Analyse Libérale

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Comportement et théorie économique

1 Avril 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un nouvel article sur le blog Economie Autrichienne ici.

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La théorie de l'entrepreneur

20 Février 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un nouvel article sur le blog L'école autrichienne d'économie: La théorie de l'entrepreneur.

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LUDWIG VON MISES : L'ACTION HUMAINE

4 Février 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un nouvel article sur le blog de l'école autrichienne d'économie:

Ludwig von Mises : l'Action humaine.

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L'école autrichienne d'économie

16 Janvier 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Bonjour,

 

nouvelle année, nouveau blog. Venez découvrir le blog "L'école autrichienne d'économie, la dynamique de l'économie". Et son premier article, Carl Menger, le fondateur de l'école autrichienne.

 

Bonne lecture.

 

Bonne année.

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Le retour du mythe de la relance budgétaire

29 Novembre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

La politique budgétaire revient au goût du jour. Elle est réclamée pour prendre le relais de la politique monétaire à bout de souffle. Pourtant, n'applique-t-on pas déjà une politiquer budgétaire? Et celle-ci n'a-t-elle pas montré son inefficacité tout au long de l'histoire?

 

Le FMI a suggéré que les politiques budgétaires prennent le relais de la politique monétaire. La Commission Européenne a provoqué le courroux du ministre des Finances allemand, Wolfganf Shäuble, en proposant que l'Allemagne relance l'Europe par la dépense publique. Donald Trump propose une politique de grands travaux. Theresa May dénonce les effets inégalitaires de la politique monétaire, et veut la remplacer par une politique budgétaire. Et l’OCDE s’y met aussi.

 

Notons que le Premier Ministre du Royaume Uni n'a pas tort en dénonçant les effets inégalitaires de la politique de taux bas? Celle-ci favorise la finance et les possesseurs de patrimoine (Voir l'article Quand la BCE crée des inégalités ).

 

Cependant, la politique budgétaire n'est-elle pas déjà appliquée? Le budget de la France est déficitaire, comme celui du Royaume-Uni, celui de l'Espagne, celui de l'Italie. Ce qui signifie que ces pays injectent de l'argent dans leurs économies.

 

D'autre part, la politique de la BCE est justement de favoriser cette politique budgétaire. En maintenant les taux d'intérêt bas, et en rachetant la dette des pays de la zone euros, elle encourage la dépense publique. Ce dont ne se prive pas la France.

 

Quels sont les résultats de cette politique? La réponse est claire: nuls. Le Royaume-Uni, comme la France, a un déficit budgétaire élevé. Mais une croissance supérieur, et un chômage inférieur. On peut donc penser qu'il y a quelque chose d'autre que la relance budgétaire qui explique cette différence, quelque chose qui est appliqué au Royaume-Uni mais pas en France. C'est la logique même.

 

Et que dire de l'Allemagne, qui connaît une croissance plus forte que la France, malgré une démographie moins favorable? Et sans déficit budgétaire. En toute logique, en toute rigueur scientifique, on doit en conclure que la croissance ne dépend pas de la relance budgétaire.

 

Mais l'histoire ne nous dit-elle pas le contraire? La légende veut que le keynésianisme, c'est-à-dire la relance budgétaire, ait vaincu la crise de 1929 aux USA. Au moment du déclenchement de la crise, le président US Hoover n’aurait rien fait. Et c’est son successeur, Franklin Roosevelt, qui aurait relancé l’économie par un politique budgétaire.

 

Mais cette histoire est fausse. Le président Hoover était très interventionniste, et avait enclenché la relance budgétaire (voir ici). Ainsi que d’autres politiques, comme le protectionnisme. L’économie US ne s’est vraiment relevée qu’après la guerre. Alors même que le gouvernement diminuait la dépenses publiques, qui avait explosé avec la guerre, et rétablissait une certaine stabilité monétaire avec les accord de Bretton Woods. Une autre leçon de la crise a été la lutte contre le protectionnisme, qui avait aggravé celle-ci. Ce furent les accord du Gatt. Et le monde occidental connut une période de prospérité, sans déficit budgétaire. (Voir ici)

 

Ajoutons que, dans les années 1970, tous les pays ont pratiqué une politique de relance. Qui n’a pas donné les résultats attendus. Encore une fois.

 

La France a en fait connu une récidive en matière de relance budgétaire, en 1981, après celle de 1974. Elle était le seul pays en Europe cette fois, les autres ne voulant pas commettre deux fois la même erreur. L’échec de cette relance a alors été mis sur le compte des autres pays européens, qui auraient profité de la relance française, alors qu’ils auraient eux aussi dû commettre la même erreur.

 

Aujourd’hui, c’est l’Allemagne qui est sollicitée. Elle est accusée de manque de solidarité, en raison de ses excédents commerciaux. Comme elle est à l’équilibre budgétaire, on lui demande une relance pour soutenir… toute l’Europe. Bien sûr, elle recevrait l’aide… des Pays-Bas.

 

L’Allemagne connaît une croissance, mais pas extraordinaire, du fait de sa démographie. C’est une économie puissante, mais imaginer qu’elle pourrait tirer toute l’Europe est aberrant. Elle soutient l’Europe d’ailleurs, par sa croissance. Mais si la France ne profite pas de la vigueur du marché allemand actuellement, pourquoi en profiterait-elle si l’Allemagne augmente ses dépenses ? C’est le serpent qui se mord la queue : pour profiter de la croissance allemande, avec ou sans relance, la France doit améliorer sa compétitivité. (Voir par ailleurs ici.)

 

D’autre part, cette antienne de la relance budgétaire est une vision bien simpliste de l’économie. Est-ce qu’une relance budgétaire ne pourrait pas être une baisse de la dépense publique, couplée à une baisse des prélèvements ? Les prélèvements sur l’économie s’élèvent pour l’exercice 2015-2016 à environ 38 % au Royaume Uni, environ 44 % en Allemagne en 2014, sachant que le budget est quasiment à l’équilibre (voir les statistiques de l’OCDE, ici et ici), et à environ 53 % en France (pour le total des prélèvements, et pas seulement ceux qui sont qualifiés d’obligatoires. Par exemple, la redevance audiovisuelle n’est pas considérée comme un prélèvement obligatoire. On fait ici la différence entre les dépenses et le déficit.)

 

En conclusion, cette demande d’une relance budgétaire n’a aucun sens. Elle va à l’encontre de ce que nous apprennent les faits économiques, l’histoire économique. Elle relève d’une notion simpliste selon laquelle, si les affaires sont mauvaises, c’est que l’argent manque. Ce qui a déjà été réfuté par Jean-Baptiste Say au 19ème siècle.

 

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Les adieux de Sarko

20 Novembre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

J'ai plutôt l'habitude de critiquer les politiciens, les médias, l'ordre établi. Pour une fois, je rends hommage. Je n'aurais jamais cru le faire, je rends hommage à Nicolas Sarkozy.

 

Suite à sa défaite à la primaire de la droite et du centre, son discours a été très digne. Il reconnaît sa défaite. Il soutient François Fillon, malgré les désaccords qu'il rappelle. Mais sans dénigrer Alain Juppé, à qui il rend hommage.

 

C'était un testament. Sarkozy souhaite se consacrer à sa sphère privée. Il a fait un clin d'oeil aux journalistes, s'excusant du rythme qu'il leur a imposé, avec beaucoup d'humour.

 

Je pourrais énumérer beaucoup de critiques à l'encontre de Nicolas Sarkozy. Je dois reconnaître aujourd'hui qu'il suit le meilleurs de la politique aux USA qu'il semble avoir pour modèle : la reconnaissance de la défaite, la reconnaissance de la démocratie.

 

Le fait qu'il soutienne un candidat est aussi extraordinaire. Il soutient François Fillon, son ancien Premier ministre, à l'encontre de qui il n'avait pas forcément de sentiments très amènes. Il n'était pas obligé. Sarkozy aurait pu simplement laisser les votants choisir. Il a fait un choix. Maintenant, même si je les critique, je ne sous estime jamais les politiciens. Y-a-t-il une intention sous-jacente ? Un accord ? Je ne sais.

 

Les journalistes considèrent que Sarkozy a délivré son testament politique. Je ne m'avancerais pas. En tout cas, à l'heure actuelle, on peut dire qu'il sort en beauté.

 

Dans un panorama politique sans renouvellement, sans nouveauté, sans libéralisme, j'aime m'attacher aux points positifs. Maintenant, Je ne suis convaincu par aucun programme. Mais je rends hommage au panache.

 

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L'austérité, qu'est-ce que c'est?

31 Octobre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

L’INSEE a sorti un article sur le différentiel de croissance entre la France et le Royaume-Uni. On y apprend que ce dernier a une croissance supérieure à la France en raison notamment de sa dépense publique. Ce qui ne laisse pas d’étonner. Diantre, la Perfide Albion n’est-elle donc pas le chantre de l’austérité, qui coupe sauvagement dans les dépenses publiques, et notamment les dépenses sociales ? En fait, à son corps défendant, l’INSEE illustre à sa manière la vacuité du terme "austérité", qui ne signifie rien du tout en économie.

 

En 2009-2010 (l’exercice budgétaire ne correspond pas à l’année civile au Royaume-Uni), la dépense publique représentait 47 % du PIB. Le gouvernement travailliste de Gordon Brown menait une politiquer économique basée sur la dépense publique et le déficit. Quand la crise s’est déclarée, l’effet ciseau a été terrible : baisse des recettes et hausse des dépenses. Le déficit budgétaire a atteint 10,3 % du PIB au cours de l’exercice 2009-2010. En France, en 2009, le déficit public atteignait 7,5 % du PIB. Et la dépense publique55,6 % du PIB.

 

Au terme de l’exercice 2015-2016, le déficit budgétaire du Royaume -Uni s’élevait à 4,1 % du PIB. Mais le gouvernement de David Cameron n’a pas diminué la dépense publique. Celle-ci a augmenté, mais moins vite que le PIB. Ce qui fait qu’elle est redescendue à un peu plus de 42 % du PIB. En France, en 2015, la dépense publique s’élève à 57 % du PIB. Le déficit à 3,5 % du PIB.

 

On constate donc que le Royaume-Uni a diminué son déficit budgétaire de près de 6 points de PIB, tandis que la France l’a diminué de 4 points. On constate que la France a augmenté la dépense publique en pourcentage du PIB, ce qui signifie que la dépense publique a augmenté plus rapidement que le PIB. Le Royaume-Uni a aussi augmenté la dépense publique, mais moins vite que le PIB, ce qui fait qu’elle a diminué en pourcentage du PIB. Il faut également noter que la dépense publique, au Royaume-Uni, est simplement revenu à sa moyenne. Elle n’est pas exceptionnellement basse. C’était la politique de Gordon Brown qui l’avait fait augmenter à des niveaux exceptionnels, puis la crise.

 

Mais, où est l’austérité ? Du côté du Royaume-Uni, qui a plus fortement réduit son déficit, et contenu sa dépense publique ? Mais son déficit reste supérieur à celui de la France. Du côté de la France, qui a moins réduit son déficit, mais plus augmenté sa dépense publique ? Mais la France ponctionne plus ses citoyens, tandis que le Royaume-Uni leur laisse plus de disponibilités. Les deux pays sont en déficits budgétaires, donc en position de relance keynésienne.

 

En économie, un seule indicateur ne veut rien dire. Le déficit budgétaire n’a pas de signification en lui-même. Sous l’influence du keynésianisme, on diffuse des idées simplistes comme celle qui considère qu’un déficit est bon pour l’économie, et on tire des conclusions simplistes du fait qu’un pays a un déficit supérieur à un autre. Mais la réalité est plus complexe. On peut ajouter que l’Allemagne voit croître son économie, alors qu’elle est en excédent budgétaire, et que sa situation démographique n’est pas favorable à la croissance. (La baisse ou la stagnation de la population est un facteur qui diminue la croissance. La performance de l’Allemagne est donc remarquable compte tenu de sa démographie. La France, avec sa démographie, devrait avoir une croissance bien plus importante. ) Et s’il y a croissance sans déficit budgétaire, et il y a eu croissance sans déficit au cours de l’histoire, cela signifie que la théorie keynésienne est démentie par les faits, et que le déficit n’est pas l’indicateur pertinent de la croissance.

 

 

 

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La déformation généralisée des faits en économie.

23 Octobre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Les faits sont importants pour se faire une opinion. On pourrait penser qu’à l’ère d’internet, il soit facile d’avoir les faits bruts. Pourtant, en économie, les faits sont souvent déformés.

 

Imaginons un pays qui connaît une crise économique. Son président décide alors d’augmenter les dépenses publiques, de pratiquer le protectionnisme, de s’entendre avec les entreprises pour que les salaires ne baissent pas. Imaginons maintenant que l’histoire retienne que ce président n’a rien fait, et attendu que la crise se passe, en adepte du « laisser-faire ».

 

Impossible dirons nous, du moins dans un régime démocratique.

 

Pourtant, cette histoire est vraie. Plus encore, elle concerne la plus célèbre des crises économiques, celle de 1929. Et le pays d’où est partie la crise : les Etats-Unis d’Amérique.

 

Le président Hoover, qui était en place en 1929, n’était en effet pas un adepte du « laisser-faire ». Bien au contraire, il était très interventionniste. Comment expliquer que les faits nous arrivent ainsi déformés ?

 

Ce n’est pas un cas isolé. C’est même une généralité. Ainsi, des banques américaines, et étrangères, comme la Deutschbank, ont été condamnées à des amendes par la justice US pour tromperie sur les titres subprime. Pourtant, elles n’ont trompé personne. Elles se sont conformées à la politique en vigueur. Les titres subprime ont été construits en respectant les critères de Bâle, une des nombreuses réglementations qui encadrent la finance.

 

Ces titres correspondaient à des crédits hypothécaires. Les banques prêtaient, puis découpaient les crédits sous formes de titres financiers, et les revendaient sur le marché financier. Tout le monde savait que ces titres correspondaient à des crédits accordés à des gens pas forcément solvables, de par leur nom même : subprime est la pire catégorie en matière de crédit. Mais on considérait que l’immobilier ne baisserait pas, et que donc le bien hypothéqué pourrait toujours rembourser le prêt. (Pour une explication du mécanisme des subprime, voir La crise avec des mots simples).

 

On considérait même qu’il y avait un cercle vertueux : les crédits soutenaient la consommation, ce qui soutenait l’économie. Un raisonnement purement keynésien.

 

On oublie aussi que la politique des USA était d’encourager ces prêts subprime. La banque centrale, la Fed, avait diminué fortement les taux d’intérêt. Le gouvernement encourageait les prêts, de deux manières. Par l’intermédiaire de deux organismes, Fannie Mae et Freddy Mac, qui rachetaient aux banques les prêts subprime. En faisant pression sur les banques, via le Community Reinvestment Act, qui force les banques à prêter aux personnes insolvables.

 

Ce sont là des faits. Des faits récents. Ils sont oubliés. Au contraire, est propagée la fable d’un secteur financier sans contrôle qui a causé la crise. Pire encore, on utilise les même recettes, la baisse des taux d’intérêt, le même raisonnement keynésien, avec le retour de la relance budgétaire, que celui qui a conduit à la crise. (Pour une synthèse complète des politiques qui ont mené à la crise, je conseille cet excellent article du Quarterly Journal of Austrian Economics : The subprime Crisis. )

 

D’autres faits sont laissés dans l’ombre. Comme l’extraordinaire baisse de la pauvreté dans le monde. Et le fait que cette baisse soit due à la mise en œuvre de politique en faveur de l’économie de marché. Ou la baisse des inégalités au Royaume-Uni, sous le gouvernement Cameron. A travers les médias, on aurait plutôt l’impression du contraire, celle d’un pays ne créant que des emplois précaires. Et ce sont des faits actuels.

 

En économie, les faits nous arrivent déformés. D’une manière telle qu’elle semble impossible, qu’elle semble relever des théories du complot. Et pourtant c’est vrai. Et ils sont toujours détournés dans le même sens.

 

La question qui se pose alors, c’est comment la démocratie peut-elle fonctionner avec une information ainsi biaisée, ou, tout du moins, un tel manque de pluralisme. Car c’est là l’enjeu : décider quelle politique économique adopter.

 

Qu’on ne s’étonne pas alors du développement du populisme, si même ceux qu’on dit non populistes défendent des théories désignant des boucs émissaires, et des solutions de facilité, en occultant les faits.

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Le discours de Theresa May: un calcul politique?

6 Octobre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Theresa May, Première Ministre du Royaume-Uni, a insisté au congrès du parti conservateur sur la nécessité d'un pays plus juste. Ce qui tendrait à conforter l'idée que le raison principale du vote en faveur du brexit est un rejet des élites dû à une politique économique pénalisante pour les plus défavorisés. Cependant, la situation est plus complexe.

Le Royaume-Uni, une économie en croissance.

Le Royaume-Uni a quand même donné une majorité absolue au Premier Ministre David Cameron lors des dernières élections législatives. Le même Cameron n'avait pas obtenu cette majorité auparavant, face au gouvernement travailliste sortant. Plus que tous les indicateurs économiques et sociaux, ce vote montre que sa politique donnait satisfaction à une majorité d'électeurs.


Les indicateurs confirment la bonne tendance de l'économie du Royaume-Uni, comme le montre l'enquête annuelle de l'ONS. Les revenus réels, après avoir baissé, sont remontés au dessus du niveau d'avant la crise. Les inégalités, mesurées par l'indice de gini, ont également baissé par rapport à la période travailliste. Contrairement à la légende, le pourcentage d'emplois dits « zéro heures » n'est pas élevé, à 2,5% des emplois. De même, l'augmentation de l'emploi indépendant n'est pas exponentielle, et peu s'expliquer, du moins en partie, par ce qu'on appelle « l'uberisation » de l'économie.

Il est vrai que les habitants du Royaume-Uni ont souffert, et qu'ils ne retrouvent que maintenant une situation meilleure qu'avant la crise. Mais c'est la politique travaillistes d'avant la crise qui semble responsable, tandis que Cameron est crédité du redressement du pays.


Les raisons du Brexit.

Il n'y a pas une cause unique qui explique le vote en faveur du brexit. Les sondages indiquent que la première cause et le souhait du peuple de retrouver la souveraineté du parlement sur le pays. Ce qui est corroboré par le fait que le fait que le vote en faveur du brexit est plutôt conservateur. Et par le fait qu'au sein du Royaume, l'Angleterre a largement voté en faveur du Brexit, à l'inverse de l'Ecosse.

La deuxième cause serait le contrôle de l'immigration. C'est un sujet qui rassemble. Des conservateurs peuvent se sentir menacés dans leurs traditions, et des travaillistes craindre que le système social soit sature. Theresa May a appuyé sur ce sujet d'ailleurs dans son discours.

Enfin, une raison qui a peut-être fait pencher la balance, c'est la tiédeur du leader travailliste, Jeremy Corbyn, a soutenir le maintien dans l'Union Européenne. Certains électeurs travaillistes, tentés par un vote de rejet effectivement pour des raisons économiques, ont pu être encouragés par cette attitude.


Par conséquent, la situation économique ne semble pas être le facteur prédominant du vote.

Le calcul politique de Theresa May.

La question du Brexit empoisonnait le parti conservateur. Maintenant qu'elle est tranchée, celui-ci a un problème en moins. Par contre, le Brexit aggrave la crise au parti travailliste.

Dès son élection à la tête du parti, Jeremy Corbyn a été contesté au motif qu'il était trop extrémiste pour espérer rassembler une majorité d'électeurs aux législatives. Sa tiédeur à faire campagne pour le maintien dans l'Union Européenne a provoqué une motion de censure à son encontre de la part de la majorité des parlementaires travaillistes, et provoqué de nouvelles élections internes, toujours remportées par Corbyn.
Le virage socialiste incarné par Corbyn peut inquiéter des électeurs centristes ou socio-démocrates. Or, les élections législatives sont uninominales et à un seul tour au Royaume-Uni. Il faut donc rassembler une majorité dès le premier tour.

L'autre parti qui émergeait, et qui pouvait concurrencer les conservateurs, etait l'UKIP, qui militait pour quitter l'Union Européenne. Sans sa raison d'être, l'UKIP est également en crise.

Theresa May est assurée d'avoir derrière elle les conservateurs. Ceux qui étaient tentés de voter pour l'UKIP n'ont plus de raison de le faire. Elle peut attirer les électeurs travaillistes plutôt centristes ou socio-démocrates que le socialisme de Jeremy Corbyn rebute. Et ainsi s'assurer d'une majorité confortable aux prochaines législatives.

Le discours de Theresa May est donc certainement un calcul politique, destiné à assurer le pouvoir aux conservateurs.

NB: pour compléter, un excellent article du Figaro sur le sujet,ici.

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Augmentation du chômage en août 2016

26 Septembre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Le ministère du travail a publié les chiffres des demandeurs d’emplois à pôle emploi en août 2016. Ils sont mauvais. Le chômage augmente, dans quelque qu’on tourne ces chiffres.

Cette augmentation n’est pas très surprenante. La France a connu une légère baisse du PIB au deuxième trimestre 2016, de 0,1 %. Ce ralentissement se traduit logiquement en baisse d’emploi. On peut noter que cette augmentation du chômage se produit malgré le programme de stages lancé par le gouvernement pour faire baisser le chômage. Et malgré la baisse de l’euro, ou encore la politique très laxiste de la BCE.

En France, on considère qu’on a tout essayé contre le chômage. Pourtant, d’autres pays ont de meilleurs résultats. Le Royaume-Uni par exemple. Cependant, ce pays est décrit comme une catastrophe sociale. Par exemple, on insiste sur les contrats zéro heures. Alors que ceux-ci sont marginaux (2,3 % à 2,5 % des actifs), et que la France remplace les CDI par des CDD (pour la situation au Royaume-Uni, voir ici).

Ou encore l’Allemagne, où les syndicats ont adhéré au plan de Shroder, en appliquant la modération salariale. Mais, malgré cette action syndicale en faveur de la modération salariale, la France dénigre cette politique en faveur de l’emploi (voir ici).

La France est même timorée face à l’évolution technologique. Alors que, historiquement, ces évolutions ont été synonymes de prospérité, la France craint le chômage (voir ici). Il y a une sorte d’enfermement idéologique qui refuse la réalité.

La France est entrée en période électorale. On va promettre et raser gratis. Mais, en attentant, la situation ne s’améliorera pas.

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