Analyse Libérale

La taxe sur les banques

30 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #A contrepied

 

      La possibilité d'une taxe spécifique sur les banques alimente l'actualité. L'idée est de faire payer les banques pour les plans de sauvetage dont elles ont bénéficié. Mais, surtout, d'avoir des fonds pour les renflouer lors d'une prochaine crise, comme un fonds de garantie.
 

      Cette idée de taxe est dans la droite ligne des projets de l'après crise. Ces projets visent à éviter un risque systémique. En créant d'abord des autorités de surveillance chargé de surveiller les établissements financiers, et d'intervenir dès qu'un risque systémique apparaîtra. Il s'agit en particulier de d'éviter une faillites des plus grands établissements. Et, maintenant, en prévoyant le renflouement des établissements qui auraient des difficultés.

 

     J'ai décrit les projets de régulation dans l'article Régulations financière: les projets, et ce qu'il faudrait changer.  . Et la critique formulée à l'époque vaut toujours. L'action des gouvernements ne vise pas à empêcher une nouvelle crise, mais à éviter qu'une crise ne devienne systémique, c'est-à-dire qu'elle contamine toute l'économie.

 

      J'ai déjà décrit les problèmes posés par cette position, ainsi que ce qu'il faudrait faire pour empêcher qu'une nouvelle crise se produise, dans l'article déjà cité: Régulations financière: les projets, et ce qu'il faudrait changer.   . Je me focaliserai ici sur les effets d'une éventuelles taxe sur les banques.

 

      Cette taxe agirait comme une garantie, comme une assurance. Les marchés financiers pourront se dire qu'ils peuvent jouer sans risque, la banque sera toujours renflouée.

 

      Surtout, cette taxe fera payer les usagers, ceux qui déposent leur argent, qui utilisent les services de la banques pour leur vie de tous les jours, mais pas les responsables des mauvais placements financiers.

 

      En effet, ce genre de taxe sera, d'une manière ou d'une autre, répercutée sur les clients de la banque. Ce sont toujours les clients qui paient les taxes, puisqu'ils assurent les revenus.

 

      Par contre, ceux qui auront eu un comportement risqué ne perdront rien. Ils ne perdront pas les primes accumulées avant une éventuelle crise. Ils risquent même d'être toujours là après la crise. Les établissements ne disparaîtront pas car trop gros pour faire faillite.

 

      Le principe de l'économie de marché est que celui qui prend un risque assume ce risque. Ce n'est pas le cas avec les projets actuels, où, au contraire, on s'arrange pour qu'une crise soit indolore pour ceux qui prenne le risque, mais que ce soit les autres, les clients de tous les jours, qui paient.

 

      La solution, comme je l'explique dans , est d'éviter les conflit d'intérêt, et de séparer les activités à risque de l'activité de banque et de conseil aux investisseurs. Nous ne prenons pas ce chemin.

 

      (Je rappelle que les banques sont complices mais pas responsables de la crise. On se reportera sur ce sujet à ma série d'article: Les essentiels sur la crise   Pour plus d'articles sur les projets de régulation, cf Le projet américain de réforme de la régulation financière  , Les propositions de la Commission pour la surveillance financière.  )

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Le crédit en février 2010

29 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Les statistiques sur l'évolution du crédit au secteur privé en février 2010 ont été publiées le 25 mars par la Banque de France. Ces statistiques indiquent qu'un palier semble avoir été atteint.


      Globalement, le crédit au secteur privé non financier, les entreprises et les ménages donc,a connu en février 2010 une évolution positive d'un peu moins de 2% en taux annuel brut. Une évolution assez stable depuis août 2009.


       Mais surtout, l'évolution trimestrielle atteint plus de 4%. Ce qui signifie que nous sommes dans une phase de légère reprise: le crédit augmente un peu plus vite.


      Dans le détail, le crédit aux ménage augmente d'un peu plus de 4% en taux annuel, et le crédit aux entreprises (sociétés non financières dans le jargon de la Banque de France) diminue d'environ 2%. Pour les entreprises, cela correspond à une baisse de 15% environ des crédit de trésorerie en taux annuel, et une augmentation d'un peu plus de 2% des crédit à l'investissement, toujours en taux annuel.


      Sur trois mois annualisés, le crédit à l'investissement augmente de 3,8%, et le crédit de trésorerie diminue de 3,1%. Le crédit de trésorerie montre une stabilisation, puisque que l'évolution sur trois mois annualisés était de -5,3% en décembre 2009, de -8,1% en janvier 2010. L'évolution à trois mois se situant constamment au-dessus de l'évolution sur un an, ce qui confirme un redressement.


      Le crédit de trésorerie finance les dépenses courantes de l'entreprise: le stock, les salaires par exemple. Essentiellement le stock. C'est l'argent qu'il faut avancer avant de vendre, pour payer les fournisseurs ou les salariés, les loyers, etc.


      La diminution du crédit de trésorerie peut avoir deux causes. Ce sont d'abord les entreprises qui en ont moins besoin. En effet, quand l'activité recule, les entreprises réduisent les stocks,cessent les contrats intérimaires, et ont finalement moins de besoins de trésorerie.


      Cependant, dans une situation de récession, les banques sont également plus prudentes. Elles peuvent refuser de financer la trésorerie d'entreprises fragiles, qui présentent un grand risque de ne pas pouvoir rembourser ce crédit par leur activité. Il y aura toujours un conflit entre entreprises et banquiers sur l'interprétation de ces chiffres.


      Soulignons que le crédit destiné à l'investissement n'a lui jamais baissé. C'est sa croissance qui a diminué.


      Le rapport d'activité du médiateur du crédit confirme cette impression de stabilisation. Le rapport d'activité pour février montre une nette baisse des dossiers sur un an. Le graphique n'est pas facile à lire, mais il semble que le nombre de dossier accepté soit passé d'un peu moins de 1600 en février 2009 à environ 1000 en février 2010. Une forte baisse donc.


      Il n'est pas certain non plus, aujourd'hui, que tous ces dossiers soient dus à la crise. Il y a notamment une augmentation des dossiers concernant des entreprises des secteurs de l'agriculture et de l'agroalimentaire, qui suivent des cycles spécifiques.


      Par ailleurs, les TPE, très petites entreprises, représentent 88% des dossiers en médiation. Ce sont donc les entreprises les plus fragiles qui sollicitent le médiateur. Reste à savoir si les PME ne le sollicite pas parce qu'elles n'en ont pas besoin ou parce que le médiateur n'est pas adapté à leurs besoins. Mais cette démarche de médiation n'en reste pas moins intéressante.

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Le plan européen pour la Grèce

28 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

      Le programme d'aide européen à la Grèce suscite de nombreux commentaires négatifs. Il est dit que cet accord n'est pas une victoire de l'Europe.


      L'Europe a accepté de venir en aide à la Grèce. En posant beaucoup de conditions. D'abord, cette aide ne peut être déclenchée que si la Grèce est dans l'impossibilité totale de se refinancer sur les marchés financiers. Ensuite, cette aide nécessite l'accord unanime des membres de l'eurogroupe, ce qui signifie de facto un droit de veto allemand. Enfin, cette aide éventuelle sera supportée pour un tiers par le FMI.


      Cet accord européen a été présenté comme un échec pour l'Europe, car il fait intervenir un organisme extérieur, le FMI. Il est aussi souligné le temps qu'a mis l'Europe pour s'entendre. Enfin, le manque d'enthousiasme pour aider la Grèce, de l'Allemagne surtout, est présenté comme un manque de solidarité européenne.


       Ce qui est oublié, dans tous ces commentaires, c'est que les européens discutent. Cela paraît naturel. Ce qui est une grande victoire de l'Europe. Reportons nous en 1929: les européens ne discutaient pas. Ce qui semblait également naturel à l'époque. Ces discussions sont une grande victoire de l'Europe. La coopération paraît aujourd'hui naturelle.


       Quant au plan en lui même, largement influencé par l'Allemagne, il ne fait qu'obéir au principe de réalité. L'Europe aurait pu financer la Grèce un temps. Ce qui aurait encouragé une politique laxiste, de la part de la Grèce comme d'autres pays. Au final, l'Europe aurait dû abandonner, et les populations des pays concernés auraient subi des plans de rigueur plus drastique encore que celui nécessaire à la Grèce aujourd'hui: plus on attend, plus le plan est pénible.


      L'euro offre une protection extraordinaire aux pays qui l'ont adopté. Mais il présente un inconvénient: les dirigeants politiques ne peuvent plus se réfugier derrière une dévaluation pour imposer un plan d'austérité. Ils doivent prendre leurs responsabilités.


      C'est le message envoyé par l'Allemagne: les pays doivent prendre leurs responsabilités. Et elle n'a pas tort.


      L'euro est jeune. L'union monétaire est jeune, très jeune. Nous vivons une période d'adaptation. Ne l'oublions pas non plus. Les pays apprennent, et les mécanismes se mettent en place. Ce genre de construction prend du temps. Nous devrons tirer les leçons de cette crise. Nous y gagnerons de l'expérience.


      L'euro est-il menacé? On parle beaucoup d'attaque spéculative contre la monnaie unique. Or, il ne peut pas y avoir d'attaque spéculative. Les financiers peuvent parier à la hausse ou à la baisse. Mais c'est tout. L'euro est une monnaie qui fluctue librement, et la Banque Centrale Européenne n'a pas mandat pour défendre un taux de change.


      Il y avait attaque au temps du serpent monétaire européen. Les monnaies ne devaient pas dépasser un couloir de fluctuation. En clair, elles ne devaient pas augmenter plus qu'un certain pourcentage, 5% par exemple, ni baisser plus que ce même pourcentage. Le grand sport était donc d'attaquer les monnaies pour les faire baisser. Chaque Etat soutenait sa monnaie, jusqu'à ce qu'il soit forcé à la dévaluer, c'est-à-dire à accepter une baisse supérieur au couloir de fluctuation, 5% dans notre exemple.


      Aujourd'hui, l'euro fluctue librement, et aucun pays ne se plaindra s'il tombe à ses plus bas niveau, à 0,80$ pour 1 euro, contre 1,33$ actuellement. Il n'est absolument pas certain qu'il tombe à ces niveaux d'ailleurs. La Grèce est une trop petite économie pour faire tomber l'euro. Et la balance des échanges extérieurs de la monnaie unique n'est pas mauvaise.


      La zone euro est dans une période d'apprentissage. Le cas de la Grèce montre que le moment de vérité arrive toujours à un moment ou à un autre. Un moment où il faut payer pour les excès budgétaires. Ce moment arrivait plus vite avant l'euro. Mais il arrive toujours.


      (Sur le même sujet, cf aussi: Grèce: un retournement monétaire?  )

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La relance de l'inflation

27 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #A contrepied

 

      Certaines voix se font entendre, notamment au FMI, pour relancer l'inflation. Ce qui, selon ces personnes, permettrait d'avoir plus de croissance économique. Ce qui pose la question du lien entre croissance et inflation.


      Si l'inflation est souhaitée, c'est parce que qu'elle favoriserait la croissance. Ainsi, les pays en forte croissance ont souvent une forte inflation. Par exemple, en Chine, en 2008, la croissance a atteint 9%, tandis que l'inflation atteignait 5,9%. En 2009, la croissance était de 8,7%, tandis que l'indice des prix reculait de 0,7%. Mais 2009 était une année particulière, pas forcément significative.


      La lutte contre l'inflation, surtout, serait néfaste pour la croissance. En effet, elle consiste à augmenter les taux d'intérêt, et donc, à ralentir l'économie.


      Il a même été élaboré des modèles macro-économiques montrant une correspondance entre la croissance et l'emploi d'une part, et l'inflation d'autre part. La lutte contre l'inflation se faisait au détriment de l'emploi selon ce modèle.


      Cependant, si l'inflation est ainsi favorable à la croissance, d'où viennent les politiques destinées à lutter contre elle? Ces politiques ont été imposées par la réalité économique. En effet, dans les années 1970 est apparu le phénomène appelé stagflation, caractérisé par une forte inflation et une stagnation économique. Il y avait donc de l'inflation, mais pas de croissance. Ce qui était gênant donc pour la théorie dominante.


      Par ailleurs, l'inflation commençait à devenir incontrôlable. Une inflation trop élevée devient de l'hyperinflation, et là, aucune théorie économique n'y est favorable. L'hyperinflation signifie que ce vous gagnez aujourd'hui ne vaut rien demain. Il faut se dépêcher de dépenser son argent, pour avoir un produit à échanger plus tard. Il n'y a plus d'épargne possible, l'investissement à moyen terme, et a fortiori à long terme devient difficile.


      Les théories classiques de maîtrise sont donc redevenues à la mode, actualisées par les monétaristes et leur représentant le plus connu: Milton Friedman.


      Le choc fut sévère: taux d'intérêt élevé, suppression de nombreux mécanismes d'indexation sur l'inflation, notamment pour les salaires, car ces mécanismes alimentaient l'inflation.


      Depuis, les pays surveille l'inflation, et notamment les pays européens, par l'intermédiaire de la Banque Centrale Européenne.


      Que nous enseigne l'expérience de ces soixante dernières années? Que la croissance peut produire de l'inflation, mais que l'inflation ne produit pas la croissance. C'est ainsi que la Chine Connaît des périodes d'inflation forte, parce que sa croissance est forte. La forte croissance entraîne une augmentation des revenus qui entraîne une inflation.


      Qu'est-ce qu'une inflation provoquée? Et quels seraient ses effets? C'est en fait ce que nous avons connu avec la crise financière. C'est même un remarquable cas d'école. D'abord, l'administration Clinton a permis à deux organismes contrôlés par les pouvoirs publics, Fannie Mae et Freddy Mac, de racheter aux banques des prêts hypothécaires risqués, c'est à dire octoyés à des foyers potentiellement insolvables. L'administration Clinton, de même que celle de W. Bush, ont aussi encouragé les banques à prêteraux plus démunis. La Federal Reserve, la banque centrale américaine, a complété le tableau en maintenant les taux d'intérêt à un niveau très bas.


      Il y a donc eu abondance de crédit offert pour acheter des biens immobiliers, même sans apport et sans un grand contrôle du niveau des ressources, puisqu'il fallait prêter aux plus pauvres. Le résultat a été une envolée des prix de l'immobilier. Ce qui est de l'inflation. Mais une inflation non prise en compte, puisque seule est prise en compte l'inflation des prix à la consommation.


      Aux Etats-Unis, quand la valeur de la maison augmente, il est possible d'obtenir un nouveau prêt hypothécaire, sur la base de de la valeur supplémentaire, même s'il y a déjà un premeir prêt hypothécaire à rembourser. Les américains ont donc emprunter pour consommer. Ce qui a été appelé l'effet richesse: l'augmentation de la richesse patrimoniale permet aux gens d'emprunter pour consommer, ce qui tire la croissance économique.


      Le monde entier a été entraîné par la croissance américaine. D'autres pays ont également joué avec le crédit facile, comme l' Royaume Uni et l'Espagne. En France, il été déporé que l'effet richesse ne joue pas autant, les français s'endettant moins.


      Puis, les américains ont eu des difficultés à rembourser. Et la belle mécanique s'est enrayée, pour aboutir à une crise financière. (Pour une vision globale de la crise, cf Les essentiels sur la crise  ). Nous avons donc là un bel exemple de crise causée par l'inflation, et une inflation provoquée par l'encouragement au crédit.


      Cette crise, et la stagflation, montre d'abord que l'inflation ne peut pas être contrôlée. Il arrive toujours un moment où elle échappe à ses initiateurs.


      La dernière crise financière montre aussi que l'inflation peut se manifester là où elle n'est pas attendue, ou mesurée. Cela faisait des années que l'inflation des prix à la consommation était faible, mais que certains disaient qu'elle s'était réfugiée sur les marchés financiers. En fait, c'était d'abord dans l'immobilier, puis par ricochet dans les marchés financiers.


      Pourquoi, au vu des expériences passées, vouloir relancer l'inflation? Par entêtement idéologique, peut-être. Aucun élément objectif ne justifie cette position.


      D'autant plus qu'il n'est pas besoin d'essayer de relancer l'inflation aujourd'hui: tout est déjà fait pour. En effet, les banques centrales européenne, britannique, et américaine, ont déversé énormément de liquidité dans le circuit financier. La Federal Reserve en particulier, avec les interventions dites non conventionnelles, qui font un peu peur. Pour résumer succinctement, la Fed a prêté directement par divers mécanisme, au lieu de ne prêter qu'aux banques. Pour l'instant, aucune inflation ne semble s'être déclarée, les banques préférant garder leur argent auprès de la Fed justement, et les américains préférant épargner. Mais il serait temps que la situation revienne vite à la normale.


      Pourtant, certains, au FMI notamment, voudraient que ce genre de situation perdure, même une fois la crise passée. Il est évident que ce ne sont pas ces donneurs de leçons qui en paieront le coût, social notamment.


       Pour conclure, signalons le cas du Brésil. Ce pays a connu des années d'hyperinflation. Depuis plusieurs années, c'est la contraire, la banque centrale, et le gouvernement, luttent contre l'inflation. Contre toutes les critiques. Le Brésil connaît aujourd'hui une croissance, et une stabilité économique comme il n'en a pas connue depuis longtemps.


      Mais, surtout, cette lutte contre l'inflation a permis la mise en place d'un programme social d'aide aux plus démunis. Le versement de cette allocation n'aurait en effet pas étét possible sans la lutte contre l'inflation. L'allocation aurait été versée, mais elle aurait perdue toute valeur à cause de l'inflation. Elle aurait commencé par être réévaluée, mais l'inflation augmentant trop, l'indexation aurait été abandonnée. Tandis que dans un contexte de stabilité monétaire, ce genre de politique est possible.


(Pour une définition plus complète de l'inflation, et de son pendant, la déflation, cf: Inflation, déflation: explications et risques.  )

 

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Grèce: un retournement monétaire?

23 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

      La presse se fait l'écho de conditions posées par l'Allemagne à une aide européenne à la Grèce. Berlin demande notamment une discipline budgétaire renforcée au sein de la zone euro. Elle demande aussi de laisser la Grèce emprunter sur les marchés tant qu'elle le peut, pour ne l'aider éventuellement qu'en tout dernier recours. Ce qui est une manière de souligner qu'une aide n'est pas automatique, et ne doit pas servir à diminuer le coût de financement de l'endettement. La Grèce doit assumer, en quelque sorte.


      Si l'Allemagne était suivie dans cette voie, même simplement en partie, ce qui est possible, au moins en partie, cela constituerait une sorte de retournement en matière monétaire. Ces dernier temps, la voix de l'Allemagne n'était pas très écoutée en ce domaine. Aujourd'hui, ce pays profite de la crise pour réaffirmer sa position.


      En effet, avant la crise, la Banque Centrale Européenne était critiquée pour sa politique trop stricte. Au plus fort de la crise, les vannes des déficits ont été ouvertes, au nom de la relance keynésienne. Aujourd'hui, la fête est finie.


      Le message de l'Allemagne est clair: les pays vertueux ne doivent pas payer pour les autres. C'est aussi un signal à l'attention des marchés: un pays peut faire défaut, faites attention quand vous prêtez de l'argent. L'Allemagne refait entendre sa voix.


      Elle demande un renforcement de la gouvernance de la zone euro, comme beaucoup. Mais, alors que cette gouvernance est souvent réclamée pour permettre une relance commune, des investissements coordonnés, l'Allemagne veut l'imposer pour la rigueur.


       L'euro a protégé, et protège encore la Grèce, qui peut encore emprunter grâce à lui. Sans l'euro, la Grèce aurait vu sa monnaie se dévaluer, et un plan de rigueur s'imposer de lui-même. Avec l'euro, c'est un peu plus long à s'imposer. Ce sont les dirigeants politiques qui doivent prendre la responsabilité. Ce qui retarde les décisions, et les rend encore plus douloureuses.


       C'est à cela que sert le pacte de stabilité. Mais, comment contraindre les pays à une bonne gestion? Leur infliger une amende quand ils sont déjà en difficulté?


       L'Allemagne a donc tout intérêt à ce que la situation de la Grèce marque les esprits, même si elle apparaît comme le grand méchant.

 

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L'économie au lycée

23 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

 

      Le gouvernement a décidé d'un enseignement obligatoire d'économie dans les classes de seconde au lycée. L'objectif étant d'améliorer la connaissance des français dans ce domaine, jugée insuffisante. Notamment, la connaissance du monde de l'entreprise et des mécanismes de l'économie de marché.


      L'économie est-elle une matière aussi indispensable à chacun d'entre nous? Nous devons certes nous prononcer en tant qu'électeurs sur des choix de politique économique. Mais, toujours en tant qu'électeurs, nous devons aussi nous prononcer sur la politique éducative, sur la bioéthique, sur les choix en matière de défense nationale, etc. Des choix tous importants. Or, nous ne pouvons pas avoir la connaissance universelle.


      Ce qu'il faut, c'est une tête bien faite, une capacité à raisonner, à peser le pour et le contre, à débattre.


       La raison pour laquelle cet enseignement de l'économie a été institué est que les français aurait une idée fausse de l'économie de marché, qui est plus impopulaire chez nous que dans beaucoup d'autres pays.


      Cependant, n'est-ce pas aux politiciens, à ses défenseurs, de s'interroger sur la manière dont eux-mêmes présentent l'économie de marché? En tout domaine, face aux électeurs, c'est aux politiciens de présenter des arguments. Pour le bon fonctionnement de la démocratie, il importe que le peuple soit instruit et pas trop réceptif au populisme. Ce qui n'implique pas un enseignement obligatoire de l'économie.


      Par contre, l'éducation doit encourager la découverte. Il n'y a pas de raisons de favoriser l'option de l'économie, par rapport à une option "français littéraire" par exemple, philosophie, ou l'étude des textes de Montaigne, Voltaire. Des matières propices au développement de têtes bien faites.


      De plus, les français ont peut-être de l'économie de marché l'image qui leur en est donnée, tout simplement. Les français entendent les dirigeants de grandes entreprises défendre l'économie de marché, en disant qu'il faut laisser faire ces grosses entreprises, celles-là mêmes qui réclament l'aide de l'Etat quand elles sont en difficultés. Ils assimilent donc l'économie de marché à la défense de ce qui est parfois appelé le grand capitalisme, et pas du tout à la défense de l'entrepreneur et de la libre initiative, ni de l'égalité des chances.


      L'enseignement n'est pas en cause dans la perception de l'économie de marché, mais plutôt ceux qui prétendent la défendre, qui en donne souvent une mauvaise image. D'autant qu'elle est l'objet de multiples débats.


      C'est là aussi un problème d'un enseignement obligatoire de l'économie. Cet enseignement est présenté comme une boîte à outils permettant de comprendre l'économie. Or, il n'y a pas de boîte à outils universelle en économie. Il y a des débats. Au sein même des tenants de l'économie de marché, par exemple, les positions keynésiennes et monétaristes sont  différentes (Keynes étant un partisan de l'économie de marché, ne l'oublions pas). Il peut y avoir des points communs entre des théories très différentes aussi. Par exemple, Marx fait partie des classiques, au même titre que Ricardo, dont il aurait été influencé selon Schumpeter.


      En économie, les outils sont subjectifs. Les chiffres sont subjectifs. C'est la première chose qui est enseignée en statistiques: les chiffres ne mesurent que ce qui leur est demandé de mesurer, et selon des critères prédéfinis. Les statistiques sont un construit.


      C'est pourquoi l'idée d'une boîte à outils commune en économie laisse perplexe. Chacun a son opinion dans cette matière. J'ai mon opinion. Il y a des écoles de pensées. Des conceptions communes, et des fossés idéologiques.


      Prêtons nous néanmoins à l'exercice qui consiste à imaginer un programme pour cette enseignement économique, pour ceux qui souhaiteraient le suivre. Posons d'abord deux préambules cependant.


      Premièrement, aujourd'hui, l'option au lycée n'est pas un enseignement en économie, mais un enseignement économique et social. Je ne traiterai que de l'économie, mes connaissances en sociologie étant bien faibles.


      Deuxièmement, un programme scolaire doit tenir compte de l'objectif poursuivi. Par exemple, est-ce un enseignement qui doit préparer à la vie active, ou à l'université? Ce qui sera écrit ici fait abstraction de toutes ces contingences, et doit être pris comme tel.


      L'économie est débat. La principale question étant: qu'est-ce que l'économie? Il faut sensibiliser les élèves à cette interrogation, pour leur montrer la difficulté à situer l'économie, qui se veut une science dur. Il n'est pas nécessaire de s'étendre sur le sujet. Simplement y faire réfléchir les élèves.


      Ensuite, puisque l'économie est débat, il faudrait présenter quelques tendances principales. Je privilégierais une approche historique, qui montre l'évolution de l'appréhension de la valeur. D'abord les physiocrates, qui voyaient la valeur dans la terre, et la production agricole.

      Ensuite les classiques, théoriciens de la valeur travail: Smith, Ricardo, et Marx me paraissent les trois auteurs à étudier. Après, la rupture néoclassique, avec la valeur d'échange, et la représentation de l'équilibre général.


      Puis, les évolutions de cette théorie, avec d'une part le renforcement de l'économie sous forme mathématique, et d'une autre la résistance des autrichiens, qui voient l'économie comme une science humaine, avec notamment la fameuse théorie de l'entrepreneur de Schumpeter. C'est une occasion de montrer qu'il n'y a pas d'unité dans la théorie libérale. Il y a des principes communs.


      Keynes et la synthèse keynésienne doivent bien sûr être abordée, et pour finir le monétarisme de Friedman. Et ce sera largement suffisant!


      C'est beaucoup déjà. Il peut être loisible d'évoquer d'autres auteurs, comme Jean-Baptiste Say, qui peut-être opposé à Keynes. Mais il ne peut s'agir, au lycée, que des grandes lignes.


      Il est important également d'apporter aux élèves quelques notions de statistiques, pour qu'ils apprennent à les interpréter. Toujours leur faire prendre conscience que les chiffres sont un construit en économie, et qu'il faut s'intéresser à ce construit. Ne pas tirer de conclusions hâtives.


      Voici l'essentiel, selon moi, d'une initiation à l'économie. Ce n'est pas ce que voudrait, je pense, les partisans de cet enseignement obligatoire. Ce n'est pas la conception de l'économie comme d'une boîte à outils, ni comme la défense de telle ou telle théorie. Ce n'est pas non plus une présentation de l'économie d'aujourd'hui. C'est la présentation du débat économique, avec l'apprentissage de l'esprit critique, afin de permettre aux élèves de se faire leur opinion sur l'économie, et sur ce qu'elle devrait être.


      C'est, bien entendu, le reflet de ma conception de l'économie comme science humaine.


      C'est aussi un programme très allégé, qui n'est qu'une initiation, dans le cadre de cet enseignement obligatoire pour tous. La filière science éco devrait avoir un enseignement plus riche, bien sûr.


      Finalement, l'économie est plus une étude qu'une science. Elle n'est pas fixée comme les lois de la physique.


      En conclusion, je ne suis peut-être pas doué pour faire un programme de lycée! Le lycée, pour l'économie, la philo aussi, c'est encore la découverte. Le véritable apprentissage, c'est l'université. Et je présente un programme très universitaire, en fait.


 

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Commerce extérieur, balance commerciale

21 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #A contrepied

 

       Le commerce extérieur de la France est déficitaire. Est-ce inquiétant? La réponse la plus courante est affirmative. Pourtant, les choses ne sont pas si simples. D'abord, de quoi parle-t-on? Les échanges extérieurs sont mesurés par différents indicateurs. Ainsi, en France, la balance commerciale concerne les échanges de biens avec l'étranger. L'indicateur des États-Unis donne lui le solde des échanges de biens et de services. Il faut donc faire très attention quand on procède à des comparaisons.


       La balance commerciale n'est qu'une partie des échanges internationaux. Il y a aussi les services, les revenus financiers, les capitaux. L'ensemble constitue la balance des paiements. Voici quelques chiffres provenant de l'OCDE, qui décrivent des soldes de différentes balances des échanges extérieurs. J'ai retenu les chiffres de la France, comparés à ceux de l'Allemagne et du Japon, deux pays développés exportateurs.


balance des paiements par pays


      On peut constater que si l'Allemagne a un excédent commercial, elle a un déficit en ce qui concerne les services. De même, pour le compte financier. Pour la France, c'est l'inverse. Et on constate qu'elle a un solde du compte de capital meilleur que celui de l'Allemagne.


      On remarquera également un tableau intitulé "Erreurs et omissions". Les chiffres de ce tableau représentent le solde des échange extérieurs des pays. Ainsi, pour la France, en 2008, c'est un déficit de 34 milliards d'euros, tandis que pour l'Allemagne, c'est un excédent de 40 milliards. On remarquera que l'excédent de l'Allemagne est bien moins important que l'excédent commercial, qui ne prend en compte que les échanges de biens.


      Pourquoi appelle-t-on ce compte "Erreurs et omissions"? Tout simplement parce que le commerce extérieur est toujours à l'équilibre. Si on trouve un déséquilibre, c'est qu'il y a une erreur ou une omission. Par exemple, un client étranger a accordé un crédit. C'est un flux financier. Mais qui n'est pas forcément facile à détecter. Il y a bien un déficit commercial, mais pas financier puisque de l'argent est entré dans le pays débiteur par le crédit.


      Il faut aussi savoir que les chiffres du commerce extérieur sont faux. En effet, il est déjà difficile de suivre les échanges de biens, de marchandises. Mais, pour les services, c'est impossible. Par exemple, une bonne partie du chiffre d'affaires des grands magasins parisiens provient des visiteurs étrangers. Le montant est difficile à estimer. De même pour les achats des touristes néerlandais qui traversent la France, tractant leur caravane vers l'Espagne. Ou encore, ces anglais qui viennent faire des courses à Sangatte, à la sortie du tunnel sous la Manche.


      Il est très difficile d'estimer les échanges de services, que l'on appelle les invisibles, et tous ceux induits par le tourisme.


      D'autre part, il est d'usage de distinguer la balance des transactions courantes, qui comprend les échanges de biens, de services, ainsi que les transferts de revenus (par exemple, les revenus qu'un immigré envoie à son pays), et la balance des capitaux. Je considère que c'est une erreur. Les capitaux investis sont un achat de savoir faire. Par exemple, France Télécom a un laboratoire en Californie, pour profiter du savoir faire de la Silicon Valley.


      D'autre part, il y a un lien entre les capitaux investis et les échanges de biens. Par exemple, les capitaux investis peuvent servir à acheter des machines dans un autre pays. Ainsi, un pays en développement peut avoir un déficit dans les échanges de biens, parce qu'il est en excédent dans les échanges de capitaux. Les deux se compensent.


      Analyser les échanges extérieurs est donc complexe. Faut-il faire comme l'Allemagne, et rechercher un excédent dans les échanges de biens? Le cas de l'Allemagne est intéressant. C'est un pays qui a un fort excédent dans les échanges de biens, mais un déficit dans les services. Le Japon est dans la même situation. Ce sont, le Japon et l'Allemagne, deux pays qui dépendent fortement de la conjoncture mondiale, leur économie n'ayant pas de ressort propre apparemment.


      Indiquons au passage que la force du commerce extérieur allemand ne provient pas de la faiblesse des salaires. Même si les salariés ont fait des efforts ces dernières années, les rémunérations restent équivalentes à celle de la France. Et sont bien supérieures à celles de la Chine. La modération salariale n'explique pas tout. Les français aussi connaissent la modération salariale du reste.


      Dans un système économique ouvert, pratiquant les changes mobiles, les ajustements se font tout seul. Le commerce, c'est un échange. Si on veut quelque chose produit par un pays étranger, il faut pouvoir l'échanger contre autre chose. C'est un jeu à somme nulle.


      Par conséquent, on ne peut échanger avec un pays étranger que tant qu'on a autre chose à échanger, ou tant qu'on inspire suffisamment confiance pour obtenir un crédit.


      Si un pays n'a plus de quoi échanger, et s'il n'inspire plus confiance, son déficit se résorbe. Puisqu'il ne peut plus rien acheter à l'étranger.


      L'ajustement peut se faire par les monnaies. Un pays qui n'inspire plus confiance voit sa monnaie baisser. Les importations sont plus chères, donc il achète moins à l'étranger. Le pouvoir d'achat des habitants de ce pays diminue aussi. Le pays connait une augmentation des prix: de l'inflation importée.


      Évidemment, avec l'euro, la situation est plus difficile à examiner.


      Un pays exportateur peut être en fait dépendant de ses acheteurs, comme l'Allemagne. Même la Chine commence à se demander si elle n'est pas trop dépendante des USA. Elle a d'énormes réserves en dollars, qui se dévaloriseront si la valeur du dollar diminue. Elle est forcé d'en placer une partie sur le marché américain, ce qui lui a fait acheter des titres subprimes par exemple. La Chine milite pour que le dollar ne soit plus une monnaie de référence, pour se libérer de sa dépendance. Mais cela ne se décrète pas.


      Ajoutons que le dynamisme de la Chine ne vient pas uniquement des exportations. Bien sûr, ce pays est l'atelier du monde. Mais c'est aussi un pays en plein développement. Toutes les grandes entreprises s'y précipitent pour s'y installer. Les investissements dans ce pays sont très importants.


       L'idée qu'un pays doit exporter plus qu'il n'importe date des théories mercantilistes. On en est revenu depuis. Le dynamisme d'une économie ne dépend pas forcément des exportations, comme le montre la situation de l'Allemagne et du Japon. Ces deux pays ne sont pas très dynamiques, en particulier le Japon,et sont très dépendants de l'extérieur.


      A contrario, les USA sont en déficit commercial. Mais leur économie mène le monde. Et les capitaux affluent vers ce pays. A la fois les investissements dans des entreprises. Mais aussi, dans les emprunts d'Etat. Parce que l'économie des USA est dynamique.


      L'analyse des échanges extérieurs est donc très complexe. On en revient finalement toujours à la même problématique. Une économie est forte quand elle est dynamique par elle même. Dépendre des échanges extérieurs n'est pas bon. Le modèle allemand n'est donc pas à copier. Le modèle américain, d'avant les subprimes, et uniquement le modèle économique, pas le modèle fiscal, ni le modèle social de discrimination, mais le modèle de capital risque basé sur l'innovation, est meilleur.


       En conclusion, c'était juste quelques réflexions sur les échanges extérieurs. On a tendance à adopter les conceptions mercantilistes selon lesquelles il faut avoir un excédent des échanges de biens. La réalité n'est pas si simple. Et les commentaires des médias pas forcément pertinents. Ainsi, l'Allemagne a un excédent des échanges de biens très important, alors que la France a un déficit. Mais le solde des échanges extérieur montre une différence moindre. Et le pays qui mène le monde n'est pas un pays qui a un excédent.

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Déficit public: les limites, et comment il sera réduit.

18 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      Les inquiétudes portent aujourd'hui sur le déficit de la France. Celui-ci atteint en effet près de 8% en 2009, un taux sans précédent en temps de paix. Surtout, l'endettement public est monté à près de 80%, et il augmente encore. Comment cela va-t-il finir? Peut-on augmenter ce déficit indéfiniment, va-t-on connaître une relance grâce à ces dépenses, ou va-t-on connaître le sort de la Grêce, obligée à un plan de rigueur sous peine de ne plus pouvoir se financer.


      Pour la relance, il semble que ce soit raté. Avec ce fort déficit, la France a quand même connu sa plus forte récession depuis l'après guerre. Par ailleurs, les expérience des années 1970 ont enterré les espoirs de relance par les déficits. L'expérience japonaise a aussi de quoi refroidir, puisque 10 ans, ou plus, de déficits n'ont pas relancé l'économie. Aujourd'hui, il est plus question de soutien à l'économie, en attendant la reprise, que de relance pour provoquer la reprise.


      Cette reprise arrivera-t-elle assez vite pour résorber les déficits? Nouveau problème, cela fait plus de trente ans maintenant que l'on attend une reprise suffisante pour faire disparaître les déficits. En effet, même en période de croissance, la France reste en déficit. Celui-ci n'est plus conjoncturel, c'est-à-dire causé par la récession, mais structurel.


      Jusqu'où peuvent monter les déficits? La bonne question serait plutôt: jusqu'où peut monter l'endettement. En effet, un état peut être en déficit tant qu'il peut emprunter. Quand la confiance faiblit, arrive le moment où il ne peut plus emprunter, ou à des taux très élevés.


      Ce moment arrive très brusquement. C'est le problème de la confiance. Elle peut disparaître du jour au lendemain, avec peu de signes annonciateurs. Ainsi, le problème de la Grêce vient de la découverte que ses comptes étaient faux, et son déficit sous évalué.


      Les limites de l'endettement dépendent de la confiance, il n'y a donc pas de règle absolue. Au Japon, l'endettement atteint 180% du PIB. Sans problème de financement. Car les japonais achètent de la dette du pays. Peut-être par patriotisme. Les pays de la zone euro disposent d'une vaste zone pour acheter leur dette. Et l'euro est aussi une monnaie de réserve pour d'autres pays. Encore mieux pour la dette américaine. Il y a donc une grande capacité d'endettement.


      Cependant, mieux vaut ne pas tester les limites. D'abord, comme je l'ai déjà écrit, la confiance se perd très vite. Il suffit d'une mauvaise nouvelle inattendue pour créer des tensions.


      D'autre part, la dette a un coût. Il faut notamment payer les intérêts. Le service de la dette représente ainsi un des plus importants poste budgétaire du pays. A fin 2009, il représentait 13% du budget de l'Etat. A titre de comparaison, l'Éducation Nationale représente 20% du budget de l'Etat. C'est donc un poids grandissant, une contrainte très forte.


      Faut-il atteindre un déficit nul, voire un excédent budgétaire, ou se satisfaire d'un déficit faible? Par exemple, si l'endettement évolue au même rythme que le PIB, le ratio d'endettement, en pourcentage du PIB, ne bouge pas. Le problème, c'est que cela équivaut à vivre à crédit. Et chaque ralentissement économique augmente le ratio d'endettement, tandis que les périodes de croissance ne permettent pas de diminuer le ratio d'endettement, mais seulement de le stabiliser. Il y a donc un effet cliquet, qui empêche le désendettement.


      La baisse des déficits finit donc toujours par s'imposer. La France le sait bien. C'est quand même un gouvernement socialo-communiste qui a imposé à la France un des plans de rigueur les plus drastiques que le pays ait jamais connu. Il y a aussi eu celui de Juppé, sous le premier mandat de Jacques Chirac.


      Quelle forme va prendre la réduction des déficits en France? Il est peu probable qu'il y ait un grand plan d'assainissement, alors que des élections se profilent en 2012. Nous entrons bientôt en période électorale, une vraie période électorale, qui n'a rien à voir avec les régionales. Il est trop tard politiquement pour un véritable plan d'assainissement.


      Le gouvernement attend d'abord une baisse du déficit grâce à l'arrêt des mesures de soutien à l'économie. L'arrêt de la prime à la casse, par exemple, procurera une économie. Cependant, ces mesures de soutien sont toujours difficiles à interrompre. Ainsi, le gouvernement a maintenu en 2010 le remboursement anticipé des crédits impôt recherche. Qu'en sera-t-il des mesures en faveur du chômage partiel? D'autre part, il a aussi lancé un grand emprunt.


      Le gouvernement attend aussi de meilleures rentrées fiscales, de l'impôt sur les sociétés par exemple. On peut l'espérer, en effet, même si le niveau antérieur à la crise devrait mettre du temps à être atteint.


      Des économies seront trouvées par-ci par là, par les dé-remboursements de médicaments, ou de soins par exemple. Il y a aussi la règle de non remplacement d'un fonctionnaire d'État sur deux (fonctionnaire d'État seulement), malgré les critiques de la Cour des Comptes. Celles-ci critique le caractère purement comptable de cette règle, qui ne part pas d'une réflexion sur l'organisation des services publics.


      Il y aura, bien sûr, des hausses d'impôt. Sporadiquement, le gouvernement s'interroge sur les niches fiscales, par exemple. Mais les hausses viendront essentiellement des impôts locaux. Il y a en effet de nombreuses prérogatives qui relèvent des élus locaux. Les écoles, collèges et lycées, l'allocation dépendance, le RMI, les personnels hors enseignants des écoles, collèges et lycées, certaines routes, les trains, les crèches. Sans compter que les élus locaux peuvent aussi intervenir hors de leurs domaines réservés, comme le logement, la police, avec la police municipale.


      Gauche et droite ont délégué au local beaucoup de tâches au final. Or, les collectivités territoriales n'ont pas le droit d'être en déficit, du moins pour les dépenses de fonctionnement. D'autre part, les prochaines élections auront lieu dans quatre ans. Il y aura donc une augmentation des impôts locaux en 2011.


      On peut ajouter la création de nouvelles taxes. La taxe carbone semble sur la sellette. Mais on parle d'une taxe pour financer le grand Paris. L'écologie pourra être aussi une occasion de créer des taxes.


      La grande interrogation, c'est après 2012: y aura-t-il un plan d'assainissement? mais nous entrons là dans la politique fiction.


      Continuons néanmoins dans la fiction. Que pourrait-on faire pour assainir les finances publiques? Tout simplement réfléchir à une meilleures gestion. Aujourd'hui s'opposent ceux qui veulent une réduction des dépenses, et ceux qui veulent une amélioration des services publics. Mais personne ne cherche à organiser un bon service public, en maitrisant les dépenses. Personne ne recherche une bonne organisation publique, qui permettrait d'offrir aux gens le service qu'ils attendent de l'État, tout en maîtrisant les dépenses. D'un côté, on est obnubilé par le déficit, et on ne raisonne qu'en terme de grands équilibre. Et, de l'autre côté, on considère que toute réflexion sur l'efficacité de la dépense publique est une atteinte au service public.


      Au final, historiquement, ça donne un plan de rigueur, et ce ne sont pas les plus riches qui en souffrent.


 

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Le Smic à 1 343 euros net: c'est possible

12 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #A contrepied


      Pour augmenter la croissance, une solution est d'augmenter la demande. Pour augmenter la demande, la meilleure solution est d'augmenter les bas salaires. En effet, une large part de cette augmentation serait dépensée, et non épargnée. Et celle qui est épargnée finirait par être dépensée, pour 'achat d'une voiture par exemple. Toutes les études montrent que les gens qui gagnent peu dépensent une part importante de leur revenu. Ce qui est logique: ils n'ont pas trop les moyens d'épargner. D'autre part, quand le revenu augmente, la consommation évolue, en s'enrichissant en services par exemple.


      Cependant, décréter une augmentation importante du SMIC causerait quelques problèmes à beaucoup d'entreprises, en particulier les PME. Si par exemple on passe d'un SMIC net de 1 055 euros à 1 343 euros, cela représente une augmentation de 27%, difficile à encaisser pour beaucoup d'entreprises.


      Mais d'où viennent ces chiffres si précis: 1 055 et 1343? Le premier est le montant du SMIC net au premier janvier 2010, le second le SMIC brut. Il y a 288 euros de différence, qui correspondent à des cotisations sociales. D'où mon idée, un peu folle: faire passer le montant du SMIC net à 1 343 euros, en créant une franchise de 288 euros de cotisations sociales. Ce qui serait indolore pour les entreprises.


      L'idée est en fait tout bêtement d'appliquer aux cotisations sociales un peu de la progressivité qui est la règle pour l'impôt sur le revenu. Mais, bien sûr, se pose le problème du financement d'une telle mesure.


      Tout d'abord, notons qu'une telle franchise s'appliquerait à tous les salariés. Qu'ils gagnent le SMIC ou beaucoup plus, ils verraient leurs revenus augmenter de 288 euros. Ce qui signifie des impôts supplémentaires. Ou encore, on pourrait créer une nouvelle tranche de cotisation sociale, pour les hauts revenus, qui compenserait en partie cette augmentation.


      D'autre part, l'augmentation du SMIC entraînera une hausse de la consommation, et donc de la TVA. On pourrait même augmenter d'un point le taux de TVA.


      Enfin, il y a toutes ces niches fiscales, qui n'apportent rien, et qui pourraient être supprimées et remplacées par la progressivité des cotisations sociales. Après tout, ne serait-ce pas démocratique de remplacer ces niches fiscales, qui profitent à quelques uns, et pas les plus défavorisés, par une mesure qui profiterait aux bas salaires, et à la croissance?


      Comme on le voit, il y a bien des solutions. Après tout, on a bien réussi à accorder des réductions de charges sociales aux employeurs, pourquoi pas aux salariés?


      Je précise par ailleurs que cette franchise devrait être proratisée pour les temps partiels. Il ne s'agit pas d'encourager les entreprises à embaucher à temps partiel, au contraire. Je milite pour un renforcement des droits des salariés. Par exemple, le SMIC s'appliquerait au temps partiel à horaire fixe uniquement. Si les horaires sont flexibles, le salaire minimum serait le SMIC majoré de 25%.


      Ce qui serait tout à fait normal. Un employé qui a des horaires flexibles peut moins facilement avoir un autre emploi, ou moins facilement s'occuper de ses enfants, par exemple. De plus, la flexibilité est un avantage pour l'entreprise.


       Nous sommes dans une époque de chômage de masse. Donc, l'employeur est en position de force. Ce qui pose problème, c'est que les emplois stables à temps complets sont favorables à la croissance. Il faut donc que l'Etat crée les conditions nécessaires à cette croissance, en créant des conditions défavorables au temps partiel contraint.


      Enfin, le temps de travail à temps plein pourrait aller jusqu'à 40 heures par semaine. Là encore, pour favoriser le revenu, et donc la croissance. On nous parle de relance par la consommation. Pourquoi faire les 35 heures alors? Je parle de 40 heures payées 40 heures, bien sûr, et non de 40 heures payées 35. Il est important d'avoir un revenu mensuel assuré, plutôt que de compter sur les heures supplémentaires. Cette stabilité favorise la croissance.


       On pourrait rétorquer que certains, qui préféreraient travailler 35 heures, seraient forcer de travailler 40 heures. Mais a-t-on demandé l'avis des salariés quand on a imposé les 35 heures, avec la modération salariale? Alors que tous les sondages de l'époque montraient que les salariés n'attendaient pas une réduction du temps de travail, mais une augmentation du pouvoir d'achat. Là, au moins , ils auraient le choix.


       On peut imaginer des 35 heures de droit pour les salariés âgés, et ceux qui ont des enfants. Mais j'estime juste de laisser les salariés choisir.


      Enfin, les heures complémentaires, pour les salariés à moins de 35 heures, seraient majorées de 25% dès la première minute. Pour les salariés à temps plein, on peut imaginer, même si je n'y suis pas favorable, des heures supplémentaires majorées seulement de 12,5%, dans la limite de 4 par mois par exemple. Et 25 % au-delà. Cela pour favoriser l'emploi à temps plein, et donc la demande, et donc la croissance.


       Bien sûr, les CDD et autre contrats intérimaires doivent voir leurs cotisations patronales augmenter, pour compenser la précarité, les allocations chômage versées plus souvent par l'État, et l'avantage fourni par ce régime aux entreprises. (Il existe déjà un mécanisme de ce type pour l'intérim si je me souviens bien). N'oublions pas que dans une économie libérale, il est juste de payer pour ce qu'on reçoit. Les entreprises profitent de la flexibilité, des CDD, de l'intérim, elles doivent donc payer.


      Les habitués de ce blog savent que je suis un libéral. Un libéral qui proteste contre tous ceux qui se disent libéraux, mais qui demandent toujours plus de l'Etat et de la législation, ce qui est anti-libéral.


      Le stabilité de l'emploi est un gage de croissance. De même qu'un niveau correct de rémunération. On fait ainsi d'une pierre deux coups: progrès économique, et progrès social.


       Ce que je propose ici n'est pas un remède miracle. Je ne propose qu'un moyen d'améliorer un peu la croissance, en même temps que la situation des bas salaires, et des travailleurs précaires. Ce n'est pas le grand soir. Une politique économique doit agir sur plusieurs facteurs. Le niveau des bas salaires, et la stabilité de l'emploi des salariés en font partie. Mais demander une hausse des salaires ne constitue pas une politique économique. Il y a la politique d'innovation, de renouvellement du tissu économique, de formation, etc. Je me garde d'être trop simpliste et populiste.


       Maintenant, ce que je propose est peut-être irréaliste. Peut-être guidé par ce que j'ai vécu quand je gagnais un peu plus que le SMIC, quand j'ai débarqué en région parisienne, cette région où les loyers sont si élevés! Ce n'est pas facile de vivre avec un SMIC. Je le sais. Ce n'est pas facile de vivre dans la précarité, dans le temps partiel subi. Je ne l'ai pas vécu, ça, et je n'en ai pas envie. Il y a tant de gens qui souhaitent travailler, pour vivre dignement. L'économiste se doit de répondre à ces aspirations humaines, plutôt que de se cloîtrer dans des équations. Et de s'étonner ensuite de la percée des populismes en tout genre.

      Ce que j'écris ici n'est qu'une idée. Mais je la crois réaliste, et répondant aux aspirations des gens, ainsi que conforme au libéralisme.

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Politique industrielle

10 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #A contrepied

 

      La politique industrielle a été un sujet médiatisée ces derniers temps. Il a été décidé de la relancer. Le pays qui est montré en exemple est l'Allemagne, qui a maintenu la part de sa production industrielle dans son PIB, contrairement à la France. L'Allemagne a également une balance commerciale excédentaire, contrairement à la France à nouveau.


      Cependant, ce raisonnement rencontre quelques objections. Ainsi, le PIB a régressé en Allemagne de 5% en 2009, contre une baisse de 2,9 en France. Le PIB de l'Allemagne est très dépendant de la conjoncture internationale, plus que celui de la France.


      De plus, nous sommes dans l'ère de l'immatériel. Le PIB des économies développées est de plus en plus composé de services. Ceux-ci représentent 75% de la valeur ajoutée en France en 2007, contre 17,2% pour l'industrie.


      Ajoutons que la balance des services, c'est-àdire le solde des échanges de services, est excédentaire en France, contrairement à l'Allemagne.

     Bien sûr, en Allemagne, la part de l'industrie est plus importante. Elle représentait 28% du PIB en 2006 d'après les chiffres les plus récents que j'ai pu récupérer. Ce qui donne un ordre de grandeur par rapport à la France. Cependant, les services sont largement dominants, représentant en 2006 70% du PIB.


      Il faut aussi souligner qu'aux Etats-Unis, la part de l'industrie est de 17% environ. Or, les Etats-Unis sont l'économie la plus puissante, qui domine le monde.


      Par conséquent, on peut constater que l'industrie n'est pas gage de puisance économique. Elle rend de plus un pays comme l'Allemagne très dépendante de la demande extérieure. Alors que c'est le monde qui dépend des Etats-Unis.


      La politique industrielle a donné des résultats dans le passé, pourra-t-on objecter. L'industrie française résulte il est vrai de l'action de l'Etat, depuis les manufacture jusqu'aux télécoms. Cependant, c'était l'ère industrielle. L'époque où l'industrie était le moteur de l'économie. Où de grandes entreprises tiraient l'économie.


      Aujourd'hui, cette ère est révolue, depuis longtemps. Nous sommes entrées dans l'économie des services, la troisième vague selon la terminologie d'Alvin Toffler. De plus, aujourd'hui, les grands groupes industriels recherchent la croissance dans les pays émergents. Par nécessité: ces pays sont à un stade de développement qui est encore proche de l'ère industrielle, et qui est un terrain idéal pour ces groupes. Par conséquent, ils ne créeront que peu d'emplois en France.


      Ce qu'il faut, c'est faire la même politique, c'est-à-dire favoriser le modèle qui fonctionne, qui marche, avec le plus grand pragmatisme. Mais quel est le modèle efficace aujourd'hui? Là est la difficulté.


      Aujourd'hui, ce n'est pas une industrie qui tire la demande. Nous sommes à une époque ou tout va très vite, des entreprises pouvant grandir très rapidement, et d'autres décliner. Mais, surtout, nous sommes dans le magma originel, nous sommes à la fin d'une ère, l'ère industrielle, de la consommation de masse, et au début d'une nouvelle, que nous ne connaissons pas. Nous pouvons en avoir une idée, mais rien de démontrable.


      Par contre, il existe un modèle de développement, qui a fait ses preuves, dans cette période de transformation. C'est le modèle de capital risque-capital développement à l'américaine, que j'ai déjà décrit dans l'article La relance, l'innovation, capital risque et capital développement  . En effet, avant de se fourvoyer dans la relance par le crédit, les Etats-Unis ont développé un modèle efficace de transformation de l'économie. Ce modèle est basé sur l'innovation, la relation entre l'entreprise et la recherche, la création d'entreprise, et surtout le développement de l'entreprise. On se reportera à l'article cité ci-dessus pour l'explicitation du modèle. Répétons qu'il s'agit de répéter la méthode qui a fait le succès de la politique industrielle française: s'inspirer du modèle qui marche.


      C'est aussi un principe libéral. Le modèle le plus efficace se développe par imitation. La politique industrielle française ne fait qu'appliquer ce principe.


      Remarquons que ce modèle rejoint certaines préoccupation de la nouvelle politique industrielle: il faut développer les PME. Même si j'ai des doutes quant à la volonté du gouvernement à cesser d'obéir aux desiderata des grands groupes. En effet, jusqu'à présent, le gouvernement, les gouvernements même, ont favorisé les grands groupes, comme on l'a vu avec la prime à la casse par exemple, et les TPE. Alors que ce sont les PME qui créent de l'emploi.


      Il faut laisser émerger de nouvelles entreprises. On peut aussi tenter de discerner l'évolution économique pour aider les entreprises existantes à s'adapter. Par exemple, on distingue aujourd'hui une nécessité de plus différencier les produits, entre d'un côté le low cost, et d'un autre côté les produits qui présentent un "plus", que les gens acceptent de payer plus chers. Des produits terroirs par exemple. Parfois, le réseau de distribution est important.


      Une politique de développement économique suppose aussi des choix. Actuellement, les mesures économiques partent dans tous les sens. Pour être efficace, une politique économique suppose d'être claire. Par exemple, il faut supprimer tous les avantages fiscaux autres que ceux qui favorisent le développement des PME. C'est-à-dire supprimer l'assurance vie, et le PEA. Bien sûr, d'autres impératifs peuvent justifier le maintien de certains dispositifs. Je pense à l'épargne logement, et au livret A notamment, ce dernier étant un élément important de la bancarisation et de l'épargne des plus défavorisés.


      On peut imaginer, par exemple, de supprimer le crédit impôt recherche, qui profite essentiellement aux grands groupes. On pourrait distribuer les mêmes montants, mais pour financer des projets menés en coopération avec des universités. Par exemple, la moitié des recherches seraient financées par l'Etat.


      Ainsi, on ferait coup double. On pourrait favoriser la recherche à destination des PME. Et on favoriserait la recherche française. En effet, dans sa configuration actuelle, le crédit d'impôt recherche concerne aussi des dépenses de recherche effectuées dans la Communauté européenne. Tandis que le dispositif que je préconise serait réservé à la France, en conformité avec la législation européenne.


      On renforcerait les liens entre la recherche et l'entreprise, en créant un effet cluster. Un cluster qui pourra se développer par lui même.


      On renforcerait les liens entre l'université et les entreprises, ce qui faciliterait l'insertion des étudiants dans le monde professionnel.


      Telle devrait être la nouvelle politique industrielle, moderne, conforme au monde contemporain. Malheureusement, on veut plutôt appliquer les conceptions du passé.

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