Analyse Libérale

Brexit : danger pour l'Europe et la France

16 Juin 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Le vote sur le Brexit approche. Les partisans du maintien du Royaume Uni dressent un tableau apocalyptique du Brexit, ainsi que les institutions européennes. En fait, le Brexit serait catastrophique pour l'Europe, et notamment pour la France. C'est pourquoi, s'il se réalise, l'Europe et la France ont intérêt à passer très vite des accords avec le Royaume Uni qui permettront de commercer comme si ce dernier était encore dans le marché commun.

Le Royaume Uni peut perdre beaucoup si les frontières de l'Europe se ferment à ses produits et services. Mais l’Europe peut perdre beaucoup si le Royaume Uni ferme ses frontières également. Et notamment la France. En effet, le Royaume Uni importe énormément en provenance de l'Europe. Et en particulier de la France, pays avec lequel son commerce extérieur est déficitaire. Une fermeture des frontière signifierait une crise en Europe, et particulièrement chez un des membres les plus fragiles de l'Union : la France.

Le Royaume Uni est par ailleurs un pays actuellement très dynamique. Du point de vue de la croissance, et du point de vue de la création et du développement d'entreprises. C'est LE pays européen des start up. Ce dynamisme signifie des importations de biens et services en provenance de l'Union Européenne. Mais aussi un atout pour l'Europe. Le Royaume Uni est tourné vers le futur et vers les pays émergents. Il est impératif de tout faire pour rester lié à cette dynamique. L'Europe a tout intérêt à garder ce pays dans une zone de libre échange.

Un pays a beaucoup à perdre avec le Brexit, et c'est la France. Car le commerce extérieur français avec le Royaume Uni est bénéficiaire. Car le Royaume Uni est un partenaire majeur de la France, après l'Allemagne. La France a intérêt à maintenir le libre échange avec le Royaume Uni, surtout compte tenu de son atonie actuelle. Le Royaume Uni est un facteur de croissance pour la France.

D'autre part, le dynamisme du Royaume Uni équilibre celui de l'Allemagne. Et la France a peu de chance de récupérer des activités financières importantes. Elle ne récoltera que des miettes, du fait de sa fiscalité et de sa réglementation anti-entreprises. Afin de faire contrepoids à l'Allemagne, la France a intérêt que Londres reste une place financière importante en euros. Sinon, c'est l'Allemagne qui récoltera la mise.

En conclusion, les prédictions apocalyptiques en cas de brexit sont absurdes. A moins que les partenaires du Royaume Uni ne se tirent une balle dans le pied, provoquant eux-mêmes une crise. Plutôt que de jouer les oiseaux de mauvais augures, mieux vaudrait s'intéresser aux raisons qui motivent le brexit.

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I-Cube 15/11/2016 08:15

On parle de la même chose, Vlad !

Bien à toi !

I-Cube

I-Cube 17/06/2016 09:19

Salut Vlad !

Evidemment, les oiseaux de mauvais augures dénonçant le Brexit ont parfaitement tort : On peut très bien vivre en Europe et ne pas être dans l'UE !
Regardez donc la Suisse, SVP, cernée de toutes parts par l'UE avec laquelle elle entretient des rapports obligés et privilégiés à travers une série d'accords qui lui permet d'accéder à l'espace européen !

En revanche, ce qu'on ne nous dit pas, c'est que le Brexit permettra à l'UE d'accélérer "l'intégration", éventuellement en revenant à une union à 12 voire à 6.
Et là, si c'est bien géré, ce sera un bond en avant formidable.
Reste à le construire et à se dégager, mollement peut-être, de l'emprise allemande sur les affaires communes.

Bien à toi !

I-Cube

Vladimir Vodarevski 17/06/2016 10:30

Je me demande s'il ne faut pas moins d'intégration, et plus de subsidiarité pour employer le jargon européen. Un état des USA a plus de liberté dans la fixation du taux de TVA, et dans la fiscalité en général, qu'un état de l'UE. Que l'UE développe peu à peu une diplomatie commune, un peu de défense commune au coup par coup et qu'elle s'occupe enfin de créer une police des frontières commune. Mais qu'elle soit aussi plus fédérale et moins jacobine.