Analyse Libérale

Les inégalités globales diminuent

9 Septembre 2015 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Le capitalisme est accusé de faire augmenter les inégalités. Dans cet extrait d'un article paru sur le site du Mises Institute , Daniel Fernández Méndez démonte cette thèse, statistiques à l'appui.

Au fil du temps, le discours selon lequel il y a globalement une augmentation des inégalités de revenus apparaît de plus en plus comme un conte de fées. Cette affirmation de la montée des inégalités est basée sur l'idée populaire que le développement du capitalisme mène à une immense augmentation des inégalités de revenus. Les écarts entre riches et pauvres, nous dit-on, augmentent si vite que la situation n'est plus soutenable. Ce discours affirme de plus que le capitalisme a une tendance intrinsèque à l'inégalité. Cette histoire est si souvent répétée que personne ne la met en doute.

Cette description est-elle pertinente ? Les données brutes semblent d'accord avec la version marxiste du processus de marché, dans laquelle un petit nombre de capitalistes deviennent plus riches avec le temps tandis que le peuple s'appauvrit. En effet, il semble que les inégalités ont explosé depuis la révolution industrielle. Nous pouvons voir comment les inégalités mondiales ont explosé depuis 1820 à travers les indicateurs d'inégalité communément utilisés : l'indice de Gini et celui de Theil (figure 1).

Les inégalités globales diminuent

Cependant, une analyse plus approfondie des données suggère autre chose.

Premièrement, nous notons que les inégalités de revenus au niveau mondial ont diminué depuis 1980. Cette baisse provient principalement de la mise en place de réformes en faveur de l'économie de marché en Chine, qui ont provoqué une fantastique augmentation de la productivité et des taux de croissance élevés qui ont sorti des millions de personnes de la pauvreté. En d'autres termes, 1,3 milliard de personnes convergent vers le niveau mondial moyen de revenus.

Néanmoins, les écarts entre les plus riches et les plus pauvres ont augmenté substantiellement entre 1850 et 1980. Donc la question demeure : le capitalisme en est-il la cause ?

Inégalités internes contre inégalités externes.

Au début du 19ème siècle, le coefficient de Gini était de 43, tandis qu'au début du 21ème siècle il était proche de 70 (le chiffre évolue entre 65 et 70 en fonction de l'origine des données).

Mais est-ce que ces chiffres ont comparables ? Pour cette interrogation, nous devons séparer les composantes du coefficient de Gini entre les écarts de revenus à l'intérieur des pays, et les écarts entre les pays.

Durant le début du 19ème siècle, 35% des inégalités globales décrites par l'indice de Gini était dues aux écarts entre les pays. A la même époque, 65% des inégalités provenaient des écarts de revenus à l'intérieur de chaque pays. Mais, au début du 21ème siècle, 85 à 90% des inégalités sont dues aux écarts entre les pays, tandis que seulement 10 à 15% sont dues aux différences de revenus au sein de chaque pays.

En d'autres termes, la principale origine des inégalités dans le monde est passée des inégalités internes aux pays aux inégalités externes, entre les pays.

Ce qui indique clairement que les inégalités ne proviennent pas du capitalisme, mais du développement de l'industrie et des institutions de marché dans différents endroits à différents rythmes. Si la moitié du monde adopte l'économie de marché et l'autre non, il est clair que le développement du premier groupe va rendre le monde plus inégalitaire, mais ce fait ne nous dit rien à propos des inégalités dans les endroits qui ont adopté les institutions de marché. En effet, les données disponibles soutiennent précisément cette hypothèse : les inégalités entre les pays ont augmenté de 15 points, à 60 – 63 points selon l'indice de Gini, tandis que les inégalités internes ont chuté de 28 points, à 7 – 11 points (figure 2 et 3).

Les inégalités globales diminuent
Les inégalités globales diminuent

Selon à la fois les indices de Gini et de Theil, la tendance montre que les inégalités entre les pays augmentent tandis que que les inégalités internes diminuent jusqu'aux années 1980. Les dernières observations modifient la tendance, en partie en raison de la récente intégration de la Chine et de sa force de travail dans l'économie internationale.

Note:les opinions exprimées sur le site Mises.org ne sont pas nécessairement celles du Mises Institute.

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I-Cube 11/09/2015 18:35

Pas du tout.
Rien que la fraude, c'est déjà le sida qui tue le PIB.

Combien déjà l'évaluation (forcément "au doigt-mouillé") de la fraude à la TVA ?
14 milliards, non ?
à 10 % le bout, ça fait 140 milliards d'assiette qui s'évapore.
Et ça va où, si ce n'est que pour corrompre peu ou prou ?

Enfin passons : Ta démonstration est effectivement bonne si tu la remets dans ces limites là : Pas de problème !

Bien à toi !

I-Cube

Michel Martin 11/09/2015 09:37

Est-ce que la mondialisation ne conduit pas à une nouvelle polarisation (mondiale) des inégalités? C'est ce qu'on peut déduire des statistiques que tu présentes.

I-Cube 09/09/2015 17:33

En bref, tout cela ne veut rien dire...
Les stats ne mesurent que des moyennes et tu veux nous expliquer qu'il y a des écarts au sein des entités qui diffèrent avec d'autres du même groupe, et plus encore entre groupe.

A mon sens, ça ne fait que confirmer une intuition, mais pour la mettre en exergue, il faudrait faire l'étude des inégalités et de leurs évolutions avec l'indice de corruption de chaque pays.
Là, j'en suis certain, il y a une corrélation à mettre en évidence...

Source de toutes les inégalités, figures toi !
Et quel que soit le régime politique, justement...
Ce qu'a d'ailleurs "loupé" "Pique-et-t'y" comme beaucoup d'autres.

Bien à toi !

I-Cube

Vladimir Vodarevski 09/09/2015 17:48

Oui bon, c'est juste pour montrer la différence entre pays capitalistes et non capitalistes. Remarque, la corruption, c'est condamné par le capitalisme. Il y a l'indice de liberté qui recoupe un peu la corruption. La France est mal classée. Cela t'étonne?