Analyse Libérale

L'inflation pour sortir de la crise?

29 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     Certains émettent l'idée qu'un peu d'inflation serait nécessaire pour sortir de la crise actuelle, et relancer l'économie. Jacques Delors vient à nouveau de s'en faire l'écho récemment, notamment dans le quotidien Le Monde. d'où vient cette idée?


     D'abord, l'inflation favoriserait la croissance. En fait, c'est surtout la lutte contre l'inflation qui briderait la croissance. En effet, ce qui favorise la croissance, selon cette théorie, ce sont des taux d'intérêt faible. Des taux faibles signifie que les entreprises et les particuliers peuvent facilement emprunter. Donc l'investissement et la consommation augmentent, donc la croissance augmente. Mais l'inflation augmente aussi généralement. Il faut accepter cette inflation. Car, pour la diminuer, il faudrait augmenter les taux d'intérêt, ce qui ralentirait la croissance.


     Ensuite, l'inflation permettrait d'éponger le déficit de l'Etat. En effet, l'Etat s'endette en émettant des obligations. Celles-ci rapportent à ceux qui les achètent un revenu, les intérêts. Et elles sont remboursés au bout de 5 ans, dix ans, ou plus. Si l'inflation est forte, le revenu que sert ces obligation ne vaut plus grand chose. Et le remboursement, des années plus tard, non plus. On dit donc que l'endettement de l'Etat diminue.


     Or, la relance suppose une forte augmentation de l'Etat. L'inflation allégerait le remboursement.


      On remarque que ce raisonnement suppose que les revenus de l'Etat augmente au moins autant que l'inflation. Sinon, inflation ou pas, les remboursements ne seront pas allégés pour l'Etat par rapport à son budget général. Le raisonnement est en effet lié à la première partie et à la relance. L'Etat s'endette pour relancer l'économie. Les taux sont maintenus bas pour favoriser la croissance, même si l'inflation augmente. Et cette inflation éponge en partie la dette de l'Etat.


     Par contre, si l'Etat doit à nouveau s'endetter, il devra le faire au prix fort, car les investisseurs anticiperont l'inflation.


     Là où le bât baisse dans ce raisonnement, c'est que ce genre de politique a déjà été mis en œuvre. Dans les années 70, pour faire face à la crise économique, déjà. On a eu l'inflation. Mais pas la croissance. On a eu la stagflation: c'est-à-dire une stagnation économique, et de l'inflation.


     L'inflation s'est donc développée sans favoriser la croissance. Il a fallu la combattre car elle menaçait de mener à l'hyperinflation. On a donc augmenté les taux d'intérêt, et mis en place des plans de rigueur. On a abandonné les politiques de relance pour ce qu'on a appelé des politiques structurelles. En clair, on a décidé de laisser l'économie se restructurer, plus ou moins brutalement, sans chercher à la relancer (cf les articles Réflexions sur la relance, l'interventionnisme et le retour de l'Etat dans l'économie. , La relance de l'économie .)


     Ces plans de rigueur et ces politiques structurelles ont été plutôt douloureux pour les populations. Et les politiques de relance sont tombées en disgrâce.


     On notera également que les politiques de lutte contre l'inflation n'ont pas été menée par idéologie. Mais ont été forcée par la situation économique.


     On peut aussi souligner que l'inflation ne se commande pas et ne se maîtrise pas. la politique menée actuellement est déjà inflationniste, en théorie, puisque les taux d'intérêt sont bas, et que les déficits publics se creusent. Ensuite, si on laisse à nouveau l'inflation se développer, jusqu'à quel niveau faut-il la laisser augmenter? les politiques des années 60 et 70 ont été qualifiée de srop and go. car on laissait les déficits se développer, aindsi que l'inflation, ce qui favorisait la croissance. Puis, il fallait rétablir l'équilibre budgétaire, ce qui ralentissait la croissance.


     Va-t-on jouer le même jeu avec l'inflation: la laisser se développer, puis lutter contre elle, puis la laisser se développer? peut-on seulement la réguler aussi simplement? il a fallu des taux d'intérêt très élevés pour la combattre, dans les années 80.


     Pourquoi ressortir alors ces théories inflationnistes? Il y a là peut-être un esprit de revanche. Les néo-keynésiens veulent revenir dans la partie. Il y a peut-être une incapacité à se remettre en question. Ou encore, une incapacités, ou un refus, des économistes de tous bords à sortir de leurs modèles théoriques, peaufinés par le temps, et de se coltiner à la réalité. Certaines écoles de pensée sont tellement fortes qu'elles étouffent toute idée originale.


     Il faut reconnaître qu'assez peu d'outils de politique économique ont été développé ces dernières années. C'est pourquoi on en revient au néo-keynésianisme, ou à tout ce qui s'en approche vaguement, à toutes sortes de politiques interventionnistes, mêmes si elles ont échoué précédemment.


     Cette absence de remise en cause, de réflexion est un peu effrayante. On essaie d'appliquer des modèles, des théories, sans les adapter à la réalité, sans les faire évoluer.


     Pourtant, ce qui s'est passé ces dernières décennies force à se questionner sur la politique économique. Manifestement, les théories actuelles sont insuffisantes. Les théories se réclamant de Keynes offrent une boîte à outils pour les crises, mais ont échoué face à la dernière crise économique. Et leur rôles dans la crise de 1929 est sujet à débat.


     De leur côté, les libéraux néo-classiques ont développé peu d'outils de politique économique pour favoriser la croissance, finalement.


     Quant aux marxistes, leurs théories ont mené à des catastrophes économiques, sociales, et même écologiques.


      Les théories économiques sont devenues trop abstraites. Néo-keynésiens et néo-classiques recherchent le modèle mathématiques parfait. Alors que nous avons plutôt besoin d'une réflexion concrète de politique économique. Mais nous entrons là dans un vieux débat. L'économie revendique le statut de science dure, comme les mathématiques, et veut définir des lois universelles, comme en physique. Alors qu'elle est science humaine, et qu'on attend d'elle des solutions, pas forcément parfaite, ni mathématiques, en termes de politique économique.




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Faut-il augmenter les impôts des riches?

29 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

Faut-il augmenter les impôts des riches?


     La question a été évoquée récemment, d'augmenter les impôts des plus riches, par solidarité dans la crise financière. Une taxation supplémentaire exceptionnelle était proposée. C'est Pierre Méhaignerie, membre du parti majoritaire, qui a fait cette suggestion. Il est vrai que la crise promet de creuser les déficit. De même, régulièrement le bouclier fiscal, qui limite le taux d'imposition à 50% des revenus, est critiqué.


     Ce débat ne me paraît pas pertinent. Le taux marginal d'imposition le plus élevé en France est quand même de 40%, et ceux qui bénéficient du bouclier fiscal sont imposés sur 50% de leurs revenus. Ce qui ne sont pas des taux excessivement bas.


     Déjà, ces deux taux montrent que le débat sur la fiscalité est plus complexe. Quel est le taux maximum d'imposition? 40% ou 50%?


     Rappelons que le taux marginal d'imposition sur le revenu est de 40%. Le revenu annuel d'un foyer est ainsi découpé en tranche. Par exemple, prenons quelqu'un qui gagne 100 000 € par an. Son revenu imposable, déduction faite des 10% de frais, est de 90 000 €. Il est découpé en cinq tranches.


     Une tranche de 0 € à 5 852 €, pour laquelle il na paie pas d'impôt. Une autre de 5 852 € à 11 673 € pour laquelle il versera 5,5% à l'Etat. Une autre entre 11 673 € et 25 926 € pour laquelle il versera 14% à l'Etat. Une quatrième de 25 926 € à 69 505 € pour laquelle il versera 30%. Et enfin une cinquième de 69 505 € à 90 000 € pour laquelle il versera 40 % à l'Etat.


     D'où le terme de taux marginal d'imposition, qui correspond au taux de la dernière tranche d'imposition à laquelle le contribuable est imposé. Ici, ce taux marginal est de 40%. . On constate que cette personne ne verse pas 40 % de ses 100 000 €, c'est-à-dire 40 000€ à l'Etat. Elle verse:

5,5%x(11 673-5 852)+14%x(25 926-11 673)+30%x(69 505-25 926)

+40%x(100 000-69 505)=23 =23 587 €

Soit un taux d'imposition de 23,59% du total des revenus. Ce qui est loin de 40%.


     Si le contribuable avait gagné un revenu de 30 000 €, son taux marginal aurait été de 30%. Ce qui ne signifie pas que ses revenus auraient été taxé à 30%, mais seulement la partie comprise entre 25 926 € et 30 000 €.


     Plus le revenu augmente, plus on se rapproche de 40%. Ainsi quelqu'un qui a un revenu imposable d'un million d'euros paiera 382 030 € d'impôts, soit 38,2 %.


     Il y a d'autres impôts, qui ne dépendent pas du revenu, qui s'ajoutent à l'impôt sur le revenu. Comme les impôts locaux par exemple. On peut avoir de faibles revenus et payer des impôts locaux élevés par rapport à ces revenus. La hausse de l'immobilier a aussi rendu imposables à l'ISF des gens qui n'ont pas forcément des revenus élevés. Des retraités qui ont vu la maison qu'ils occupent depuis 40 ans atteindre un prix astronomique par exemple.


     Le résultat est que ceux qui bénéficient du bouclier fiscal ne sont pas forcément des gens qui paient beaucoup d'impôts, ni ceux qui ont les plus hauts revenus. Et que le taux d'imposition ne dépend pas forcément des revenus. Ainsi, on peut très bien être imposé à 50% de ses revenus et ne pas faire partie des plus hauts revenus du pays (sans être pauvre non plus, ne tombons pas dans un faux cliché). On peut gagner 100 000€ en étant moins imposé. Ou encore, quand même, gagner de hauts revenus et être fortement imposé.


     Il y a encore d'autres subtilités. Il y a ainsi divers moyens de diminuer son impôt sur le revenu, quand on atteint les tranches supérieures. Des achats immobiliers permettent par exemple de diminuer ses impôts, soit grâce à des avantages fiscaux, soit grâce au mécanisme du déficit foncier. Il y a toutes les niches fiscales. Des crédits d'impôt. Il y a les PEA, l'assurance vie. A nouveau, cela rend les taux réels d'imposition très disparates. Ces dispositifs sont évidemment d'autant plus utiles que le revenu est élevé.


     Il faut aussi noter que les plus hauts revenus sont les revenus mobiliers: dividendes, plus-values boursières, ou hors bourse. Ces revenus mobiliers sont soumis à une fiscalité particulière. Ainsi, les dividendes sont imposés à l'impôt sur le revenu après une déduction de 40%. Concrètement, si quelqu'un reçoit un million d'euros de dividendes, il paie ses impôts sur 60% de ces dividendes. Il y a une déduction de 40% donc. C'est un système qui a pris le relai de l'avoir fiscal, qui représentait à peu près le même avantage fiscal, et qui existait depuis assez longtemps.


     En ce qui concerne les placements à revenus fixes, comme les intérêts d'un compte sur livret, les revenus d'obligations, ceux-ci peuvent être imposés au prélèvement libératoire de 16%, quel que soit le montant. (19% en 2001)


     De même, les plus values réalisées en cas de cession de titres mobiliers, c'est-à-dire en cas de ventes d'actions, d'obligations par exemple, sont imposées à 16%.


     (Les dividendes, les revenus fixes de capitaux mobiliers, les plus values, sont soumis, dans leur totalité, à des prélèvements sociaux de 12,1% (si je suis à jour dans les taux). Et, généralement, on calcule leur taux d'imposition en rajoutant ces prélèvements. Cependant, les salaires sont eux aussi soumis à des prélèvements sociaux de tous ordres, entre ce qui est versé directement par l'entreprise, et ce qui est prélevé sur le salaire brut. Mais on ne calcule pas un taux d'imposition en  intégrant ces prélèvements. C'est pourquoi, pour une base de comparaison correcte, je n'intègre pas non plus ces prélèvements sociaux dans le calcul du taux d'imposition. On peut noter au passage qu'en ce qui concerne les prélèvements sociaux, il y a également une grande disparité d'imposition en fonction du type de revenus que l'on touche.)


     Pour les plus-values mobilières, il existe également un mécanisme d'abattement, entré en vigueur en 2006. Ce système ne fera effet que progressivement. Le but, quand il sera pleinement actif, est que les plus values sur des titres détenus depuis plus de huit ans soient totalement exonérées d'impôt (mais pas de cotisations sociales). C'est à partir de 2014 que ce dispositif sera pleinement en vigueur.


     Les modalités d'imposition à 16% et d'abattement pour durée de détention existent aussi pour les plus values immobilières, c'est-à-dire pour les plus values réalisées quand on vend un immeuble, une maison, un appartement, un terrain par exemple.


     Ce n'est qu'un rapide tour d'horizon de la fiscalité des revenus. Le but était de montrer que le débat est un peu complexe, et ne peut se résumer au bouclier fiscal. Ainsi, on peut très bien baisser les taux d'imposition les plus connus, comme le taux de 40%, et prélever plus d'argent au bénéfice de l'Etat, en augmentant les impôts sur les revenus financiers, plus-values et dividendes par exemple. Ou en supprimant toutes les niches fiscales.


     Par conséquent, une augmentation des impôts des riches peut très bien se faire en... baissant le taux de 40%, et en augmentant les taux sur les revenus financiers.


     La fiscalité est complexe. Tous les dispositifs qui existent résultent de décisions politiques diverses. Faire évoluer la fiscalité suppose un vrai débat sur l'utilité et l'efficacité des différents régimes.


     Notons enfin que la France n'est pas une exception en matière de fiscalité. On a l'habitude de s'autoflageller, mais notre fiscalité n'est pas forcément plus complexe ni tarabiscotée qu'ailleurs. La fiscalité américaine des particuliers, par exemple, d'après les échos que j'en ai, n'est pas un modèle de simplicité.



 

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Stock-options: qu'est-ce que c'est, comment ça marche?

27 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

   

     Un petit commentaire en passant sur les stock-options. Je pense que beaucoup croient que, quand quelqu'un reçoit des stock-options, il reçoit une forte somme d'argent, qui est perdue pour l'entreprise. Rien n'est plus faux.

     Des stock-options sont des... options  d'achat d'actions (stocks en anglais) à un prix déterminé. Concrètement, le salarié, ou dirigeant, reçoit la possibilité d'acheter, plus tard, un certain nombre d'actions de la société à un prix convenu à l'avance.


     Les stock options sont un moyen de fidéliser les salariés. En effet, les salariés qui les reçoivent ne peuvent pas lever l'option immédiatement. Il faut attendre un certains délai, qui se compte en années.


     De toutes façons, il n' y a pas d'intérêt pour le salarié à exercer son option tout de suite. L'intérêt du système, c'est d'attendre que le cours de l'action augmente. Les stock-option permettent au salarié d'acheter des actions au prix convenu à l'avance, plus bas que le cours de bourse, et de revendre ces actions. C'est la plus value entre le prix de l'option et la revente qui constitue la rémunération du bénéficiaire de stock-options.


     C'est donc aussi un moyen de motiver les cadres dirigeants de la société. Ils doivent faire en sorte que l'entreprise se développe pour que le cours de bourse augmente.


     Pour l'entreprise, le coût des stock-options peut être faible. En effet, elle peut acheter ses propres actions quand meurs cours en bourse est bas, et les revendre, au même prix, ou un peu plus cher pour couvrir les coûts d'immobilisation du capital.


     Ce type de rémunérations est même bien adapté à la situation actuelle. En effet, les cours de bourse sont bas, donc la société peut racherer ses actions à un bon prix. Elle peut stimuler ses dirigeants le plus motivés, qui font le pari d'un redressement de la société.


     Il faut noter que le nombre d'actions ainsi racheter par la société est faible par rapport à l'ensemble de ses actions en circulation. Il faut aussi souligner qu'in ne gagne pas à tous   les coups. En particulier ces dernier temps, avec la chute des cours, les salariés ne lèvent plus leurs stock-options, car le prix d'achat est supérieur au cours de bourse.


     Voici donc le fonctionnement des stock-options résumé. C'était juste une petite explication, qu'on ne trouve pas forcément dans les médias. Pourtant, il n'est pas évident de savoir ce que c'est. Peu de gens étant susceptibles d'en obtenir finalement.


     Je n'entre pas dans les débats suscités par les stock-options, ce n'est pas l'objet ici. Ces débats concernent le mode d'attribution, et le mode de taxation, sociale et fiscale des plus values obtenues grâce aux stock-options, par rapport à la taxation des salaires (les plus value n'étant pas taxée de la même manière que les salaires, mais les stock-options étant néanmoins une rémunération, un régime spécial a été créé, qu'il faut pouvoir contrôler).

 

     (Un autre problème soulevé par les stock-option qu'il me paraît néanmoins bon de signaler: l'entreprise peut proposer un prix pour les actions inférieur au cours en vigueur au moment de l'attribution des stock-options. Par exemple, une entreprise attribue au salarié un plan qui lui permet d'acheter les actions au prix de 60 euros dans cinq ans. Alors que le cours de l'action en bourse est déjà à 80 euros. Là, le plan peut avoir un coût pour la banque, à moins qu'elle ait acheté des actions d'avance, quand le cours était de 60 euros.)

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Plan américain de stabilisation financière

24 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Le secrétaire au Trésor des Etats Unis, Tim Geithner, a précisé quelque peu mardi 24 mars les modalités de son plan pour sortir le secteur financier de la crise financière. La mauvaise santé de ce secteur l'empêche en effet de financer l'économie et ralentie toute reprise.


      L'objectif du plan de Tim Geithner, comme celui de son prédécesseur Harry Paulson, est de sortir des banques les actifs dits toxiques. Ces actifs sont des produits financiers complexes, comme par exemple des titres financiers élaborés en partie avec des prêts subprime. Normalement, ces actifs sont remboursés quand les prêts sont remboursés. Ils peuvent être revendus sur les marchés financiers. Mais, aujourd'hui, on ne sait pas si les prêts seront remboursés ou non. On sait que tous les prêts ne sont pas remboursés par contre. Et on sait que certains de ces actifs toxiques rapporteront de l'argent, d'autres non. Mais on ne sait pas lesquels.


      Ces produits font peser une incertitude sur les banques. En effet, on ne sait pas trop ce qu'il y a dedans. Ces actifs ne sont pas forcément sans valeur. Ils ne contiennent pas que des prêts subprime qui ne seront jamais remboursés. Ils contiennent aussi des prêts qui seront remboursés. Et donc ils peuvent rapporter de l'argent quand même. Mais certains peuvent réserver de mauvaises surprises. Comme les marchés ne sont sûr de rien, ils n'osent plus prêter aux banques. Ils ont peur de perdre leur argent dans une faillite. Ce qui renforcent les difficultés des banques et les fragilisent encore plus. (Pour des explications détaillées, cf  Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés  et Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) )


      Le gouvernement américain veut débarrasser les banques de ces actifs, pour qu'elles regagnent la confiance des marchés et puissent fonctionner normalement, et financent l'économie. Il pourrait racheter ces actifs, ce qui était prévu au départ. Mais comment déterminer le prix? Les marchés financiers n'en veulent pas, car ils craignent d'avoir de mauvaises surprises. Ou plutôt, ils les achèteraient bien, mais à un prix symbolique.


      Si les pouvoirs publics rachètent ces actifs, le risque est qu'ils les payent trop chers. Rn effet, les banques peuvent faire monter les enchères, en disant que si l'Etat ne met pas le prix, elles feront faillite et l'économie avec elles.


      Les marchés financiers craignent que l'économie ne soit plombée par une dette trop importante de l'Etat si celui-ci rachète ces actifs trop chers. Un endettement trop important signifie hausse de la fiscalité, donc prélèvement sur l'économie, et par conséquent stagnation. Il faut dire que les sommes sont colossales, même à l'échelle d'un Etat: 1000 milliards de dollars. De quoi effectivement plomber un Etat, quelle que soit la théorie économique que l'on soutient.


      L'idée de Geithner est que ce soit le secteur privé qui rachète ces actifs. Concrètement, un organisme d'Etat doit vendre aux enchères des actifs toxiques. Celui qui proposera le meilleur prix verra 50% de son investissement garanti par l'Etat. Ce qui signifie qu'il pourra lancer un emprunt garanti par l'Etat représentant 50% du prix d'achat.


      Pourquoi le privé rachèterait-il ces actifs? Parce qu'ils ont de la valeur. Mais ils représentent un risque qu'on ne sait pas évaluer. L'Etat réduit en quelque sorte le risque de moitié. La banque centrale américaine, la Fed, pourra également accorder des prêts pour financer ces rachats d'actifs toxiques.


      Ce plan est-il une bonne solution? Nul ne le sait. On le saura après les enchères. Tout dépendra si les banques estiment que le prix proposé pour les actifs est suffisants. Elles peuvent très bien considérer que le prix est beaucoup trop faible par rapport à ce que rapporteront ces actifs avec le temps, même s'ils ne rapportent pas autant que prévu quand elles les ont achetés.


      Ce plan est une solution parmi d'autres. Pourquoi l'avoir choisi? Principalement parce qu'il associe le secteur privé. Par exemple, une solution consisterait à nationaliser les banques qui ont le plus de difficultés, et surtout dont la mauvaise santé pèse sur l'économie. L'Etat n'aurait pas à dépenser autant d'argent que s'il rachetait les actifs toxiques. Au contraire, il rachèterait des banques à un prix très faible. Il pourrait garantir sur les marchés financiers les demandes de refinancement de ces banques. Quand la crise se serait décantée, l'Etat pourrait rembourser les sommes engagées par la privatisation des banques.


      Mais, aujourd'hui, les Etats-Unis ne veulent pas de nationalisation. par principe. (Même si, en fait, l'assureur AIG est nationalisé.) Le choix de la méthode pour renflouer le système financier obéit donc en partie à des considérations idéologiques.


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Le point sur la crise financière: première partie.

22 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Le point sur la crise financière, les solutions mise en œuvre pour en sortir, et réflexions sur les mesures pour éviter une telle crise à l'avenir.


     Comment sortir de la crise et relancer l'économie? Vaste programme? Assurément. Au point que ce qui devait être un article de ce blog est scindé en deux articles. Le premier, celui-ci, sera consacré à la crise financière: son mécanismes, les solutions pour en sortir, mes commentaires sur ces solutions, et les leçons à en tirer pour l'avenir. Un article sera écrit ultérieurement sur la crise économique et les solutions pour retrouver la croissance. Est appelée crise économique ce qui touche les secteurs autres que la finance. La distinction est artificielle, bien sûr, mais utile à l'analyse.


     Cet article reste long. En partie à cause de la police utilisée, afin qu'il soit aéré et facile à lire. Mais aussi car je résume certaines explications données dans de précédents articles. Ceux qui les ont déjà lues pourront les survoler. Les autres pourront, s'ils trouvent l'article intéressant, cliquer sur les liens renvoyant à mes précédents écrits.


     J'ai donc transformé cet article en une sorte de dossier, divisé en quatre articles, qui peuvent être lus en plusieurs fois, dans l'ordre ou dans le désordre, avec des liens renvoyant aux autres articles. Voici donc le sommaire:


Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.


Première partie: résumé du mécanisme de la crise

     La crise financière résulte d'un excès de crédit. Les banques, en particuliers américaines, ont accordé trop de crédit bancaires, à des foyers de moins en moins solvables. Ce sont notamment ces fameux crédit subprime (cf Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés ). Les banques prenaient ce risque car les prix de l'immobilier augmentaient. Si les emprunteurs ne payaient pas, elles pensaient se rembourser en vendant le logement. Elles étaient aussi incitées par les dirigeants politiques à prêter à une population peu solvable. Quand les emprunteurs n'ont plus pu rembourser, et qu'en plus les prix de l'immobilier ont chuté, les banques se sont trouvées en difficultés.


     Pour accorder des crédits, les banques ont besoin de se refinancer sur les marchés financiers (cf l'article qui explique le fonctionnement des banques). Pour ce refinancement, un instrument a notamment été inventé: le CDO (Collatralized Debt Obligation). Acronyme technique et barbare, il représente une nouvelle forme de titres financiers. En effet, les banques revendent les prêts qu'elles accordent sur le marché financier. C'est une manière de se refinancer pour pouvoir accorder d'autres prêts. Pour que les prêts se vendent facilement sur le marché financier, il faut qu'ils soient bien notés. Une note AAA signifie que le produit est sans risque. AA+, AA sont aussi de bonnes notes. BBB commence à être plus mauvais.

     Alors, les banques ont mélangé des prêts risqués et des prêts sans risque. Elles ont créés des sortes de fonds de placement, dans lesquels elles mettaient des prêts risqués et des prêts non risqués. Elles découpaient ces sortes de fonds en titres, qui étaient vendus sur les marchés financiers.Ces titres fonctionnent comme des obligations: ils rapportent un intérêt. Ces titres étaient bien notés par les agences de notation. Pas forcément AAA, mais les notes ne descendaient jamais jusqu'à BBB, ce qui aurait placé les titres dans une catégorie plus spéculative. Ils auraient été plus difficiles à placer, et la banque aurait dû accorder aux acheteurs de ces titres des taux d'intérêt plus élevés.

     Les mauvais prêts étaient garantis par des instruments financiers complexes, qui permettaient de donner une bonne note à ces titres ainsi construits. Ces CDO donc. Ceux-ci sont des titres complexes, donc, encore plus que ce qui est décrit ici d'ailleurs. Je ne donne qu'un aperçu de la construction de ces titres.


     Quand le prix de l'immobilier s'est effondré, tout le montage financier s'est effondré aussi. Ces titres sont devenus toxiques. Pourquoi? Parce qu'on est incapable d'évaluer leur valeur. On ne sait plus trop ce qu'il y a dedans, quelle est la part des mauvais et des bons prêts. On ne sait pas non plus si le montage financier destiné à garantir le remboursement des mauvais prêts va fonctionner. Ces actifs sont toxiques pour ceux qui les possèdent, car on ne sait pas lesquels ne vont plus rien valoir, ni dans quelles proportions. C'est la pire situation pour les marchés.

     Ces titres ont été achetés par des établissements financiers, dont des banques (les banques s'achètent et se vendent constamment des titres, pour leurs opérations en compte propres ou pour des clients). Face à cette incertitude, il y a un risque pour qu'un établissement soit en grandes difficultés à cause des CDO qu'il possède. On ne sait pas quelle est la probabilité du risque. Par conséquent, les banques n'osent plus se prêter de l'argent. Car elles ont peur que l'une d'entre elles soit incapable de rembourser. Ce qui a bloqué le marché financier, les banques se prêtant mutuellement de l'argent tous les jours (Cf Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) ). Sinon, l'économie ne peut plus fonctionner.


     La crise a déprécié la valeur des actifs que possèdent les établissement financiers. Il en est ainsi des fameux CDO. Mais aussi de tous les titres financiers: actions, obligations. L'immobilier aussi a baissé. Or, les établissements financiers ont aussi des actifs immobiliers. Par ailleurs, un établissement financier doit enregistrer la baisse de la valeur des actifs qu'il possède. Concrètement, la dépréciation se traduit par une perte. Ce qui crée de gros déficits. Ce qui cause des difficultés financières à l'établissement.

     Ces pertes fragilisent sa structure financière. Un établissement qui a des pertes a aussi encore plus de mal à se refinancer sur le marché financier. Il y a là un engrenage: la crise financière fait baisser les prix des actifs financiers, ce qui causent des pertes aux établissements financiers, ce qui augmente leurs difficultés à se refinancer et le risque de faillite, ce qui fait encore baisser le prix des actifs financiers.


     Les banques et établissements financiers sont aussi confrontés à un autre instrument financiers: les CDS (Credit Default Swap). Un CDS protège contre le défaut de remboursement d'un crédit. Par exemple, un investisseur achète des obligations d'une banque. Les obligations lui rapportent un intérêt, et doivent être remboursée au bout d'un certain temps. Cet investisseur, pour se protéger contre le défaut de remboursement, peut acheter des CDS. Contre un certain montant versé annuellement, l'émetteur des CDS remboursera le montant des obligations, si la banque fait défaut.

     Notons que l'on peut très bien acheter des CDS même si on n'a pas d'obligation à assurer. C'est un titre qui peut aussi servir à spéculer sur la confiance qu'inspire un établissement sur la place financière. Aujourd'hui, les risques de défaillance sont plus nombreux qu'au moment où ces CDS ont été émis. Quand les emprunts ne sont plus remboursés, les établissements qui se sont engagés à garantir l'emprunt doivent payer à la place de l'emprunteur. Et se trouvent eux mêmes en difficulté. C'est le cas notamment de l'assureur AIG.


     D'autre part, les établissements financier se prêtent mutuellement les uns aux autres. Si un établissement fait faillite, il peut entraîner des difficultés pour ceux qui lui ont prêté de l'argent, et ceux qui garantissent ses dettes. C'est ce qu'on appelle le risque systémique. Qui s'est réalisé avec la Faillite de la banque Lehman Brothers.


     Enfin, le marché financier concerne aussi certaines entreprises. Certaines ont contracté de gros emprunt en période de croissance économique. Ceux-ci sont assortis de clauses, appelées covenants, qui créent aujourd'hui des difficultés. Ces clauses forcent l'entreprise à rembourser certaines tranches de l'emprunt si certaines conditions se réalisent. Par exemple, l'emprunt peut-être garanti par la valeur en bourse de l'entreprise. Si cette valeur descend en dessous d'un certain seuil, l'entreprise doit effectuer un remboursement. Alors que tous les cours s'effondrent, et que l'économie est en crise, on comprend que ce genre de clause cause des difficultés aux entreprises concernées.


Sommaire de la série d'article Le point sur la crise financière.

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.

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Le point sur la crise financière: deuxième partie.

22 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Deuxième partie: les mesures mises en œuvre contre la crise financière.


(Cet article est le deuxième d'une série qui fait le point sur la crise financière. Voici le sommaire de cet série d'articles:

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)


     Comme je l'ai écrit plus haut, les banques empruntent de l'argent tous les jours sur les marchés financiers pour pouvoir accorder des crédits, qui financent l'économie. Comme les marchés sont bloqués, il y a un risque que l'économie ne soit plus financée. Les entreprises ont pour la plupart, constamment besoin de crédit. Par exemple, le temps de que produit soit fabriqué et vendu, pour payer les fournisseurs, les salaires.


     C'est pourquoi les banques centrales ont ouvert les vannes du crédit. On dit que les banques centrales sont prêteurs en dernier ressort. C'est à dire que quand les banques ne peuvent pas se refinancer entre elles, ni sur les marchés financiers, elles se tournent vers la banque centrale. En fait, en période normale, c'est-à-dire hors période de crise, la banque centrale prête également aux banques. Les banques ne vont pas sur les marchés financiers pour des emprunts à très court terme. Et c'est le rôle de la banque centrale d'assurer l'équilibre, c'est-à-dire de prêter quand les banques en ont besoin pour équilibrer leurs bilans. La différence, c'est qu'en période de crise, la banque centrale prête quasiment sans limite, à des taux d'intérêt très bas. Elle remplace les marchés financiers, ainsi que les autres banques, qui en temps normal se prêtent les une aux autres (cf pour plus de précision sur le fonctionnement des banques).


     Les banques centrales acceptent en garantie des titres qu'elles n'acceptent pas d'habitude. Ces titres sont des créances que détiennent les banques. En clair, c'est l'argent qu'on leur doit. Les banques apportent en gage des prêts à la consommation par exemple. En ces temps de crise, les banques centrales acceptent à peu près toutes sortes de garanties (on ne parle pas de garantie, en fait, mais de collatéral).


     La Réserve Fédérale américaine a aussi lancé un programme de rachat de titres adossés à des emprunts immobiliers. Cela pour relancer le crédit immobilier. Elle est prête à faire de même pour des prêts aux entreprises. De même, la Fed s'apprête à racheter des bons du Trésor américain. En rachetant ces bons du Trésor, elle fait baisser le taux de ces bons. en effet, quand la demande pour les bons du Trésor est forte, le prix des bons est plus élevé, et le taux d'intérêt qu'ils rapportent est plus faible. Ce qui fait baisser différents taux indexé sur les bons du Trésor. Le problème de la Fed est qu'elle ne peut plus faire baisser les taux d'intérêt de l'économie en baissant ses propres taux, qui sont proches de zéro. Donc, elle cherche à agir par d'autres moyens.


     Les pouvoirs publics interviennent aussi pour aider au financement des banques. La France a organisé une structure, qui emprunte sur les marchés financiers avec la garantie de l'Etat, et reprête aux banques (cf Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) ). Le gouvernement américain a prêté lui aussi à ses banques, directement.


     Le gouvernement américain a également voulu s'attaquer aux actifs toxiques détenus par les banques américaines. Le plan Paulson, sous George W. Bush, était originellement destiné au rachat de ces actifs, pour nettoyer le bilan des banques. De même, le dernier plan en date, présenté par Tim Geithner, successeur de Harry Paulson au secrétariat d'Etat au Trésor, prévoit à nouveau un tel rachat, en associant même des investisseurs privés.

     Cependant, ce rachat n'a pas encore été mis en œuvre. Il achoppe sur le prix auquel racheter ces actifs. Ces actifs ne sont pas sans valeur. Ils représentent des prêts, certains seront remboursés à l'échéance. Mais on est totalement incapable d'évaluer les pertes éventuelles, tellement ces actifs sont compliqués.

     S'ils sont rachetés trop cher, c'est le contribuable qui supportera les pertes, et les banques et leurs actionnaires feront une bonne affaire. Si le prix de rachat est trop bas, cela n'aidera pas les banques. Ces dernières voulant bien entendu maximiser le prix de vente à l'Etat. A l'heure où ces lignes sont écrites, des précisions sur la valorisation de ces actifs sont attendues incessamment de la part de Tim Geithner.


     Les autorités, gouvernements ou banques centrales, interviennent aussi directement pour aider certains établissement financiers. L'une des interventions les plus importantes est le soutien de la Fed à l'assureur AIG. Cet assureur avait une activité très importante sur les marchés financiers. AIG avait notamment émis beaucoup de CDS, c'est-à-dire donc qu'il assure beaucoup d'emprunt. La décision a été prise de le soutenir pour éviter un risque systémique. La France a soutenu Dexia, et soutient Natixis. Différentes banques américaines, dont Citigroup, ont bénéficié du soutien fédéral.


     Des entreprises touchées par les difficultés financières sont aussi aidées par les gouvernement. C'est le cas aux Etats-Unis et en Europe, de l'industrie automobile, constructeurs et équipementiers.


     Enfin, il faut signaler le dispositif original de la France pour éviter l'assèchement du crédit aux entreprises: le médiateur du crédit. Ce dispositif organise une discussion entre une banque, une entreprise qui a besoin d'un crédit, et un représentant du médiateur. Il permet d'éviter que les crédits soient coupés aux entreprises, tout en évitant de soutenir des entreprises non viable. Son intérêt est d'agir sur le terrain, directement au contact des banques et des entreprises.


(Sommaire de la série d'article Le point sur la crise financière.

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)

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Le point sur la crise financière: troisième partie.

22 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Troisième partie: commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.


(Cet article est le troisième d'une série qui fait le point sur la crise financière. Voici le sommaire de cet série d'articles:

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)



     Il y a clairement deux catégories de mesures. D'un côté, les autorités tentent de pallier au blocage du marché financier. Ce sont toutes les mesures de financement des banques et du crédit prises par les banques centrales et les Etats. Et des mesures prises au cas par cas. Ce sont les mesures de soutien direct à certains établissements financiers et certaines entreprises. Cette politiques répond à deux nécessités: assurer le financement global de l'économie, et éviter que l'effondrement de certains établissements financiers ou de certaines entreprises ne crée un trop gros choc pour l'économie.


     Cette politique est-elle bien menée. On peut évidemment en discuter. Fallait-il par exemple engager tant d'argent pour soutenir AIG? La Fed prend-elle un risque en rachetant des bons du trésor américain? Les interrogations ne sont souvent pas sans fondement.

     Cependant, c'est surtout la mise en œuvre qui est discuté, pas les axes eux mêmes. De plus, cette mise en œuvre est certes discutables, mais il est difficile de se faire une opinion de "l'extérieur". Par exemple, comment juger de la gestion d'AIG organisée par la Fed, sans connaître les comptes et la réalité précise des engagements de cette société? Personne ne sait non plus, aujourd'hui, avec certitude, si la Fed va trop loin, ni si la BCE doit aller plus loin.

     Je préfère mettre en avant le côté positif des politiques mises en œuvre face à la crise monétaire: dans tous les pays, elles suivent à peu près les mêmes principes, et les autorités, monétaires et gouvernementales, sont décidées à agir. Maintenant, nous sommes dans le domaine de l'humain, et il y aura donc forcément des erreurs, que l'on relèvera plus tard, après avoir eu le temps de réfléchir, en disant: "on aurait dû!"


     Un petit débat agite les Etats-Unis quant à l'aide à apporter aux banques: faut-il aller jusqu'à la nationalisation? Les banquiers s'y opposent, en disant que ce n'est pas le rôle du gouvernement, en disant même que ce serait du socialisme. On peut surtout supposer que les banquiers n'ont surtout pas envie d'avoir un actionnaire puissant qui les commande.

     Dans le système capitaliste, celui qui investit dans une société commande. De même, celui qui prête un montant important dicte ses conditions. L'Etat agit comme un investisseur et un prêteur. Il en a donc les prérogatives. Comme il est devenu en quelque sorte investisseur en dernier ressort, c'est-à-dire l'investisseur qui intervient quand plus personne d'autre ne le veut, il est normal que dans ce cas il prenne le contrôle de la société.

     C'est du capitalisme. Mais les banquiers n'ont tendance à voir que ce qui les arrange dans les règles du capitalisme! D'autre part, les privatisations qui auront lieu par la suite, dans quelques années, permettront de rembourser une partie des dettes de l'Etat. Les banquiers devraient apprécier cet acte de bonne gestion.


     Que peut-on faire encore pour améliorer la situation? Ce qu'il faut, c'est que les acteurs privés prennent le relai des banques centrales et de l'Etat pour le financement de l'économie, comme en tant normal. Les banques, habituellement, place du "papier" sur les marchés financiers assez facilement. Il faut ranimer ce mécanisme, qui est bloqué par le manque de confiance. Cette confiance reviendra avec le temps, mais il faut trouver le moyen d'accélérer ce retour.


     Parfois je me laisse à imaginer ce qu'on pourrait faire. Par exemple, on pourrait relancer la titrisation. Un organisme contrôlé par l'Etat pourrait, non pas noter, mais certifier des titres émis par des banques. Par exemple, cet organisme certifierait que les titres sont adossés à des crédits à la consommation, souscrit par des emprunteurs n'ayant jamais eu d'incident de paiement. Les crédits auxquels ces titres seraient adossés seraient transféré à l'organisme certificateur, pour garantir le remboursement des titres. Ou encore, ces titres certifiés pourraient être mis en gage chez l'organisme d'Etat pour garantir l'émission de titres à court terme des banques.

     L'idée est de faire le contraire de ce qu'on veut faire avec les actifs toxiques. Au lieu de sortir à bas prix les actifs toxiques des bilans des banques, on utiliserait les actifs sains pour faciliter leur refinancement.


     J'ai aussi décrit le fait que la baisse de la valeur des actifs détenus par les établissements financiers entraînait des pertes pour ces derniers. En effet, ils sont obligés de répercuter la vaisse de la valeur de ces actifs dans leurs compte. On appelle ça comptabiliser à la valeur de marché (mark to market).

     Cette méthode de comptabilisation est critiquée car elle est dite "pro-cyclique". En effet, ces actifs possédés par les établissements financiers sont souvent destinés à être gardé des années. Ils seront vendus quand les marchés auront vu les prix remonter. Or, les établissements financiers sont obligés de comptabiliser des pertes potentielles, qui les obligent parfois à se recapitaliser.

     La solution serait de changer la réglementation, et d'autoriser à nouveau la comptabilisation à la valeur historique (la valeur d'achat). Certaines possibilités de s'affranchir de la valeur de marchés ont déjà été autorisées par la réglementation. Il faudrait aller plus loin, pour éviter des pertes qui fragilisent les établissements en temps de crise.


     Ce que je viens d'écrire ne sont que des suggestions que je n'ai pu m'empêcher d'écrire. Elles illustrent le fait que nous sommes dans une situation où il faut faire preuve d'imagination, et où il faut agir sur plusieurs leviers à la fois.


(Sommaire de la série d'article Le point sur la crise financière.

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)

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Le point sur la crise financière: quatrième partie.

22 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Quatrième partie: les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.


(Cet article est le quatrième d'une série qui fait le point sur la crise financière. Voici le sommaire de cet série d'articles:

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir)

    
     Des propositions sont faites pour "réguler", terme consacré, l'économie et éviter une nouvelle crise de ce genre à l'avenir. On se focalise par exemple sur les Hedge funds, les paradis fiscaux. Que l'on s'attaque aux paradis fiscaux n'est pas une mauvaise chose en soi, à mon avis, mais ils n'ont rien à voir dans la crise actuelle. On leur reproche leur opacité, qui est réelle, mais la crise ne s'est pas développée dans l'opacité.

     La montée en puissance de l'endettement, la bulle immobilière, les prêts subprime, les produits complexes, tous ces phénomènes auxquels on attribue une responsabilité plus ou moins grande dans la crise se sont développés au vu et aux su de tous. Il n'y a pas eu de problèmes d'opacité due aux paradis fiscaux.


     De même, les hedge funds n'ont pas non plus de responsabilités dans la crise. C'est une assertion un peu provocatrice que j'exprime ici, alors que ces fonds sont accusés de tous les maux. Pourtant, c'est juste un constat. Prenons un exemple. Un hedge fund spécule sur le pétrole. Le cours du pétrole chute, entraînant la faillite du hedge funds, qui ne peut plus rembourser ses investisseurs. Y a-t-il un risque pour l'économie?

     Si les investisseurs du hedge fund sont de riches familles qui ont pris un peu de risque avec leur surplus d'argent, il n'y a aucun risque pour l'économie. Par contre, si ce sont des banques, qui par ailleurs gèrent les comptes de vous et moi, qui ont investi dans le hedge fund, ou lui ont prêté des sommes faramineuses, ou, encore, ont pris les mêmes risques que lui, là, évidemment, il y a un risque systémique. Mais le problème ne vient pas du hedge fund. mais des banques, ou autres institutions financières qui prennent des risques alors qu'on attend d'elle une gestion plus prudente.


     On évoque des mesures pour mieux encadrer les banques. Sans plus de précisions pour le moment. De même, d'autres mesures sont envisagées pour encadrer les marchés des produits financiers sophistiqués. Ces produits sont souvent considérés comme responsable de la crise en elle même, et aussi d'avoir facilité l'augmentation inconsidérée des prêts accordés par les banques aux Etats Unis.

     Tous ces projets de régulations font l'objet de réflexions, et aussi de négociations internationales. Les différents pays n'étant pas d'accord sur le degré et la forme que doit prendre la régulation. De plus, les Etats-Unis veulent que les autres pays injectent de l'argent dans l'économie plutôt que de réguler les marché financiers.


     Plus de régulation pour certains types de produits financiers, plus de contrôle des banques, pourquoi pas, Cependant, ces mesures ne s'attaquent pas au cœur du problème.


     En effet, d'où vient la crise financière? Elle vient d'un défaut d'évaluation des risques. Si les prêts subprime se sont développés, c'est parce qu'on se disait que le prix de l'immobilier permettrait toujours de rembourser les emprunts. Si les produits financiers types CDO, en partie adossés à des prêts subprime se sont développé, c'est parce qu'on a mal évalué le risque de défaut de paiement. Si les prêts immobiliers se sont autant développés, c'est aussi en raison d'une mauvaise évaluation des risques.


     Sur les marchés financiers, le prix du risque est le taux d'intérêt. Plus le risque est élevé, plus le taux d'intérêt est élevé. Concrètement, quand un établissement financier veut emprunter sur le marché financier, il émet des titres. Ces titres servent un intérêt en fonction du risque que représentent ces titres.

     Ainsi, les titres CDO, étaient considérés comme faiblement risqués quand ils ont été émis. Pourtant, ils "contenaient" des prêts subprime. S'ils n'avaient pas été considérés comme faiblement risqués, ils n'auraient pas trouvé preneur, où à un prix trop élevé.


     On a tendance à considérer que le prix de marché est forcément le bon prix, en se basant sur la théorie libérale. Or, le taux d'intérêt est un prix: le prix du risque. On estimait, et on estime encore souvent, que le niveau de taux d'intérêt décidé par le marché est forcément bon. C'est aussi pour cette raison qu'on ne s'inquiétait pas de l'envolée du crédit. On disait que le marché se régulerait.


     Mais il s'agissait d'un véritablement détournement de la théorie libérale. Cette théorie pose des conditions au bon fonctionnement des marchés. Une des condition est une bonne information des investisseur. Un risque mal évalué est une mauvaise information. Par conséquent, le prix déterminé par le marché, selon la théorie, ne peux pas être un prix d'équilibre. Notons qu'en s'effondrant, les marchés ont réagi conformément à la théorie.


     Les titres financiers qui sont mis sur le marchés sont notés, par des agences de notation. Les titres sont aussi élaborés par les agences de notations parfois, comme certains CDO. Les agences de notation sont logiquement dans l'œil du cyclone pour leur responsabilité dans la crise. Même si, à mon avis, les réforme à leur sujet tardent un peu.

     En effet, le système financier est malade d'un manque de confiance. La création d'un système permettant de diffuser une bonne information, de déterminer les risques causés par les différents titres financiers, permettrait de relancer le système. Non pas pour mieux évaluer les titres toxiques, dont on ignore parfois ce qu'ils renferment exactement. Mais pour l'émission de nouveaux titres permettant de continuer à financer l'économie.


     Pour se faire une opinion sur le degré de risque des titres mis en vente sur le marché financier, il faut savoir ce qu'il y a derrière ces titres. Plutôt qu'une note, il faudrait que des organismes "certifient" les titres. Comme dans l'exemple que je prenais plus haut, qu'ils certifient que ce sont des titres adossés à des crédits à la consommation accordés à des gens n'ayant eu aucun incident de paiement. Qu'ils certifient que ce sont des prêts immobiliers accordés à des personnes solvables. Les titres sûrs se verraient réclamer un taux d'intérêt bas, et les titres moins sûr un taux d'intérêt plus élevé.


     Ce système serait meilleurs que la simple notation. Il donnerait une information standardisée sur les produits financiers. Alors qu'aujourd'hui, le notation est une boîte noire, à qui il faudrait faire confiance.

     Ensuite, le bon fonctionnement du marché nécessite une bonne information. Ce n'est pas aux agences de notation de décider si un produit est risqué ou non. C'est aux investisseurs de décider du prix qu'ils vont mettre, ici en l'occurrence un taux d'intérêt. Le marché pourra alors déterminer un prix, qui reflétera à la fois l'opinion et les tendances des investisseurs.

     L'opinion, c'est à dire qu'ils jugeront du niveau de risque des produits qui leur sont proposés. Les tendances, c'est à dire que l'on pourra voir si les investisseurs sont dans une période de plus ou moins grande aversion au risque.


     Évidemment, un tel système obligerait les gestionnaire à faire leur boulot, qui est d'évaluer les risques et de définir le taux d'intérêt qu'ils acceptent pour un produit. Jusqu'à présent, ils se reposaient un peu sur les agences de notation. Tout un système doit être remis à plat. Par exemple, certains investisseurs ne doivent investir que dans des produits notés AAA. Ce qui n'est plus possible dans le système que je propose. les critères devraient changer.


     Un des problèmes qui se posent également avec les agences de notation, c'est qu'elles sont choisies et payées par les entreprises qui empruntent, et aussi que parfois elles participent à l'élaboration des produits qu'elles notent, comme pour ces emprunts toxiques, qui contenaient des subprimes.

     Il faudrait distinguer clairement la fonction d'élaboration des titres financiers de celle d'évaluation des risques. Et il faudrait que ce ne soit pas l'entrprise, ou la banque donc, qui émet les titres en question qui choisisse l'organisme évaluateur. Ce pourrait être, par exemple, les gestionnaire du marché sur lequel l'emprunt est effectué. Et l'emprunteur paierait ce gestionnaire, et non l'organisme évaluateur.


     Cependant, il serait injuste de ne critiquer que les agences de notation. Les banques et établissements financiers qui ont participé au jeu sont aussi responsable. En effet, ils savaient que le marché immobilier américain avait beaucoup augmenté, et que, logiquement, le retournement serait sévère.

     De même, ils savaient ce qu'était un prêt subprime. Se sont-ils laissés entraînés? Cette crise met en évidence un problème de contrôle des banques. Il y a globalement un problème de contrôle des sociétés cotés. En particulier des plus grosses. Mais il est particulièrement problématique en ce qui concerne les banques.


     Dans le système capitaliste, une société est possédée par les actionnaires, qui sont donc les maîtres à bord. Ils décident de la nomination des dirigeants, de la stratégie. Ils décident de la composition du conseil d'administration. Ils doivent surveiller le conseil d'administration, ainsi que les dirigeants. Ce sont eux qui auraient pu dire stop aux banques qui prenaient trop de risques.

     Or, il semble qu'aujourd'hui, le pouvoir des actionnaires soit, dans les faits, très restreint. Les conseils d'administration sont des assemblée de cooptés, de personnes qui se connaissent, viennent du même monde et du même moule. Le meilleur exemple de cette dérive, ce sont les parachutes dorés que s'accordent les PDG pour accepter de quitter une entreprise. C'est vraiment une aberration, car un PDG est révocable ad nutum, c'est à dire du jour au lendemain. Ce genre de décision n'est pas apprécié des actionnaires.


     Ce qu'il faudrait, c'est que les conseils d'administration soient plus représentatif de l'actionnariat de la société, en particulier donc pour les banques. Comment faire, puisque le capital est réparti entre une multitude d'actionnaires?

     Dans ce genre de société, où aucun actionnaire ne possède plus de la moitié des actions, la majorité absolue des administrateurs devrait être nommée par des associations d'actionnaires. Ces associations pourrait-être choisies en assemblée générale extraordinaire.

     Les commissaires aux comptes, qui contrôlent les comptes, seraient choisis uniquement par le conseil d'administration, et ne rendraient de compte qu'à lui. Pour les banques, mais aussi pour tous les engagements financiers des entreprises cotées, les risques seraient présentés au conseil d'administration selon la certification que j'ai décrite plus haut.


     Enfin, il y a un troisième groupe de personne qui est en droit de contrôler les risques pris par les banques. Ce sont ceux qui leur confie leur argent. Le plus simple, c'est que l'évaluation des risques pris par les banques soient publiées au moins une fois par an. C'est encore le meilleur moyen de forcer les banques à se justifier.


     Voici la conclusion de cette série d'articles qui font le point sur la crise financière. J'avoue m'être fait plaisir dans ce dernier article, en faisant quelques propositions. Cela ne changera pas la face du monde, mais je profite d'internet pour livrer mes réflexion à qui veut bien les lire.

     Ces propositions n'ont d'ailleurs rien de révolutionnaire. Il s'agit juste d'appliquer les règles de l'économie de marché. Les entreprises, et donc les banques, sont normalement contrôlées par leurs actionnaires. Et une bonne information est nécessaire pour que les marchés fonctionnent correctement.


     Pour finir, il faut noter que la meilleur réglementation du monde ne protégera pas des erreurs des politiques économiques, des politiques monétaires, et du comportement de toute une profession. Tout le monde savait qu'il y avait un emballement du crédit aux Etats-Unis. Tout le monde savait pour les subprime, dans le monde financier je veux dire.

     Le gouvernement américain encourageait ce phénomène, car il soutenait l'économie. La Fed a adoubé cette politique en ne faisant rien pour ralentir l'emballement du crédit. Et les banquiers ont foncé, rassuré. En oubliant les règles fondamentales de l'économie de marché. Tous étaient persuadés que l'on pouvait contrôler l'économie d'une manière très simple: il suffisait que la Fed baisse ses taux d'intérêt pour relancer la croissance. Malheureusement, ce n'est pas si simple.


(Sommaire de la série d'article Le point sur la crise financière.

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. :  Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)

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Loi Tepa, pétition contre les heures supplémentaires

14 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

 
Loi TEPA, pétition contre les heures supplémentaires, réduction du temps de travail.

     Une pétition vient d'être lancée contre la défiscalitation des heures supplémentaires, une des disposition de la loi dite TEPA. Cette défiscalisation est considérée comme favorisant l'augmentation du chômage. Cette pétition est surprenante. A la fois, en raison des effets de la politique de lutte contre le chômage par la réduction du temps de travail, et à la fois en raison de l'objet de cette pétition.


     La réduction du temps de travail est une politique constante de la France depuis les années 1970, pour lutter contre le chômage. Elle a pris la forme des préretraites. Il s'agit là de réduire le temps de vie active, c'est à dire le temps de travail au cours de la vie.

     Il y a eu, dans la même optique, la retraite à 60 ans. Il y eu les mesures de réduction du temps de travail au cours de la vie active: cinquième semaine de congés payés, trente neuf heures puis trente cinq heures.


     Ces politiques suivent l'idée selon laquelle la population active est trop nombreuse en France, ce qui serait la cause du chômage. Il faut par conséquent réduire la population active, ou réduire son temps d'activité.

     C'est un peu la même idée qui guide les politiques d'emplois financés par l'Etat, comme les emplois jeunes , les TUC et leurs avatars: puisque la population active est trop nombreuse, il faut l'occuper en créant de toutes pièce des occupations payées.


     Les résultats de cette politique, menée avec constance depuis les années 1970, quels que soient les gouvernements au pouvoir, n'ont pas été probants. La France a toujours eu un des taux de chômage les plus élevés des pays développés.


     Bien sûr, des statistiques sont publiées pour démontrer les créations d'emplois permises par les trente cinq heures. Mais ces statistiques sont un construit. On part de l'idée que les trente cinq heures doivent créer de l'emploi, et on construit ces statistiques en fonction du résultat attendu.

     Ainsi ces statistiques mélangent les emplois créés et sauvés par les trente cinq heures. Quelqu'un qui serait opposé à cette politique pourrait tout aussi bien faire des statistiques sur les emplois détruits par les trente cinq heures. Ou sur la perte de croissance due au trente cinq heures. Il suffit de modifier les statistiques en fonction de la théories que l'on défend.

     Les seules statistiques valables sont l'évolution du chômage au cours des années, sur le long terme. On ne constate pas d'effet réduction du temps de travail. Le taux de chômage apparaît plus corrélé à la croissance, elle même assez bien corrélée à la croissance mondiale.


     Par ailleurs, cette politique de réduction du temps de travail a eu quelques dommages qu'on pourrait appeler collatéraux sur le plan social. Ainsi, les mesures prises pour écarter du marché du travail les plus de cinquante ans sont entrées dans les mœurs, en quelque sorte. Cette catégorie d'âge est souvent dispensée de recherche d'emploi. Il a fallu créer une loi pour augmenter le coût du licenciement des plus de cinquante ans, alors qu'on avait encouragé leur sortie du monde du travail. Et on est bien embêté pour encourager le travail des séniors aujourd'hui.

     Il faut dire que le système des préretraites arrangeait les entreprises à plus d'un titre. Il leur permettait de dégraisser à bon compte. Et, c'était les plus gros salaires, en raison de leur ancienneté, qui partaient.


     Les trente cinq heures ont également eu des conséquences sociales non négligeables. Cette politique a en effet eu comme contrepartie la modération salariale. Elle a été préparée et mise en œuvre dans les années 1998-2000, justement à une période ou des augmentations de salaires un peu plus importante que le simple alignement sur l'inflation étaient possible. Ce sont les périodes de pics de croissance, qui arrivent occasionnellement.

     Au lieu de profiter de cette période, la france a, en quelque sorte, passé son tour. Alors même que la réduction du temps de travail n'était pas une priorité de la population, au contraire de l'augmentation du pouvoir d'achat.


     Les trente cinq heures ont d'abord provoqué une intensification du travail. Il fallait faire autant qu'en trente neuf heures. Des accords ont été passés, et certains temps de pauses étaient sortis du temps de travail. La flexibilité était aussi une contrepartie des trente cinq heures, toujours pour gagner en productivité ce qui était gagné en perte de temps de travail. Ce qui signifie notamment que des ouvriers ne peuvent pas choisir leurs jours de RTT. Ils ne peuvent pas les utiliser pour garder les enfants le mercredi, par exemple.


     La conséquence a été, entre autre, que les trente cinq heures ont plus profité aux cadres, c'est à dire à la catégorie la plus favorisée des salariés, plutôt que les catégories les moins favorisées.

     En effet, les cadres ont pu bénéficier de jour de repos supplémentaires, sans baisse de leurs salaires déjà élevés. Leurs travail était plus intensif, mais ils ont pu bénéficier de plus de repos. Sans compter que, de toutes façons, la rémunération des cadres dépend beaucoup moins du temps de travail que celle des salariés ordinaires. Elle est en effet plus souvent individualisée. Elle dépend plus des objectifs individuels.

     Les cadres étaient ceux pour lesquels une hausse généralisée des salaires était la moins probable. Il n'en attendait pas. Par contre, les jours de repos supplémentaires ont été une bonne surprise. Quand on gagne bien sa vie, la priorité va plus aux loisirs qu'à une augmentation de salaire.


     Par contre, quand on gagne moins bien sa vie, la priorité est inverse. On aimerait plus de loisirs, mais, de toutes façons, pour se les payer, il faut plus de pouvoir d'achat. Ces catégories de poulations auraient préféré une augmentation de salaore. Elles ont eu au contraire une modération des salaires, alors qu'elles devaient supporter plus de flexibilité et une intensification du travail pour compenser la baisse du temps de travail.


     De nombreux sondages ont été effectués pour savoir si les français approuvaient les trente cinq heures. Souvent, il y a une courte majorité de réponses favorables, ce qui déjà est contradictoire avec la présentation qui en est faite comme d'une avancée sociale voulue par la population.

     Mais, souvent aussi, les opinions défavorables sont émises par les salariés les moins favorisés. On peut aussi souligner qu'une partie de ces salariés ont été sensibles au discours électoral de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, qui promettait de "travailler plus pour gagner plus". de même, ils avaient refusé auparavant d'élire Martine Aubry à l'Assemblée Nationale, quand elle était encore identifiée comme la ministre des trente cinq heures. Le PS s'est aliéné les salariés les moins favorisés avec les trente cinq heures.


     Ceux qui soutiennent les trente cinq heures peuvent considérer avoir fait le bien des salariés malgré eux. Mais fait-on vraiment du bien aux gens malgré eux. Par ailleurs, même si on considère que les trente cinq heures ont créé des emplois, est-ce que c'est vraiment une bonne politique, économiquement et socialement, de créer des emplois en bridant ou en diminuant le pouvoir d'achat des salariés les moins favorisés? Le progrès social n'est-il pas d'augmenter le pouvoir d'achat des plus défavorisés?

     Les trente cinq heures ne sont pas non plus étrangères aux revendications contre la vie chère et pour le pouvoir d'achat qui se sont développées depuis quelques années. On a fait le choix de la modération salariale à un moment où les salaires pouvaient être augmenter. Une occasion qui ne se présente pas tous les ans. Les conséquences s'étalent elles sur plusieurs années.


     Certains des promoteurs de la réduction du temps de travail ont aussi une attitude contradictoire, comme les syndicats par exemple. Ils défendent une augmentation des bas salaires, en disant que ce serait bénéfiques pour l'économie.

     L'idée est qu'une augmentation des bas salaires est plus susceptible d'être dépensée, tandis que ceux qui ont un samaire plus élevé sont plus susceptibles d'épargner cette augmentation. De plus, l'élévation des revenus entraîne une modification de la structure de la consommation: plus on gagne, plus on peut consommer de services.


     Si on suit ce raisonnement, les trente cinq heures ont réduit la croissance de l'économie et la créations d'emploi, puisqu'elles ont entraîné la modération salariale. On voit à nouveau que les statistiques qui cherchent à mesurer les créations d'emplois provoquées par les trente cinq heures sont un construit qui dépend beaucoup de l'opinion de ceux qui élaborent le modèle statistique.

     Si on intègre l'idée qu'une hausse substantielle des bas salaires crée de la croissance et de l'emploi, on devrait estimer le nombre d'emplois que les trente cinq heures ont empêché de créer, en ralentissant la croissance.


     Les lignes qui précèdent montrent que les politiques de réduction du temps de travail n'ont pas obtenu de résultats probants. Ce qui a fait diminuer leurs adeptes, et rend surprenant cette pétition contre la défiscalisation des heures supplémentaires prévue par la loi TEPA.

     Mais, même si on est favorable à la réduction du temps de travail, cette pétition est surprenante. En effet, je n'ai jamais lu d'article disant que cette loi avait eu beaucoup d'effet sur les heures supplémentaires, sauf ceux reprenant la communication du gouvernement, ce qui est normal puisqu'un gouvernement défend généralement ses lois.

     De plus, il est très compliqué d'estimer les effets d'aubaines avec cette loi. C'est à dire que sans cette loi, les entreprises auraient peut-être eu recours tout autant aux heures supplémentaires, sans embaucher de personnel à temps plein en CDI, donc sans diminuer le nombre de chômeurs.

     D'autant plus que nous sommes dans une période de grande incertitude économique, alors que les entreprises resserrent les boulons, retardent les investissements, et ne font plus de prévisions, les embauchent subissent le même phénomène. Une entreprise qui le peut sera certainement plus tenté de recourir aux heures supplémentaires dans un tel contexte en cas de pic d'activité que d'embaucher et de former quelqu'un.


     Par conséquent, une pétition contre cette disposition de la loi TEPA semble bien disproportionnée. Au lieu de constituer une critique, cette disposition tend même plutôt à défendre les heures supplémentaires défiscalisées.

     En effet, elle accrédite l'idée que cette loi fonctionne, permet à des salariés de gagner plus, donc de consommer plus, et qu'elle soutient la croissance et par conséquence l'emploi, un emploi durable et non aidé. Cette pétition défend complètement le raisonnement du gouvernement, alors même qu'aucun économiste ne prête à cette loi de grands effets.


     Cette pétition, publiée dans un magazine, souligne la pauvreté du débat économique actuel. Aujourd'hui, il faut être pour ou contre le capitalisme, et pour ou contre le gouvernement. Il faut avoir une posture idéologique, des idées simplistes. Nous sommes au cœur d'une importante crise financière, mais les débats ne s'élèvent pas. Il faut dire que la crise est causée par la course au profit, l'ultralibéralisme.

     La politique de régulation par les taux d'intérêt menée par les banques centrales, avant la crise, la banques centrale américaine notamment, et encensée à l'époque par tous les commentateurs? On n'en parle même pas. Elle a pourtant une grande responsabilité dans la crise actuelle. On évoque à peine la responsabilité de Greespan.

     On nous balance la nécessité d'une politique de relance, sans s'interroger sur les raisons qui nous ont fait abandonner cette politique dans les années 70. Ce serait utile, pourtant. Peut-on être crédible en lançant une politique, qui a été abandonnée après beaucoup de tentative de relance, sans s'expliquer sur ces échecs?

     On ne souligne même pas le fait que l'encouragement de la consommation à crédit aux USA était une politique de relance. Il y a très peu d'analyse, finalement, dans la presse, très peu de questionnement, sauf exception.

     Or, le questionnement est indispensable à la réflexion. Il faut toujours mettre ses idées à l'épreuve, et savoir évoluer en fonction de ce que nous apprend la réalité. Celle-ci est moins simpliste que les pseudo théories économique véhiculées par la plupart des médias. Le keynésianisme, le libéralisme, sont l'objet de nombreux débats internes.

     D'ailleurs, présenter les politiques keynésiennes en opposition au libéralisme est une aberration: Keynes était libéral. Quant à faire parler Keynes sur la crise actuelle, comme j'ai pu le voir une fois, c'est quasiment offenser l'économiste. Qu'on soit d'accord ou non avec lui, on se doit de reconnaître sa subtilité et son indépendance d'esprit, et accepter l'idée que nul ne sait vers quelle voie il aurait orienté ses théories.


     On souligne souvent le manque de culture économique des français. Selon moi, les français connaissent mieux l'économie que les américains. Mais, c'est sûr, ils ne sont pas aidés dans la recherche de l'information. Les économistes médiatisés adoptent des idées simplistes, et il y a bien peu de véritables articles d'analyse, d'explication, de débats dans les médias.


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Les médias et la crise , ou les excès de la médiatisation.

2 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

 

     Ceci est un billet d'humeur contre le traitement de la crise par les médias. Le propos est sans doute excessif, comme à chaque fois qu'on se laisse porter par son humeur. Mais cela fait du bien de s'exprimer parfois.


     On a vu ça et là des sondages indiquant que le moral des entreprises est au plus bas depuis des années, ou même, depuis l'invention de ce type de sondage. Comment pourrait-il en être autrement? On nous assène partout que c'est la pire crise depuis celle de 1929. Et tout le monde renchérit pour affoler les foules: les politiques, pour vendre leurs plans de relance, la presse, qui se fait l'écho des politiques. Les politiques, qui auraient pu se faire rassurant et montrer qu'ils géraient calmement la situation, mettent au contraire l'accent sur le catastrophisme, puis dégaine une loi, spectaculaire, pour montrer qu'ils agissent. Et les médias amplifient le spectacle.


     Il y a également très peu de débats dans les médias. Ainsi, tout le monde réclame la relance. Pas d'interrogation sur les raisons pour lesquelles ces politiques ont été abandonnées dans les années 1970. Pourtant, pour une presse en difficulté, ce serait l'occasion de montrer son utilité, en faisant un dossier historique, en faisant une série de reportages sur les relances de par le monde depuis les années 1930. Il y a beaucoup de sujets, et aucun frais quasiment. Inutile en effet de quitter la rédaction.


     Trouver l'information est ainsi très difficile. J'ai été surpris des difficultés à trouver les quelques détails que j'ai mentionnés sur le plan de relance américain. Alors, ne parlons pas de l'historique des relances. Les statistiques que l'on trouvent dans les médias remontent rarement à plus de cinq ans. Alors qu'en termes d'évolutions économiques, ou même démographiques et sociales, vingt ans est un minimum pour être significatif.


     L'économie est présentée de façon très simpliste. Pour ou contre la relance. Pour ou contre les réduction d'impôt. Pour ou contre les charges sociales. Pour ou contre l'état. On parle d'ultralibéralisme, ce qui n'existe pas en économie (ceux qui ne veulent aucune réglementation sont des théoriciens libertaires). On présente presque Keynes comme un antilibéral, alors qu'il était libéral. Et spéculateur, en plus. Les économistes devraient peut-être aussi s'interroger sur la façon dont ils présentent l'économie. Il faudrait peut-être la rendre plus accessible, pour ne pas laisser la voie au simplisme. Ou s'interroger: est-ce que les théories sont trop simplistes? Ou trop ésotériques?


     Bien sûr, nous sommes à l'ère d'internet, l'information est partout sur le réseau des réseaux. Mais il faut chercher. Beaucoup. Lire l'anglais aussi. Des gens avec un travail, des enfants, n'ont pas le temps de faire tout ce travail. A moins d'y consacrer tous leurs loisirs, et encore. On a besoin de journaux, papier, TV, radio, et internet, pour donner des infos claires, expliquer les débats clairement et simplement.


     Je le répète, ceci est un billet d'humeur. Le propos est peut-être exagéré. C'est le sentiment que j'ai sur la difficulté à trouver une bonne information, et sur la quasi absence de débat clair et dépourvus d'idéologie, en économie.

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