi n'en rappelle pas moins que c'est la croissance de l'activité qui permet de résorber le chômage, et, accessoirement, de financer notre système social. Il faudrait donc une véritable politique en faveur de la croissance de l'activité, ce que n'a pas fait la France.

 

      En effet, la stratégie de la France a surtout été le contrôle de la population active. Par la réduction du temps de travail, par les pré-retraites, par la possibilité accordé à ceux qui ont commencé à travailler jeunes de partir en retraite plus tôt. C'est le ralentissement de l'augmentation de la population active qui explique la baisse du chômage en France ces dernières années. Une baisse dues à des raisons essentiellement démographique. Mais aussi aux politiques de baisse de la population active.

 

      Or, ces politique ont atteint leurs limites.

 

      En effet, une des raisons de la montée du chômage en 2009, outre les destructions d'emplois, est l'augmentation dans des proportions inattendues de la population active. celle-ci s'est accrue d'environ 200 000 personnes. Cette augmentation provient en partie des réformes concernant la retraite. Le taux d'activité des plus âgés augmente.

 

      On pourrait penser qu'il faudrait suspendre les réformes des retraites. Mais se pose le problème du financement de celles-ci. Les chiffres nous ramènent une fois de plus à la dure réalité: c'est l'activité qui finance les retraites. Et, finalement, un chômeur coûte moins qu'un retraité, ses droits ayant une fin. (Cependant, avec le nombre grandissant de retraités ayant eu des carrière alternant activité est chômage, et ne pouvant bénéficier que du minimum vieillesse, ce raisonnement pourrait s'inverser).

 

      On peut tourner le problème dans tous les sens, il faudrait une vraie politique de croissance, sachant que la relance par la dépense publique a échoué.

 

      La population active a augmenté car le taux d'activité féminine augmente. C'est une tendance de fond, depuis plusieurs années. Son interprétation n'est pas si évidente qu'on pourrait le croire. En effet, la crise actuelle a provoqué de nombreuses destructions d'emplois industriels, occupés par des hommes. Ces pertes d'emplois peuvent rendre nécessaire l'activité féminine au sein du couple. J'avais lu un jour un article sur les USA, qui indiquait que le revenu moyen par foyer augmentait, mais que le revenu des hommes baissait, tandis que celui des femmes augmentait. C'était donc l'activité féminine qui permettait de maintenir le pouvoir d'achat. Je ne connais pas d'étude semblable pour la France.

 

      L'augmentation de la population de la population active est en partie due à la fin des dispenses de recherches d'emploi pour les plus de 55 ans. Ce qui montre combien les chiffres du chômage peuvent être interprétés. En l'occurrence, les chiffres du chômage pourraient être diminués si, simplement, on dispensait certaine population de recherche d'emploi.

 

      Cela se fait à l'étranger. En Angleterre, au Pays-bas, le nombre de personnes en incapacité permet de réduire le taux de chômage. Même si les choses changent, car le système est coûteux.

 

 

 

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Stress tests et régulation financière

1 Août 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      L'Europe a effectué ses stress tests sur ses banques, comme l'avait fait les USA. D'autre part, les USA ont voté une loi sur la régulation financière. La France prépare la sienne. Les deux ont beaucoup de points communs. Il s'agit d'essayer de prévoir le risque systémique. Avec en plus, aux USA, l'idée de prévoir la faillite organisée des établissement financier en cas de besoin.

 

      Les stress tests ont prêté un peu à controverse, aux USA et en Europe, mais ont rempli leur mission: rassurer. Telle est leur utilité. Normalement, les normes prudentielles devraient suffire à donner une idée de la santé des banques. Mais on a voulu savoir si ces banques étaient, en plus, capables de résister à un choc macroéconomique d'une certaine amplitude. Étant donné que les banques européennes sont globalement saines, surtout après les aides qu'elles ont reçues, les résultats ont été tels qu'attendus, c'est-à-dire globalement positifs.

 

      En vérité, aucune banque n'est capable de résister une crise financière telle que celle que nous avons connue. Ce qu'il faut, c'est éviter ce genre de crise. Et là est le problème: les règles de régulation financière, de même que les stress tests, ne s'attaquent pas aux problèmes de fond.

 

      Pour les banques, par exemple, le problème est un problème d'information. Le blocage financier que nous avons connu est en effet venu d'un défaut d'information. Certaines banques possédaient un certain montant de titres complexes, dont une partie du sous-jacent était des prêts subprime. En clair, des banques possédaient des titres financiers adossés à des prêts à haut risque.

 

      Mais, quand elles les ont achetés, ces titres n'étaient pas considérés comme risqués. Ils étaient bien notés. Pourquoi étaient-ils bien notés? Grâce à la magie de l'ingénierie financière et des titres complexes.

 

      Une solution pour anticiper les crises seraient d'obliger les banques et les institutions financières à indiquer le montant de titres complexes qu'elles possèdent, et de calculer ce qui se passerait si le sous-jacent de ces titres complexes baissait.

 

      Cela inciterait les marchés à être plus regardant sur la qualité des bilans des banques.

 

      Il faudrait également organiser l'information sur le hors bilan. Le hors bilan, par définition, est ce qui n'apparaît pas dans les comptes d'une entreprises. Par exemple, l'engagement d'une banque à reprendre des placements à un prix défini à l'avance. En cas de crise, cela peut plomber la banque.

 

      Une meilleure information sur ce que font les banques permettrait aux actionnaires et aux autorités de mieux les surveiller.

 

      Toutes ces lois, règlements et tests oublient aussi un point essentiel: la crise provient de l'interventionnisme. Aux USA, l'État et la Fed ont volontairement soutenu la croissance par le crédit. Ce qui a créé une inflation, c'est-à-dire une augmentation des prix, de l'immobilier en l'occurrence, provoquée par la création monétaire (cf  Les essentiels sur la crise   ).

 

      Par conséquent, tirer les leçons de cette crise supposerait de créer un système qui évite de répéter les mêmes erreurs. Ce qui suppose une nouvelle conception de l'inflation.

 

      En effet, la conception actuelle de l'inflation est la hausse des prix à la consommation. Or, dans cette crise que nous avons connue, l'inflation s'est d'abord manifestée par un bulle immobilière. Il faudrait donc changer notre définition de l'inflation, pour surveiller toutes les bulles, financières, immobilières, et déterminer si elles ne sont pas provoquées par un crédit excessif.

 

      Ensuite, il y a une autre réforme, nécessaire mais politiquement impossible. C'est la réforme de la Fed, la banque centrale des USA. En effet, la Fed a participé à la crise financière, car une de ses deux missions est le soutien de la croissance économique. La Fed a deux missions: la stabilité monétaire, et la croissance économique. En voulant favoriser la croissance, elle a créé une crise financière.

 

      Il faudrait donc recentrer la Fed sur une seule mission, pour éviter de nouvelles crises dues au crédit: la stabilité monétaire. Comme la Banque Centrale Européenne, dont le modèle est clairement validé par la crise financière.

 

      Mais, politiquement, personne ne tirera cette conséquence aux USA. Par conséquent, le risque d'une crise telle que celle qui vient de se produire demeure.

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