Analyse Libérale

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VIVE LES FAKE NEWS!

23 Juillet 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Sur le site Les éconoclastes est publié un article de Nicolas Meilhan, dans lequel l’auteur soutient qu’une partie de la pollution en région parisienne est importée. Il y souligne que cette hypothèse avait été démontée par les grands médias, en décembre dernier. Or, il publie aujourd’hui des analyses d’Airparif, qui confirmerait cette hypothèse. Je mets le conditionnel pour rester parfaitement neutre. Car le sujet de l’article n’est pas l’environnement mais les fake news, ces fameuses fausses informations contre lesquelles la chasse est ouverte. Cet exemple montre la difficulté à identifier ou même définir une fake news.

 

On semble considérer aujourd’hui qu’il y a les grands médias, qui existent depuis longtemps, qui diffusent de la bonne information, et le reste, ces milliers de site internets à travers le cyberspace, qui diffusent des fake news. Cette vision des choses est étonnante. En effet, internet permet la profusion d’informations ET les recoupements. Comment en est on arrivé à oblitérer le progrès et à ne voir que les fake news ?

 

Quand une information est fausse, ce sont les faits qui le démontrent. Nul besoin de l’interdire. On ne peut pas savoir a priori si une information est fausse. Il faut la confronter aux faits. Ce qui prend du temps. C’est à l’issu de ce processus qu’elle s’avère vraie ou fausse. A ce titre, les processus de vérification (les fact checkers), sont une bonne démarche.

 

Cependant, déterminer la véracité d’une information n’est pas si simple. L’exemple introductif le montre. Chacun est influencé par ses opinions, et peut, volontairement ou non, mettre en avant des faits favorables à son opinion. On peut même voir des contre-vérités se diffuser. Par exemple, en économie, il est courant de lire que lorsque que la crise de 1929 s’est déclenchée, le président US de l’époque, Edgard Hoover, adepte du laissez-faire, n’a rien fait. Or, c’est faux. Hoover était très interventionniste, et avait lancé une politique de relance qu’on qualifierait aujourd’hui de keynésienne (voir ici).

 

Il y a également des demi-vérités. Il y a des rumeurs, qui sont fausses, mais qui permettent de dénicher de vraies informations. Une information peut être controversée. Une information peut prêter à interprétation. Il n’y a pas toujours de vérité claire dans ce domaine. Une information biaisée peut ainsi être intéressante justement parce qu’elle est supposée biaisée. Par exemple, les médias russes sont accusés de manipulation, parce qu’ils présentent l’information du point de vue russe. Les médias français présentent l’information selon le point de vue français. Faut-il interdire le point vue russe ? Dans une démocratie, bien sûr que non. D’autant qu’il est intéressant d’avoir ce point de vue russe.

 

Ajoutons que les connaissances peuvent évoluer. La loi de Newton a été corrigée par Enstein. Ajourd’hui on s’interroge sue le rôle des glucides dans l’alimentation. La notion de fake news se base sur l’existence d’une vérité. Mais la vérité n’existe bien souvent pas. Le débat doit être permanent.

 

Notons que décréter qu’une information est officiellement fausse est un remède pire que le mal. La réaction des partisans de cette info sera de dire qu’elle est forcément vraie puisqu’on la décrète fausse. C’est le meilleur ferment des théories du complot.

 

Le mieux est donc de ne pas intervenir. Grâce à internet, chacun a accès à une multitude d’informations. Chacun peut effectuer des recoupements. Chacun peut évaluer les sites. Un travail de décantation se fera dans le temps, ainsi qu’un apprentissage pour bien appréhender le fait de disposer de tant d’informations. Au final, les informations seront sélectionnées. Il y aura les vraies, les fausses, et celles sujettes à débat permanent.

 

Mais pourquoi ce focus soudain sur les fake news ? Pourquoi cette inquiétude ? Pourquoi ne pas mettre en avant l’aspect positif du net, qui permet de connaître une multitude d’informations de points de vues différents ? N’est-ce pas un fabuleux progrès pour la démocratie que cette multitude d’informations, permettant à chacun de confronter les informations et les avis pour se forger son opinion ?

 

Un argument est de dire que ceux qui visitent des sites disons alternatifs, s’enferment dans leurs opinions. Ils vont partager les mêmes types d’articles sur Facebook. Ce qui fait qu’ils auront des amis Facebook à leur image, qui relaieront le même type d’articles. Le même type d’information. Au final, l’internet les conforterait dans leur opinion, fausse, au lieu de leur ouvrir l’esprit. (C’était l’objet d’un article sur ZDNet que je ne suis pas parvenu à retrouver).

 

Cependant, c’est la même chose pour ceux qui ne lisent que les médias officiels, et ne partagent sur Facebook que ces médias. Ce sont les informations et les opinions de gens qui ont la même éducation, issus des mêmes écoles. Pour enrichir son point de vue, une démarche est nécessaire. On ne peut s’ouvrir l’esprit qu’en quittant les sentiers battus. Ce serait un grand gâchis de ne pas profiter d’internet pour ne pas explorer, en lisant des nouvelles parfois tendancieuses, certes. Mais l’exploration mènera in fine à de belles découvertes. L’argument de l’enfermement dans une opinion ne tient donc pas. Cet enfermement dépend totalement de l’attitude de chacun en tant qu’internaute.

 

D’autant que l’information diffusée par ces médias « officiels » est largement influencée. Elle provioent de l’INSEE, par exemple, un organisme gouvernemental. Elle provient de l’OCDE, un organisme supra-national. Dans le débat sur la GPA, c’est une commission désignée par le gouvernement qui s’est prononcée. L’internet nous offre la chance de développer le pluralisme. Pourquoi s’en priver ? Pourquoi considérer a priori que certains disposent de LA Vérité, et d’autres sont des faussaires ?

 

Pour lutter contre les fake news, le mieux est donc d’encourager l’exploration du net. Et il ne faut pas s’effrayer si le citoyen se fait une opinion. C’est le monde d’aujourd’hui : l’opinion est moins contrôlable. Est-ce cela qui fait peur ? Je n’ose le croire. La disponibilité de tant d’information sur internet, vraies ou fausse, ou entre les deux, représente un tel progrès pour la démocratie !

 

Le combat contre les fake news peut déboucher sur des interdits officiels. Il en existe déjà. Par exemple, l’interdiction, sur internet notamment, de certains propos sur l’avortement.

 

Pourquoi ce combat contre les fake news ? La question reste posée. L’internet permet un enrichissement de chacun extraordinaire. Chacun peut recouper les informations. Et remettre en cause les grands médias, le pouvoir. C’est un progrès extraordinaire. Il n’y a aucun besoin de lutter contre les fake news : la décantation se fera d’elle-même. Le simple accès à une multitude d’information est un progrès extraordinaire pour lutter contre les fake news.

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LREM : La République Est Mat

23 Juin 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

La République est mat. Aux échecs, comme l’indique Wikipedia, "c’est une une situation dans laquelle un roi est menacé de capture au prochain coup et pour laquelle aucune parade n'est possible". L’encyclopédie en ligne précise que "certains pensent que l'expression est issue du persan sāh māta, c'est-à-dire « le roi est étonné »". Aujourd’hui, la République est mat, et toute étonnée, même si elle fuit la réalité.

 

La République est en échec. Les dernières élections ont acté le rejet des politiques, dont le président élu lui-même, ainsi que la montée des extrêmes. Le débat est inexistant pour ne pas dire interdit. La France est divisée, entre la base et une élite auto-proclamée. Et cette situation est le fruit de la République, telle que nous la pratiquons.

 

Les politiques rejetés.

Macron est très mal élu. Marine Le Pen, diabolisée, qui de l’avis général a mené une mauvaise campagne au second tour, réalise un score de 33,9 % des suffrages exprimés. Macron ne rassemble que 43,61 % des inscrits. C’est à la fois un score historique pour le FN, qui n’a jamais rassemblé autant de suffrage à une élection présidentielle, et pour Macron, le candidat élu n’ayant jamais récolté aussi peu de suffrage. L’abstention a culminé à 25,44 % des inscrits. Un score historique également. Et, au premier tour, Marine Le Pen et Mélenchon rassemblent 40,88 % des suffrages exprimés. Un score là aussi historique pour les extrêmes. Le vote d’adhésion à Macron étant de plus très faible : une partie de l’électorat a voté contre Marine Le Pen, et non pour Macron. La présidentielle, dans la Cinquième République, se veut la rencontre d’un homme et du peuple. C’est raté.

 

Les législativesont confirmé la tendance. Une abstention qui bat des records : 57,36 % des inscrits. Cette abstention provient en partie d’électeurs de Mélenchon et du FN à la présidentielle, qui avaient déjà perdu tout espoir. Cependant, cela n’a pas empêché un score comme on n’en avait pas vu depuis longtemps pour l’extrême gauche, qui récolte 27 sièges (10 pour le Parti Communiste, 17 pour Mélenchon), et un nombre historique de députés FN pour un scrutin uninominal : 8 députés. Cette faible participation, cette montée des extrêmes à un scrutin qui ne leur est pas favorable, c’est le symptôme d’un profond rejet de toute la classe politique, Macron y compris.

 

La démocratie sans débat.

La démocratie est censée être le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Le peuple est censé se prononcer au vu des débats d’idées. Il n’y a rien eu de cela, ni à la présidentielle, ni aux législatives. Les sujets qui fâchent ont soigneusement été évités. L’Islam, par exemple. Ceux qu’on appelle les migrants. La laïcité. La GPA. L’insécurité. L’immigration. L’Europe. La culture française. Tout a été éclipsé.

 

De plus, un nouveau phénomène vient entraver le débat : la chasse aux fake news. Ces fausses informations sont accusées de manipuler les esprits. Elles auraient favorisé l’élection de Trump aux USA. Mais qu’est-ce qu’une fake news ? Qui décide de ce qui est vrai ou faux ? Une info peut commencer par une rumeur, qui masque une vérité. L’engouement pour une fake news peut révéler des inquiétudes populaires. Des fake news peuvent être des demi vérités. Surtout, sur des sujets controversés, comment déterminer le vrai du faux ? Quelle est la frontière entre chasse aux fake news et limitation du débat ? Entre chasse aux fake news et limitation de la démocratie ?

 

Un peuple divisé.

Le peuple français est profondément divisé. Les sondages montrent une classe aisée qui a voté Macron. Et une classe moins aisée, qui comprend une partie de la classe moyenne, qui vote extrême ou qui s’abstient. La bourgeoisie des centres villes opposées à la plèbe des faubourg et de la campagne. On souligne que les diplômés ont voté Macron, et que les non diplômés ont voté extrême ou se sont abstenu. L’élite éclairée a bien voté.

 

Mais déjà, qu’est-ce qu’un diplômé ? Diplômé dans la restauration, ça compte ? Je crois que non. Nous voyons là un mépris pour qui ne sort pas d’études dites supérieures. Surtout, cette division souligne que chacun vit dans son monde. Confronté à des mondes différents, chacun a des références différentes. Les fake news ne sont pas en cause dans ces différences d’opinions. Le peuple s’informe en regardant la télévision, en lisant la presse régionale. Mais il interprète différemment les informations, en fonction de ce qu’il vit. La République, qui prétend rassembler, a abouti à des divisions historiques.

 

La légitimité

Quelques articles se sont vaguement interrogés sur la légitimité du nouveau pouvoir, si mal élu. Il n’y a pas d’ambiguïté : le pouvoir est légitime. Il a été élu dans les règles. C’est tout ce qui compte pour la légitimité. Qu’il ne se préoccupe pas d’une grande partie de l’électorat n’a pas d’incidence sur sa légitimité.

 

Le problème n’est pas la légitimité du pouvoir. C’est la légitimité du système. Le système aboutit à la prise de pouvoir d’un groupe pas forcément en phase avec le peuple. Par exemple, Macron est ce qu’on peut qualifier un ultra européaniste. Et il ne semble pas vouloir infléchir cette politique. Le peuple français semble moins européaniste. 40 % des inscrits ont voté pour Mélenchon et Le Pen, des eurosceptiques. Comment vont-ils réagir ? Ne risque-t-on pas une radicalisation ? Le pouvoir est légitime. Le système pose problème.

 

Conclusion

La République est Mat. La République a produit la situation actuelle. Le rejet du politique, la montée des extrêmes. L’absence du débat indispensable à la démocratie, et même potentiellement l’interdiction du débat. Le rejet d’une élite qui gouverne quand même sans souci du peuple. Les aspirations républicaines sont bien mortes.

 

Ce n’est pas un problème de légitimité. C’est un problème de système. C’est la République qui a produit cette situation. Aujourd’hui, la République consiste à donner les pleins pouvoirs aux élus. Le résultat est un rejet des politiques. Un rejet d’une élite aussi . Mais en même temps cette élite cherche à imposer ses décisions. Au vu des crispations et des oppositions, l’avenir s’annonce sombre.

 

La réponse libérale est la limitation du pouvoir. Les anarcho-capitalistes refusent même tout pouvoir (sur ce sujet, je vous conseille ce blog). L’évolution de la société doit partir des actions de chacun d’entre nous, pas de Big Broher.

 

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Climat et démocratie

11 Juin 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Au nom du réchauffement climatique, des politiques anti-écologiques sont appliquées. Un exemple parmi d’autres des dysfonctionnements de la démocratie. Qui incite à donner moins de pouvoir aux politiciens.

 

 

Le climat est un thème qui s’est imposé dans la politique aujourd’hui. La décision de Donald Trump de retirer les USA des accords de Paris a eu un retentissement planétaire. C’est aussi malheureusement un exemple des dysfonctionnements de la démocratie. Il n’y a en effet aucun débat ou presque sur le climat. On nous demande de croire, et d’apostasier les mécréants. Cela parce que ce thème sert des intérêts politiques. Le pire, c’est qu’au nom du climat on mène des politiques qui n’ont rien d’écologique.

 

Le débat interdit.

Le débat sur le climat n’existe pas, et les enjeux sont totalement occultés. De quoi s’agit-il ? Notre planète a connu un réchauffement global au siècle dernier. Comme elle a connu diverses périodes de réchauffement et de refroidissement au cours de sa très longue histoire. Ce réchauffement est donc naturel. Cette dernière phrase va déjà provoquer un tollé. Pourtant, même le GIEC ne dit pas le contraire. Le GIEC suppose que l’activité humaine, en dégageant du CO2, augmente le réchauffement. La question est de savoir dans quelle proportion. Le GIEC établit des hypothèses et des probabilités quant à cette influence humaine sur le réchauffement climatique.

 

La première question est donc de savoir si l’activité humaine augmente le réchauffement. Si oui, dans quelle proportion ? Cette deuxième question n’est pas anodine. En effet, On nous présente le réchauffement climatique comme porteur de catastrophes. Mais, est-ce que ces catastrophes ne se produiraient pas même sans l’influence humaine ?

 

On peut s’interroger aussi sur les effets du réchauffement. On ne nous présente que des effets néfastes. Mais parallèlement, la végétation s’accroît sur la planète. Socialement, les efforts demandés au nom du réchauffement climatique ont un coût énorme. Il serait bon de mettre en balance les avantages et les inconvénients, pour évaluer l’utilité de payer aussi cher.

 

Toutes ces questions sont éludées. Il n’y a aucun débat. Pourtant, le débat n’est-il pas essentiel à la démocratie ? N’est-il pas essentiel pour se faire une opinion ? Pire, en France, on ne souligne jamais les erreurs de prévisions de la modélisation du GIEC. Il paraîtrait même que selon les données compilées par le GIEC, il n’y a plus de réchauffement depuis une vingtaine d’années. Ce serait la raison pour laquelle on est passé du thème du réchauffement climatique à celui du dérèglement climatique. Face au refus du débat, qui croire ?

 

A qui profite le crime ?

Mais puisque que toutes les institutions internationales soutiennent la thèse de la responsabilité de l’activité humaine dans le réchauffement climatique, pourquoi ne pas y croire ? Il y a une schizophrénie étonnante à propos des politiciens. D’un côté on les critique, de l’autre on croit ce qu’ils disent. Or, ce sont des politiciens qui soutiennent cette thèse de la responsabilité de l’activité humaine dans le réchauffement climatique. Et le but d’un politicien est clair : le pouvoir !

 

Que des officiels, des médias, des politiciens serinent une antienne ne signifie pas qu’elle soit vraie. Par exemple, en économie, on nous raconte que durant la crise de 1929, le président des USA Herbert Hoover n’a rien fait pour relancer l’économie. Puis, Franklin Roosevelt et arrivé, et sa politique de relance keynésienne a rétabli l’économie. Tout le monde a entendu cette « vérité ». Elle est fausse. (Pour une histoire plus véridique, voir par exemple La grande dépression démystifiée.)

 

Mais les politiciens aiment à faire croire qu’ils peuvent faire des miracles en économie. En matière de climat, certains ont intérêt au catastrophisme climatique.

 

A la pointe de la thèse de l’influence humaine sur le réchauffement climatique, nous avons l’ONU. Comme toute organisation, l’ONU doit justifier son existence. Et toute organisation a tendance à élargir le champ de ses compétences. Pour l’ONU, le réchauffement climatique est une aubaine : c’est un phénomène planétaire. Il est donc naturellement de sa compétence. L’ONU a monté une structure chargée de conforter la thèse de l’influence humaine sur le réchauffement, le GIEC, qui est la source officielle d’information sur le sujet. Est-ce un hasard ? Est-ce par intérêt, pour conforter le pouvoir des politiciens de l’ONU ?

 

Les politiciens de chaque pays ont aussi un intérêt à soutenir la thèse de l’influence humaine sur le réchauffement climatique. Cela leur donne un rôle. Ils peuvent se poser en sauveur de la planète. Le réchauffement climatique devient une excuse pour agir sur la vie de chacun.

 

Dans son livre, Climat Investigation, Philippe Verdier, (qui adhère à la thèse de l’influence humaine sur le réchauffement climatique contrairement à ce qu’on a pu écrire parfois), souligne l’intérêt des organisations qui ont l’écologie pour thème. Le catastrophisme sur le réchauffement climatique est mobilisateur. Ce qui favorise aussi les dons. Philippe Verdier indique aussi que de nombreuses entreprises ont un intérêt à soutenir la thèse de l’influence humaine. Car la politique de transition énergétique engendre de grosses commandes et de juteux bénéfices. Et tant pis si cela se fait au détriment du pouvoir d’achat et d’autres activités qui vont décliner du fait, par exemple, du renchérissement de l’énergie. La transition énergétique est un jeu à somme négative.

 

C’est le problème de la politique : elle est guidée par la course au pouvoir. D’autre part, chacun cherche à imposer son opinion, ce qui est ou ce qu’il croit être son intérêt. On peut sincèrement penser contribuer à sauver la planète. Le problème survient quand on cherche à imposer son opinion à autrui. Quand on refuse le débat. Cela devient de l’idéologie.

 

Des politiques anti-écologiques !

Ce qui montre à quelle point la thèse de l’influence humaine dans le réchauffement climatique est devenue une idéologie, c’est que les politiques menées en son nom… polluent !

 

Prenons par exemple la politique en faveur des éoliennes et du solaire. Ce sont des énergies intermittentes qui nécessitent une source capable de prendre le relais rapidement. Cette source, dans les limites technologiques actuelles, ne peut être que thermique, c’est-à-dire qu’elle dégage du CO2. Donc, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, réchauffement officiellement dû au CO2, on remplace une énergie, le nucléaire, qui ne dégage pas de CO2, par des énergies, l’éolien et le solaire, qui nécessitent une production d’appoint qui dégage du CO2 ! Cherchez l’erreur. Je comprends que le nucléaire puisse inquiéter. Mais soyons logique : si le réchauffement climatique anthropique est la plus grande menace, pourquoi l’aggraver ?

 

Par ailleurs, les éoliennes nécessitent l’occupation de surfaces immenses pour la production d’énergie. C’est un étalement de constructions sans précédent. Mais, alors qu’on critique l’étalement urbain, personne ne s’y oppose. On veut mettre les éoliennes en mer pour qu’on ne les voit pas, mais le problème est le même. Sans compter la pollution maritime pour les besoins d’entretien.

 

Parlons de la pollution automobile. L’Europe a établi des normes de diminution des émissions de CO2. Le tout certifié par des tests. Au final… plus de pollution !

 

D’abord, les tests n’ont jamais été réalistes, selon les magazines automobiles. On peut les supprimer et laisser les médias spécialistes de l’automobile prendre les mesures, pour que les clients puissent comparer, ce serait plus efficace. Pire, on sait aussi aujourd’hui que les moteur sont optimisés pour passer les tests. Ceux-ci ne semblent plus avoir une grande utilité pour la vie réelle. Mais il y a pire.

 

Les moteurs qui émettent moins de CO2 sont… plus polluants ! En effet, le CO2 n’est pas un polluant dans le sens où il n’est pas néfaste pour l’être humain : nous en respirons sans crainte, et en fabriquons. Par contre, la technologie utilisée pour émettre moins de CO2 produit plus de polluant. Ces moteurs produisent plus de particules fines et d’oxyde d’azote (Nox, les gaz au cœur du dieselgate), qui sont deux polluants nocifs pour l’être humain.

 

D’autre part, pour diminuer la consommation, les constructeurs automobiles pratiquent le downsizing. Au lieu d’avoir quatre cylindres, ce qui était courant, les moteurs ont trois cylindres. Cela limite la consommation. Mais le rendement n’est pas le même. Selon les spécialistes, et même les simples conducteurs, il faut plus solliciter le moteur. Rétrograder plus souvent par exemple pour accélérer. Au final, est-ce que la consommation est vraiment inférieure ? Il faudrait pouvoir comparer un quatre cylindre et un trois cylindre de même génération, dans un usage normal, par des conducteurs normaux, pour le savoir. Je me souviens d’un comparatif entre une hybride et une diesel qui concluait que sur route l’hybride consommait plus.

 

Un autre axe pour limiter les émissions de CO2 est la voiture électrique. Déjà, tout dépend de la production d’électricité. Si celle-ci provient du thermique, il y a production de CO2. Mais aussi, quelle est l’empreinte écologique globale ? Pour les batteries, il faut du lithium. On développe des mines pour ce matériaux, ce qui est polluant. Quid du recyclage ?

 

On peut aussi, dans le même ordre d’idée, citer l’exemple des ampoules à faible consommation d’énergie. Une petite ampoule coûte très cher, et contient… du mercure ! Qui va se retrouver dans la nature après usage (quelle proportion d’entre nous pense à prendre l’ampoule usagée pour la jeter dans le collecteur du supermarché par exemple?).

 

La politique menée au nom du réchauffement climatique n’est donc pas forcément écologique. Elle est irrationnelle.

 

Et si les politiciens ne faisaient rien ?

Face à autant d’aberration, la question se pose : et si les politiciens ne faisaient rien, n’atteindrait-on pas de meilleurs résultats ? Imaginons que l’on supprime le GIEC, et qu’aucun gouvernement n’établisse de politique sur la base d’une influence humaine sur le réchauffement climatique. Que se passerait-il ?

 

Déjà, il y a le mouvement humain vers moins de nuisance, associé au progrès technique qui permet de produire plus avec moins. Si la Chine soutien les politiques contre l’influence humaine sur le réchauffement climatique, c’est parce que sa population en a marre de la pollution. Réchauffement ou pas, il y a une demande pour moins de pollution, donc moins d’émissions de gaz divers, et donc de CO2, que l’on croit ou non à son influence dans le réchauffement.

 

D’autre part, le progrès permet des économies d’énergie, et donc de coût pour se chauffer, s’éclairer. C’est un puissant moteur pour diminuer les émissions, en dehors de toute ingérence étatique.

 

Les organisations qui soutiennent la thèse de l’influence humaine dans le réchauffement existeraient toujours. Au lieu d’influencer les Etat, elles devraient convaincre chacun. Sans la machinerie étatique et super étatique. Nous serions dans une vraie démocratie, chacun étant à égalité pour exprimer son opinion et convaincre les autres. L’État et les institutions super étatiques n’imposeraient pas leur puissance à l’opinion. Ensuite, ceux qui adhèrent adapterons leur comportement, sans forcer ceux qui n’adhèrent pas à le faire. Une vraie démocratie. Au final, serons confondus qui adapterons leur comportement par conviction, et ceux qui l’adapterons pour faire des économies.

 

En plus de se faire une opinion librement, chacun pourrait décider librement de la manière de moins polluer, ou de rejeter moins de CO2. Les technologies seraient mises en concurrence, scrutées et contrôlées par des organismes et des gens aux profils divers, et non plus imposées par l’État ou des organisme super étatiques. Ce serait un débat permanent, une remise en cause permanente, plutôt qu’un dogme. Ce ne serait pas infaillible, mais plus efficace.

 

L’État est-il le problème ou la solution ? L’expérience montre que trop d’État est un problème. Car le pouvoir est aux mains des politiciens, dont le but est le pouvoir. L’absence de débat au sujet du réchauffement climatique, et les politiques irrationnelles menées au nom de ce réchauffement en sont un exemple parmi d’autres. Il est peut-être temps de redonner du pouvoir à chacun. Ce qu’on appelle libéralisme. Mais, c’est s’attaquer au pouvoir des politiciens. Le libéralisme rend le pouvoir au peuple. C’est le problème, en fait.

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Royaume-Uni : les leçons du brexit et des élections

9 Juin 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La faillite de la démocratie

Le brexit et les dernières élections au Royaume-Uni montrent qu’en démocratie le destin d’un pays se joue à peu de chose. Ce qui devrait nous inciter à une réflexion sur le pouvoir de ces politiciens qui nous gouvernent.

 

Theresa May a perdu les élections britanniques. Bien sûr, le parti conservateur reste le premier parti du Parlement. Mais il a perdu sa majorité absolue. Theresa May ne peut s’en prendre qu’à elle même : elle a mené une mauvaise campagne. Elle a pris quasiment le contrepoint de David Cameron, qui avait réussi à obtenir cette majorité absolue. Les événements électoraux de ces derniers temps au Royaume-Uni montrent aussi qu’en démocratie, la destinée d’un pays ne tient qu’à un fil, et se joue à peu de chose. Ce qui est inquiétant.

 

Les leçons du scrutin.

Theresa May a provoqué des élections car elle croyait que c’était gagné d’avance. Le personnage ne semble vouloir prendre aucun risque. Elle pensait que les électeurs de l’UKIP de Nigel Farage, qui militait pour le brexit, voteraient naturellement pour les conservateurs, maintenant que le Brexit était engagé. Que les électeurs du parti travailliste qui avaient voté pour le brexit se tourneraient vers elle. Elle a explicitement gauchisé son programme, dans le but de capter cet électorat. Curieusement, elle a abandonné l’électorat traditionnel du parti conservateur, les personnes âgés, en proposant une réforme du financement de la dépendance, sur laquelle elle a dû faire machine arrière.

 

Mais les électeurs de l’UKIP ne se sont pas forcément tournés vers les conservateurs. Les travaillistes qui avaient voté pour le brexit non plus. L’analyse de Theresa May était mauvaise.

 

Sa tactique électorale était à l’opposé de celle victorieuse de David Cameron. Rappelons que Cameron n’avait pas de majorité au Parlement. Il gouvernait avec le Lib Dem. Tout en menant un programme économique résolument en faveur de l’économie de marché, qualifié d’austérité par ses opposants, il a gagné une majorité aux élections. Cameron n’a pas cherché à gauchir son programme. Il s’est présenté en bon gestionnaire, face à un parti travailliste présenté comme laxiste, et pouvant entraîner le Royaume-Uni dans une catastrophe économique et sociale. Mais il a aussi pris soin, durant la campagne et son mandat, de ne pas se couper de l’électorat âgé. Enfin, durant la campagne, il s’est focalisé sur les circonscriptions qui pouvaient basculer, en y concentrant les moyens financiers du parti conservateur. Il n’a pas mené le combat là où l’élection était perdue d’avance, ou gagnée d’avance. L’on reconnaît là une bête politique, ce que Theresa May n’est peut-être pas.

 

La leçon est que les conservateurs doivent se présenter en bon gestionnaires. Là est leur crédibilité. On peut remarquer que les conservateurs ont gagné des sièges là où leur discours était clair et sans consensualisme : en Ecosse. En se présentant résolument contre un nouveau référendum au sujet de l’indépendance, ils ont bénéficié du vote de ceux qui étaient fatigués de ce débat sur l’indépendance, et qui voulaient tourner la page après la victoire du non à l’indépendance.

 

La démocratie sur un coup de dé

Les derniers événements politiques au Royaume-Uni se sont joués à peu de chose. Que ce soit le brexit, la nomination de Theresa May comme Premier Ministre, ou encore les dernières élections. En démocratie, le sort d’un peuple ne tient ainsi qu’à un fil.

 

Theresa May est devenue Premier Ministre suite au vote en faveur du brexit. C’est le vote des électeurs travaillistes qui a fait pencher la balance en faveur du leave, alors que le parti travailliste militait pour le remain. Mais le leader travailliste, Jeremy Corbyn, n’a apporté qu’un timide soutien au remain. Que se serait-il passé si le parti travailliste avait été mené par un véritable partisan de l’Europe ? On peut se poser la question. Un seul homme a peut-être précipité le Royaume-Uni vers le brexit.

 

A la suite du brexit, Theresa May est devenue Premier Ministre presque par hasard. Quasiment par défaut. Boris Johnson partait favori dans la succession de David Cameron. Le jeu de Michael Gove, qui s’est présenté en dénigrant Johnson, l’a rendue favorite, provoquant le désistement de sa seule adversaire. Nous avons donc un Premier Ministre qui est presque là par hasard, par un concours de circonstances. Nous sommes loin du grand vote d’adhésion.

 

Les dernières élections ont aussi pu être influencées par les attentats, en plus de la mauvaise tactique de May. En effet, elle était ministre de l’Intérieur sous Cameron, donc sous le feu des critiques après les attentats. Corbyn s’est engouffré dans la brèche.

 

Conclusion : réfléchir au pouvoir des politiciens.

La démocratie est le pire des systèmes politiques, à l’exception de tous les autres. La boutade de sir Winston Churchill est terriblement d’actualité. On peut aussi citer l’exemple français, avec une présidentielle sans débat, un président mal élu, sans aucune adhésion pour sa personne, et qui focalise les extrêmes.

 

Que faire alors ? Le libéralisme préconise de limiter le pouvoir de ces politiciens qui veulent nous gouverner. Il faut limiter leur rôle, pour qu’au maximum ce soient les actions de chacun qui dessinent la société, et non des technocrates qui imposent leur vision. Car la démocratie n’est que le pouvoir de la plus forte minorité, le vote dépend des circonstances et pas forcément de la raison, et ce peut être un vote par défaut et non un vote d’adhésion. Trop d’aléas pour le sort de millions de gens.

 

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L'effet Cantillon, inflation et inégalités

25 Mai 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un nouvel article sur le bolg L'école autrichienne d'économie: L'effet Cantillon, inflation et inégalité. A lire ici.

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La théorie autrichienne du cycle

22 Mai 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un nouvel article sur le blog "L'école autrichienne d'économie": La théorie autrichienne du cycle. Cliquez ici.

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L'importance de la présentation des statistiques: l'exemple de l'égalité des sexes.

17 Mai 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Les statistiques publiées par les médias proviennent de quelques organismes officiels. Dont l’INSEE. Les médias publient les chiffres et les analyses de ces organismes, sans réflexion. Or, la manière de présenter des statistiques est importante. On peut mettre en avant les chiffres qui arrangent, pour justifier une politique par exemple. Même la construction d’une statistique est orientée. C’est la première chose qu’on apprend en cours de statistique : la statistique est un construit, on ne trouve que ce qu’on cherche.

 

Je propose d’illustrer ce propos par des statistiques sur l’égalité des sexes. C’est un sujet bateau, qui revient tous les ans dans les médias. Selon la publication de l’INSEE du 7 mars 2017, les femmes ont un revenu annuel salarial inférieur de 24 % à celui des hommes (24 % dans le texte, 23,8 % dans le tableau qui illustre le texte. Il faut ouvrir le fichier pdf pour avoir les détails). Ces statistiques justifient une politique interventionniste en faveur de l’égalité salariale, et de ce qu’on appelle la parité.

 

Cependant, certains articles remettent en cause cette inégalité. Comme cet article de Contrepoints, au titre un peu provocateur, « Le mythe de la discrimination salariale ». Selon cet article, les différences s’expliquent par les choix de carrière et les choix de vie des hommes et des femmes. Les hommes seront majoritaires dans des métiers dangereux, ou dans la finance. Les femmes préféreront le marketing. Les femmes s’arrêteront pour élever des enfants, ce qui ralentira leur carrière. Par contre, les femmes célibataires quadragénaires gagnent un peu plus que les hommes.

 

Cette étude est centrée sur les USA. Mais je me souviens de l’introduction d’un cours de statistique à l’université, par un professeur de l’INSEE, qui tendait à la même conclusion : il y a plus de vingt ans déjà, à poste strictement égal, il n’y avait que très peu de différence salariale entre l’homme et la femme. Les articles que j’ai pu lire depuis semblent indiquer qu’il n’y a plus de différences. Notons d’ailleurs que l’INSEE met en avant le chiffre élevé de 24 %; puis indique que si on raisonne en « équivalent temps plein » l’écart est de 17 %. Il y a donc une volonté de mettre en avant le chiffre le plus élevé.

 

On voit déjà un biais dans la construction de la statistique. Et surtout le problème d’un organisme officiel qui construit, délivre, et commente les statistiques. Il vaudrait mieux que différents think tanks puissent passer commande de statistiques et les commentent. On aurait différents points de vue.

 

Ces statistiques soutiennent une politique interventionniste. On considère que les femmes sont discriminées dans le monde du travail. Une lutte contre la discrimination est organisée. Les médias en ont assez parlé pour que nous soyons tous à la page. On considère par exemple que la femme doit être un homme comme les autres, et l’homme une femme comme les autres. Ainsi, on veut inciter (ou forcer) les hommes à prendre un congé paternité. Il s’agit de reformater la société, car on considère que l’idée que la maman élève ses enfants est du sexisme. Et on prend des mesures comme l’obligation de la parité des sexes dans les conseils d’administration.

 

Je rappelle qu’il ne s’agit pas ici de critiquer ni d’approuver ces politiques. Ceci est un article sur la manière de présenter les statistiques.

 

Regardons maintenant les statistiques de l’Education Nationale. La Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance du Ministère de l’éducation Nationale publie tous les ans une étude intitulée « Filles et garçons, sur le chemin de l’égalité, de l’école à l’enseignement supérieur ». Vous trouverez l’édition 2017 ici. Cette étude présente les statistiques de 2015.

 

Dans cette étude, on constate qu’au lycée les filles vont davantage vers les filières ES et L, et les garçons davantage vers les filières scientifiques. Cependant, comme il y a davantage de filles en filière générale et technologique, le pourcentage de filles en filière scientifique est excellent : 47 %. Mais le diable est dans les détails. Ainsi, les filles en filière S sont à 49 % en SVT, les sciences de la vie et de la terre. En physique chimie et en mathématiques les pourcentages sont équivalents : 22 % des garçons et 22 % des filles vont en physique chimie, et 24 % des garçons et 20 % des filles en mathématiques. Mais il y a 10 % des garçons qui choisissent informatiques et sciences numériques, contre 4 % des filles, et 17 % des garçons qui choisissent sciences de l’ingénieur contre 3 % des filles. (Ci-dessous le graphique de la publication de la Depp.)

 

 

L'importance de la présentation des statistiques: l'exemple de l'égalité des sexes.

A la lumière de ces statistiques, on peut s’interroger sur les disparités salariales entre les sexes. Ne viennent-elles pas en grande partie des différences de formations ? En effet, les professions les mieux payées et les plus recherchées sont ingénieurs, et l’informatique et le numérique. C’est donc l’Education Nationale qui serait à l’origine des disparités.

 

Mais le plus intéressant réside dans les termes utilisés par la publication de la Depp. Voici le copié-collé :

 

Les filles et les garçons de terminale ne font pas les mêmes

choix d’enseignement de spécialité, surtout en terminale S…

 

Ce qui est significatif, ce sont les termes utilisés. Selon l'Education Nationale, les filles « font le choix » de se détourner des filières de l'informatique et de l’ingénieur. Et elles « font le choix » des sciences de la vie et de la terre. Par conséquent, il n'y a aucune discrimination. Par extension, on peut aussi dire que les femmes choisissent d'élever des enfants, au détriment de leur carrière. Les disparités salariales s'expliquent donc par les choix des femmes, et non par une discrimination.


Il y a là de la part d'organismes gouvernementaux deux interprétations différentes des disparités entre les sexes. Dans un premier temps, il s’agit de victimiser les femmes, et de dénoncer l’entreprise. On peut taper sur l’entreprise, c’est politiquement correct. Et l’État apparaît comme le grand protecteur. On remarquera que c’est le monde du travail en général qui est visé, puisque même la fonction publique commence à être critiquée.

 

Dans le cas de l’Education Nationale, c’est l’État qui est en cause. Il faut le présenter d’une manière positive. Par conséquent, il faut présenter une explication à l’absence de parité. Ce sont les choix des filles. Il semblerait qu’il faille éviter de critiquer la politique éducative. Et de se poser des questions gênantes : est-ce que notre système éducatif donne sa chance à chacun, y-a-t-il des particularismes féminin ou masculin. Notons bien que je ne prétends pas qu’il y a des particularismes. Je souligne que la question est tabou.

 

Nous voyons donc deux présentations contradictoires de l’égalité des sexes provenant de la puissance publique. En fonction de ce qui l’arrange. D’un côté on fustige l’entreprise. De l’autre, on préserve l’Education Nationale. Et on s’évite finalement les vraies questions sur la parité. Comment enseigner les sciences aux filles, quelles sont les aspirations des filles. Surtout, que valent les politiques de parité si les femmes ne sont pas présentes dans certaines filières de formation.

 

D’un point de vue libéral, chacun doit faire ce qu’il veut. Le libéral ne s’interroge pas sur le rôle ou la place de la femme dans la société. Chaque femme décide. C’est la même chose pour les hommes d’ailleurs. Le libéralisme est un humanisme : il défend le développement humain, l’idée que l’être humain peut être autonome, libre, et s’accomplir. Ce qui suppose une éducation qui va dans ce sens, et justifie pour Hayek, dans « Droit, Législation, et Liberté », que l’éducation soit subventionnée. Mais pas contrôlée par l’État. Hayek préfère un système de vouchers théorisé par Friedman.

 

Le libéralisme soutient également une économie libre, où chacun peut inventer une nouvelle organisation, un nouveau mode de vie, pour concilier travail et vie privée, pour s’accomplir. C’est une organisation de la société qui vient de la base, et non du sommet d’un Etat Big Brother.

 

La présentation des statistiques dépend ainsi des intérêts de celui qui les délivre. Elle sont pourtant reprises sans analyse ni recul par les médias. Qui ne sont finalement que la caisse de résonance d’une idéologie. Mais qu’est-ce qu’une démocratie sans pluralisme ?

 

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A peine élu, déjà deux gaffes?

8 Mai 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Ecrire sur les élections ne sert à rien. Déjà écrire sur la politique ne sert pas à grand-chose. Mais ça peut défouler. D’où ce texte.

 

Les débuts de Macron à peine élu, même pas en fonction, sont étonnants. Il commence par ce qui peut apparaître par deux gaffes, à même de cristalliser l’opposition populaire contre lui : il choisit l’hymne européen pour sa victoire, et le Louvre pour la célébrer.

 

Macron est très mal élu. Il recueille largement moins de 50 % des inscrits. En plus, il est un vote par défaut, pas d’adhésion. On aurait pu penser qu’il cherche à rassembler, qu’il fasse au moins semblant de s’intéresser aux inquiétudes exprimées par les français à travers cette élection.

 

Or, les français sont de plus en plus anti-européens. Comme en atteste les scores de Le Pen, de Mélenchon, et de Dupont-Aignan. Il y a diverses raisons à ce rejet. L’Europe a été vendue comme un remède miracle, elle a forcément déçu. Elle a été accusée d’empêcher une relance de l’économie, alors que, paradoxalement, c’est l’euro qui permet à la France d’être constamment en déficit budgétaire, c’est-à-dire de mener une relance budgétaire. Sans l’euro, la France aurait dévalué, elle aurait constaté que ça ne marche pas, et elle aurait dû engager une politique de rigueur. Le parti de Macron n’a d’ailleurs pas été le dernier à critiquer l’Europe.

 

L’Europe apparaît également comme anti-démocratique. Elle est devenue le symbole d’une élite qui veut imposer sa volonté aux peuples. Ainsi, les français ont rejeté la constitution européenne, et la voient revenir sous la forme du traité de Lisbonne. Cette perte de souveraineté démocratique est très mal perçue. Elle est une des raisons du Brexit. Le peuple s’étonne aussi que les frontières soient des passoires. Ils veulent recouvrer le contrôle des frontières nationales.

 

Que ces critiques soient justifiées ou non, là n’est pas la question ici. Le fait est qu’il y a un sentiment anti-européen de la part de beaucoup de français pour les raisons exprimées ci-dessus. Il représente un risque pour l’Europe. Il représente un risque d’instabilité. Pour rassembler, il faut en tenir compte. Il faut rassurer. Au moins symboliquement. La posture inverse peut cristalliser ce sentiment. Et le rendre majoritaire. Et finalement faire exploser l’Europe.

 

On peut en dire de même des félicitations trop chaleureuses et d’un satisfecit trop prononcé de la part des pays européens envers les résultats de la présidentielle. Le soutien de l’Allemagne à un politicien français est de plus en plus mal vu aujourd’hui. C’est ainsi. Là encore, c’est un risque pour l’Europe. Comme lors du brexit : menacer les anglais était le meilleur moyen de les pousser vers la sortie.

 

Le choix du Louvre pour fêter la victoire est lui aussi extrêmement surprenant. Les lieux symboliques de la République sont la place de La Concorde, de La République, de la Nation. Le Louvre est le symbole… de la monarchie ! Pour un élu censé incarner la défense de la République face à l’extrémisme, c’est pour le moins paradoxal.

 

Plus encore, l’image de Macron face à la pyramide du Louvre renforce les théories du complot sur internet. Macron y est qualifié d’illuminati. Ou encore, de complot franc maçon. J’avoue ne pas comprendre ces choses là, mais c’est un fait. Un politicien devrait en tenir compte.

 

Les premiers pas de Macron renforcent auprès des Français qui n’ont pas voté pour lui l’idée qu’il est un élu du système contre le peuple, et auprès d’une frange de la population le membre d’un complot anti-démocratique. C’est pour le moins maladroit. C’est aussi dangereux. Surtout qu’il est très mal élu, et que le vote qui s’est porté sur lui ne s’est pas porté sur un projet. Déjà, il a soudé l’extrême gauche contre lui. Va-t-il rendre majoritaire le sentiment anti-européen ? Nous entrons dans le temps de l’incertitude. J’espère sincèrement me tromper.

 

 

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A la rencontre d'un libertarien français.

30 Avril 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Stéphane Geyres est une figure de l'anarcho-capitalisme français. Ce qu'on nomme aussi libertarianisme, reprenant la formulation US. Il a été interrogé par le site Vice, qui a consacré un article aux libertariens français. Un article est une synthèse d'interviews. Stéphane Geyres a eu la bonne idée de publier l'intégralité de ses réponses sur son blog.

J'ai eu le plaisir de rencontrer personnellement Stéphane Geyres. Quand je lui disais que je n'étais pas anarcho-capitaliste, il m'a répondu:"Pas encore". Sa pensée est très bien structurée, et ses réponses sont un bon point d'entrée pour qui veut s'initier au libéralisme.

Je vous invite donc à lire l'intégralité des ses réponses ici.

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Comportement et théorie économique

1 Avril 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un nouvel article sur le blog Economie Autrichienne ici.

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